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jeudi 24 octobre 2024

Anniversaire Piaf Cocteau

Oh comme c’est difficile de penser à des amis perdus, les amis qui nous les ont les plus raconté, qui nous les ont les plus rendus vivants, même leurs œuvres ne sont plus si proches… Cocteau aucune pièce n’est rejouée même dans les cours amateurs même « le bel indifférent » ou « la voix humaine » et eux ces passeurs ne sont pas loin pas injoignables mais physiquement dans un autre arrondissement une autre constellation. Edith elle oui reste incrustée à nos chairs et sur notre peau. Je vous envoie ma prière du matin athée et je remercie Patti Smith dans son livre des jours de les consacrer.
Ils avaient de si belles mains….


dimanche 26 novembre 2023

Un article sur BARBARA ma chanteuse dans Télérama

 
Barbara cet hommage article date de 10 ans, pourquoi ne l’ai-je jamais publié sur mon blog…
Parce qu’il était cookie collé et que j’aurais voulu ressembler à cette photo…. Et commencer à écrire comme toi après la mort de mes « idées noires » qui sait c’est un premier souffle pour effacer le temps perdu dit-on mais toutes deux nous savons qu’uni fruit doit mûrir vieillir se gâter pour être rendu à la terre….
CHERCHER LA FEMME
La Petite Cantate à son amie disparue.
Un chant d'amour aux étudiants de Göttingen.
L‘inceste, sans doute, dans l’Aigle noir...
On la disait mystérieuse. Pourtant, elle livrait tout dans ses chansons.

Par Valérie Lehoux
Le 24 novembre, cela fera quinze ans que Barbara a disparu. Ses chansons, elles, restent étonnamment vivantes. On les entend dans des films, et dans la voix de jeunes interprètes, de Daphné à Mika (!), qui ne finissent plus de s'en emparer. C'est simple : de tous les géants de la chanson, Barbara est de loin celle que l'on chante le plus. A Paris, en ce moment, au moins quatre spectacles la célèbrent. Et on ne compte plus ceux, comédiens, cinéastes, romanciers ou même politiques, qui la citent comme une référence. Pourquoi, alors que les radios ne la diffusent quasiment plus ?

Parce que la femme, d'abord, reste un modèle de liberté : à une époque où les chanteuses interprétaient des textes d'hommes, elle fut l'une des premières à endosser les siens.1
Contre toutes les normes des années 1950 et 1960, elle imposa aussi une image : une étrange silhouette de grand oiseau noir et un visage anguleux, mystérieux, aux antipodes des blondes au nez retroussé. Les trois décennies suivantes, elle osa enfin rompre avec les lois du showbiz et de la promotion, pour ne plus chanter que lorsqu'elle en avait envie, sans forcément sortir un disque ou s'afficher sur les murs des villes. Un demi-siècle plus tard, tant d'audace et de détermination restent exemplaires.

Mais si, au-delà du personnage, l'œuvre demeure à ce point vivace, c'est que rien, encore, n'a pu en altérer la puissance. Barbara ne chantait pas pour se distraire ou pour gagner sa vie, mais pour se relever des outrages qu'elle avait subis : l'inceste, d'abord, puis la fuite subite d'un père qui ne s'expliqua jamais, ni ne lui demanda pardon. C'est d'ailleurs à sa mort que Barbara se mit à écrire, chaque mot devenant un pas de plus sur le long chemin de sa reconstruction. Son moyen d'avancer, et finalement de vivre. Voilà pourquoi, quand elle chantait son enfance, ses amours ou ses deuils, on y percevait tant d'urgence et d'intensité. Barbara faisait de la chanson une absolue nécessité, renvoyant chaque auditeur à sa propre vérité. Dans un documentaire télé diffusé cette semaine 2, la chanteuse Camille le dit très justement:
« Elle vous raconte son histoire avec tellement de force, que vous êtes obligé d'entrer en vous-même, avec la même force. »
Mais autant sur scène Barbara se donnait, autant ailleurs elle se dérobait. Aux journalistes troublés qui l'interrogeaient sur son inspiration, elle lançait, bravache, «je n'ai aucune imagination!», se gardant bien d'en dire davantage… Longtemps, les chansons se seront donc passées de toute explication. Depuis, on a découvert quelques-uns de leurs secrets —elle-
même en a livré dans ses Mémoires inachevés 3. Voici un peu de sa vie, en une dizaine de chansons toujours très actuelles.  



«NANTES» 1959

Dix ans après s'être volatilisé sans laisser d'adresse, son père meurt à Nantes. Barbara, qui chante déjà à l'Ecluse mais vit encore, très chichement, chez sa mère, décide aussitôt de se rendre à Nantes, où elle n'est jamais allée. Ce voyage, elle le raconte dans une chanson qu'elle mettra trois ans à terminer. Elle l'interprète pour la première fois en novembre 1963, au Théâtre des Capucines, à Paris, lors d'une soirée réservée aux jeunes artistes. Dans le public se trouve la journaliste Denise Glaser, tellement bouleversée qu'elle décide de l'inviter dans son Discorama, émission detélévision mythique, et de fabriquer une fausse pochette pour cette chanson qui n'existe pas encore sur disque. Aujourd'hui monument du répertoire français, tantes est l'un des classiques de Barbara le moins repris par la jeune génération. Sans doute parce qu'il est trop personnel.

LA SEMAINE BARBARA

«Je suis une femme qui chante avant tout», affirmait Barbara. C'est donc à des jeunes femmes qui chantent aujourd'hui que Didier Varrod confie le soin d'évoquer l'artiste dans l'émouvant documentaire Un beau Jour... Barbara, réalisé par Nicolas Maupied et diffusé par France 5 le dimanche 25 novembre à 8h30.
Une belle idée d'amoureux de la chanson, tant les mots de la Dame brune résonnent joliment dans les propos de Camille, Daphné, L, La Grande Sophie et Olivia Ruiz, mêlés aux séquences d'archives.
Côté radios, France Inter propose une journée spéciale le 24 novembre : coup d'envoi dès 0 heure avec un Pop, etc. sur l'album La Louve; à 8h20, Jean-Louis Aubert est l'invité de la matinale; à midi, Philippe Meyer s'intéresse à la Barbara interprète; à l9h20, Vincent Josse visite son Atelier (à écouter en Podcast à tout prix) en compagnie notamment de Marie Chaix; enfin, à 20 heures, soirée spéciale avec un Pont des artistes entièrement consacré à la chanteuse (avec La Grande Sophie, William Sheller, Babx, Christophe ou Baptiste Trotignon), puis la diffusion du concert de 1965. A Europe 1, les festivités commencent dès le jeudi 22 : Des clics et des claques (à 20 heures) reçoit le neveu de Barbara, Bernard Serf; le lendemain, On connait la musique (à 22 heures) lui est consacré; et rebelote
le samedi, de 22 heures à 1 heure, avec un concert hommage de Daphné, puis le Musicorama de 1968. Dernière pièce du dispositif: dimanche, à 11 heures, dans II n'y en a pas deux comme Elle.





