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lundi 6 avril 2020

Tous les jours à 11h je lis sur Twich : les mémoires d’un âne

Tous les jours de la semaine sauf week-end  eh oui même à la retraite
même confinée le week-end c'est sacré
une lecture pour les petits de Nathalie Feyt ici 
écoutez avec vos yeux, regardez avec vos oreilles!
Vous pouvez couper votre téléphone et fumer à la fenêtre de la cuisine .





mercredi 19 septembre 2018

La lecture de Vie Privée de et par Olivier Steiner- Festival Jerk off/ Cinéma : Shéhérazade D'après une histoire vraie A Silent voice

Le plus difficile, c’était de se dire que c’était la fin... et puis il y avait les points de convergences et ceux de ruptures entre ce qui se passe dans la pièce du haut : la chambre et la pièce du bas où se déroule la rencontre du maître et de sa victime, de sa soumission totale, avec toute l’imagination à délivrer et à recevoir du public et c’était certainement plus éprouvant pour le lecteur que pour les spectateurs très à l’écoute, certains avaient envie de s’allonger plutôt que de rester assis sur leurs coussins, mais ils n’ont pas osé. Ils auraient dû. Les fleurs ont joué leur rôle elles ont dévoilé tout de leurs senteurs. Tu savais qu’il ne fallait pas mettre deux poissons rouges dans un bocal parce que l’un devient dominant et l’autre dominé ce dernier dépérît, ne mange plus....devient fantôme. Il a écrit quelque chose comme cela,
« Le ciel et la terre ne s’épousent ils-pas »? J’ai eu envie de fuir la réalité et de pleurer aussi j’aurais voulu applaudir plus longtemps pour que ce ne soit pas fini. D’autant que je ne pouvais pas attendre pour embrasser le lecteur et l’auteur, j’ai du partir vite pour de vrai. Sa voix chaude sur le fil, d’autant plus froide dans ses silences. La lumière, les sons, les enregistrements des voix, tout était une invitation au voyage de la vie à la mort, au delà de l’amour, c’est quoi ? du sentiment désintégré ? En partant j’ai tout emporté. L’écriture d’Olivier STEINER est belle à tomber. Le lendemain matin j’ai vérifié mon taux de glycémie, en hyper hypo... un sommet jamais atteint à l’envers comme si tout le sucre s’était évaporé jusqu’à mon cerveau ......Et puis je vais le relire car il y a peu de textes qui apprennent à mourir, à contempler ce qu’il se produit à même le corps-mort.

http://www.carreaudutemple.eu/jour-3-jerk
Les photos sont de Christine Monlezun




Je suis partie très vite donc... et j'ai envoyé un texto à Olivier
Je suis partie avec cette envie de pleurer que toi tu écris déverser alors que jamais tu ne pleures  et moi que je déverse habituellement mais là que j’ai retenue, je retiens. Vincent m’a rattrapée mais je filais sans pouvoir te voir, ni t’embrasser, merci de nous avoir lu la réunion de la vie la mort, du léger et du lourd, de l’évangile caché. À tout bientôt. Pascal m’avait demandé de te dire qu’il t’embrassait... moi aussi bien sûr, là, je le rejoins à Opéra pour voir Scheherazade...., je t’embrasse 
C’était très beau tout toi la lumière les sons l’odeur qui se transforme forme en parfum ou l’inverse. 


