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mercredi 19 novembre 2025

Le spectacle le film/ White man le livre

Je vous parle déjà des auteurs acteurs réalisateurs écrivains scénaristes amoureux à plusieurs  mains 
Car ce sont aussi de grands voyageurs ils ne peuvent rester sur place dans leurs montagnes des Hautes Alpes ce n’est pas que c’est trop petit trop arpenté par les divers chemins dont ceux de randonnée mais que le plus important pour eux c’est de ne pas renoncer par les chemins de l’Afrique où ils retournent …
pour apporter plus que le nécessaire : l’inutile l’amusement !? L’amitié de tous les temps par le théâtre 
et ne pas disparaître en laissant des chantiers abandonnés parce qu’on a plus rien donné pour les faire vivre… 
ils ont commencé en Afrique de l’Ouest d’apporter le cinéma muet à des enfants et leurs frères sœurs qui n’en n’avaient jamais vu. Et ils ont compris que le plus important c’était de revenir après, (quand c’était encore possible, maintenant en Afrique de l’Ouest au Burkina où sont leurs premiers amis, c’est trop risqué )  ou d’aller plus loin encore pour revenir aux pays où l’on meurt plus qu’on nait Mauritanie Sénégal le Sahara car dans l’arrière pays cela n’a rien à voir avec les côtes puis les Peuhls 
parce que pas de médicaments parce que laissés enfermés dans les villages
Avec Romain Kosellek et Éline Holbo Wendelbo ils ont réfléchi monté un spectacle de théâtre mais pas que, Lise Bellynck et Frédéric Aspisi.

" white man" est une écriture sérielle qui vagabonde entre anecdotes sur le théatre en Europe et en Afrique, histoires de rencontres d'ici et là-bas, confrontations Nord-Sud de tout ordre, plongées dans les affres de l'humain, poésies, écritures et ouvertures, les chants du Monde.

Dis comme ça, ça fait mauvais genre.


Frédéric Aspisi est né en 1972 à Montpellier. Il écrit dès l'âge de treize ans des récits et des poèmes. Puis des chansons pour le groupe hardcore " l'esprit du temps ". À Madrid, il se frotte à l'écriture de scénario en suivant les cours d'une école de cinéma. Puis à Paris, en rentrant à l'École Florent, il se tourne vers l'écriture théâtrale, et ceci pendant plus de quinze ans.

Parallèlement, il écrit des essais, des textes, des romans. " Une apologie bien particulière : Rabeux-Durif " chez Séguier,

"toujours le même fantasme" chez Chomant, " rapport au monde " chez Spinelle, " la vie moyenne", sous forme de podcast sur Arte Radio.

Mais surtout, depuis 2010, il passe entre quatre et six mois par an en autonomie sur les routes du Monde.

https://www.instagram.com/p/DQ7RzD5jGsy/?igsh=Zzl0YWEyMHEwZHUz


Ce film sur ce spectacle qui a été produit par eux jusque là pour les personnes des personnes des Hautes Alpes de l’Ecole Auvray Nauroy je ne pourrais jamais l’oublier ou alors pour raison de maladie dégénérative de mon lobe frontal où siège l’empathie (j’ai entendu cela à la radio) 

Et le livre je l’ai lu dans le train et pas loin des Pyrénées. Depuis je n’ai pu m’en détacher. Je crois qu’il faut une certaine altitude pour l’appréhender car il est inévitable surtout si vous avez vu le film ? Avant ou après ou sans…c’est autant possible. 


ces poupées sont exposées la dans le Béarn depuis 60 ans, la blanche exposée au soleil est devenue plus blanche plus « toubab » c’est comme cela que nous appellent les africains, nous les maîtres du monde….la noire a mieux résisté….parce qu’elle n’est pas morte et qu’on est revenus la voir…..
Frédéric Aspisi et Lise Bellynck?  ils sont repartis en Afrique en Guinée. Pour aller récupérer leur voiture un véritable partenaire pour traverser le désert un véritable partenaire de saltimbanque. 

vendredi 28 juin 2024

Avec toi je ne crains rien-Alexandre Duyck-Actes Sud/ Les règles du mikado-Erri de Luca

Avec toi je ne crains rien Alexandre Duyck Actes Sud 
Donc voilà bien longtemps que je n’avais pas trouvé un livre qui m’a aspirée je l’ai tu d’une seule traite. Comme j’ai presque l’âge des ennuis indéracinables, je n’ai pas deux sous de jugeote pour me représenter une carte, un plan j’aimais tant me laisser guider par mon père petite, que je n’ai jamais appris et puis ma mère qui essayait de faire sa copilote avec les cartes comme avec ses souvenirs n’était pas très douée dans le 1 er registre mais impressionnante dans celui des registres, classement chronologiques et j’ai du vouloir lui ressembler et puis c’était presque un compliment pour moi elle n’a pas … le sens de l’orientation… et pour le reste je ressemblais à mon père : elle est dans quelle classe votre fille ? -…..
Dans ce livre on comprend l’original bonheur des enfants avec leurs parents et la marque indélébile de ce départ de vie quand après même à quatre ans ils deviennent séparés insultés orphelins…je ne peux pas vous raconter l’histoire elle a été médiatique mais j’aimerais bien demander à l’auteur 
Alexandre Duyck, est ce que l’un des jumeaux qui a passé sa vie d’adulte à rechercher ses parents jusqu’à la folie dans le glacier avait trouvé l’endroit, ne serait-ce que par défaut…. 
Je ne vous mettrais aucun extrait car ce serait comme retirer un peu de neige à un paysage alpin, vous savez quand le froid était cuisant et la neige abondante même dejà à partir du 15 août….
Lisez-le je ne peux pas vous le prêter car je vais l’envoyer à une amie qui habite les Alpes hautes et donc pas suisses !?  Y a qu’avec elle que je partage de cette façon mes livres car c’est si facile en amitié de se perdre une fois adultes… surtout si on manque d’imagination. Si on s’en tient à la calomnie ça s’appelait du « on-dit-que … c’est devenu un fake… c’est tellement facile de recroqueviller les fleurs…surtout celles des hauteurs après les dénivelés qui se comptent et vous rendent inégaux à moins de se tenir enlacés…






Les règles du Mikado Erri de Luca 

Pour les détracteurs toujours avisés d’Erri de Luca https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-masque-et-la-plume/le-masque-et-la-plume-du-dimanche-23-juin-2024-1905854 et je n’ai pris que des extraits et j’ai évité les quelques lignes sur les animaux si simples et pour vous laisser voguer sur votre quotidien du moment, je ne vous  découvrirais rien ou si peu de l’autre personnage à qui il écrit des lettres… longues. Un cahier. (Pour en sortir de cette période il va falloir s’endurcir manifester  résister car voter ne suffit pas ou tout quitter) 
Les photos n’ont rien à voir mais permettent de me donner du cœur à une de mes promenades préférées passer du XV ème au XIV ème par la rue de la Convention…pour aller chez ma libraire préférée Au plaisir des yeux https://www.facebook.com/share/p/iFYrV2JpEnTNi6kf/?mibextid=WC7FNe 
où j’ai acheté ce livre. 