« DIS, QUAND REVIENDRAS-TU? » 1961

Barbara est amoureuse - ce n'est ni la première, ni la dernière fois ! Mais cet homme-là, elle y tient suffisamment pour quitter Paris et le suivre à... Abidjan. Là-bas, elle s'installe dans sa grande maison blanche, fuit le soleil, trouve un engagement dans une boîte à chansons interlope. Mais la vie d'expatriée ne lui convient pas: n'y tenant plus, elle repart a Paris au bout de quelques semaines. Pour son amant lointain, elle écrit Dis, quand reviendras-tu? Et la chante à l'Ecluse... sans oser dire qu'elle en est l'auteur. La chanson deviendra pourtant son premier succès ; cinquante ans plus tard, c'est aussi son titre le plus repris. La Grande Sophie en a fait une très belle version sur son album Des vagues et des ruisseaux (2009). Jean-Louis Aubert l'a interprétée pour le film de Philippe Claudel, II y a longtemps que je t'aime (2008).
Bénabar, Isabelle Boulay, Martha Waimwright et beaucoup d'autres la chantent sur scène...

« GÖTTINGEN » 1964

La Seconde Guerre mondiale hante encore les esprits. De père et de mère juifs, Barbara a passé le conflit à se cacher, parfois séparée de sa famille... Moins de vingt ans plus tard, quand un étudiant allemand l'invite à chanter chez lui, à Göttingen, elle refuse. « L'Allemagne était comme une griffe. 4» Puis, devant son insistance, finit par céder. Mais une fois sur place, catastrophe : le piano promis n'est pas là et les transporteurs de pianos sont en grève ! Des étudiants de Göttingen décident alors d'aller chercher un instrument chez une vieille dame de la ville, et de l'amener eux-mêmes jusqu'au théâtre. La chanteuse n'en revient pas. Son contrat est prolongé d'une semaine. Et le dernier soir, pour les remercier, elle crée Göttingen, première chanson de réconciliation franco-allemande. Depuis, elle en est l'emblème. François Mitterrand l'a plusieurs fois citée. Le chancelier Schröder en a lu un extrait lors du quarantième anniversaire du traité de l'Elysée. Et le 22 janvier prochain, alors que l'on fêtera les 50 ans de ce pacte, il y a fort à parier qu'une fois de plus on l'entendra. « Faites que jamais ne revienne le temps du sang et de la haine, car il y a des gens que j’aime, à Göttingen, à Göttingen...»


« UNE PETITE CANTATE » 1965

Liliane Benelli, sa pianiste à l'Ecluse, se tue lors d'un accident de la route. A ses côtés, Serge Lama, qui gardera longtemps les séquelles de l'accident. Quand Barbara l'apprend, elle sort de scène ; et s'écroule à l'annonce de la nouvelle. Un mois plus tard, lors d'une présentation à sa maison de disques, elle chante Une petite cantate, en hommage à son amie disparue. Le nom de Liliane Benelli reste méconnu, mais deux chansons majeures lui ont été dédiées : la Cantate de Barbara et D’aventures en aventures, de Serge Lama. La Cantate résonne toujours: dans Camille redouble, le personnage incarné par Noémie Lvovsky la fait chanter à ses parents, comme une prière païenne, et l'enregistre pour garder leur voix au-delà de la mort. C'est la plus forte scène du film.

« MA PLUS BELLE HISTOIRE D'AMOUR » 1966

En 1964, Barbara a fait la première partie de Georges Brassens, à Bobino. Instant charnière qui la révèle au grand public. Elle y revient, l'année suivante, cette fois en vedette. Et fin 1966, elle y chante de nouveau, tête d'affiche incontestée. Fait exceptionnel, elle se lève de
son piano pour déclarer au public «Ma plus belle histoire d'amour, c'est vous. » C'est une
chanson-somme, un manifeste, qui évoque ses quinze années de galère, d'espoirs et de décou-   ragements, jusqu'au Bobino de 1965 qui l'a enfin consacrée. « Ce fut un soir en septembre, vous étiez venu m'attendre, ici même, vous en souvenez-vous?»... De ce jour-là, jamais plus Barbara ne monta sur scène sans entonner Ma plus belle histoire d'amour «S'il ne devait
rester qu'une chanson, ce serait celle-là», répéta-t-elle mille fois. Les quelques-uns qui se sont essayé à la reprendre, encore récemment, s'y sont cassé la voix.

« MON ENFANCE » 1968

Barbara est en tournée du côté de Grenoble. Soudain, elle voit un panneau sur le bord
de la route: Saint-Marcellin. Pendant la guerre, elle a passé plusieurs années dans
cette petite ville aux portes du Vercors.« Allons-y faire un tour!» lance-t-elle à son
chauffeur. Son assistante d'alors, l'écrivain Marie Chaix, l'accompagne ce jour-là. Elle se la rappelle marchant dans les rues comme une automate, rester longuement près de la maison qu'elle avait habitée avec sa famille, puis remonter en voiture, sans dire un mot. Pleurant derrière ses grandes lunettes noires. Un peu plus tard, Barbara enregistre Mon enfance, souvenir intime, tendre et douloureux de ce retour fugace. «Parmi tous les souvenirs, ceux de l'enfance sont les pires, ceux de l'enfance nous déchirent. » En 2012, c'est cette chanson qui clôt le film de Carine Tardieu, Du vent dans mes mollets. Vincent Delerm ou Calogero la chantent parfois en concert.
« L'AIGLE NOIR » 70

A l'issue d'un Olympia, et trois ans après les adieux à la scène de son ami Brel, Barbara vient d'annoncer qu'elle prenait elle aussi du recul, de peur de tomber dans un «fonctionnariat de la chanson». Au début de l'année, elle s'essaye à la comédie et joue dans une pièce musicale de
Remo Forlani... Echec public et critique. Au printemps, elle débute l'enregistrement d'un nouveau disque et hésite à y mettre l’évocation d'un rêve énigmatique l’Aigle noir Finalement, elle retient la chanson, qui devient le tube de l'été 1970, et le plus grand succès de sa carrière. Mais, sur le disque, elle en a curieusement retiré les dernières phrases. Des années plus tard, on comprendra que L'Aigle noir faisait très vraisemblablement allusion à l'inceste. La version initiale sort aujourd'hui… Les mots, restés inédits pendant quarante-deux ans, peut-être parce qu'elle les trouvait trop explicites, sonnent de façon déchirante : «Au matin, il ne me restait rien. L'oiseau m'avait laissée seule avec mon chagrin... »

Au soir du 10 mai, Barbara voit des milliers de jeunes gens, place de la Bastille, fêter l'arrivée
d'un socialiste à l'Elysée. Emue par cet enthousiasme collectif, elle écrit Regarde, qu'elle crée sur scène quelques mois plus tard, sous un chapiteau géant, porte de Pantin. L'ambiance est euphorique: en moins d'un mois, soixante mille spectateurs, souvent jeunes, viennent lui faire un triomphe dans ce lieu très peu conventionnel pour une artiste de sa trempe. Le récital de Pantin entre dans les annales de la chanson, et les médias rebaptisent Regarde : L'Homme à la rose... Durant l'hiver 2011, en pleine campagne présidentielle, le PS s'empare d'une chanson d'Alex Beaupain, Au départ, pour en faire un hymne ; ses premiers mots
sont un clin d'œil au texte de Barbara.

