« C'est compliqué de me retrouver devant vous tous ce soir.
Vous êtes si nombreux.
Mais, dans le fond, j'imagine qu'il fallait que ça arrive.
Nos visages face à face, les yeux dans les yeux.
Beaucoup d'entre vous m'ont vue grandir.
C'est impressionnant, ça marque.
Dans le fond, je n'ai rien connu d'autre que le cinéma.
Alors, pour me rassurer, en chemin, je me suis inventé une petite berceuse.
« Mes bras serrés, c'est vous, toutes les petites filles dans le silence,
Mon cou, ma nuque penchée, c'est vous, tous les enfants dans le silence,
Mes jambes bancales, c'est vous, les jeunes hommes qui n'ont pas pu se défendre.
Ma bouche tremblante mais qui sourit aussi, c'est vous, mes sœurs inconnues.
Après tout, moi aussi, je suis une foule.
Une foule face à vous.
Une foule qui vous regarde dans les yeux ce soir.
C'est un drôle de moment pour nous, non ?
Une revenante des Amériques vient donner des coups de pied dans la porte blindée.
Qui l'eût cru ?
Depuis quelque temps, la parole se délie, l'image de nos pairs idéalisés s'écorche, le pouvoir semble presque tanguer, serait-il possible que nous puissions regarder la vérité en face ?
Prendre nos responsabilités ? Etre les acteurs, les actrices d'un univers qui se remet en question ?
Depuis quelque temps, je parle, je parle, mais je ne vous entends pas, ou à peine. Où êtes-vous? Que dites-vous ? Un chuchotement. Un demi-mot.
« Ça serait déjà ça », dit le Petit Chaperon rouge.
Je sais que ça fait peur.
Perdre des subventions.
Perdre des rôles.
Perdre son travail.
Moi aussi.
Moi aussi, j'ai peur.
J'ai arrêté l'école à 15 ans, j'ai pas le bac, rien.
Ça serait compliqué d'être blacklistée de tout.
Ça serait pas drôle.
Errer dans les rues de Paris dans mon costume
de hamster.
Me rêvant une Icon of French cinema...
Dans ma rébellion, je pensais à ces termes qu'on utilise sur un plateau. Silence.
Moteur demandé.
Ça fait maintenant trente ans que le silence est mon moteur.
J'imagine pourtant l'incroyable mélodie que nous pourrions composer ensemble.
Faite de vérité.
Ça ne ferait pas si mal. Je vous promet.
Juste une égratignure sur la carcasse de notre curieuse famille.
C'est tellement rien comparé à un coup de poing dans le nez.
A une enfant prise d'assaut comme une ville assiégée par un adulte tout-puissant, sous le regard silencieux d'une équipe.
A un réalisateur qui, tout en chuchotant, m'entraine sur son lit sous prétexte de devoir
comprendre qui je suis vraiment.
C'est tellement rien comparé à 45 prises, avec deux mains dégueulasses sur mes seins de 15 ans.
Le cinéma est fait de notre désir de vérité.
Les films nous regardent autant que nous les regardons.
Il est également fait de notre besoin d'humanité. Non ?
Alors, pourquoi ?
Pourquoi accepter que cet art que nous aimons tant, cet art qui nous lie soit utilisé comme une couverture pour un trafic illicite de jeunes filles ?
Parce que vous savez que cette solitude, c'est la mienne mais également celle de milliers dans notre société.
Elle est entre vos mains.
Nous sommes sur le devant de la scène.
A l'aube d'un jour nouveau.
Nous pouvons décider que des hommes accusés de viol ne puissent pas faire la pluie et
le beau temps dans le cinéma.
Ça, ça donne le ton, comme on dit.
On ne peut pas ignorer la vérité parce qu'il ne s'agit pas de notre enfant, de notre fils, notre fille.
On ne peut pas être à un tel niveau d'impunité, de déni et de privilège qui fait que la morale nous passe par-dessus la tête.
Nous devons donner l'exemple.
Nous aussi.
Ne croyez pas que je vous parle de mon passé, de mon passé qui ne passe pas.
Mon passé, c'est aussi le présent des deux mille personnes qui m'ont envoyé leur témoignage en quatre jours... C'est aussi l'avenir de tous ceux qui n'ont pas encore eu la force de devenir leur propre témoin.
Vous savez, pour se croire, faut-il encore être
cru.
Le monde nous regarde, nous voyageons avec nos films, nous avons la chance d'être dans un pays où il paraît que la liberté existe.
Alors, avec la même force morale que nous utilisons pour créer,
Ayons le courage de dire tout haut ce que nous savons tout bas.
N'incarnons pas des héroïnes à l'écran, pour nous retrouver cachées dans les bois dans la vraie vie ; n'incarnons pas des héros révolutionnaires ou humanistes, pour nous lever le matin en sachant qu'un réalisateur a abusé une jeune actrice, et ne rien dire.
Merci de m'avoir donné la possibilité de mettre ma cape ce soir et de vous envahir un peu.
Il faut se méfier des petites filles.
Elles touchent le fond de la piscine, se cognent, se blessent, mais rebondissent.
Les petites filles sont des punks qui reviennent déguisées en hamster.
Et, pour rêver à une possible révolution,
Elles aiment se repasser ce dialogue de Céline et Julie vont en bateau [film de Jacques Rivette, sorti en 1974] :
Céline : « Il était une fois.
Julie : Il était deux fois. Il était trois fois.
Céline : Il était que, cette fois, ça ne se passera pas comme ça, pas comme les autres fois. »
Judith
Seuls détails, elle n’est pas très punk sur cette photo, certes apparemment, puisse t-on aussi regarder à travers le Monde et comment sont traitées les femmes dans le reste de ce monde plutôt qu’entre nous et notre consensuelle condescendance, notre tutoiement d’affranchis et de nantis.
Et puis ici on s’est battus, non ? contre le retour moral-bienséant de la sexualité cadenassée, ily a quelques années, non dizaines d’années les années 70 étaient -elles impossibles : anarchie peace and love ?
et puis la lame de fond puritaine revient c’est tout bénéfice que de traiter la moitié du problème.
Les violeurs pour la plupart l’ont été eux-mêmes violés, abusés, quel enfant n’a pas poussé à bout son entourage ; l’accompagnement l’écoute de ces soit disant bourreaux mais parents aussi, n’est plus de mise en psychiatrie….