« La mer est l'opposé de la terre. Elle ne permet pas de regarder d'en haut, elle est horizontale, égale. Elle arrête les pas et pourtant c'est aussi une voie libre.

Tu l'as vue calme, sans rivage à l'horizon, jusqu'au point où l'air se confondait avec l'eau. Tu as eu envie de monter dessus.
Tu étais arrivée à ton point de départ. »

« J'ai plus d'années que de kilos. Les vieux doivent être légers.
L'humanité a été jeune, ce n'est que récemment qu'elle s'est mise à vieillir en masse. C'est un temps inconnu, plus que la jeunesse.
Aucune expérience de vieillesse précédente ne peut servir d'exemple.
Le matin, je fais l'appel, j'invite chaque partie de mon corps à dire présent. Je commence par les pieds pour finir par la nuque.
Je dresse le plan de la journée, les activités indispensables et les superflues. Le feu, l'eau, la soupe, l'hygiène, sont des nécessités, puis je dois ajouter la lecture et le jeu pour l'entrainement des pensées.
La durée du jour est un tour du monde.
Le soir, je me retrouve aux antipodes, la nuit me ramène au point de départ.
Je vis sans montre. Si je me réveille dans le noir à cause d'un bruit, d'un rêve, je n'ai pas besoin de savoir l'heure. Je me concentre sur les battements de mon cœur.
Ils sont plus lents en hiver, je palpe mes carotides pour les sentir.

Je pense à ma mère. Pendant les bombardements, avant de descendre dans l'abri, elle passait une minute à se coiffer devant son miroir pour être présentable.
Une minute pendant un bombardement, c'est un temps énorme à perdre ou à trouver.
Son aspect avait la priorité.
Aujourd'hui, je sais que cette minute d'amour-propre lui donnait du courage. Elle résistait à la force supéricure avec la force mineure de la dignité.
Elle disait que lorsqu'on va payer ses impôts, il faut bien s'habiller et ne pas se donner un air misérable.
La guerre était pour elle un impôt sur la vie des gens. Il fallait se présenter de façon correcte.
J'essaie de suivre son exemple.
Je préserve le feu, avec le reste des braises j'allume celui du matin, je réchauffe mon repas, je sèche mes vêtements.
Je te raconte ces petites choses importantes.
Je retrouve en elles une règle du Mikado: attention aux moindres mouvements, faire avec intention, sans automatisme.
Je lave mon bol sans laisser d'odeur qui puisse attirer des animaux.
Je laisse dehors le marc de café pour couvrir une éventuelle trace d'aliments. Je me sers de la cendre pour dégraisser ma casserole avant de la laver.
Le sommeil arrive, je m'y plonge en quelques minutes.
Au réveil, je remercie, je ne sais qui, mais j'ai envie de dire merci. »

« Mon corps s'endurcit. Mes bras et mes jambes sont les branches d'un arbre. C'est sans doute pour ça qu'on appelle le corps un tronc.
J'ai perdu en taille, mes vertèbres se sont rapprochées en me retirant des centimètres.
C'est une compacité inconnue, elle me transforme en fibre végétale. »
Erri de Luca 
Les règles du mikado

« Écoute, moi je n’ai pas d’enfants ni de petits enfants et je ne cherche pas à adopter.
J’échange quelque chose avec ceux que je rencontre loin des routes.
Je ne fais aucune différence d’âge. Tu me traites de vieux, d’accord, mais j’ai le même âge que toi, je vis à la même époque. Les générations n’existent pas pour moi. Tant que nous vivons, nous sommes contemporains. Nous sommes deux personnes. »








lundi 11 mars 2024

Dîner lecture du 09/03/24

Une soirée un dîner lecture qu’on aurait voulu qui ne finisse jamais. J’avais relu pour cela l’insoutenable légèreté de l’être avec Pascal : « einmal ist keinmal »
Je suis de plus en plus persuadée que cela peut être contagieux pour lire et faire lire et parler d’autres choses et par contagion bienheureuse attraper quelques jeunes et leur donner ce désir de communiquer  : désir de rester vivants et de partager. À tous les âges. 




….hier nous avons lu avec plusieurs personnes -certaines que l’on rencontrait pour la première fois- des extraits de morceaux choisis le thème c’était sur la mascarade les masques, le plus jeune d’entres nous, il a lu un texte sur le masque,  tres vivant accessible et touchant; sa mère sur le jeu de l’amour et du hasard avec comme stratagème 3 petites peluches pour jouer tous les rôles, Philipp d’Ecosse nous a conté l’apparition étrange d’un fantôme qui a changé sa vie, sa compagne la lumière au travers des vitraux de Soulages et un texte de Christian Bobin sur Conques ;  notre ami compagnon et Papa du jeune homme au masque et avec son épouse organisateurs de la soirée et cuisiniers du poisson du cake aux petits pois etc…c’était bon… il nous a transporté par Soljenitsine l’archipel du goulag : comment rester humain en prison en camp parler parler   (En 2007, il reçoit le prix d'État russe des mains de Vladimir Poutine et meurt en 2008) Patrick et sa compagne, nous ont lu une page d’un blog qui réalisait que le choix dans la vie était soit : avoir raison ou être heureux et combien cette dystrophie  humaine pouvait être douloureuse non seulement pour la personne elle-même mais pour ses proches,
et Patirick nous a lu son extrait d’un autre Patrick, Modiano et nous étions partis partants pour Voyage de noces…et Emmanuelle sa femme nous a aussi parlé des dictionnaires que personne dans nos milieux notre époque connectée ne consolent, ne consultent plus, en nous lisant quelques définitions du dictionnaire supperflu de Desproges. 



Milan Kundera l’insoutenable légèreté de l’être j’avais je nous avais choisi ce texte pour écho à cette légende du mensonge et de la vérité qui vont se baigner et pour cela se déshabillent . Le mensonge nage vite et sort et se rhabille avec les habits de la vérité et lorsque nue la vérité cherche à se rhabiller à son tour, elle ne peut prendre les vêtements du mensonge et c’est pour cela qu’elle resta nue….

La légende sur le mensonge et la vérité

« La légende raconte qu’un jour la vérité et le mensonge se croisèrent.
– Bonjour, dit le mensonge.
– Bonjour, répondit la vérité.
– Belle journée, dit le mensonge.
Alors la vérité se pencha pour vérifier si c’était le cas. Cela l’était.

– Belle journée, répondit alors la vérité.
– Le lac est encore plus beau, dit le mensonge.
Alors la vérité observa le lac et vit que le mensonge disait la vérité et elle hocha la tête. Le mensonge courut vers l’eau et dit :

– L’eau est encore plus belle. Nageons.

La vérité toucha l’eau du bout des doigts et se rendit compte du fait que l’eau était réellement bonne et à partir de là, elle eut confiance en le mensonge. Les deux enlevèrent leurs vêtements et nagèrent tranquillement. Quelques temps après, le mensonge sortit, s’habilla avec les vêtements de la vérité et s’en alla.