« VIVANT POÈME »1996

Barbara enregistre son premier album studio depuis quinze ans. Elle en cosigne deux titres avec Jean-Louis Aubert, dont Vivant poème, chanson testamentaire à la beauté crépusculaire. Barbara n'a que 66 ans mais elle est fatiguée; elle a définitivement renoncé à la scène
deux ans plus tôt, et pressent que ce disque sera son dernier. Elle y chante son Vivant poème en solo ; mais une autre version existe, en duo avec Aubert, qui reste inédite. Depuis quelques jours, elle est enfin disponible sur disque 5 : la voix et le phrasé de Barbara y sonnent
comme ceux d'une chanteuse de jazz américaine. Quant au texte, il délivre un ultime message à tous ceux qui l'écoutent. Le legs d'une femme qui cinquante ans durant, aura chanté pour respirer. « Va, ce monde je te le donne. Va, et jamais n'abandonne. [...]La vie est un long poème, que tu vas écrire toi-même. »
1 Avec Nicole Louvier et Anne Sylvestre,
2 Un beau jour... Barbara, par Didier
Varrod et Nicolas Maupied, dimanche 25 novembre, France 5,8h45.
3 Il était un piano noir
éd.Fayard,200p.,30,50?.
4 France Inter, 27 décembre 1996.
5 Une femme qui chante, intégrale,
19 CD Mercury, l50 €.



1968, l'année du Musicorama à L'Olympia, qui sera rediffusé samedi sur Europe 1.



HORS-SERIE TÉLÉRAMA

Quinze ans après sa mort, Barbara, femme et artiste d'une parfaite exigence, reste terriblement moderne. Pour découvrir qui elle fut, pour mieux comprendre son œuvre et pour en mesurer la portée, Télérama réédite son hors-série… En vente dans les kiosques, 8,60 euros, et dans la boutique Télérama.fr.
 voir aussi "La galaxie Barbara"
À VOIR

Exposition de photos inédites à la mairie de Cadaujac(33)
jusqu'au 30 nov. Ouvert dimanche. Rens.: 0619258997

dimanche 18 septembre 2022

Cinéma à Paris au Chaplin Saint-Lambert As Bestas/la nuit du 12 et la mort de JLG


LA NUIT DU 12 TTT
Et ce très très exceptionnel film est encore sur les écrans  ce n’est pas un hasard dans la foule de films qu’un très bon film reste ; allez-y c’est un film avec des non-dits qui s’ouvrent en nous au fur et à mesure de ce film. Les acteurs oui bien-sûr sont inoubliables… j’ai toujours bcp aimé les films policiers mais en général je les oublie aussi vite, dès que je ne les vois plus après le générique mais
Là NON. Les mots je me souviens des mots…
Je suis même allée le voir d’urgence car la veille j’étais allée tout à trac sans avoir rien lu voir « Coup de théâtre » TROIS ZÉROS un policier anglais style Agatha Christie avec une mise en abime du théâtre…. Mais qu’il y reste ce film dans l’abîme. Surtout n’y allez pas et heureusement j’ai un peu dormi 

La nuit du 12 (ABONNÉE)
Critique par Mathilde Blottière de Télérama 
Publié le 12/07/2022
Pourquoi Clara a-t-elle été brûlée vive ? Ce féminicide atroce dévore de l’intérieur son enquêteur, Yohan… Un récit d’une noirceur salutaire.
Qui a tué Clara ? Où, quand, comment, on le sait déjà : elle a été brûlée vive, une nuit, dans une rue de la région grenobloise. Alors, qui ? À cette question, Yohan, l’inspecteur de la police judiciaire chargé de l’enquête, n’aura jamais de réponse. On ne divulgâche rien en écrivant que La Nuit du 12 est un thriller sans coupable. Le film lui-même l’annonce dès l’ouverture, avec un carton précisant qu’environ 20 % des enquêtes criminelles menées par la PJ en France restent irrésolues. L’histoire du film, tirée d’un fait divers, est de celles-ci.
C’est l’une des plus belles audaces de Dominik Moll (Harry, un ami qui vous veut du bien, Seules les bêtes) et de son coscénariste, Gilles Marchand, que d’assumer d’emblée leur film pour ce qu’il est. Non pas un polar tendu vers la résolution d’une énigme et la révélation de l’identité de l’assassin — au fil des interrogatoires de police, tous les amants de passage de Clara s’avéreront capables de l’avoir tuée — mais la recherche, sombre et tourmentée, du mobile du crime. Pourquoi ? Pourquoi tuer, qui plus est d’une façon aussi atroce, une jeune fille heureuse de vivre, de séduire, d’aimer ? La question tourne en boucle dans le cerveau de Yohan comme lui, chaque soir, tourne en rond sur la piste du vélodrome.
L’horreur du féminicide ruine progressivement la santé mentale de ce chef d’équipe taciturne et rigoureux tout en le forçant à changer de prisme. Comme lors de cette scène décisive et poignante, au mitan du film : l’enquêteur interroge la meilleure amie de Clara sur les relations sexuelles de cette dernière. La réaction de la jeune fille l’ébranle profondément, l’obligeant soudain à prendre conscience des ambiguïtés de son point de vue masculin. Plus tard, c’est encore une femme, une jeune collègue cette fois, qui, en une phrase, fera vaciller d’autres certitudes. À commencer par la neutralité de sa position, celle d’un homme chargé d’arrêter d’autres hommes, coupables de violences sur des femmes.
Fusion du réalisme et de l’imaginaire