J’ai vu plusieurs films un d’animation japonais : A Silent voice, un de Polanski "d’après une histoire vraie" sur Canal +, et Scheherazade, premier film encensé par les critiques. Pour ce dernier, c’était après la lecture d’Olivier Olivier Steiner, nous étions 3, c’est comme si une barrière entre fiction et réalité avait sauté, un plomb, un fusible. Tout ce qui se passait dans le film intelligible plus par les tensions les images que les mots m’arrivait pour s’additionner à mes angoisses intimes, je ne comprenais rien mais c’était une augmentation garantie de mon malaise ,j’ai même fermé les écoutilles, les yeux, pour que ça s’arrête ; c’est vrai qu’ils sont stupides les personnages plus qu’immatures. Nous étions 3 et nous sommes ressortis sceptiques et avec cette impression très désagréable d’avoir vu un film malgré nous ...
Quant au film de Polanski, il est très fidèle au livre de Delphine de Vigan, tellement efficace... 

https://www.senscritique.com/film/Silent_Voice/critique/174185803
Le 1 er j’y réfléchis encore, parce qu'il est onirique psychologique et documentaire presque, sur le harcèlement d'une fille sourde par un jeune garçon. Le comportement des autres camarades de la classe est très bien évoqué. Personne n'est vraiment gentil : enfant... Après ce qui est assez unique, c'est qu'on les retrouve devenus presqu'adules, tous, et certains sont sujets aux pensées suicidaires. C'est un film pour les adultes et adolescents mais pas pour les petits frères ou soeurs quoique s'ils sont accompagnés et qu'ils ont envie d'en discuter après. Le seul défaut c'est un peu long... forcément : 2h.

dimanche 25 mars 2018

Rien ne vaut l’espoir, tiens ferme ta couronne Yannick Haenel, Céline Milliat Baumgartner : Bijoux de pacotille Théâtre

https://www.google.fr/amp/s/www.lci.fr/amp/livre/yannick-haenel-tiens-ferme-ta-couronne-prix-medicis-2017-gallimard-de-quoi-ca-parle-2069299.html







si je voulais offrir un livre à partager j’offrirai celui-là Tiens ferme ta couronne de Yannick Haenel 
j’aime à lire tout comme à voir tous les films et depuis que je relis plus facilement, depuis ma convalescence : entre maladie et bonne santé- à lire déjà parmi tout, les livres qu’on m’a offert, c’est comme une forêt, j’en ai donné un bouquet à une amie très chère à mon cœur quî part en voyage, comme le langage des fleurs, le langage des livres dont on offre la lecture, c’est très difficile à démêler... trop proche, trop désireux d’être proche, quand il n’y a pas de papier  de ruban : ceci est un livre que je ne connais pas mais que je t’offre comme cela au jugé, un livre jeté sur ton chemin au hasard.
Tandis que lorsqu’on les apporte comme dans un panier fraîchement cueillis, il faudrait ne jamais les
terminer pour qu’ils restent un temps en suspends, à partager celui de leur conversion en conversation, à propos de...
L’amitié et des livres qui nous ressemblent, rassemblent que nous avons touchés, parcourus de nos mains, de nos yeux, que nous avons bâclés ou aimés ou mal aimés. L’amitié des livres est inconstante, on les oublie mais on peut les relire, ils restent intacts mais nous avons changé.
Mais cette amie m’a dit mon aimé, mon compagnon, celui qui compte avant tout, mon unique (je l’ai interprété de cette façon) m’a offert une liseuse, car c’est encombrant d’emporter des livres en voyage. C’est vrai c’est mieux la liseuse c’est moins encombrant.... 
Que je suis délicate en amitié ! Heureusement en vieillissant les amitiés deviennent historiques, on ne se pose plus de questions, on n’est plus jaloux de... , on recompose les
souvenirs, les rassemblons pour les suivre, comme
des petits cailloux qui conduisent à la mort de l’un des deux, et non plus à la fin de l’attachement. 
Je veux un chien !
l’amitié existe surtout est irremplaçable quand elle remplace l’amour justement, après elle gît comme une chambre à air toujours de secours mais dégonflée.

En marchant dans la rue l’amour ou l’espoir de dos !



Olivier Steiner et moi au Théâtre du Rond Point

Je suis retournée voir avec mon ami, mon enfant, mon étoile, mon espoir, mon grand fils adoptif...
- les trois de ceux qui se sont dits mes enfants adoptifs, vivent au lieu de survivre et j’en suis tellement fière, car toute ligne est obligée de se briser, pour devenir lumière... toute vie est résilience a écrit Olivier.