La vérité, incapable de s’habiller avec les vêtements du mensonge commença à marcher sans habits et tout le monde s’horrifia alors en la voyant. C’est ainsi qu’aujourd’hui, les individus préfèrent accepter le mensonge déguisé en vérité à la vérité à nue. »

Tableau de Jean-Léon Gérôme intitulé "La vérité sort de son puits" (1896)



Première partie La légèreté et la pesanteur :
« Il y a bien des années que je pense à Tomas. Mais c'est a la lumière de ces réflexions que je l'ai vu clairement pour la première fois. Je le vois, debout à une fenêtre de son appartement, les yeux fixés de l'autre côté de la cour sur le mur de l'immeuble d'en face, et il ne sait pas ce qu'il doit faire.
Il avait fait connaissance avec Tereza environ trois semaines plus tôt dans une petite ville de Bohême. Ils avaient passé une heure à peine ensemble. Elle l'avait accompagné à la gare et elle avait attendu avec lui jusqu'au moment où il était monté dans le train. Une dizaine de jours plus tard, elle vint le voir à Prague. Ils firent tout de suite l'amour ce jour-là. Dans la nuit, elle eut un accès de fièvre et elle passa chez lui toute une semaine avec la grippe.
Il éprouva alors un inexplicable amour pour cette fille qu'il connaissait à peine. Il lui semblait que c'était un enfant qu'on avait déposé dans une corbeille enduite de poix et lâché sur les eaux d'un fleuve pour qu'il le recueille sur la berge de son lit.
Elle resta chez lui une semaine puis, une fois rétablie, elle retourna dans la ville où elle habitait, à deux cents kilomètres de Prague. Et c'est ici que se situe le moment dont je viens de parler et où je vois la clé de la vie de Tomas : il est debout à la fenêtre, les yeux fixés de l'autre côté de la cour sur le mur de l'immeuble d'en face, et il réfléchit :
Faut-il lui proposer de venir s'installer à Prague? Cette responsabilité l'effraie. Qu'il l'invite chez lui maintenant, elle viendra le rejoindre pour lui offrir toute sa vie.
Ou bien, faut-il renoncer? Dans ce cas, Tereza restera
serveuse de brasserie dans un trou de province, et il ne la reverra jamais.
Veut-il qu'elle le rejoigne, oui ou non ?
Il regarde dans la cour, les yeux fixés sur le mur d'en face, et cherche une réponse.
il revient, encore posiours, à l'image de cette femme couchée sur son divan; elle ne lui rappelait personne de sa vie d'autrefois. Ce n'était ni une maîtresse ni une épouse.
C'était un enfant qu'il avait sorti d'une corbeille enduite de
poix et qu'il avait posé sur la berge de son lit. Elle s'était endormie. Il s'agenouilla près d'elle. Son haleine fiévreuse s'accélérait et il entendit un faible gémissement. Il pressa son visage contre le sien et lui chuchota des mots rassurants dans son sommeil. Au bout d'un instant, il lui sembla que sa respiration se faisait plus calme et que son visage se soulevait machinalement vers son visage. Il sentait à ses lèvres l'odeur un peu âcre de la fièvre et il l'aspirait comme s'il avait voulu s'imprégner de l'intimité de son corps. Alors, il imagina qu'elle était chez lui depuis de longues années et qu'elle était mourante. Soudain, il lui parut évident qu'il ne survivrait pas à sa mort. Il s'allongerait à côté d'elle pour mourir avec elle. Il enfouit son visage contre le sien dans l'oreiller et resta longtemps ainsi.
A présent, il est debout à la fenêtre et il invoque cet instant. Qu'était-ce, sinon l'amour, qui était ainsi venu se faire connaître ?
Mais était-ce l'amour? Il s'était persuadé qu'il voulait mourir à côté d'elle, et ce sentiment était manifestement excessif : il la voyait alors pour la deuxième fois de sa vie!
N'était-ce pas plutôt la réaction hystérique d'un homme qui, comprenant en son for intérieur son inaptitude à l'amour, commençait à se jouer à lui-même la comédie de l'amour?
En même temps, son subconscient était si lâche qu'il choisissait pour sa comédie cette pitoyable serveuse de province qui n'avait pratiquement aucune chance d'entrer dans sa vie !
Il regardait les murs sales de la cour et comprenait qu'il ne savait pas si c'était de l'hystérie ou de l'amour.
Et, dans cette situation où un homme vrai aurait su immédiatement agir, il se reprochait d'hésiter et de priver ainsi le plus bel instant de sa vie (il est à genoux au chevet de la jeune femme, persuadé de ne pouvoir survivre à sa mort) de toute signification.
Il s'accablait de reproches, mais il finit par se dire que c'était au fond bien normal qu'il ne sût pas ce qu'il voulait :
On ne peut jamais savoir ce qu'il faut vouloir car on n'a qu'une vie et on ne peut ni la comparer à des vies antérieures ni la rectifier dans des vies ultérieures.
Vaut-il mieux être avec Tereza ou rester seul ?
Il n'existe aucun moyen de vérifier quelle décision est la bonne car il n'existe aucune comparaison. Tout est vécu tout de suite pour la première fois et sans préparation. Comme si un acteur entrait en scène sans avoir jamais répété. Mais que peut valoir la vie, si la première répétition de la vie est déjà la vie même? C'est ce qui fait que la vie ressemble toujours à une esquisse. Mais même « esquisse » n'est pas le mot juste, car une esquisse est toujours l'ébauche de quelque chose, la préparation d'un tableau, tandis que l'esquisse qu'est notre vie n'est l'esquisse de rien, une ébauche sans tableau.
Tomas se répète le proverbe allemand: einmal ist keinmal, une fois ne compte pas, une fois c'est jamais. Ne pouvoir vivre qu'une vie, c'est comme ne pas vivre du tout. »
* L’enfant trouvé mythe Moïse.

Pour revenir à notre soirée dîner lecture….episode… 
épistolaire eh oui je n’écris que sur les réseaux mais c’est aussi un partage pour rester vivante….


….J’avais choisi de l’insoutenable légèreté de l’être le passage avec la chienne de Tomas et Teresa : Karenine en rapport avec le thème masques et mascarade
Car chez nos amis ça manque un peu d’animaux… quand j’étais enfant j’aimais déjà tant les animaux que j’aimais aller chez les adultes qui avaient des chiens ou des chats oiseaux ou même poissons parce que la conversation ne s’arrêtait pas qu’à eux 
Maintenant adulte grande je penche pour tous les plaisirs… la reconnaissance et l’aller retour vers d’autres mondes.