Allant bien au-delà de sa dimension de thriller psychologique, attaché à dépeindre avec une grande justesse la mécanique de l’obsession, le film dresse par petites touches le constat désespérant d’une police et d’une justice au fonctionnement constamment entravé. Faire marcher l’imprimante de la PJ ou obtenir le budget d’une mise sur écoute sont autant de microcalvaires quotidiens. Épuisants. Yohan et ses coéquipiers se retrouvent au chevet d’un service public que les coupes budgétaires successives ont rendu inapte à prendre en charge ce genre d’affaires. Dans ce système perverti, les bonnes volontés ne suffisent pas. Le manque de moyens et la surreprésentation masculine semblent se liguer pour que s’impose naturellement la conclusion suivante : si les femmes sont tuées, c’est peut-être, finalement, un peu de leur faute.
En s’inspirant du livre 18.3. Une année à la PJ, une enquête très documentée de la romancière Pauline Guéna, le cinéaste et son scénariste ont tablé sur la fusion du réalisme et de l’imaginaire. Et évité le piège du film à sujet. C’est précisément parce que les personnages ne sont jamais instrumentalisés ni dévitalisés que La Nuit du 12 touche aussi fort. Servi par Bastien Bouillon, enfin au premier plan, mais aussi par de magnifiques figures féminines (dont la juge, interprétée par Anouk Grinberg dans l’un de ses plus beaux rôles), le récit coule, noir et pénétrant. Suffocant mais salutaire.


   


As  bestas : quel film j’ai retrouvé un des acteurs que je préférais Denis Menochet et qui m’avait laissé sans voix dans  le film d’Ozon…Peter von Kant. Je suis comme à la fois abasourdie par les deux scènes de lutte, de corps à corps avec un cheval en pleine vitalité et pour la deuxième avec un homme persuadé de pouvoir se défendre contre deux hommes. Ce film m’a tenu pas à pas m’a soufflée j’avais surtout pas envie de retourner dans la réalité….
J’y suis allée seule Pascal fait grève… trop de films à voir, il décroche et préfère rester seul…
Mais bon notre émission préférée sur Canal + a redémarré donc ça va revenir….. le Cercle 
La salle du ciné St Lambert était pleine j’échange souvent avec les jeunes à la caisse et la jeune femme m’a dit : « quel succès ! » je lui ai répondu sur un ton dubitatif, c’est Denis Ménochet ? elle me re-répond : c’est surtout Marina Foïs » et lorsque j’entrais presque dans la salle elle a rajouté plus fort car derrière son masque : « Aussi »
C’est quand même beaucoup plus induit infusant ce cinéma que les séries, c’est comme un tableau rien n’est là, en rajout, en gras surtitré ou sous-titré…..
C’est du Jane Campion ou du Kelly Richards (the first cow) c’est même pas en référence ou surligné.
Et les acteurs espagnols alors aurais-je du dire à la jeune femme en sortant mais elle était occupée…
Ne laissons pas la haine de la différence ou la cupidité ou le réflexe amer victimaire nous étouffer car nous en serons sourds et violents….et tout cela risque d’être tu, risque de se heurter aux brisants de la norme et de l’indifférence du plus grand nombre. Nous risquons d’être traités As bestas…. Bravo au réalisateur j’en pleure encore alors que je n’ai pu verser une seule larme sur les cimes du film…. Ça se passe en Galice en montagne dans un village avec son bistrot…. À la fin du film…. Il y a écrit : à Margot… un bien beau grand film. Cela m’a laissée bouche bée comme les récits mythologiques.

JLG 

Lien de la Télé suisse posté par Pierre KANDEL 
Pas vu passer l'annonce de la mort d'Alain Tanner (2 jours avant JLG)...Dommage ! Colette Klein 

Pas vu passer l'annonce de la mort d'Alain Tanner (2 jours avant JLG)...Dommage !

Adieu au Langage de JLG

Ses derniers films sont une exception et donc peu de gens les ont vus même pas moi celui sur leur chien qui avait le nom de famille de sa compagne dans la distribution : Roxy Miéville
Art du 21 mai 2014 : Libération 
« Un jeune acteur inconnu est le personnage principal d' Adieu au langage. Il s'appelle Roxy Miéville, et tout prouve, à longueur des plans le cadrant, qu'il s'agit d'un chien. Un chien de famille, un familier en tout cas, puisque Miéville est aussi le patronyme d'Anne-Marie, la fidèle compagne de Jean-Luc Godard. C'est une blague ou quoi ? Oui, c'est une blague, un vrai gag. De ceux qui, comme dans un Charlot d'antan, nous font suffoquer de rire, nous soulagent de l'esprit de sérieux, nous vengent des nuques raides qui, au choix, embaument prématurément Godard ou le massacrent a priori. Roxy, peut-être, est le vrai héros du film, corniaud de rêve, qui pisse, qui dort, qui gémit, qui furète, chien cinéaste, donc mélancolique, qui a toujours l'air de n'en penser pas moins. Si la parole lui manque, son bon regard est là qui nous dit : «Allez, on y va, pas de panique, ça va aller.» Alors allons-y franchement, dans le sillage de son panache, cet idéal quant à soi. Tourné en 3D avec des smartphones, des caméras Go-Pro, des appareils photo, Adieu au langage peut être accueilli comme une prouesse technique éblouissante. Mais c'est plutôt comme un peintre moderne (Nicolas de Staël à la volée) qu'il faut envisager Godard face au défi du relief et aux disciplines qu'il impose : dessiner un motif parfaitement classique sur sa toile, avant de le brouiller en y projetant du sable, en faisant péter ou dégouliner les couleurs, en accusant les perspectives, en soulignant les jointures, en saturant les prises sonores et en barbouillant de merde, s'il le faut, les angles trop nets des conversations. «Ploc, ploc», fait l'étron dans la cuvette des chiottes. «Dépêche-toi, moi aussi j'ai envie d'y aller», quémande une certaine fille à la porte des toilettes Météoritique. Rien d'autodestructeur dans ce processus. Le résultat est magnifique et parfois sublime. Il a beau s'appeler Godard, on a le sentiment que le montreur d'ombres n'a pas pu se retenir de faire joujou avec la 3D comme le premier enfant hollywoodien venu : à certains moments, il fait le frère et la sœur Wachowski à lui tout seul, comme dans ce plan sidéral, météoritique, qui nous jette au visage l'envol d'un canard bleu… «C'est idiot, l'effet», dit-il à propos de la 3D. OK, d'accord, mais c'est cool aussi. Même chose avec la prolifération de plans penchés ou inclinés, ou encore avec cette scène en voiture où Godard applique des essuie-glaces sur nos lunettes d'insecte polarisé. Même s'il est alimenté à la mélancolie, un feu de joie scopique fait cramer en beauté Adieu au langage, et pas seulement à l'occasion d'un incendie de lumière orangée dans les feuillages d'automne. Le monde, pardi, est une matière 3D que Godard observe en artiste-scientifique, façon Michel-Ange et Vinci. Adieu au langage est une opération réussie de chirurgie optique. On voit trouble, on est troublé ; on voit double, on est doublé ; on voit flou, on voit fou Godard fait valoir «un essai d'investigation littéraire», comme il est écrit sur l'écran. Et encore une fois, comme dans pratiquement tous ses derniers films, il fait entrer dans le champ et dans nos crânes le plan majestueux d'un bateau glissant sur le lac… Un lac «majeur» sur lequel «on peut imaginer qu'est né Frankenstein». De fait, façon bouffée d'un Straub-Huillet inédit, on voit Mary Shelley et Byron se promener en costumes sur ses rives circa 1820. Littéraire aussi, parce que le film est chapitré (1 : Adieu ; 2 : la Métaphore) et ses dialogues entièrement composés de citations puisées dans la bibliothèque perso de «JLG», dont il donne aimablement les sources au générique final. A ce titre, ça ne fait pas de mal d'écouter ce qu'on a déjà lu ou ce qu'on devrait lire : Maurice Blanchot, Pierre Clastres, Van Gogh ou Monet, qui a écrit : «Ne pas peindre ce qu'on voit, puisqu'on ne voit rien, mais peindre ce qu'on ne voit pas.» Nous voilà à deux doigts d'effeuiller la Marguerite, cette bonne Duras qui résumait ainsi son cinéma : «Filmer le désastre du film.» Hélas pour moi, disait Godard dans un essai antérieur.  »