Je voulais des souliers qui ressemblent à ceux de Celine dans son spectacle : Bijoux de pacotille spectacle, que j’ai
vu pour la première fois au théâtre Paris villette 
Et là, la deuxième fois où j’ai vu le spectacle au théâtre du Rond Point, ses souliers m’ont fait un cadeau, regardez les bien quand elle les quitte à un moment, après... qu’elle les ait troqués pour des ballerines chaussons pour faire les pointes.
Les miens  de souliers ne font pas le même bruit non plus ! mais ce sont les miens qui marchent à grands pas !

via Olivier Steiner sur FB à propos de Céline Milliat Baumgartner : 
« Libé me hérisse le poil la plupart du temps (cf Eddy de Pretto récemment) mais force est de reconnaître qu'ils sont forts pour les titres et les photos. "Orpheline de vie", Celine Milliat-Baumgartner, oui ! Elle l'est à la vie à la mort. J'ai la chance de connaître Céline depuis "des lustres", nous fumes jeunes ensemble au cours Florent, elle était dans la classe libre et moi "un peu plus bas", je l'admirais. Elle m'intriguait aussi, sa solaire tristesse m'intriguait, je ne la comprenais pas. A l'école une rumeur circulait, "elle était la nouvelle Jeanne Moreau" et oh oui, j'étais d'accord, je l'admirais pour son jeu Jules et Jim des années 2000, également pour son quelque chose en plus - j'appris plus tard que c'était aussi un quelque chose en moins. Peut-être que tous les trucs en plus sont à la base choses en moins ? Il ne reste hélas que quelques jours pour voir son dernier spectacle (dont elle est aussi l'autrice avec Pauline Bureau) : Les bijoux de Pacotille au Rond-Point. Une des plus belles histoires de résilience que je peux connaître (toutes les vies sont des histoires de résilience, toutes). Merci encore à "maman" de coeur Nathalie Feyt pour l'invitation, et sachez que même Isabelle A. a adoré hier soir, "absolument" adoré. <3 »

samedi 10 mars 2018

Ngugi wa Tiong'o : Décoloniser l'esprit; un des livres les plus censés que j'ai lu de ma vie sur la colonisation en Afrique et le théâtre... au Kenya

Dans l'introduction de cette édition (La fabrique éditions), Sylvain Prudhomme écrit au sujet de son second roman (p 10) écrit en kikuyu : Matigari, évocation d'un vétéran de la révolte des Mau Mau qui revient au pays vingt ans après l'indépendance et découvre que rien n'a changé : les inégalités sont toujours aussi criantes, une élite corrompue s'est contentée de prendre la place des colons et continue d'exploiter le peuple. Le livre est rapidement traduit en kishwahili, autre langue majeure du Kenya, et rencontre un succès immense, à la mesure du lectorat populaire auquel il est destiné. La renommée du héros Matigari, justicier du Kenya contemporain, devient bientôt telle dans les campagnes et les villes que la police prise de panique, lance un avis de recherche contre lui. Lorsqu'elle comprend qu'il ne s'agit que d'un personnage de fiction, c'est le livre qu'elle "arrête" tous les exemplaires disponibles sont saisis, les stocks de l'éditeur confisqués. La même année les oeuvres de Ngugi sont retirées des bibliothèques scolaires et universitaires. Profitant de ce que l'auteur de Matigari se rend à un colloque à Harare, au Zimbabwe, le régime d'Arap Moi tente de l'assassiner : un commando est intercepté devant son hôtel.