Sur l’Adamant, merveille de documentaire méthode sans tri d’être et de vivre avec tous les soit disant cinglés en de belles conditions à été relégué aux oubliettes
La folie le déni sont en tous et un chacun l’art en est la transcendance mais faut arriver à s’écouter entre les lignes.
Lorsque j’étais enfant j’avais une dizaine d’années un monsieur de l’âge de mon père m’emmenait faire la sieste avec attouchements quelques tripotages comme un peu un jeu… c’était sa vision de la libération il n’y connaissait rien.
Yourcenar a écrit aussi qu’un oncle l’avait rejoint ado dans la sa salle de bain pour la faire frissonner au travers des voiles appelés peignoirs, elle n’a ni crié ni fermé la porte. On ne va pas déterrer l’homme de Neandertal pour lui passer les menottes.
Surtout que celui là était un doux, mon tonton du Béarn, plutôt qu’un violeur…
Et a t’on donné les recettes du bonheur ? Les mises en scène les retours à une violence contrôlée
sont sources de jeux sexuels ça l’a été la strangulation dosée etc ne serait elle pas due à la naissance avec le cordon ombilical autour du cou….
-Maman comment fait-on les bébés !?
-T’as qu’à regarder les animaux !?
-Les chattes traumatisées tu crois qu’elles dorment plus longtemps chaque jour ?
-Oui sûrement pour en faire des rêves plus réparateurs
Voilà mais contrairement à certains hommes de mes amis mais pas mon compagnon, je considère que Judith Godreche a besoin d’être entendue et qu’elle a le courage de le faire. Savez-vous qu’il en faut plus que du courage pour parler sincèrement même en lisant un texte devant une salle pleine et éclairée dont on voit tous les visages… Ce n’est pas une imposture ni une recette de retour à la hune des infos.
Les autres meilleurs moments du cinéma via Canal + Bolloré et au travers de cette remise de César 2024, 49 ème cérémonie.
En notre pays à force de se protéger on oublierait qu’il y a des murs ou des guerres ailleurs.
Les ponts c’est de penser qu’il faut surtout réagir renaître après les traumatismes et ne pas rester autocentrés avec le risque de s’autodétruire.
Cela me fait penser à ce livre de Boris Vian, le dernier ou une mère mettait ses enfants sous cloche dans une bulle…l’arrache-cœur.
Parenthèses ce film Chien de la casse que nous avons vu avec mon compagnon à la maison sur Canal + nous a beaucoup touché et redonné foi et courage en la réparation des cabossés.
Dans ce film comme dans Anatomie d’une chute (celle de l’homme genre) il y a un chien notamment symbolique.
Les Animaux ne doivent pas
être maltraités ; je suis pour certains (je le sais) trop sensible aux bestioles mais bon je considère que ce n’est pas au dessus de nos forces et il faudra des décennies encore pour en arriver là et quand on regarde autour du monde par d’autres civilisations touaregs ou amazonienne on vit ensemble et on respecte la vie depuis l’origine.
Jacques Jean Sicard, sur ce film césarisé en passe d’être oscarisé : Anatomie d’une chute,
a écrit sur son mur FB et je l’ai republié en écrivant-disant : Magnifique coup de théâtre que cet angle de vue ! Il est vrai que Samuel
par la déclaration de l’actrice Sandra qui joue le rôle de Sandra sa femme,
forcément sous « l’emprise » de sa réalisatrice et qui a enfin obtenu le rôle principal, dans sa déclaration très vivante (car c’est une bonne comédienne) n’a t’elle pas dit qu’elle ne s’attendait pas à ce que la France la prenne dans ses bras (Cannes et Césars).
Merci JJS avec vous on n’arrête pas de réfléchir et c’est à notre portée.
Certaines photos sont prétextes à être rejetées par l’intelligence des algorithmes, ne respectant pas les critères communs de publication sur Blog.com …..aussi vais- je en mettre le moins possible…Et celles de Claude Degliame sont pour moi les plus belles je les « reposte ». Elles ont été ré-effacées. les vidéos elles sont résistantes.
Indiana Jones et le Cadran de la destinée
« Je suis venue vous dire que je m’en vais ». Ce refrain me hante depuis que j’ai vu ce film, c’est comme si j’appréciais toute la saga depuis que j’avais vu cet ultime épisode.
Nous étions ensemble à quatre dans la salle 4DX AVEC LES ENFANTS.
Ils ont aimé dans la grande salle encore un peu clairsemée, on a applaudi avec quelques uns.
À un moment les méchants hors bien sûr Mads Mikkelsen m’ont un peu soûlée mais pour tout le reste j’ai marché couru presque !
Extrait de la critique de l’Internaute « Avec seulement un regard, un mot, une posture, un bougonnement ou une supplique, Harrison Ford est bouleversant en héros vieillissant, dépassé, accablé et prisonnier de son passé, refusant de regarder vers le futur. Comme si l'acteur en profitait pour faire ses propres adieux aux spectateurs. »
Vu le film Élémentaire de chez Pixar avec le court métrage avant. Surtout comme le recommandait France-Inter on aura tout vu.
https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/on-aura-tout-vu/on-aura-tout-vu-du-samedi-24-juin-2023-7600461 allez le voir en version française avec Vincent Lacoste et Adèle Exarchopoulos. Ils en distillent un nectar léger drôle et passionné. Il y a bcp de bonnes choses sur les rencontres amoureuses qui soit disant ne peuvent pas se toucher….
Et sur l’assurance tranquille qu’il faut pour communiquer et l’empathie (voir l’anecdote avec l’éponge) ; sur qui sont les « migrants », après les « boat-people », le manque de confiance…. Lorsqu’on est seul, face à des parents valeureux Sur les ceux qui pleurent et les ceux qui ne pleurent pas. Des enfants devant nous ont dit « c’est trop bien » et derrière y a eu des applaudissements et vous savez les salles de ciné sont climatisées avec une glace on est comme ailleurs……comme si rien de « mal » pouvait arriver ….
Théâtre : Aglaë au LOKAL mise en scène de Jean-Michel Rabeux
Ah comme c’est compliqué complexe les strates de la reconnaissance, les hiérarchies les mises au ban mais lorsqu’on étudie un auteur il est bon de savoir regarder l’époque les contemporains. Pour rassembler les générations il faut de savantes recherches et de la philosophie….et bien voir ce qui est à voir. « On devient adulte quand on arrive à pardonner à ses parents » ai-je entendu dans une pièce hier….AglaëAu LOKAL (école Auvray-Nauroy)
Aglaë = Claude Degliame, cela m’a pas beaucoup plu, cela m’est entièrement entré au dedans.