Quatrième partie 
l’âme et le corps
« Tereza rentra vers une heure et demie du matin, alla à la salle de bairs, enfila, un pyjama et s'allongea à côte de Tomas. Il dormait. Penchée sur son visage, au moment d'y
poser les lèvres, elle trouva a ses cheveux une odeur bizarre.. longuement, elle y plongea les narines. Elle le reniflait comme un chien et finit par comprendre : c'était une odeur féminine, l'odeur d'un sexe.
A six heures, le réveil sonna. C'était le moment de Karénine. Il se réveillait toujours bien avant eux, mais n'osait pas les déranger. Il attendait impatiemment la sonnerie du réveil qui lui donnait le droit de bondir sur le lit, de piétiner leurs corps et d'y enfouir son museau. Au début, ils avaient essayé de l'en empêcher et de le chasser du lit, mais le chien était plus têtu que ses maîtres et avait fini par imposer ses droits. D'ailleurs, Tereza constatait depuis quelque temps qu'il n'était pas désagréable de commencer la journée à l'appel de Karénine. Pour lui, l'instant du réveil était un bonheur sans mélange : il s'étonnait naïvement et bêtement d'être encore de ce monde et s'en réjouissait sincèrement. En revanche, Tereza s'éveillait à contrecœur, avec le désir de prolonger la nuit et de ne pas rouvrir les yeux.
Maintenant, Karénine attendait dans l'entrée, les yeux levés vers le portemanteau où étaient accrochés son collier et sa laisse. Tereza lui passa son collier et ils allèrent faire les courses. Elle acheta du lait, du pain, du beurre et, comme toujours, un croissant pour lui. Sur le chemin du retour, Karénine trottait à côté d'elle, le croissant dans sa gueule. Il regardait fièrement autour de lui, ravi sans doute de se faire remarquer et d'être montré du doigt.
A la maison, il resta à l'affüt sur le seuil de la chambre avec le croissant dans la gueule, attendant que Tomas s'aperçoive de sa présence, s'accroupisse, commence a gronder et feigne de le lui arracher. Cette scène se répétait jour après jour. Ils passaient cinq bonnes minutes à se poursuivre à travers l'appartement jusqu'à ce que Karénine se réfugie sous la table et dévore bien vite son croissant.
Mais cette fois-là il attendit en vain la cérémonie matinale. Un transistor était posé sur la table et Tomas écoutait. »

Et j’avais timidement… envisager de lire aussi toujours à propos de Karenine 
Mais on n’a pas eu le temps de tout faire de tout lire de penser à tout car une fois c’est jamais, l’avenir n’est que dans la répétition avec réparation.
Pour moi ce chien ressemble à celui du film de Justine Triet : Anatomie d’une chute mais en plus en mieux il est batard selon l’auteur : un mélange de Saint-Bernard par sa mère pour sa tête et de chien-loup par son père pour le corps.

« La mère était le saint-bernard d'un collègue de Tomas. Le père était le chien-loup du voisin. Personne ne voulait des petits bâtards
et son collègue avait mal au cœur à l'idée de les tuer.
Tomas devait choisir parmi les chiots et savait que ceux qu'il ne choisirait pas allaient mourir. Il était dans la situation d'un président de la République quand il y a quatre condamnés à mort et qu'il ne peut en gracier qu'un.
Finalement, il choisit l'un des chiots, une femelle qui semblait avoir le corps du chien-loup et dont la tête rappelait sa mère saint-bernard. Il l'apporta à Tereza. Elle prit le toutou, le pressa sur ses seins, et l'animal fit aussitôt pipi sur sa blouse.
Ensuite, il fallut lui trouver un nom. Tomas voulait quơn sût, rien qu'à ce nom, que c'était le chien de Tereza, et il se rappela le livre qu'elle serrait sous son bras le jour où elle était venue à Prague sans prévenir. Il proposa d'appeler le chien Tolstoï.
« On ne peut pas l'appeler Tolstoi, répliqua Tereza, puisque c'est une fille. On peut l'appeler Anna Karénine.
— On ne peut pas l'appeler Anna Karénine, une femme n'a jamais une petite gueule aussi marrante, dit Tomas. Plutôt Karénine. Oui, Karénine. C'est exactement comme ça que je l'ai toujours imaginé.
— Est-ce que ça ne va pas perturber sa sexualité de s'appeler Karénine ?

Septième partie 
Le sourire de Karenine

4
Pourquoi le mot idylle est-il un mot si important pour Tereza ?
Nous qui avons été élevés dans la mythologie de l'Ancien Testament, nous pourrions dire que l'idylle est l'image qui est restée en nous comme un souvenir du Paradis. La vie au Paradis ne ressemblait pas à la course en ligne droite qui nous mène dans l'incoanu, ce s'était pas une aventure. Elle se déplaçait en cercle entre des choses connues. Sa monotonie  n'était pas ennui mais bonheur.
Tant que l'homme vivait à la campagne, au milieu de la nature, entouré d'animaux domestiques, dans l'étreinte de saisons et de leur répétition, il restait toujours en lui ne serait-ce qu'un reflet de cette idylle paradisiaque.
… 
Comment expliquer que les règles d'une chienne éveillaient en elle une grande tendresse, alors que ses propres règles lui répugnaient? La réponse me semble facile : le chien n'a jamais été chassé du Paradis. Karénine ignore tout de la dualité du corps et de l'âme et ne sait pas ce qu'est le dégoût. C'est pourquoi Tereza se sent si bien et si tranquille auprès de lui. (Et c'est pour cela qu'il est si dangereux de changer l'animal en machine animée et de faire de la vache un automate à produire du lait : l'homme coupe ainsi le fil qui le rattachait au Paradis et rien ne pourra l'arrêter ni le réconforter dans son vol à travers le vide du temps.)
Du chaos confus de ces idées, une pensée blasphématoire dont elle ne peut se débarrasser germe dans l'esprit de Tereza: l'amour qui la lie à Karénine est meilleur que l'amour qui existe entre elle et Tomas. Meilleur, pas plus grand. Tereza ne veut accuser personne, ni elle, ni Tomas, elle ne veut pas affirmer qu'ils pourraient s'aimer davantage. Il lui semble plutôt que le couple humain est créé de telle sorte que l'amour de l'homme et de la femme est a priori d'une nature inférieure à ce que peut être (tout au moins dans la meilleure de ses variantes) l'amour entre l'homme et le chien, cette bizarrerie de l'histoire de l'homme, que le Créateur n'avait sans doute pas prévue.
C'est un amour désintéressé : Tereza ne veut rien de Karénine. Elle n'exige même pas d'amour. Elle ne s'est jamais posé les questions qui tourmentent les couples humains : est-ce qu'il m'aime? a-t-il aimé quelqu'un plus que moi? m'aime-t-il plus que moi je l'aime? Toutes ces questions qui interrogent l'amour, le jaugent, le scrutent, l'examinent, est-ce qu'elles ne risquent pas de le détruire dans l'œuf? Si nous sommes incapables d'aimer, c'est peut-être parce que nous désirons être aimés, c'est-à-dire que nous voulons quelque chose de l'autre (l'amour), au lieu de venir à lui sans revendications et de ne vouloir que sa simple présence.
Et encore une chose : Tereza a accepté Karénine tel qu'il est, elle n'a pas cherché à le changer à son image, elle a acquiescé d'avance à son univers de chien, elle ne veut pas le lui confisquer, elle n'est pas jalouse de ses penchants secrets.
Si elle l'a élevé, ce n'est pas pour le changer (comme un homme veut changer sa femme et une femme son homme), mais uniquement pour lui enseigner la langue élémentaire qui leur permettrait de se comprendre et de vivre ensemble.
Et aussi: son amour pour le chien est un amour volontaire, personne ne l'y a contrainte. 