Exilé aux États-Unis. Ngugi continue d'écrire en kikuyu."

p 42

il cite Hegel, "pour qui l'Afrique est pareille à une terre restée en enfance et encore enveloppée, du point de vue du développement la conscience historique, de ténèbres excluant que rien de profitable à l'humanité ait la moindre chance d'y être jamais découvert."

p 50-51-52
"Au fil du temps, cette littérature que Janheim Jahn a qualifiée de "néo-africaine", finit par réussir à asseoir le mythe d'un pays peuplé de paysans et d'ouvriers anglophones(ou francophones, ou lusophones) -ce qui revenait à nier purement et simplement les faits et la réalité historique. À cette paysannerie et cette classe ouvrière d'expression française ou anglaise qui n'existait que dans les romans et les pièces de théâtre, les auteurs de la nouvelle littérature prêtaient leurs doutes, leur besoin d’évasion narcissique, leurs angoisses existentielles, leurs interrogations sur la condition humaine et jusqu’à leurs traits de petits bourgeois déchirés entre deux mondes.
En fait s’il n’avait tenu qu’à cette classe, les langues africaines auraient définitivement cessé d’exister et avec elle l’indépendance !
mais les langues africaines refusèrent de mourir. Elle Nalaire pas rejoindre le latin parmi les langues mortes vouée aux fouilles, aux classifications et aux colloques internationaux d’archéologie linguiste.
Ces langues, cet héritage des nations d’Afrique, la paysannerie les maintint en vie. Aux yeux des paysans, rien n’opposait le fait de parler sa langue maternelle à celui d’appartenir à un ensemble géographique national ou continental plus vaste. Il n’y avait nulle contradiction entre l’appartenance communautaire immédiate, la nationalité dictée par les frontières de 1885 et l’identité africaine en général. Ils parlaient joyeusement le wolof, le haoussa, le yoruba, l’ibo, l’arabe, l’amharique, le kiswahili, le kikiyu, le luo, le luhya, le shona, le ndebele, le kimbundu, le zoulou ou le lingala, sans pour autant vouloir écarteler les États multinationaux. À l’époque de la lutte anticoloniale, il firent preuve d’une capacité sans bornes à s’unir autour du meilleur chef de fil ou partie, de quelque bord qu’il fût, pourvu qu’il incarnât de façon consistante l’anti-impérialisme.  Et s’il y eut bien une faction qui plus d’une fois provoqua des divisions qui faillirent tourner au conflit ouvert, ce fut au contraire la petite bourgeoisie, en particulier les compradors, avec leur culte du français, de l’anglais et du portugais, leurs rivalités mesquines, leurs chauvinisme ethnique. Non, la paysannerie n’avait pas la moindre honte des langues qu’elle parlait, pas plus que des cultures transmises par ces langues ! »

p 60
« Les ressources naturelles et humaines de l’Afrique continuent de profiter au développement de l’Europe et des États-Unis ; mais on a persuadé l’Afrique qu’elle devait remercier ces puissances  pour leur aide. Pire : l’Afrique elle-même produit à présent des intellectuels qui s’applique à relayer ce genre de raisonnements. »

p 76-77-78
Le projet du centre de Kamiriithu n’était donc pas une aberration, mais plutôt une tentative de retour au fondement oublié de la civilisation africaine et à ses traditions théâtrales. Par son simple emplacement au cœur d’un village où se côtoyaient les classes sociales décrites plus haut.  Kamiriithu résolvait la question de ce que doit être un authentique théâtre national. Le théâtre n’a rien à voir avec un bâtiment. Ce sont les gens qui le font. C’est de leur vie qu’ils parlent. Kamiriithu  renouait avec la tradition de l’« espace vide » tant par la langue et le sujet des pièces que par leur forme.
Les circonstances ne laissèrent guère le choix. Par exemple il existait à Kamiriithu un « espace vide » à proprement parler : Les quatre arpents de terre réservés au centre de loisirs n’abritaient encore à l’époque, en 1977, qu’une vague bâtisse de quatre pièces aux murs d’argile, qui servait pour les cours d’alphabétisation aux adultes. Le reste était abandonné aux herbes. Ce furent les paysans et les ouvriers du village qui bâtirent la scène : une simple plate-forme en demi-cercle surélevé, adossé à une palissade en bambou derrière laquelle une maisonnette servait de coulisses. La scène était à peine séparée des rangées de fauteuils, faites de longues pièces de bois pareilles à des marches d’escalier. Il n’y avait pas de toit. C’était un théâtre en plein air, entouré de vastes terrains vagues. Rien n'entravait le va-et-vient des acteurs et des spectateurs entre les gradins et la scène ni entre les gradins et les alentours. À l’arrière-plan poussaient de grands eucalyptus. Du haut des branches ou de la palissade en bambou, les oiseaux assistaient aux représentations. Et au cours de certains spectacles, il arrivait que, sans avoir répété, des acteurs décident subitement de grimper aux eucalyptus et de mêler leur voix à celle des volatiles. Ils ne jouaient pas seulement pour les spectateurs assis devant eux mais pour quiconque les apercevait et les entendait : leur public, c’était les 10 000 habitants du village sans exception.