Cela c’était hier comme si cela… gommait les barrières frontalières entre tous les temps, passé présent et avenir. La mise en scène est touchante vous allez me dire comment faire une mise en scène touchante…. À priori avec trois fois rien des néons brillants des tabourets une disposition de tabourets des coins de salle proscenium le public est là pour respirer sentir être touché sur l’épaule par la comédienne si légère comme la nuisette soyeuse noire, les bas noirs, les bottines de Zerline pour les gars, noire sur peau blanche mate un peu. Quand elle passe son peignoir elle dit noir sur noir, c’est bien non? Et moi j’ai ri. C’est avec la comédienne qu’on fait surtout une mise en scène. La légèreté, l’élégance naturelle palpable quand la comédienne passe, s’asseoit boit un verre avec chacun ? Non avec le plus jeune des gars. Toute une vie de pute pute pute….. c’est du théâtre avec l’art brut de la vie et pour la légalisation de la prostitution un spectacle créé il y a 7 ans….comme j’ai dit au metteur en scène =Jean-Michel Rabeux je n’étais pas venue au Rond Point à cause que c’était le chaos dans ma vie ….. cela devait être complet ce soir mais c’est dommage que vous n’ayez pas réservé… En sortant j’ai dit c’est-y pas dommage qu’il n’y ait pas plus de gens qui voient cela, qui vont au théâtre. Prix du billet solidaire 5-10-15€ et avec : on offre un verre….,,je voulais dire que c’est un spectacle où l’on sent tout ce qui est joué, on ne voit pas seulement derrière une vitre d’aquarium, on est assis parmi tous et on sent tout.
*les émeutes urbaines se propagent et s’aggravent … « la colère des quartiers est politique, parce qu’elle relève d’une expérience partagée de la dépossession et de l’injustice » Fabien Truong sociologue professeur à l’université Paris VIII
Et p 3 : Mort de Nahël M
À Aulnay sous bois où j’ai habité les 18 premières années toute ma jeunesse…« En 2005 j’étais sur le terrain, la plupart avaient entre 18 et 25 ans. Là, ce sont des gamins, à partir de 13 ou 14 ans. » Oussouf Siby conseiller municipal d’opposition (gauche).
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L’Afrique : dont l’histoire se réduirait à l’histoire de l’Europe sur ce continent….
Ne faudrait-il pas arrêter de rêver ! l’Afrique et enfin d’aborder la réalité de L’Afrique, la découvrir…. l’écouter la traduire dans ses différentes langues et expressions artistiques artisanales et non plus imaginer l’assèchement de la Méditerranée pour exploiter plus vite plus totalement ses richesses. Article du Monde du samedi 1er juillet 2023
Extrait : Sous l’effet de la « double désillusion » des récents coups d’Etat en Afrique de l’Ouest et du chaos croissant provoqué par l’expansion du djihadisme, « les récits commencent à s’enténébrer », observe Elgas. Ce qui hâte le besoin de renouveler le regard sur l’Afrique, selon Anthony Mangeon. Le professeur se souvient des mots de celui dont il fut jadis l’assistant à Stanford, Valentin-Yves Mudimbe. « Il disait que le XIXe siècle a créé des catégories devenues comme des systèmes d’exploitation. Tant qu’on n’en changera pas, on ne comprendra pas. » Comme si, après avoir si longtemps inventé l’Afrique, l’Europe devait encore la découvrir.
La vraie vie…. De Greg GUILLOTIN :
Le Pire stagiaire de Jacky Et la vraie vie de sa mère ou plutôt celle de Nathalie FEYT entre autres
Le pire stagiaire Samuel et son ami Jacky agent matrimonial en Belgique
Ah si seulement l’humour belge pouvait faire un hors piste jusqu’en France, peut-être que les jeunes gens qui m’abordent dans la rue pour faire des selfies, les fans de Greg GUILLOTIN du Pire Stagiaire seraient des semeurs de musique, car « tout est musique » et humour avant que où après que d’être tombé dans la révolte ultime forme du désespoir et de la violence contre soi. Car à cette violence là il y a toujours avec l’effet retard, un effet boomerang. « Pas les écoles ! » C’est à ce moment que le copain du tireur de mortier a poussé son bras pour que le tir de mortier aille vers le ciel et non pas vers la mère, qui elle aussi s’était révoltée, j’aurais aimé avoir son courage et rajouter allez-y tirez aussi sur vos grand-mères et filmer…..tant que vous y êtes »
Il faut des lois bien faites, pour protéger les plus faibles, des plus forts
et surtout il faudrait de l’écoute et des troupes comme au théâtre, du désir, de la musique de l’art pour d’autres collectifs, une urgence : un match un récital pour donner un sens à leur vie. Faites en un rap du tonnerre et pas un feu qui est tout sauf de l’artifice et qui fait des dégâts..
Annie Ernaux est écrivaine de son temps l’écrivaine politisée comme tous mais entre tous pour moi la plus sincère et concernée par les différences sociales, de genre d’espèces de race de religions tous les prétextes sont valables pour la peur et les boucs émissaires
Mourir pour des idées est excellente et je veux bien mourir de l’avoir eue….
Merci Fabien Sauveron de nous transmettre les mots d’Annie Ernaux ! Ses mots reflètent aussi ma pensée ! Même plus même mieux je me demande pourquoi ?
« Il est très fort, [Macron] c’est un homme de théâtre, sans aucune conviction. Je ne crois pas à son ouverture, et ce qu’on fait pour vous mais sans vous, on le fait contre vous.
……..
« J’entends encore parler d’extrême gauche pour qualifier – et disqualifier – Mélenchon. Mais l’extrême gauche, elle est représentée par Poutou et Arthaud, qui n’ont pas le désir de rassembler et de gouverner ici et maintenant, de construire ensemble une société meilleure. Quant au «Nous tous» de Macron, c’est un slogan. »
……….
Au sein de La France insoumise, la relève est là, Clémentine Autain, Manuel Bompard, Adrien Quatennens… Je suis allée à un meeting près de chez moi et j’ai été fascinée par le sérieux, l’engagement des personnes présentes, la précision du programme… Il y a là une force vivante, d’avenir, inaltérable."
Déclaration entière d’Annie Ernaux dans Libération
" C’est très dur ce matin. Il y a une forme de désespoir. En me réveillant, j’ai éprouvé une sensation que je n’ai pas éprouvée depuis de très nombreuses années, c’était après les élections de 1968, de Gaulle avait dissous l’Assemblée et avait obtenu un raz-de-marée pour lui.