Lien de très beaux clichés de tournage d’ A bout de souffle


Poste par Elize de Varga sur Instagram 

Posted Pierre Martot Privé
« Se dire qu'il n'y aura plus jamais un film de Godard, ça fait quand-même chier ! 

Au moins  on était sûr de ne pas savoir ce qu'on allait voir. 
Et - même - en sortant - on n'était pas très sûr de ce qu'on avait vu.

Je me souviens d'un film de Godard que j'avais  vu à Bastille avec un copain clown - c'était son métier - on n'avait pas fermé la porte des toilettes pour pisser et on s'était fait engueulé par le public  qui sortait de la salle parce que c'était insane. Nous évidemment, ça nous avait fait marrer. C'était ça, le cinéma de Godard : il laissait ouverte la porte des chiottes - et, du coup tu avais envie de faire de même. Mais t'étais pas Godard. T'étais juste un pisseux ! Et aussi, la beauté ! La beauté de certains films de Godard ! La mer qui vient se jeter sur le sable dans King Lear, ou plutôt les vagues qui viennent mourir sur le sable presque sans bruit - puis renaître - puis mourir - puis renaître - comme le cinéma - comme le temps - comme le monde - comme le désir (de vivre) qu'on porte en soi - j'étais avec une Anglaise,  à l'époque.  Elle adorait Godard ! "God save Godard", elle aurait chanté ! Les reflets du soleil sur les feuilles des arbres dans l'un de ses derniers films - je ne sais plus lequel. Filmé comme personne avant. Du coup, je m'en souviens à vie. Des fois, ça me revient. Juste pour le plaisir. Plusieurs fois par an. images-souvenirs. Apprendre à regarder. Contre l'oubli. Ne pas filmer comme tout le monde. 

C'est l'oubli, ça : filmer comme tout le monde. L'oubli, c'est filmer comme tout le monde. 

Sinon, je me disais : le fait qu'il ait choisi de se donner la mort à 91 ans parce qu'il était trop fatigué, ça raconte quoi de son cinéma ?
 Est-ce que, maintenant qu'on sait, on doit regarder ses films autrement ?

Voilà 

Mais tout de même, savoir qu'il n'y aura plus jamais un film de Godard, ça fait vraiment chier !

Photo Mick Jagger, le dernier plan de One + One restant à jamais gravé dans ma mémoire comme l'un des plus beaux plans de l'histoire du cinéma ! La mer, encore - et le sable - et le cinéma - et la musique des Rolling Stones »

Posted via Viviane Perelmuter 




Le choc fut d'abord mat, massif. En plein jour.
Ce n'est que la nuit, une longue nuit d'insomnie, que j'ai mesuré l'amplitude de sa disparition. Alors, l'émotion est venue comme une vague avec des bribes très nettes de films,  de partitions sonores, parfois juste un geste  
Je ne sais comment nommer cette émotion tant elle recouvre des registres si divers de soi-même, tant elle relie l'intime et l'Histoire, tant à l'affliction se mêle l'exaltation retrouvée avec l'inflexion incandescente de l'adolescence lorsque je découvrais, ébahie, cette puissance du cinéma  — Un monde s'ouvrait. 
Ne plus recevoir de ses nouvelles… c'est un peu se couper de ses propres possibles.
"La mer se retire… Il va falloir marcher longtemps", longtemps avec ce sentiment de solitude, de dépeuplement
Hélas pour nous
Mais…
Mais, il n'y pas de fin, pas de fin de cinéma comme pas de fin de la philosophie. D'autres oiseaux viendront, certain.e.s sont déjà là.
Si ce n'était l'état du monde et de la planète qui fait douter que demain, cela pourra encore s'appeler l'Aurore…

samedi 18 juin 2022

Incroyable mais vrai / Puissance 19 /JL Trintignant adieu

Jean-Louis Trintignant 
Je vous comprends, comprenais….. vous étiez une sorte de jumeau de Marcello Mastroiani, "Tous les grands progrès humains se sont faits avec la gauche, il ne faut quand même pas l'oublier. "
Jean-Louis Trintignant 
Quel escalier la vie, quelle œuvre, quel or et quelle tristesse  à la fois mais les poètes restent dignes assis dans le temps… au milieu d’une forêt, d’arbres morts, qui renaissent, nourrissent l’humus jusqu’à l’écharpe d’écorce,  pour que vienne se poser un oiseau sur son épaule….. il doit être bien triste l’oiseau et la forêt aussi de ne plus le voir s’y promener . Il aimait cela JLT se tenir silencieux dans une forêt comme un de ses buissons jusqu’à ce que… la rébellion l’engagement avec les mots des autres deviennent ardents : c’est cela aussi la présence 
« Un poète c’est un être unique à des tas d’exemplaires »
https://www.facebook.com/groups/6187388309/permalink/10158993793153310


Il vous faut pour voir ces deux posts un compte provisoire ou permanent sur ces réseaux qui empiètent sur notre ouverture disponibilité, mais bon !!!










PUISSANCE 19

Message laissé à un ami, par « texto »(ça s’appelle)
qui m’invite à chaque spectacle de fin d’année de son école pro, je voyage si facilement à partir des scènes interprétées par des jeunes comédiens, dans la fiction même et dans leur réalité qu’ils suggèrent. Il y a des scènes que j’ai déjà effacées,  de ma mémoire, d’autres qui ont tout remporté parce que la barre était très haut comme rejouer le fameux face à face de Joaquim Phœnix et de Robert de Niro dans Joker et cela a pris,  -comme une crème anglaise?  … comme la générosité de leur jeu si hautement porté comme la jeune femme qui a dansé avec le langage des sourds muets sur « l’enfer » « seule toute seule »moi aussi j’aime cette  chanson de Stromae, elle décrit très bien quand nos cauchemars et la réalité se confondent….