avec elle. Elle n'a pas ranis
était telle qu'elle était, mais parce que c'était sa mère.)
Mais surtout : aucun être humain ne peut faire à un autre l'offrande de l'idylle. Seul l'animal le peut parce qu'il n'a pas été chassé du paradis. L'amour entre l'homme et le chien est idyllique. C'est un amour sans conflits, sans scènes déchirantes, sans évolution. Autour de Tereza et de Tomas, Karénine traçait le cercle de sa vie fondée sur la répétition et il attendait d'eux la même chose.
Si Karénine avait été un être humain au lieu d'être un chien, il aurait certainement dit depuis longtemps à Tereza :
« Ecoute, ça ne m'amuse plus de porter jour après jour un croissant dans la gueule. Tu ne peux pas me trouver quelque chose de nouveau?» Il y a dans cette phrase toute la condamnation de l'homme. Le temps humain ne tourne pas en cercle mais avance en ligne droite. C'est pourquoi l'homme ne peut être heureux puisque le bonheur est désir de répétition.
Oui, le bonheur est désir de répétition, songe Tereza.
Quand le président de la coopérative allait promener son Méphisto après le travail et rencontrait Tereza, il n'oubliait jamais de dire : « Madame Tereza! Si seulement je l'avais connu plus tôt! On aurait couru les filles ensemble ! Aucune femme ne résiste à deux cochons! » A ces mots, le goret poussait un grognement, il avait été dressé pour ça. Tereza riait, et pourtant elle savait une minute à l'avance ce qu'allait lui dire le président. La répétition n'enlevait rien de son charme à la plaisanterie. Au contraire. Dans le contexte de l'idylle, même l'humour obéit à la douce loi de la répétition. »

*Mephisto cochon apprivoisé qui se promenait comme un chien avec son maitre president de la coopérative agricole. Karenine l’appréciait car contrairement aux autres chiens il n’était pas enchainé à sa niche et n’aboyait pas bêtement.

« La vraie bonte de l’homme ne peut se manifester en toute pureté et en toute liberté qu'à l'égard de ceux qui ne représentent aucune force. Le véritable test moral de l'humanité (le plus radical, qui se situe à un niveau si profond qu'il échappe à notre regard), ce sont ses relations avec ceux qui sont à sa merci : les animaux. Et c'est ici que s'est produite la plus grande déroute de l'homme, débâcle fondamentale dont toutes les autres découlent.
Une génisse s'est approchée de Tereza, s'est arrêtée et l'examine longuement de ses grands yeux bruns. Tereza la connaît. Elle l'appelle Marguerite. Elle aurait aimé donner un nom à toutes ses génisses, mais elle n'a pas pu. Il y en a trop. Avant, il en était encore certainement ainsi voici une trentaine d'années, toutes les vaches du village avaient un nom. (Et si le nom est le signe de l'âme, je peux dire qu'elles en avaient une, n'en déplaise à Descartes.) Mais le village est ensuite devenu une grande usine coopérative et les vaches passent toute leur vie dans leurs deux mètres carrés d'étable.
Elles n'ont plus de nom et ce ne sont plus que des « machinae animatae». Le monde a donné raison à Descartes.
J'ai toujours devant les yeux Tereza assise sur une souche, elle caresse la tête de Karénine et songe à la déroute de l'humanité. En même temps, une autre image m'apparait : Nietzsche sort d'un hôtel de Turin. Il aperçoit devant
lui un cheval et un cocher qui le frappe à coups de cravache.
Nietzsche s'approche du cheval, il lui prend l'encolure entre les bras sous les yeux du cocher et il éclate en sanglots.
Ça se passait en 1889 et Nietzsche s'était déjà éloigné, lui aussi, des hommes. Autrement dit : c'est précisément à ce moment-là que s'est déclarée sa maladie mentale. Mais, selon moi, c'est bien là ce qui donne à son geste sa profonde signification. Nietzsche était venu demander au cheval pardon pour Descartes. Sa folie (donc son divorce d'avec l'humanité) commence à l'instant où il pleure sur le cheval.
Et c'est ce Nietzsche-là que j'aime, de même que j'aime
Tereza, qui caresse sur ses genoux la tête d'un chien mortellement malade. Je les vois tous deux côte à côte : ils s'écartent tous deux de la route où l'humanité, « maître et possesseur de la nature », poursuit sa marche en avant. »Milan Kundera,
Toujours L’insoutenable légèreté de l’être. Chapitre 3 de la septième partie : le sourire de Karenine 







vendredi 2 février 2024

Edmont oncle Georges Georges Edmont

Voilà ça faisait longtemps que je ne m’étais pas laissée piéger par ce putain de machin à éditer avant de poster, de FB… ah ça va mieux en le disant !
Il a disparu mon article d’une page format Smartphone … c’est presque poétique comme la trace des absents sur nos écrans 

C’est vertigineux quand on va au théâtre la sortie l’absence de toute cette vie embrassée après un spectacle 

J’aurais du faire des selfies avec ceux que je connaissais : @nicolasmartel @jeanmichelrabeux @georgesedmont 
Et surtout mais c’est ce soir la dernière et c’était déjà complet 23 places au maxi la jauge est petite 
Et nous spectateurs après, il ne nous reste rien de cette étreinte sans contrainte !?
C’est le premier spectacle aussi désarmant et désarmé qui nous relie complètement les uns les autres. Normalement en appartement on ne s’y sent pas si bien entouré (j’ai déjà vu d’autres spectacles) 
d’art d’aimer et de délicatesse avec rappel des périodes où tout semblait perdu : Guerre la 2 eme et les années « Sidamour sida mort » comme chantait Barbara 
Pourquoi j’ai perdu l’article que j’essayais de publier sur FB parce qu’entre temps j’ai lu tout le petit livre : Georges d’une traite et FB chez ces gens-là on n’attend pas on compte ….comme chantait Jacques Brel….donc c’est avec Nicolas Martel toujours aussi fondant, dans le rôle de son double à Georges son double jeune car on reste toujours jeune quand on aime aimer et Georges Edmont dans le rôle muet de celui qui s’asseoit et regarde de l’intérieur et qui basta n’a plus les mots mais il chante et justement quand on est redevenu muet comme à son adolescence et encore longtemps après on sourit.
Mais il chante et quelles chansons : l’amour nous fait faire des folies….
Leur complicité à eux deux acteurs est palpable on respire ou pas, au même rythme.
À la mise en scène Jean-Michel Rabeux est assisté de Santiago Montequin un gage d’élégance, je l’ai déjà vu jouer. Et s’il devient metteur en scène il reprendra la flamme…..sa flamme intérieure… Flamme comme une mer intérieure quel travail à tous mature, comme un bon vin 