J’ai aussi beaucoup de colère contre les communistes, les socialistes qui ne se sont pas réunis autour de la candidature qui pouvait l’emporter. Cela veut dire quoi, un vote de conviction ? On a tous des convictions mais il faut regarder la suite ! Il y a évidemment un sentiment d’échec, mais je retrouve espoir, un élan magnifique a eu lieu, avec ces 22 %.
Les électeurs de Jean-Luc Mélenchon, c’est la France jeune, la France populaire, la France qui travaille, celle qui veut un monde juste, réellement. Les féministes ont eu d’ailleurs un grand rôle dans la mobilisation à gauche, il ne faudra pas l’oublier. Les forces progressistes sont là, autour de Mélenchon. Cette France existe, elle s’est mobilisée et cela ne peut pas se perdre. Cela ne peut se dissoudre dans ce piège.
-Que voulez-vous dire ?
Emmanuel Macron a fomenté ce piège patiemment pendant tout son quinquennat. Il voulait ce duel. Il est le grand responsable de la montée de l’extrême droite en France, il n’a cessé de donner des gages en ce sens, avec son ministre Blanquer qui voulait interdire aux mères voilées d’accompagner les enfants dans les sorties, sur les sujets de société, toutes ces choses rances qu’on a entendues pendant cinq ans.
-Emmanuel Macron veut évidemment rassembler, il parle même d’une «nouvelle méthode», qu’en pensez-vous ?
Il est très fort, c’est un homme de théâtre, sans aucune conviction. Je ne crois pas à son ouverture, et ce qu’on fait pour vous mais sans vous, on le fait contre vous.
-Allez-vous malgré cela voter pour Emmanuel Macron ? Pensez-vous que le front républicain va fonctionner ?
Il ne faut pas que Marine Le Pen passe. Mais je ne crois plus au front républicain, il est usé. Inutile de vous dire que je ne voterai jamais Marine Le Pen, je la combattrai toujours. Mais je ne veux pas dire, là, aujourd’hui, au lendemain du 1er tour, que je voterai Macron. Il faut, pendant ces quinze jours, l’interroger, exiger des réponses et des engagements. Je ne peux pas donner quitus là, tout de suite, à Macron, ce n’est pas possible.
-Qu’attendez-vous de ces quinze jours ?
Ces quinze jours sont importants pour que tous ceux qui ont voulu un autre monde, une autre société, ne soient pas condamnés au silence. J’entends encore parler d’extrême gauche pour qualifier – et disqualifier – Mélenchon. Mais l’extrême gauche, elle est représentée par Poutou et Arthaud, qui n’ont pas le désir de rassembler et de gouverner ici et maintenant, de construire ensemble une société meilleure. Quant au «Nous tous» de Macron, c’est un slogan.
-Mais cette fois-ci, Marine Le Pen peut accéder au pouvoir…
Le piège est bien constitué et c’est le plus insupportable. C’est le couperet. On nous oblige à faire quelque chose qu’on ne veut pas faire. Aujourd’hui, je m’interroge. En 2017, je ne suis pas allée voter au second tour. La configuration est différente qu’il y a cinq ans, l’extrême droite a encore augmenté, le danger est encore plus proche. Ce qui domine en moi, là, c’est la colère d’être acculée à ce choix.
Ce sentiment de contrainte, je l’ai d’ailleurs éprouvé pendant tout le quinquennat de Macron. Derrière son arrogance, il y a une main de fer. Le pire, c’est que tout ce qui a été imposé pendant cinq ans l’a été avec l’apparence de la participation. On se souvient de la grande consultation après les gilets jaunes qui, pour le coup, a coûté un «pognon de dingue» et finalement a accouché d’une souris. Macron est le moindre mal mais, pour le moment, je ne veux pas qu’on empêche les voix de gauche de s’élever, il faut faire apparaître les impostures, et que surgisse un débat dont on ne soit pas exclu.
-Comment voyez-vous l’avenir de la gauche ?
Il est évident que ce n’est plus la peine de parler du Parti socialiste. Ces élections montrent bien que personne ne veut plus entendre ces prétendus socialistes qui proclament «Mon ennemi, c’est la finance» et qui font tout le contraire.
Au sein de La France insoumise, la relève est là, Clémentine Autain, Manuel Bompard, Adrien Quatennens… Je suis allée à un meeting près de chez moi et j’ai été fascinée par le sérieux, l’engagement des personnes présentes, la précision du programme… Il y a là une force vivante, d’avenir, inaltérable."
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Un ami Christian Robin, qui n’est jamais sur les réseaux a écrit ce texte et m’a autorisée à me publier. Je n’ai pas trop bien compris, après l’explication de la recherche du bouc émissaire, pourquoi les féministes « kmers roses »s’en prendraient aux homosexuels ?!
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Tribune au Monde
Bonjour Je participe à un groupe de réflexion qui s’appelle « Culture et Universalisme ». Nous avons écrit cette tribune qui va être envoyée jeudi matin au journal Le Monde pour publication. Si vous souhaitez la signer (et la partager)avant mercredi soir:culture.universalisme@gmail.com
Pour signer cette tribune adresser un mail à :
culture.universalisme@gmail.com
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Mort de Michel Bouquet On applaudit toujours à la mort d’un comédien au passage du cercueil.
Le dernier de sa génération….
Mes amis
Pourquoi un de mes Michel préférés est mort ? Heureusement, ce sera le dernier de mon vivant….. je pleure et je voudrais en rire car c’était un merveilleux comédien, de rupture, de tous les rôles.
je veux en rire encore mais de ma mort seulement ! « À la question les jours rallongent, il répondait pour quoi faire ? »je tente, pour aller au théâtre plus longtemps, là, c’est le seul moment où les nouvelles ne m’arrivent plus …. »De Michel Fau il a été un de ses professeurs et Michel Bouquet, a été, un de ses comédiens dans le Tartuffe. Je reconnaîtrais les mains de Michel Fau (les mains d’un pianiste disait-on des mains fines peu abîmées pour les hommes.)
Et qu’il était heureux de jouer avec lui….son professeur qui lui a appris qu’il n’y avait aucune différence entre les tragédies et les comédies…..