« Décidément on ne se verra pas plus de 3mn…. (avec mon meilleur ami de plus en plus sujet aux responsabilités) C'est ça, la vie et l'amitié…..
Je viens de debriefer à un autre ami pro…(qui n'a pu y venir à cause d'un tournage pour un film réalisé par des anciens de l’école). Mais tu dois être au courant. 
Bon alors la scène que j'ai détesté le plus c'est celle inspirée par le film « la haine » et la comédienne qui jouait  dans l'important c'est d'aimer le rôle de la réalisatrice alors qu'elle était bien dans la troisième partie et dans les Pagnol….. 
La scène que j'ai préférée c’est celle du Lauréat. Cindy Briand si tout va bien l'an prochain elle pourra tenter et avoir le conservatoire,  elle aussi..,
Mon préféré chez les garçons est de loin son partenaire dans cette scène : Mateo (j’adore ce prénom) Denurtas. 
Sinon…  mais seulement,  c’est leur collectif engagé qui me plait avec d'autres gars d'autres filles qui étaient très bien notamment Giulia Lisi dans la danse avec le langage des sourds muets. J'ai bcp aimé les Pagnol dirigés par Nathalie Boutefeu  (les Feydeau moins comme ta Phèdre) mais je sais que ça vient des acteurs.... trop jeunes mais qui osent et bien fort(on les entend presque tous), c’est toujours après qu’on trouve la profondeur, le phrasé et qu’on arrête de jouer le sens des mots.  
Ils sont dans ta partie de mise en scène,  eux mêmes et inventifs et drôles,  dont bien sûr Victor Tisserand mais il était bcp moins bien dans YSL et pourtant…alors que presque inoubliable dans le Chandelier. Ce garçon est tellement à l'aise qu'il se cache derrière son aisance ses costumes, seul, derrière bcp de monde…
Quelle présence plaisir cette nouvelle année promotion…dans quelle marmite de potion magique se sont ils plongés,   ceux de l’avant  dernière promotion n'ont qu'à bien se tenir avec leur Malade imaginaire….



Je voulais écrire que c'est dans ta partie la
3eme qu'ils sont le plus attachants. Par exemple celui qui fait YSL n'est pas crédible dans cette première composition mais il y met bcp de lui même sans offrir son regard ... et avec toi, dans son Dalida introductif du Chandelier il l'offre, son regard……






Demandez le programme !
Je dois dire que je suis allée les revoir dans une présentation plus intime au niveau public :  moins d’une dizaine de personnes des parents qui n’avaient pu venir  voir la présentation initiale . leur autre professeur Marie  Montegani une ancienne élève un ami… on a revu certaines scènes comme celle du Malade avec Trissotin puis les Enfants du Paradis mais d’autres scènes comme  Cyrano ou Rémi de Vos ,ou deux passages de Koltes…. Philippe Person leur professeur leur donnait l’ordre de passage. Pour les scènes trop fraîches trop fragiles quelqu’un leur soufflait mais il fallait un signe bien distinctif : là, claquement de doigts eh bien eh bien c’était encore plus émouvant encore plus facile de s’identifier. J’ai ri pleuré j’avais envie de jouer de monter sur scène avec eux…..
Après je suis rentrée j’étais encore une femme sous leur influence, et j’ai écrit ce texte sur le mur FB

Ce qui est le plus difficile c’est lorsqu’on offre sa colère sa timidité voire sa méchanceté et que l’on vous dit…. « Non,… « ou « oui, mais encore….. »
 alors vexé, dépassé on ne comprend pas que ce n’était pas le bon moment que la dépression ou la descente vers, est en train…d’avaler votre vie et que….au théâtre la sincérité qui brouille la vue des spectateurs, pas pour tous, mais au moins pour une bonne part l’emporte. Le sourire
de l’enfant à l’adulte  passe toujours….. sur scène. Et un une sensibilité un peu grande mérite « un métier d’applaudissements ». 
Et j'ai écrit à Philippe les concernant 

Oui c’était bien le théâtre comme cela, ex Cyrano et les Koltes …..et le Remi de vos  et tous et les enfants du Paradis : Nathalie….. j’ai
cru voir sourire ou pleurer doucement Maria Casares dans les cintres 
Ce qu’il faut maintenant, qu’ils acceptent peu à peu et surtout pas en leur faisant mettre le doigt dessus leur vérité : quand on est le plus sincère, quand on perd le texte,  il y a un apprivoisement à accepter peu à peu, en s’adaptant à la forme et au rythme, à recomposer en simplement répétant comme un musicien….. 

Incroyable mais vrai ! 
Quentin Dupieux c’est comme Jim Jarmush ils ne me déçoivent pas, Tarantino « -me too ?» je sais les lire
entre les lignes….et c’est cette marge qui me plaît..
C’est vrai qu’il y a aussi une influence choisie de Bunuel qui irait comme dans une autre contrée suite à un voyage poétique…. Ce serait le non charme de la petite bourgeoisie….
La prestation de Benoit Magimel est époustouflante, mon cher Pascal dit il m’a rappelé moi quand l’ordinateur ne fonctionne pas ou toute autre machine. 








mercredi 13 avril 2022

2022 élections présidentielles entre deux tours /mort de Michel Bouquet

Annie Ernaux est écrivaine de son temps  l’écrivaine politisée comme tous mais entre tous pour moi la plus sincère et concernée par les différences sociales, de genre d’espèces de race de religions tous les prétextes sont valables pour la peur et les boucs émissaires 
Mourir pour des idées est excellente et je veux bien mourir de l’avoir eue….

Merci Fabien Sauveron de nous transmettre les mots  d’Annie Ernaux ! Ses mots reflètent aussi ma pensée ! Même plus même  mieux je me demande pourquoi ? 

« Il est très fort, [Macron] c’est un homme de théâtre, sans aucune conviction. Je ne crois pas à son ouverture, et ce qu’on fait pour vous mais sans vous, on le fait contre vous.
……..
« J’entends encore parler d’extrême gauche pour qualifier – et disqualifier – Mélenchon. Mais l’extrême gauche, elle est représentée par Poutou et Arthaud, qui n’ont pas le désir de rassembler et de gouverner ici et maintenant, de construire ensemble une société meilleure. Quant au «Nous tous» de Macron, c’est un slogan. »
……….
 Au sein de La France insoumise, la relève est là, Clémentine Autain, Manuel Bompard, Adrien Quatennens… Je suis allée à un meeting près de chez moi et j’ai été fascinée par le sérieux, l’engagement des personnes présentes, la précision du programme… Il y a là une force vivante, d’avenir, inaltérable."