ƒƒƒ article de Denis Sanglard

Georges, une vie de pédé. On peut le dire ce vilain, ce sale mot homophobe, un crachat porté ici haut, en sautoir par Georges. Car c’est sa vie à lui, Georges. Une vie de pédé qui commence par le désamour d’une mère bonniche. Georges, un bâtard chié et de père inconnu. Ça commence d’ailleurs comme ça ce formidable et délicat récit, par la mort de la mère qui vous délivre et si l’on chiale c’est de joie, d’être enfin libre à 36 ans. On ne tue pas sa mère, mais c’est tout comme. Georges raconte sa vie. Ces premiers émois homosexuels. Sans rien y comprendre. Est-ce normal ? Sa réussite professionnelle, à 20 ans plus jeune sommelier de France à La Tour d’argent, et l’apprentissage de l’hypocrisie qui va avec. Le sourire qu’on affiche en toute circonstance. Le sourire vrai-faux comme un rictus. Mentir, se mentir. Comme dans la vie, puisqu’être pédé t’oblige à te planquer, nous sommes dans les années cinquante ne l’oublions pas. Amours furtives, amours d’un soir, amours de square… Le dégoût de soi. L’hôpital psychiatrique, je suis pédé, suis-je malade docteur ? La famille encore, la mort de la mère donc, la recherche du père. Se trouver un demi-frère, une demi-belle-sœur, empuantis de crasse, de violence et de bêtise. Alors au sortir de cette rencontre catastrophique, le corps qui vous lâche, la pluie qui vous nettoie mais il suffit de la poigne d’un camionneur pour naître, enfin. « Je suis Georges Edmont ».  Aller sur la tombe du père inconnu, au carré des indigents, et régler ses comptes, en « un geste à la con » qui délie les liens, déchirer son acte de naissance. Les années 80, Jérôme le grand amour et le SIDA. La mort collée aux basques, défiée, à qui le tour, quand mon tour ? C’est comme ça aussi qu’on est pédé, par le sang contaminé. Jérôme est mort, Georges aussi. Enfin le croyait-il. Mais il suffit d’un sourire, sur un trottoir un jour de juillet 2000, pour revivre, vaille que vivre. Sans rien oublier, jamais. « C’est des bouffes la vie, les pédés ». Georges est un phénix.

Voilà, c’est la traversée d’une vie, une vie de pédé. On songe à Didier Eribon, à Annie Ernaux. L’invention de soi qui ne va pas sans ce foutu sentiment de honte, de déclassement social et sexuel, qui ne vous lâche pas mais ne vous empêche pas d’avancer, quand même. Question de survie. L’humour en plus, cet humour cinglant de pédé lucide qui cautérise les écorchures toujours à vif, la difficulté d’être, la violence homophobe, familiale ou sociale. Gorges a 80 ans aujourd’hui et il est là qui nous reçoit dans son appartement, rue de Jarente. Lui et son double, Nicolas Martel. Qui est Georges, plus jeune. Et ces deux-là qui n’en font qu’un dialoguent, monologuent, ce qui est du pareil au même. Nous racontent cette vie singulière, cette traversée tragi-comique, oui ça peut être drôle une vie de pédé. Et il ne faut pas manquer d’observer le visage de Gorges le vieux, sculpté par les ans, écouter le récit de sa vie… des ombres y passent qui en disent fort long. Georges le jeune mène le récit, Georges le vieux précise quelques détails. On y chante aussi. Complices, ils ne font qu’un, oui, que scelle un baiser final, poings sérrés, qui vous foudroie, où la vieillesse apaisée, espére-t-on, de Georges se réconcilie avec sa jeunesse tourmentée. Tous deux sont formidables, un jeu dépouillé de toutes scories théâtrales pour atteindre une franche épure qui brouille la frontière entre théâtre et réalité. C’est autobiographique mais la vie est un théâtre aussi. Jean Michel Rabeux, qui les connaît bien tous deux, compagnons théâtraux au long cours, met cela en scène avec simplicité, avec la même pudeur et délicatesse que ce récit tout en retenue. Et parce que dans cette pièce où nous sommes conviés, au milieu de cet élégant appartement dépouillé, la proximité devient vite intimité, le ton tient de la confidence, du secret partagé autour d’un excellent verre de blanc ou de rouge, au choix. C’est bouleversant de vérité chuchotée.

 

Georges, de Georges Edmont

Mise en scène de Jean-Michel Rabeux

Assisté de Santiago Montequin

Avec : Georges Edmont et Nicolas Martel

 

du 22 janvier au 2 février 2024 

du Lundi au vendredi à 20h30

dimanche 30 janvier 2022

Marylin, ma Grand-mère et moi





Quelle illumination délicatesse tout est élégance et naïveté en permanence… ce matin Pascal au petit dejeuner chantait, tu crois qu’il y a un rapport? A qui parles tu ? A un de mes doubles en profondeur qui était la invité hier soir au théâtre par Celine Milliat Valérie Lesort Hecq et l’homme orchestre Raphaël Bancou au piano et à la petite trompette dite trompette courte en français en anglais … Les actrices auteures, ont plusieurs voix en elles et certaines sont exploratrices en profondeur….
Merci Céline d’avoir éclairé ma caverne. Après bien sûr j’ai attendu l’actrice et bien sûr  une seule est sortie mais il y en avait tant sur le plateau déjà autant que de spectateurs d’amours jeunes passées admiratives ; la preuve j’ai discuté avec un jeune homme un peu naïf mais certainement amoureux du théâtre, un peu comme moi mais à 40 ans (c’est à dire avec 20 ans de retard) et une autre dame un peu Madame « je sais tout » sur Marilyn…. Moi c’est sur Julien Clerc.
C’est beau tellement beau et limpide cette mise en scène et son jeu à l’actrice où interviennent trois voix celles de L’actrice dans l’actrice et celles de l’auteure qui sait dans celle de sa grand-mère : Marie Thérèse et puis celle d’un fantôme qui s’est posé dans les cintres de ce petit théâtre celui de Marilyn 
Ah je vais répondre à Stéphane Auvray-Nauroy qui
me disait que c’était mystère et boule de gomme pourquoi je m’identifiais si bien à certaines actrices ?
Il y a à l’origine Catherine Pietri, Nathalie Savary, puis Céline puis Sophie parce qu’elles sont sans masques et si elles ont été abandonnées à un moment de leur vie, elles ne sont jamais tombées dans le ressentiment, elles créent, explorent, transmettent, rayonnent, passent….ce sont des passeuses qui n’abandonnent jamais leurs vocations et travaillent à l’art de leur vie comme nous toutes sans se mettre sur un pied d’Estelle disait une collègue au lieu de piédestal (mais vous aviez compris) une collègue que grâce à cela je n’ai jamais oubliée, c’est curieux la vie mais sans leurs loupiotes à mes actrices préférées et j’en ai d’autres plus je vieillis plus j’en aime, c’est ce serait vivre dans une cave sans trouver la lumière. C’est essentiel pour moi, les actrices de théâtre. 
Ce sont les gardiennes de la redemption ou ce terme à la mode comme si on avait oublié dans quelle société judéo-chrétienne on baignait : la résilience. 