Dans sa classe il y avait aussi Gérard Watkins au Conse… au conservatoire
Après la mort de cet immense acteur, je me permets de publier ce texte de Gérard Watkins :
"Je suis en immense peine d’apprendre la mort de Michel Bouquet. Il est dans mon parcours d’acteur le pivot le plus essentiel. Je lui dois mon apprentissage du somnambulisme, l’art du fil, d’être absorbé au plus profond de la poétique des auteurs, je lui serai à jamais redevable du cadeau sans concession de la transmission qu’il nous a fait, de descriptions oniriques sans filet des œuvres de Shakespeare d’une puissance imaginative à en trembler d’émotion, de la « tête froide », la temporalité de l‘œuvre embarqué au millième de seconde, pour mieux permettre la fièvre et l’oubli, et la jouissance d’être remis au monde le temps d’une représentation. Je lui dois aussi, et de cela je suis certain, le léger décollage de mes auriculaires quand je joue et quand je dirige. Je lui dois un merci des plus humbles et des plus sincères. Adieu très grand homme."
Via Florence Le Corre
Quand on fait ce métier, on a (ou on devrait avoir) des modèles. Les choses de la vie font que depuis quelques années, je tente d'accompagner des apprentis comédiens et comédiennes dans la pratique de leur art. Avec eux et avec elles, je pense toujours à cette phrase de Michel Bouquet, à qui l'on disait que la présence ne s'apprenait pas et qui répondit alors : "La présence, c'est la somme des livres que l'on a lus, des tableaux que l'on a regardés, des musiques que l'on a écoutées."
Via Bruno Blairet
Fausse nouvelle ! Les grands acteurs ne meurent pas. Ils jouent qu’ils meurent et beaucoup y croient. Mais certains les voient toujours. Ils les voient debout. Il suffit d’applaudir.
Oui car c’est exactement ce que j’en pense et même si comme toutes les femmes… pardon la plupart des femmes j’ai subi des violences abus attouchements soit disant parce qu’on était avec des adultes libérés en qui on pouvait avoir confiance et après entre adultes libérés et consentants. Moi aussi j’ai souffert de ne pouvoir rien dire… ceci dit je n’ai jamais trouvé qu’il y en avait plus dans la vie intime que dans la vie au bureau que dans le théâtre…
Je suis abonnée à Télérama et décide de nécessité publique d’éditer cet article
#MeTooTheatre, Jeanne Balibar témoigne : “On me disait ‘c’est comme ça avec toutes les actrices’”
Après le cinéma, l’édition ou la musique émerge enfin un #MeToo dans le théâtre. L’actrice et comédienne, qui avait déjà raconté à “Télérama” avoir été victime de harcèlement au début de sa carrière, livre un propos éclairant sur ce mouvement et les spécificités de la scène.
Trente ans de métier, à parts égales, dans les deux milieux du théâtre et du cinéma. Depuis ses débuts en 1993 comme très jeune pensionnaire de la Comédie-Française jusqu’à sa récente et magnifique prestation dans Bajazet, la tragédie de Racine mise en scène par l’Allemand Frank Castorf, Jeanne Balibar ne cesse d’illuminer les scènes. Celle qui a aussi magnifiquement incarné Barbara dans le film de Mathieu Amalric et fut « césarisée » pour ce rôle en 2018 est aujourd’hui en plein tournage, à Paris, d’une série réalisée par Olivier Assayas pour la chaîne américaine HBO. Elle a pris le temps de se confier longuement sur le mouvement #MeTooTheatre, qui a fait irruption ces jours derniers sur les réseaux sociaux, quatre années après avoir explosé dans le monde du cinéma. Elle explique la nécessité de ces initiatives et revient sur les étapes difficiles qui ont quelquefois jalonné sa carrière.
Vous sentez-vous solidaire du mouvement #MeTooTheatre ? Non seulement solidaire mais aussi très reconnaissante ! Depuis le mouvement #MeToo au cinéma, comme beaucoup d’actrices de ma génération, je ressens une grande gratitude à l’égard des jeunes femmes qui ont mis toutes ces questions sur la place publique. Cela nous a toutes aidées à comprendre ce qui nous était parfois arrivé. À le mettre en mots, à le réfléchir, à le décrypter – à retirer de la « crypte » un certain nombre de souvenirs plus ou moins refoulés dans lesquels on avait quelquefois enfermé toutes ces violences. Mes propres débuts au théâtre, de ce point de vue, ont été catastrophiques.
#MeTooTheatredénonce l’omerta qui a régné jusque-là : le mot est-il approprié ? Ce mot n’est pas tropfort. Il ne vaut pas seulement pour les harcèlements sexuels ou moraux mais pour toutes les maltraitances liées aux hiérarchies de pouvoir s’exerçant sur un plateau. Nous sommes de temps à autre témoins de comportements qui terrorisent tout le monde. Très peu d’entre nous sont en position de les dénoncer, car nous craignons de ne plus travailler. Par ailleurs, ces révélations sur les réseaux sociaux, en occupantl’espace médiatique, ne doivent pas servir d’alibi au ministère de la Culture pour ne pas étudier de près la place des femmes dans nos métiers.
“Il faut protéger les femmes sans pour autant transformer l’art de la représentation en simple exécution d’un cahier des charges réglementé.”
À quoi pensez-vous en particulier ?
Y a-t-il réellement une invisibilisation progressive des femmes sur les plateaux ? À partir de quel âge ? Quelles sont leurs responsabilités dans l’institution théâtrale ? Comment sont-elles traitées quand elles en partent ? Je pense précisément au cas de Julie Brochen, metteuse en scène renvoyée de la direction du Théâtre national de Strasbourg en 2014, alors qu’elle était, après la nomination de Muriel Mayette à la Comédie-Française, la deuxième femme à diriger l’un des cinq théâtres nationaux. À ce moment-là, le pouvoir politique n’a eu aucun problème à congédier brutalement une femme. On l’accuse d’avoir laissé le théâtre dans le rouge, fait dont elle a été blanchie ensuite par un rapport de la Cour des comptes. Sa subvention pour avoir « servi » dans un théâtre national a été réduite d’un tiers par rapport à celle de ses prédécesseurs. Cela a été un énorme traumatisme pour nous toutes, pas seulement pour moi, qui ai beaucoup travaillé avec elle…
Quelle différence entre les mouvements #MeToodes arts du spectacle et ceux du reste de la société ? Notre art consiste à nous dénuder. De nombreux penseurs l’ont théorisé, Artaud par exemple : au théâtre et au cinéma, on révèle son « intérieur » : ses humeurs – au sens physique et médiéval comme au sens psychologique du terme. La représentation, grâce au jeu d’acteurs et d’actrices, doit pouvoir laisser déferler la sexualité, le désir, l’obscénité. Car si l’on n’est plus dans un contexte où nous pouvons faire apparaître Priape, les Érinyes ou Dionysos et une certaine ivresse, alors on n’est plus dans la fonction anthropologique qui est la nôtre : montrer l’humanité dans ses débordements. Telle est l’énorme difficulté : il faut protéger les femmes sans pour autant transformer l’art de la représentation en bréviaire, ou en simple exécution d’un cahier des charges réglementé. Ne l’oublions-pas non plus, le théâtre exprime tous les sentiments et parle d’amour. Lui aussi est ambivalent : idéal, salvateur, consolateur, comme dévorateur,castrateuret destructeur. Alors comment travailler dans et avec l’excès ? À toutes ces questions très épineuses, il n’y a pas de réponses simples.