p 94-95
« Un tel théâtre participe d’un système plus global, celui de l’éducation bourgeoise, qui revient presque toujours à affaiblir les gens, à leur donner l’impression qu’il seraient incapables de faire telle ou telle chose –oh ! quelle intelligence il doit falloir pour ça ! Un système qui revient au fond à mystifier le savoir et le réel. Cette éducation-là, loin de donner confiance aux gens, loin de leur apprendre à croire en leurs capacité à s’affranchir des obstacles et à maîtriser leur rapport au monde et aux autres hommes, leur fait constamment sentir leurs inaptitudes, leurs faiblesses leurs insuffisances - leur  incapacité de rien changer aux circonstances régissent leur existence. Elle les aliène en les coupant toujours plus d’eux-mêmes et de leur environnement, pour aboutir à une société scindée en deux : d’un côté une galerie de stars, de l’autre une masse indifférenciée d’admirateurs passifs. Les dieux de l’Olympe et les bouillants chevalier du Moyen-Âge sont de retour, avec les hommes politiques, les savants, les sportifs et les acteurs vedettes dans le rôle des héros, béatement admirés par la foule des gens ordinaires. »

jeudi 28 septembre 2017

Comment ça va ?

Comment ça va ? Le Tartuffe par Michel Fau cartonne et je serais réopérée la semaine prochaine... je reviens de l'automne en Dordogne où j'ai dévoré le dernier Amélie Nothomb... c'était bien. Mes amis sont en voyage.
Voilà c'est fait ! oui la réopération depuis...
https://www.facebook.com/stephane.combe.77/posts/1710300629000806
Cette vidéo m'a fait rire alors que le 26/09/17 j'étais triste.
Cette question : comment ça va ? avec un vieil ami, on se la posait toujours en souriant, parce que nous étions plus jeunes, son hypocrisie nous heurtait l'oreille. Certes c'est une formule de politesse et il est quand-même préférable de poser vraiment la question et d'entendre la réponse mais c'est aussi une marque d'affection, de la vie sociale à l'inverse de la mort sociale, c'est un sourire surtout pour ceux qui ne vont pas...
Mais pour les êtres de sensibilité délicate, l'hypocrisie s'entend comme une fausse note.
Au bout de plus de sept mois de grands travaux pour "longue maladie" ou plus couramment appelée cancer, les personnes n'ont plus trop envie d'avoir de vos nouvelles car la situation officielle n'évolue pas. C'est un peu comme si vos amis étaient à peu près tous partis en voyage. Et ce n'est pas plus mal ! car répéter ce que je n'arrive pas à retenir, me laisse comme épuisée, du sens commun des mots.
Les ongles sont tombés, les cheveux repoussent à peine, cela ne se voit pas.
La chimiothérapie est terminée depuis 20 jours mais je me sens toujours oppressée et les rdv, les soins continuent. En fait j'en sais la fin mais je n'y crois pas.
Je devais être opérée en ambulatoire mardi dernier ce 26/09 mais cela a été annulé. Un nettoyage au pourtour de l'ablation de la tumeur, une petite anesthésie 20mn pas plus.
Tout d'abord un malentendu, le RDV était fixé à à 13h mais je n'ai pas vu la trace de l'appel audio de l'hôpital, comme quoi l'horaire avait été avancé à 11h. Ils n'ont pas essayé ni de me joindre sur le fixe ni de vérifier si j'avais rappelé pour accuser réception du message.