Elle danse ses pas et elle est tellement complice avec son partenaire, c’est magique l’amour dans l’esprit d’équipe…..
Alors allez y vite jouer avec elle au Théâtre de la Porte St Martin, le petit,  l’entrée est derrière…..c’est jusqu’au 4 avril.

J’aime aussi Lili : Elizabeth Mazev, Marie Héléne Lentini, Mélanie Menu, Sisi Duparc, Florence Le Corre 
Victoria Ccile Chatignoux……j’en ai oublié mais elles savent que je les ai aimées car moi depuis toute petite quand j’aime je le dis, j’écrivais des lettres une tous les jours parfois ….


jeudi 16 décembre 2021

Le ravissement de Marilyn



Texte et récit ´Olivier Steiner publié sur FB

« Noli me tangere, Marilyn 

En 2009 j'ai fait ce voyage à LA avec mon amoureux de l'époque, c'est ainsi qu'un 5 août au matin je suis allé au Westwood Memorial Cemetery, où avait lieu une cérémonie dans cette même petite chapelle dans laquelle son cercueil reposa... c'est là que j'ai rencontré des gens, notamment Georges Barris, son véritable dernier photographe et ami... et je suis rentré à Paris avec cette photo de la plage après le bain, un vrai tirage encadré, venant d'une galerie de Beverly Hills... Je regarde souvent cette photo, en vrai elle vibre d'une façon si particulière... je me suis si souvent approché de ce regard, à la fois perdu et net, dans le vague et clair comme un ciel d'azur, complètement perdu et comme touchant une sorte d'éternité retrouvée au beau milieu d'un paradoxe sublime... que dit-il, ce regard ? Qu'appelle-t-il ? Que cherche-t-il ? Je crois que j'ai écrit le texte du Ravissement de Marilyn Monroe pour répondre à cette photo, ces questions, pour essayer de la rejoindre. Car il y a là, il me semble, une réponse sous forme de silence que je cherche désespérement pour ma vie même. C'est la mort bien-sûr, qui se profile à mesure que le jour tombe, mais c'est aussi quelque chose comme se tenir vivant au coeur du monde, encore et toujours, pour toujours. C'est ça, Marilyn, un coeur du vivant, qui bat toujours, qui résonne encore dans le monde entier. Mais attention, aucune nostalgie chez moi, et même ces années 50 et 60 américaines ne m'intéressent pas tant que ça. Ce que je vois, qui m'intéresse, que j'attends, que je cherche, c'est Marilyn aujourd'hui. Ce qu'elle annonce. Ce dont elle est le nom. Ravissement. Je n'ai trouvé que ce mot en l'empruntant à Duras. Et je n'ai pas non plus tout compris, loin de là. Pourquoi elle persiste autant par exemple, pourquoi elle et pas une autre ? En quoi elle ? Mais c'est bien. Je n'ai pas fini. La recherche n'est pas finie. C'est bien, c'est du voile dans les voiles du désir. Mais je crois qu'une partie de la réponse fut là dans les yeux humides de ce petit monsieur de 80 ans, Georges Barris, ce monsieur tout ému, un peu vouté, qui m'avait dit ce jour-là : "Elle était si gentille"... Il avait dit cela tout doucement, en détachant chaque mot comme si c'était la première fois qu'on disait ça de quelqu'un, avant de baisser les yeux, de sourire tristement et de laisser toute sa place au silence : sacré. Comme est sacré ce même silence qu'il me reste et nous reste à écrire. Ce même silence qui plane au-dessus des vagues dont elle sortait, Eve surgie des eaux, en prière. »



Comment se protéger de l’adversité !? Non je ne suis pas inquiète de me trouver comme dans un vertige à la lecture du livre du ravissement de Marilyn, d’Olivier Steiner pour le texte et d’Anne Gorouben pour les dessins peints au crayon graphique. L’identification procède d’une drôle de chimie, pour  un personnage une actrice ou par exemple à un ou une de nos grands-parents : P 41 « Whitey commence par légèrement brosser les sourcils pour accentuer leur implantation en accent circonflexe. »
P 45 « Sur la pelouse à côté de la chaise longue, au bord de la piscine ovale, deux animaux en peluche, un petit lapin blanc et un bébé tigre. »
P 95 « Maf n’a jamais jamais raconté sa vie, mais il aimait beaucoup sa maîtresse qui le lui rendait bien Maf de son vrai nom Mafia Honey, petit bichon maltais né dans le Sussex, élevé et sevré par la mère de Nathalie Wood, avait été offert par Frank Sinatra à Marilyn pour la consoler de sa rupture avec Arthur Miller. Maf n’aimait pas beaucoup Eunice Murray, celle-ci l’installait dans le garage la nuit pour que ses éventuels aboiements ne réveillent pas sa maîtresse. Mais il ne manquait pas de confort, il dormait sur un manteau en poil de castor, cadeau d’Arthur Miller que Marylin ne s’était jamais résolu à jeter. Maf en a tellement vu et entendu qu’il aurait pu écrire une biographie pleine de révélations croustillantes, mais il ne l’a pas fait car il avait trop de respect pour Marilyn. Mais s’il l’avait fait il aurait commencé ainsi : « ma maîtresse était la seule personne humaine capable de chuchoter une exclamation ! »



Voilà j’ai fini le livre ; pourquoi ne l’ai je pas lu, plus tôt parce qu’il n’était pas édité, écrit, sorti de la fusion émotionnelle entre lui et elle…. Soit un fantôme mais les fantômes sont vivants en nous. Et avec les dessins d’Anne Gorouben brumeux voluptueux grisés déchirants. Depuis si longtemps après sa mort à Marilyn. Je n’aurais pas regretté de m’être arrêtée en chemin dans la carrière de comédienne.. Je ne supporte plus quand on me présente comme comédienne. Je suis une comédienne ratée et qui a arrêté de jouer depuis 16 ans . Je me souviens quand je jouais et travaillais toujours dans les bureaux d’assurances, en doublon pour payer mon loyer (le Théâtre m’ayant permis que d’avoir plus de dettes et de bénévolat) j’ai rencontré dans un autre service embauché comme stagiaire, un jeune homme qui avant était apprenti comédien au cours Florent et qui m’avait dit avoir arrêté, car il ne supportait plus sa sensibilité exacerbée il avait besoin d’une vie normale et plus intermittente et précaire…. Une vie de mort vivant par les contrastes les entrées les sorties,  sorties vécues comme un exil. 