Vous évoquez des débuts catastrophiques : quelles violences avez-vous subies ? Je n’en fais pas mystère, j’en ai d’ailleurs parlé lors d’un précédent entretien avec Télérama,quelques mois avant #MeTooCinéma. J’entre, en 1992, au Conservatoire de Paris pour y faire ma première année. À l’époque je vis avec Éric Ruf depuis déjà deux ans. On y a été reçus en même temps avec le nombre de voix maximum tous les deux. Au bout de trois mois, Catherine Hiegel, professeure, et Marcel Bozonnet, directeur, conseillent à Jacques Lassalle, alors administrateur de la Comédie-Française, de nous engager directement. J’ai rendez-vous avec lui. Il ne me parle que de mon père, philosophe. Une manière d’instiller tout de suite le doute sur les raisons pour lesquelles il m’engage. Pendant toute la durée du travail sur Dom Juan, présenté l’été suivant dans la Cour d’honneur d’Avignon, où je jouais le rôle d’Elvire, il a exercé à mon égard un harcèlement moral insoutenable. Répétant à l’envi que j’étais « nulle », qu’il n’y avait rien à faire pour que je sorte quelque chose de valable. À toutes les séances. À tel point qu’Éric, également dans la distribution, et Olivier Dautrey, autre acteur de ma génération, ont décidé d’assister à toutes mes répétitions, dans l’espoir que cela me protégerait de cette violence. Roland Bertin, acteur phare distribué dans Sganarelle, essayait lui aussi de jouer les pare-feux, sans succès.
Ces maltraitances n’étaient pas ouvertement sexuelles de la part de ce vieux monsieur sur la toute jeune femme de 23 ans que j’étais, mais enfin, c’était des insultes et des humiliations constantes. Des choses qui m’empêchaient de travailler, tellement j’étais apeurée… Et pour compléter ce joyeux tableau, Andrzej Seweryn, qui tenait le rôle de Dom Juan, me cognait vraiment dans la première scène une fois sur dix, au lieu de faire semblant. La situation de l’actrice confrontée à un acteur qui « oublie » de se maîtriser dans les scènes de bagarre est assez répandue.
“Voir des abus sans en être soi-même directement victime est très violent, cela doit être dit.”
Cette violence du metteur en scène semblait instituée, alors ? Oui ! Dans la maison, on me disait régulièrement : « Ne le prends pas personnellement, c’est comme ça avec toutes les actrices qui ont le premier rôle. »
Après cette expérience désastreuse, avez-vous été confrontée à d’autres abus ? Désastreuse, mais pourtant extraordinaire quand même sous bien des aspects… Tout de suite après ce Dom Juan, j’ai fait une autre expérience traumatisante, lors d’un tournage au cinéma : être témoin d’une situation identique, entre une femme réalisatrice cette fois et un vieil acteur. Elle l’insultait sans cesse. Pendant deux mois, je me suis sentie salie d’être ainsi complice à force de ne rien dire. Voir des abus sans en être soi-même directement victime est très violent, cela doit être dit. Comme il faut souligner que les comportements inacceptables ne sont pas l’apanage exclusif des hommes.
En tant qu’artiste de la scène, comment gardez-vous votre intégrité ? La confiance en soi est la meilleure barrière. Par exemple, si un metteur en scène me dit aujourd’hui « t’es nulle », je saurai répondre : « Il ne fallait pas m’engager. » Mais quand c’est leur premier ou deuxième engagement, les débutantes n’ont pas beaucoup de points où s’appuyer pour réfuter l’argument et se rassurer.
Digérer l’expérience Elvire a été long ? Un jour, j’ai fini par me rebeller, avant la reprise à la Comédie-Française. Le jour de la dernière répétition, tous les photographes étaient là, salle Richelieu. Et il a balancé dans son micro : « Mademoiselle Balibar, jouer la comédie ne consiste pas à poser pour des photos ! » Or j’avais fini par réussir à préserver mon plaisir de jouer, celui dont la comédienne Madeleine Marion – la grande pédagogue du Conservatoire – m’avait fait découvrir l’étendue et la puissance. C’était ça mon socle inentamable de confiance en moi ! Après sa phrase odieuse, j’ai hurlé qu’il était un connard, qu’il devait arrêter de me faire chier. C’était retransmis sur tous les écrans dans les loges, à la cantine, parmi tous les services. Les techniciens sont venus me dire : « Bravo, t’as bien fait ! » Tout cela s’est passé dans l’enceinte de la Comédie-Française : il ne me serait jamais venu à l’idée de le divulguer à l’extérieur.
Les troupespeuvent-elles avoir un effet régulateur ? Peut-être dans les collectifs éphémères, parce que les troupes où l’on reste des années ensemble sont des marmites à névrose, donc pas très protectrices des femmes. Cela dit, elles sont de formidables outils et produisent des œuvres de grande qualité. Que ce soit celle d’Ariane Mnouchkine ou d’Ingmar Bergman ou de la cinéaste Josée Dayan, qui a constitué une famille de complices dans un système où ça n’existe pas d’habitude.
“La séduction est en jeu à chaque seconde. Sur un plateau de théâtre comme sur un plateau de cinéma.”