Déclaration entière d’Annie Ernaux dans Libération 

" C’est très dur ce matin. Il y a une forme de désespoir. En me réveillant, j’ai éprouvé une sensation que je n’ai pas éprouvée depuis de très nombreuses années, c’était après les élections de 1968, de Gaulle avait dissous l’Assemblée et avait obtenu un raz-de-marée pour lui.

J’ai aussi beaucoup de colère contre les communistes, les socialistes qui ne se sont pas réunis autour de la candidature qui pouvait l’emporter. Cela veut dire quoi, un vote de conviction ? On a tous des convictions mais il faut regarder la suite ! Il y a évidemment un sentiment d’échec, mais je retrouve espoir, un élan magnifique a eu lieu, avec ces 22 %.

Les électeurs de Jean-Luc Mélenchon, c’est la France jeune, la France populaire, la France qui travaille, celle qui veut un monde juste, réellement. Les féministes ont eu d’ailleurs un grand rôle dans la mobilisation à gauche, il ne faudra pas l’oublier. Les forces progressistes sont là, autour de Mélenchon. Cette France existe, elle s’est mobilisée et cela ne peut pas se perdre. Cela ne peut se dissoudre dans ce piège.

-Que voulez-vous dire ?

Emmanuel Macron a fomenté ce piège patiemment pendant tout son quinquennat. Il voulait ce duel. Il est le grand responsable de la montée de l’extrême droite en France, il n’a cessé de donner des gages en ce sens, avec son ministre Blanquer qui voulait interdire aux mères voilées d’accompagner les enfants dans les sorties, sur les sujets de société, toutes ces choses rances qu’on a entendues pendant cinq ans.

-Emmanuel Macron veut évidemment rassembler, il parle même d’une «nouvelle méthode», qu’en pensez-vous ?

Il est très fort, c’est un homme de théâtre, sans aucune conviction. Je ne crois pas à son ouverture, et ce qu’on fait pour vous mais sans vous, on le fait contre vous.

-Allez-vous malgré cela voter pour Emmanuel Macron ? Pensez-vous que le front républicain va fonctionner ?

Il ne faut pas que Marine Le Pen passe. Mais je ne crois plus au front républicain, il est usé. Inutile de vous dire que je ne voterai jamais Marine Le Pen, je la combattrai toujours. Mais je ne veux pas dire, là, aujourd’hui, au lendemain du 1er tour, que je voterai Macron. Il faut, pendant ces quinze jours, l’interroger, exiger des réponses et des engagements. Je ne peux pas donner quitus là, tout de suite, à Macron, ce n’est pas possible.

-Qu’attendez-vous de ces quinze jours ?

Ces quinze jours sont importants pour que tous ceux qui ont voulu un autre monde, une autre société, ne soient pas condamnés au silence. J’entends encore parler d’extrême gauche pour qualifier – et disqualifier – Mélenchon. Mais l’extrême gauche, elle est représentée par Poutou et Arthaud, qui n’ont pas le désir de rassembler et de gouverner ici et maintenant, de construire ensemble une société meilleure. Quant au «Nous tous» de Macron, c’est un slogan.

-Mais cette fois-ci, Marine Le Pen peut accéder au pouvoir…

Le piège est bien constitué et c’est le plus insupportable. C’est le couperet. On nous oblige à faire quelque chose qu’on ne veut pas faire. Aujourd’hui, je m’interroge. En 2017, je ne suis pas allée voter au second tour. La configuration est différente qu’il y a cinq ans, l’extrême droite a encore augmenté, le danger est encore plus proche. Ce qui domine en moi, là, c’est la colère d’être acculée à ce choix.

Ce sentiment de contrainte, je l’ai d’ailleurs éprouvé pendant tout le quinquennat de Macron. Derrière son arrogance, il y a une main de fer. Le pire, c’est que tout ce qui a été imposé pendant cinq ans l’a été avec l’apparence de la participation. On se souvient de la grande consultation après les gilets jaunes qui, pour le coup, a coûté un «pognon de dingue» et finalement a accouché d’une souris. Macron est le moindre mal mais, pour le moment, je ne veux pas qu’on empêche les voix de gauche de s’élever, il faut faire apparaître les impostures, et que surgisse un débat dont on ne soit pas exclu.

-Comment voyez-vous l’avenir de la gauche ?

Il est évident que ce n’est plus la peine de parler du Parti socialiste. Ces élections montrent bien que personne ne veut plus entendre ces prétendus socialistes qui proclament «Mon ennemi, c’est la finance» et qui font tout le contraire.

Au sein de La France insoumise, la relève est là, Clémentine Autain, Manuel Bompard, Adrien Quatennens… Je suis allée à un meeting près de chez moi et j’ai été fascinée par le sérieux, l’engagement des personnes présentes, la précision du programme… Il y a là une force vivante, d’avenir, inaltérable."

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Un ami Christian Robin, qui n’est jamais sur les réseaux a écrit ce texte et m’a autorisée à me publier. Je n’ai pas trop bien compris, après l’explication de la recherche du bouc émissaire, pourquoi les féministes « kmers roses »s’en prendraient aux homosexuels ?!






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Tribune au Monde 
Bonjour 
Je participe à un groupe de réflexion qui s’appelle « Culture et Universalisme ».
Nous avons écrit cette tribune qui va être envoyée jeudi matin au journal Le Monde pour publication.
Si vous souhaitez la signer (et la partager) avant mercredi soir : culture.universalisme@gmail.com






Pour signer cette tribune adresser un mail à :
culture.universalisme@gmail.com


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Mort de Michel Bouquet On applaudit toujours à la mort d’un comédien au passage du cercueil. 

Le dernier de sa génération….
Mes amis 








Pourquoi un de mes Michel préférés est mort ? Heureusement, ce sera le dernier de mon vivant….. je pleure et je voudrais en rire car c’était un merveilleux comédien, de rupture, de tous les rôles.
je veux en rire encore mais de ma mort seulement ! « À la question les jours rallongent, il répondait pour quoi faire ? »je tente, pour aller au théâtre plus longtemps, là, c’est le seul moment où les nouvelles ne m’arrivent plus …. »De  Michel Fau il a été un de ses professeurs et Michel Bouquet, a été, un de ses comédiens dans le Tartuffe. Je reconnaîtrais les mains de Michel Fau (les mains d’un pianiste disait-on des mains fines peu abîmées pour les hommes.)
Et qu’il était heureux de jouer avec lui….son professeur qui lui a appris qu’il n’y avait aucune différence entre les tragédies et les comédies….. 
Dans sa classe il y avait aussi Gérard Watkins au Conse… au conservatoire 
Après la mort de cet immense acteur,  je me permets de publier ce texte de Gérard Watkins :

"Je suis en immense peine d’apprendre la mort de Michel Bouquet. Il est dans mon parcours d’acteur le pivot le plus essentiel. Je lui dois mon apprentissage du somnambulisme,  l’art du fil, d’être absorbé au plus profond de la poétique des auteurs, je lui serai à jamais redevable du cadeau sans concession de la transmission qu’il nous a fait, de descriptions oniriques sans filet des œuvres de Shakespeare d’une puissance imaginative à en trembler d’émotion, de la « tête froide », la temporalité de l‘œuvre embarqué au millième de seconde, pour mieux permettre la fièvre et l’oubli, et la jouissance d’être remis au monde le temps d’une représentation. Je lui dois aussi, et de cela je suis certain, le léger décollage de mes auriculaires quand je joue et quand je dirige. Je lui dois un merci des plus humbles et des plus sincères. Adieu très grand homme."