Moi qui disait vouloir arrêter le temps, pour ne pas être face au pire, qui finira forcément par arriver, et est-ce le pire à certains moments cruels souffrants angoissés et terrifiants de l'existence ?
Là c'est gagné, je suis garée en double file pour une semaine parce que l'opération a été annulée puis reportée à mardi prochain.
Des amis, la famille me rappellent pour savoir si je ne souffre pas trop !
Pourquoi ce loupé, comme lorsqu'on rate un train, on reste un instant perdu sur le quai, abandonné par le temps.
Tout cela parce qu'aussi j'ai eu plusieurs interlocuteurs qui ne m'ont pas donné les mêmes recommandations : "vous pouvez prendre un petit déjeuner avant 7 h, six heures avant l'anesthésie", "il ne fallait rien prendre après minuit", "eh bien là ! vous pouvez prendre un deuxième petit déjeuner".... "-à quelle heure vous avez mangé, je suis docteur et je travaille avec votre chirurgien...
-je viens de finir là une tartine et j'ai repris un thé il y a 5 mn !!!" ai-je répondu vers 10h30
et je vous épargne le temps d'attente pour obtenir en ligne les secrétariats des services impliqués : gynécologie oncologie  et chirurgie ambulatoire, les communications coupées quand enfin on les obtient...
En clinique, je n'ai subi, en chirurgie ambulatoire que la pose du cathéter, la veille j'avais eu comme seul contact le chirurgien, qui m'avait dit de ne rien prendre après minuit. Pendant l'intervention avec une anesthésie locale, nous avions ri tout le temps.
Là, ce lendemain du 26/09 pour l'hôpital, j'ai eu en ligne la chirurgienne, elle m'a rattrapée en m'appelant sa patiente et en me faisant sourire, ce sera pour la semaine prochaine,
toujours le mardi à 7h15 et je ne mange rien après minuit.

le dernier bouquet apporté par un livreur pour mon anniversaire




le seul endroit où il y a du réseau



Vue de notre chambre


Y a pas de réseau !



Nos figues blanches








Les figues rouges du voisin



Je m'appelle Pompon, personne n'entre sur mon territoire sans mon consentement
Congelés depuis 2015 ils étaient bons ces cèpes

pendant ce temps là des amis gardaient chez nous notre féline



Ils sont rentrés...
Une semaine après je peux compléter "Voilà, c'est fait !", cela me fait penser à la pièce de Shakespeare Macbeth quand il revient d'avoir tué le roi avec des couteaux "J'ai fait l'action..."
La chirurgie ambulatoire même si vous êtes en tête de liste vous êtes trois quatre alignés dans les salle d'attente, puis celle de réveil, et enfin celle de repos, tous en peignoir blanc chaussettes-chaussons anti dérapants gris. Avant avec charlotte chapeaux en papier tissé bleu, tous aussi ridicules de ne pas vouloir se mouiller la tête... après sans, les plus à l'aise l'ôtent tout de suite. Avant on pourrait croire qu'on va se rendre à la piscine encore un peu enfantins, après non.
J'ai eu mal oui après, mais les anti-douleurs sont efficaces et aussi pour faire grimper mon diabète, la cicatrice est rouge enflée, derrière les petits pansements transparents qui se décollent tout seuls après une semaine de douches au savon.
Je suis inquiète car je ne comprends rien au compte-rendu opératoire, mais je vais pouvoir l'apporter à mon médecin généraliste.
Et dans trois semaines au minimum, j'aurais les résultats des analyses, qui me seront donnés par la chirurgienne, alors que les séances de rayons auront commencées...