En Allemagne, les choses se jouent-elles autrement ? En Allemagne, je ne connais que le travail avec le metteur en scène Frank Castorf. Je suis partie à la Volksbühne de Berlin, qu’il dirigeait alors, pour jouer dans son adaptation de La Cousine Bette, de Balzac. C’était il y a huit ans et nous sommes tombés amoureux. Depuis, nous avons fait dix spectacles ensemble. Dans son cas à lui, s’il est un artiste attentif à représenter sur scène l’hypersexualisation des rapports sociaux, dans sa pratique de metteur en scène ou de directeur de théâtre, il est en revanche totalement irréprochable. Pour la simple raison que la stratégie de séduction qu’il a adoptée dans l’existence n’est pas celle du prédateur. Il attend qu’on vienne à lui. C’est d’ailleurs moi qui l’ai dragué
La séduction est-elle toujours en jeu sur une scène ?
À chaque seconde. Sur un plateau de théâtre comme sur un plateau de cinéma. La culture patriarcale a proposé aux hommes un modèle de prédation en leur mettant dans la tête que c’était séduisant d’être l’homme qui prend les femmes. Il faut travailler là-dessus, même si ça va être difficile de se débarrasser du marquis de Sade. Et de toute une culture érotique. Car on ne peut pas vivre dans une société du XXIe siècle qui à la fois désenclave la pornographie et l’intègre à tous les arts picturaux, et en même temps l’interdit aux arts du spectacle. Cela signifierait que le théâtre et le cinéma seraient les seuls arts à ne pas utiliser des formes qui ont été travaillées pendant des siècles. Il faut que ce soit possible de me demander à moi, la comédienne, de jouer en scène avec un stéréotype fétichiste. De quelle nature sera ce geste ? Je ne suis pas sûre de le savoir moi-même. Est-ce possible d’être au clair avec tout ça, quand il s’agit de travailler en laissant parler l’inconscient ? La seule chose dont je serai certaine c’est de mon envie de le faire ou pas. La limite est celle-ci : ça doit pouvoir être proposé, et ça doit pouvoir être refusé.
Pourquoi le mouvement #MeTooTheatre n’arrive-t-il que maintenant, longtemps après celui du cinéma ? Aucune idée, car je ne vois pas en quoi, sur ce sujet, les deux milieux peuvent se différencier. Une chose me frappe cependant : la concomitance de ces « MeTooSpectacle » avec la levée du secret sur les abus commis au sein de l’Église catholique. Ce n’est pas un hasard, car le théâtre comme le cinéma sont des arts de la représentation du monde par le jeu dont les deux grosses matrices sont la Grèce antique d’un côté et la liturgie catholique de l’autre. Il y a une fonction dionysiaque dans le théâtre et le cinéma mais on y trouve aussi une fonction ecclésiale. On va à une sorte de messe quand on entre au théâtre et au cinéma. Les comédiens en sont les officiants et les metteurs en scène, peut-être les évêques. La prochaine étape de cette prise de conscience est de comprendre combien les arts du spectacle d’un côté, et l’éducation de l’autre – de l’école à l’université –, sont des avatars de l’Église catholique. À eux trois, ces piliers de la culture occidentale sacralisent chacun à leur manière des histoires, des axiomes moraux, des vertus, tout un corpus de texteset de pensées à partir desquels on essaye de se connaître et de se rêver soi-même. Le théâtre, en cherchant à être populaire, ne s’est-il pas donné pour mission de transmettre la bonne parole littéraire ? Cette comparaison n’est qu’une intuition de ma part,mais il me semble qu’elle pourrait être féconde.
Je reçois Télérama toutes les semaines je lis plus les critiques sur internet que dans le journal mais les articles à la une ou en exergue sont souvent très intéressants sur l’apprentissage de l’art du théâtre il y a diverses formations ou pas, et expériences….
Nous avons vu deux films sur Canal + qui nous ont parlé d’ailleurs de musique d’Amerique de Rockstar avec une grande désespérance contractée à l’enfance à cause de parents isolants heureusement la grand-mère, l’amitié, la musique, le talent, la célébrité et ses angles obtus ; mais bon j’ai aimé Rocketman pour la Musique les danses -un peu comme les chorégraphies encore mieux réussies dans Lalaland. La recherche sur les costumes est fabuleuse et le jeu de l’acteur qui les habite, à merveille...
L’autre promesse d’ailleurs, était un film sur l’Afrique : Yao, de Philippe Godeau, y en a pas tellement des films sur l’Afrique... un film sympa (le mot cache-coeur qu’on utilise comme un mouchoir pour ne pas s’étendre mais s’entendre sur tout, surtout en ce moment).
Avec Omar Sy et un étonnant petit garçon : Lionel Louis Basse. Ça se passe au Sénégal : peu à Dakar et beaucoup dans des villages et sur la route puis au bord de la mer et la vie dans ces villages son intensité, son essentiel: offrir à manger, ses sourires, sa poésie, sa musique, sa danse ne sont pas colorés pour faire oublier les réalités. J’ai aimé les scènes avec le petit garçon dans le train au bord de la mer avec la danseuse chanteuse puis les scènes avec la vieille femme chamane. C’est un film sur l’Afrique qui donne une folle envie d’y atterrir et de ne plus en repartir comme la chanteuse Fatoumata Diawara.... après avoir eu trop chaud, après avoir été malade, après avoir perdu le sommeil, après avoir été un "petit blanc".... il suffit de passer le cap des deux semaines et de prendre certes, quelques précautions.... Les noirs qui retournent au Pays après avoir vécu en France ne sont ni noirs ni blancs, ils sont juste des "Bounty"
“ C'est un film d'Amour qui évite la niaiserie. Bravo pour la BO de M. Et aussi pour le petit Yao qui est craquant. ”
Voilà c’est déjà fini j’aime l’humour le côté anglais, le format des épisodes ; le souci c’est que cela passe trop vite... Tous les personnages sont véritables et pourtant, ils se tiennent au bord du vide et de la folie mais bon c’est la marque intime de chacun et cette gageure de rendre vivant par des videos les personnes défuntes, comme des photographes qui durent plus longtemps, c'est très vrai. certains penseront.... c'est triste sur le deuil, mais non justement, c'est libérateur. Pascal mon ami n’aime ni l’humour ni l’amour pour les gens dans ce film, l’amitié profonde pour les êtres les plus border-line, c’est comme cela qu’on dit non, mais c'est une façon de porter le regard sur les autres, sans à priori....et lui est comme cela ça tient à quoi de préférer les jeux ses jeux à partager une série, Les séries enferment-elles ?.... Dans les personnages les plus déments : le psy, le facteur, « l´entasseur » de déchets, le fils en surpoids et sa mère et puis les plus tendres l’infirmière, la veuve, la stagiaire... le patron du journal, la travailleuse du sexe et les deux les plus craquants l’enfant du patron...et le chien., la chienne. Le quotidien au bureau fonctionne bien et ce n'est pas un énième bureau de flics, non mais celui d'un journal gratuit de quartier....Un passage dans les trois avant derniers épisodes : le spectacle du groupe amateur de théâtre du quartier ou village... avec stand-up, danse, poème est incroyable... pas trop long, mais incroyable, cela ne ressemble à rien et pourtant... c'est "monstre", c'est émouvant malgré tout alors que c'est à l'extrême du fiasco ?! mais non pas seulement...
my blog, même s'il n'est lu que par 2 personnes... ce n'est pas la quantité, mais la qualité... les jardins et les squares ne vont pas rouvrir, les cinémas les théâtres non plus, because zone rouge mais ces deux derniers domaines culturels, resteront fermés dans tout le pays, j'étouffe.... alors que les bibliothèques les librairies non, c'est déjà ça mais ce n'est pas assez.....