Via Florence Le Corre 
Quand on fait ce métier, on a (ou on devrait avoir) des modèles. Les choses de la vie font que depuis quelques années, je tente d'accompagner des apprentis comédiens et comédiennes dans la pratique de leur art. Avec eux et avec elles, je pense toujours à cette phrase de Michel Bouquet, à qui l'on disait que la présence ne s'apprenait pas et qui répondit alors : "La présence, c'est la somme des livres que l'on a lus, des tableaux que l'on a regardés, des musiques que l'on a écoutées."


Via Bruno Blairet 
Fausse nouvelle !  Les grands acteurs ne meurent pas. Ils jouent qu’ils meurent et beaucoup y croient. Mais certains les voient toujours. Ils les voient debout. Il suffit d’applaudir.

Ah il nous a bien eu ! Encore !

jeudi 10 février 2022

« Adieu Paris » film d’Edouard Baer /Jean-Denis Bonan cinéaste poète /André Wilms hommage à un de mes acteurs préférés un poète acteur

Adieu Paris 

Il est cruel ce film et nous met dans la position d’être heureux à tout prix, de ne pas être un vieux cabotin à moins d’avoir perdu un peu la tête,  d’avoir gardé la poésie du sourire avant tout. C’est aussi absurde que des brèves de  comptoir  : la closerie des Lilas. Mais si on y regarde de plus près c’est bien plus cruel car en fait les meilleurs moments pour un vieillard,  c’est d’être seul avec une assistante de vie quand elle ressemble à Léa Drucker. La mémoire ne nous appartient pas, j’ai lu ça ou non entendu cela par Jean-Denis Bonan un cinéaste poète https://www.culturopoing.com/cinema/entretiens-cinema/jean-denis-bonan-jaurais-pu-prendre-des-verres-avec-francois-villon/20220207?fbclid=IwAR2WBpAK4WYP6nlUblvxJsvDW0CfqED_yoWj0Lv9knIET7NK8-2xyR6U25w
 J’ai voulu discuter avec une spectatrice, elle m’a dit qu’elle aimait surtout Édouard Baer à la radio ou au théâtre mais que pour elle c’était le meilleur de ses films et qu’il y avait bcp de passages touchants avec bien-sûr Jackie Berroyer et Poolvorde et Isabelle Nanty, c’est moi qui le, la rajoute. 
Et que ce film en disait long sur ce qu’on faisait subir aux vieux à tous les vieux et comment on était obligés de tourner à l’aigre comme Arditi… pour se faire remarquer, adopter cette posture cache-coeur. Et les conversations qui tournent dans ce genre de réunions, de dîners, toujours autour des mêmes sujets égoïstes….c’est un cinéma qui dérange et bravo aux réalisateur, ingénieur du son, car ils parlent souvent ensemble…. Les relations d’amitié sont indescriptibles non ?  Et cette ambivalence de Depardieu y aller et puis non, jusqu’à la paralysie….comment toujours hésiter pour rester dans les préliminaires, éviter les sorties de scènes, les après dernière fois ? 
Sachons dire non ou adieu, qu’il est difficile de partir de quitter même les âpres joies…. Sachons rendre à l’absurde toute sa dimension. Toute la folie qu’on n’ose pas….. Oh même si c’est triste que Paris ne soit plus le Paris
d’avant, notre Paris quand nous y étions jeunes … 
La jeune femme m’a remerciée, elle aussi ! déjà avant hier c’était au théâtre, un jeune homme ! Parlez parlons et prenons nous dans les bras s’il y a urgence et appelons les secours si quelqu’un reste tombé sur le sol…. Car sinon à quoi ça sert d’être arrivé jusque là !?!?!? de vieillir alors que tant sont morts avant nous. C’est aussi le dernier film de Jean-François Stévenin.. 


André Wilms le comédien dont je reconnaîtrais la voix entre roitegvvvh toute ma vie. Quand je le voyais au théâtre j’étais comme happée aimantée. Et au cinéma aussi. 
Il a travaillé avec de véritables artistes poètes comme il disait : Gruber  Kaurismaki 






Jean-Denis Bonan

vendredi 26 mars 2021

Le cinéma mort de Bertrand Tavernier et les César avec Corinne Masiero

 Hier nous avons re-regardé le Juge et l'assassin quel film, quel scénario co-écrit par Jean Aurenche :

"Les fous qu'on guérit ne sont pas fous."Quel Galabru et quel Noiret et Brialy Huppert Renée Faure Christine Pascal...

j'essaie de soigner mon corps et mon esprit depuis quelques mois... et j'ai beaucoup de mal sans théâtre et cinéma et toute cette chaîne de morts... si inspirants si structurants pour moi. La transparence c'est une petite mort mais la mort de toute une génération c'est un stationnement en double file dans un désert... on se sent comme entrainé à les suivre et puis.... on se redit 

ouvre un livre, vois un film (sur Arte TV ou sur les chaînes cinéma choisies par mon compagnon), passe un coup de fil, fais à manger, joue avec le chat et demande à ton ami quel rêve a-t-il fait 

et il me répond, j'ai peut-être rêvé mais je ne m'en souviens plus....






Télérama : les dix meilleurs films de Tavernier
https://www.telerama.fr/cinema/les-dix-films-les-plus-marquants-signes-bertrand-tavernier-6847878.php?utm_medium=Social&utm_source=Facebook&fbclid=IwAR3X-DT35D-6iRrqajq3G4aev4djYtgzjN6kFcRTOKJWwNXbVRuBpIZHlic#Echobox=1616692231




à propos de Corinne Massiero``

« Mon corps en ruine signifiait ce qu’on est en train de devenir...Ça fait chier qui ? De montrer un vieux cul et des nichons qui pendent et de la cellulite.....

Réponse de Corinne Massiero »


https://www.youtube.com/watch?v=5_C1LxMH-zk