Revenons à nos photos ce dimanche nous sommes allés à une brocante, auprès de la librairie Au plaisir des yeux rue Raymond Losserant, j'en ai pris mon cher ami et compagnon, Pascal, du meilleur et du moins bon, aussi, je me suis dit que je recommençais ainsi à toucher de plus près la vie déjà avec le regard.
Tarifs de détectives d'un cabinet à côté de chez nous, des sourds mais c'est bien-sûr !













Mes autres amis qui sont partis en voyage de l'autre côté de la Méditerranée, sont partis loin, c'est pas si grand pourtant la Méditerranée, ils ont créés deux blogs déjà l'un pour correspondre avec des enfants des Hautes-Alpes.
https://lautrecotedelamediterranee.wordpress.com/2017/09/27/marie-ecce/
https://www.memotrips.com/fr_FR/carnet-de-voyage/-lamour-est-du-voyage--267150/-260331

Je me demandais si partir loin n'était pas le seul moyen de s'extirper de la déprime ambiante, de se sentir indispensable. Ici on a tout pour être heureux et on se paye le luxe d'être en dépression permanente, sujet à tous les types d'addictions. Comme avoir des nouvelles sans arrêt de ceux qui vont plus mal, voir qui meurent atrocement, on les trouve aux infos, on les identifie, on les compte mal car on les cible, les met en tas, sans que cela puisse vraiment représenter de la proximité pourquoi ceux là et pas les autres... et pourquoi pas ici dans mon immeuble? Ainsi la victimisation ou l'imitation du bourreau sont au paroxysme dans nos sociétés occidentales et la folie s'engrange s'égraine comme un chapelet sans dieu ni prières et aboutit à ne plus voir les gens les voisins les amis on devient intelligent à s'isoler ? On s'envoie des textos et on fait un jogging.
Avec nos animaux de compagnie et notre téléphone intelligent, nous nous éloignons les uns des autres, critiques installés dans un mirador et sommes tous adeptes de recevoir des nouvelles, des notifications, regarder les réseaux sans être vus pour certains hypocrites ? mais moi j'insiste... rien ne vaut les siestes crapuleuses,
les goûters à discuter de tout, sans exclure les confidences, l'intime,
les lectures d'un soir chacun avec des textes et un petit quelque chose à manger ou à boire,
un cinéma avec deux trois amis,
aller au théâtre et se retrouver ensuite pour dîner, les brocantes,
les promenades au square....
les expos avec des amis qui aiment et savent regarder avant de prendre des photos éventuellement, ou même la bibliothèque municipale.
Mais tout de même en vieillissant il ne restera plus que ces réseaux la radio et la télé les animaux de compagnie et c'est mieux que rien.

Pour finir c'est quoi dévorer un livre c'est comme un peu rire ou pleurer malgré soi et on est obligé de réfléchir après. Le dernier livre d'Amélie Nothomb qui m'a intrigué par le titre : Frappe-toi le coeur et le sujet : la jalousie d'une mère envers sa fille mais cela ne s'arrête pas là, je ne l'ai pas lâché et j'ai aimé après réflexion, c'est un livre qui coule tout seul.

Frappe-toi le coeur,  d'Amélie Nothomb est un imbroglio, d'histoires gigognes qui ne nous loupent pas, mais qui nous font du bien pour revisiter nos vies avec nos mères pour identifier nos amis qui peuvent cacher nos ennemis,
prêts à nous immobiliser, à nous utiliser jusqu'à la lie, voir nous faire régresser un temps mais n'est-ce pas un cheminement par lequel il est bon de passer même si la porte est étroite, eh oui ! même les pervers narcissiques nous invitent à rencontrer d'autres amis... à aider leurs enfants qui passent par le même chas de l'aiguille que nous, à repérer leurs grands yeux épuisés.