Le lien vers la vidéo sur mon mur FB de ce groupe rose de percussions
Ça a démarré à 15h30 et voilà le soleil !!! Je réécris tout... car je suis mécontente de mon précédent article posté. Je voulais prendre que des photos et puis mon portable m’a lâché : plus de batterie alors je me suis mise à noter dans les marges d’un tract libertaire de Saint Denis tout... je me suis retrouvée dans cette solitude d’observatrice au milieu d’une foule porteuse non violente. Il y avait des femmes de tous les âges mais aussi des hommes motivés, j’ai dansé au son des tambours sur la place en attendant que cela bouge. C était aussi une foule composite cosmopolite des Russes des turques... les jeunes étudiants parlent tous plusieurs langues.
J’ai vu aussi quelques blacks blocks pas inquiétés défilant aux côtés de tous les autres des organisations syndicales politiques tous exprimant leurs idées leur soutien et contents de le faire. Ensemble de toutes les villes de France nous étions 200.000 nous a-t’on annoncé...
Sur le trajet j’ai rencontré Amélie Prévot comédienne elle aussi sans son compagnon, et Gaspard de la troupe de Macbeth, il était avec un groupe de musicos dont un jeune homme avec un tuba.
Sur l’avenue qui menait aux fenêtres il y avait aussi un groupe avec une trompette, il entonnait cet air victorieux auquel on répond Olé Olé Olé et puis il y avait aussi une vieille dame à sa fenêtre qui faisait des grands cercles à tout le cortège avec un grand tissu violet.
Vers 18h j’ai pris le métro à Charonne pour rentrer Pascal commençait à s’inquiéter. Il avait fait le lit les courses et m’avait appelé plusieurs fois...
Entre autres slogans notés :
Ras le viol.
Je te crois, tu n’y es pour rien.
Nous sommes des filles en feu
Pour jouir il faut dire oui.
Plus de polenta moins de polanski
Merci Adèle Haenel
Ce ne sont pas nos jupes qui sont courtes mais vos mentalités
Éduque ton fils nos filles auront moins peur
Le silence n’a jamais été sans violence
« Patriarcat caca » repris en chœur.
Ça fait du bien une belle manifestation avec des policiers non visibles...
Changeons les règles
Des jeunes hommes noirs et syndiqués
Quand on a des inscriptions les selfies sont impossibles à cause de l’inversion au miroir, et je tentais donc de prendre l’inscription à distance avec le tel, au bout de mon bras et une jeune femme m’a dit : « vous savez vous pouvez faire un selfie !!! -Oui ,lui dis je, ne suis pas une mamie si ringarde !!! Du coup on a ri et elle m’a prise en photo, on a bien ri...
Le Rojava kurde
J’ai vu aussi un chien d’aveugle labrador noir avec ses deux maîtresses bras dessus dessous
Un tilleul qui par des rejets a revécu après qu’on lui ait supprimé son tronc : bien fait ! L’arboretum du château de Bellevue à Presles où se déroule tous les ans à la Pentecôte la fête de Lutte Ouvrière. La fête où de tous temps les enfants à leur juste place sont rois ou plutôt notre espoir .....à la petite scène du Hêtre pourpre, il y avait un jeune homme qui partageait toutes les chansons de Brassens et les interprétait à la demande ou racontait la vie toute la vie de Georges : Papa Maman Les oiseaux de passage et une vieille chanson des autres... qu’il interprétait à ses
débuts : pour me rendre a mon bureau
https://youtu.be/qQiFWDvHjcs
Ne pas déraciner pour rien les arbres qui sont tellement sources de vie de musique... dépollueurs ... Jacques Prévert Arbres extraits d’un petit livre L’arbre des poètes et des conteurs vendus à L’arboretum 2€ les 3. ce ne sont pas des capitalistes à la fête de LO ! la visite et les infusions de tilleul verveine et thym sont gratuites....
Dimanche 2 ème jour de fête activité non stop, déjà restauration la plus économique pour tous, y compris les enfants, il y a tellement d’activités pour eux qu’ils sont partout associés. Au menu hier chez les Amériicains : Chili con carne et guacamole le midi, dessert : Charlotte ou fraises le soir plus frais : petit salé aux lentilles, crottin chaud, dessert gaufre de Liège un peu lourd mais très digeste avec un thé à la menthe chez les turcs, car dans l’après midi nous avons eu beaucoup d’activités, sommes allés au spectacle audiovisuel : Quoi de neuf sur nos origines ? Sapiens et Cie parce que l’homme avance dans son passé d’autres lignées ont été découvertes. Puis nous sommes allés au débat toujours très vif entre des représentants du NPA et de Lutte Ouvrière par rapport aux gilets jaunes aux élections européennes au contexte actuel.... aux futures luttes dans les entreprises.... et partout il y avait de la musique, rock des années 70 et du jazz et aussi Judith Magre qui nous lisait des textes de Flora Tristan 1843 sur sa conception de l’égalité en droits des hommes et des femmes sur l’illusion de la propriété ... que les travailleurs prolétaires n’avaient aucune propriété que la force de leurs bras .... et puis partout des livres des livres encore des livres. partout aussi on a discuté avec les gens dans les files d’attente ou à table même dans les navettes du retour avec un retraité... les retraités sont des travailleurs ??? Qui nous a montré des photos des réseaux sur la révolution en Algérie une jeune femme enveloppée dans un drapeau algérien avec un livre dans sa main Trotsky : la révolution trahie ....En rentrant je me suis dit quelle patience il faut pour faire avancer les idées qui pourraient changer le monde.....