Olivier Steiner Marie Hasse et Anne Gorouben 

Maude Sambuis

Les dessins exposés lors de la dédicace signature des Mots à la bouche https://motsbouche.com/13-beaux-livres



Photo de Maude Sambuis 
Et si je vous disais que je vais le relire et à voix haute pour mon chat Dora qui aime comme tous ceux que j’ai eu jusque-là quand je joue répète ou fais la lecture à voix haute. Il est important de sentir son public et de ne pas aller jusqu’au trop plein au rassasiement…… le laisser par exemple écouter comme par inadvertance.

vendredi 26 novembre 2021

De son vivant, Delphine Seyrig, Le jeune acteur

Ce film m’a lavé de larmes en retard, comment de son vivant pouvoir dire du’un service de soins palliatifs « c’est chez moi ». Je n’ai pas toujours suivi les films d’Emmanuelle Bercot je n’ai pas aimé son Ubu roi !  Pardon : mon roi(exact c’était un film de Maïwenn avec Emmanuelle Bercot actrice……et j’ai aimé Elle s’en va et la Tête haute.
 C’est un rêve aussi de tant d’implication d’un service d’un médecin. Quoique pour avoir depuis 2017 pas mal vu de soignants je peux vous dire que les rencontres y sont essentielles pour passer le cap et accepter la vérité. Revenons au cinéma au théâtre aux acteurs car dans ce film Benoit Magimel est exceptionnel comme dans la pianiste et Catherine Deneuve aussi dévastée que possible. Il y a une scène incroyable où elle… je ne spolie pas ? Oui. Ce film est important aussi pour tous les apprentis de la vérité sur eux-mêmes en eux-mêmes qui ont aussi besoin de solitude et de ne pas s’écouter surtout, pour avancer aller plus loin…et ne pas trop attendre la salve d’applaudissements…. Le théâtre c’est aussi un apprentissage de la solitude derrière l’émulation du groupe. Donc allez-y, apprendre à mourir à accepter le réel est si difficile qu’il faut répéter…. Certes ce film n’est pas une comédie mais c’est un film profondément humain qui donne un monde meilleur comme possible.
Il tient un livre « le comédien raté » le prof de théâtre : c’est Roméo et Juliette, la présence, qu’est-ce ? Cela reste un mystère dans ce film… je devrais écrire : reste-t’elle un mystère ? Chacun en soi avec ses propres fantômes et ceux aussi des rôles incarnés par d’autres acteurs….




Le professeur qui a appris que pour jouer ça ne suffit pas d’être comme dans la vie est lui aussi prodigieux. Je ne sais si son service fonctionne avé autant d’implication personnalisée selon chaque personne et aussi avec la musique, pour l’indicible. 
Je voulais vous dire que pour avoir confiance en soi il faut s’aimer de soi à soi mais ne pas tomber dans la mégalomanie ne penser à ca ne faire que cela ne fréquenter que des gens artistes comédiens ou alors comme dit Riad Satouf à Vincent Lacoste tu prends la grosse tête ….
Voir et lire la BD le jeune acteur 



Critique de Fans du masque et la plume Franck Lgr

De son vivant est un beau film, un mélo poignant, vibrant, qui ne laisse pas indemne. 
Il y a l’histoire et ceux qui l’incarnent : un fils, Benoit Magimel, est atteint d’un cancer qui va l’emporter. Sa mère, Catherine Deneuve, le couve, le protège, aime son fils à sa façon. Un médecin aux méthodes originales, Gabriel Sara, essaie de faire en sorte que ce qui doit se passer se déroule de la meilleure façon. 
Il y a une mise en scène, celle d’Emmanuelle Bercot qui a excellé, notamment avec Deneuve dans « Elle s’en va » qui reste à mon sens un petit bijou, dans la lignée de ce que Deneuve a tourné avec ses réalisateurs fétiches : Demy, Téchiné…
Sur ce coup, je ne suis pas convaincu à 100%. Le trait est parfois un peu appuyé, trop démonstratif. Le film gagnerait à être un plus allusif, à faire preuve de plus de retenue face au drame dont la force se suffit à soi-même. 
Mais il y a des acteurs aussi. Clairement, Magimel dont on sait les fragilités tient là un rôle dans lequel il fait montre d’un remarquable talent et d’une authenticité assez stupéfiante. Deneuve qui durant le tournage de ce film a connu un souci de santé majeur est présente, tout à tout pilier solide et mater dolorosa désarmée face à cette insoutenable tragédie qu’est la disparition d’un enfant. Le Dr Sara joue son rôle, entre admirable humanité et sympathique cabotinage. Cecile de France est comme toujours parfaite même si son rôle aurait pu ne pas figurer au scénario, permettant sans doute de gagner en précision du trait qui guide ce beau long métrage. 
Enfin il y a comme toujours dans les films de Bercot beaucoup de musiques. De la variété chaleureuse, du Bach qui swingue, une musique qui parfois envahit l’écran voire tient lieu d’action. 
Quoi qu’il en soit, au final, c’est fort, c’est beau, c’est tout à la fois d’une infinie tristesse et plein de chaleur humaine. Et surtout, De son vivant réunit des acteurs remarquables avec une mention spéciale pour Benoit Magimel.
DELPHINE SEYRIG
A propos des fantômes qui ont interprété les rôles je vous livre le lien d’une émission de Augustin Trapenard émission fantôme consacrée vouée à Delphine Seyrig. Elle y dit le féminisme le pourquoi de sa voix grave sur la beauté et qu’elle n’a travaillé qu’après l’année dernière à Marienbad 

France Inter -  "Prodigue Delphine Seyrig "  







https://www.franceinter.fr/emissions/boomerang/boomerang-du-vendredi-26-novembre-2021

mardi 20 avril 2021

Asia Minor : Points of libration : disque/ "J'aimerais avoir peur de la mort" Fougue Éditions de Fanny-Gaëlle Gentet : livre


Un disque :

Sur FB:

Quels étaient mes rêves d’enfant... écrire et dessiner vivre avec un chien, un chat et un perroquet, peu m’importait qu’ils soient mâles ou femelles, faute de frère ou de cousins de mon âge ? devenir artiste, danseuse pas musicienne car trop de boulot pour chanter, ah chanter, c’était le rêve de ma mère quoiqu’elle n’en savait rien, à cette époque, on n’avait pas d’accès raisonnable à ses rêves, il fallait reconstruire, manger « faire envie plutôt que pitié » et avoir de l’argent sûr, alors elle me disait : « quelle idée le théâtre, le chant encore.... » mais je ne suis pas certaine qu’elle ne m’aurait pas dit : « quelle drôle d’idée de chanter à ton âge, faire du théâtre encore.... » si j’avais tout fait pour chanter sur scène.

Hier c’était ton anniversaire, Maman et je n’ai pas dormi la nuit précédente, tu aurais eu 98 ans.
Heureusement hier midi (nous étions six) ma belle famille nous a accueilli, réconforté, aimé... nourri d’un super bourguignon avec pâtes fraîches et en entrée après champagne, une assiette de la mer.
-Band demo d’Asia Minor le groupe de mes autres soeur et beau-frère qui étaient là dans les six
-Pour acheter leur vinyle bleu turquoise ou leur CD
Et en rentrant, on a écouté Points of libration : c’est beau et vibrant tout les dessins les paroles sont essentielles, comme venues de l’éther ou d’un trou noir et la musique au dessus de toutes les frontières entre l’Asie et l’Europe en mode mineur ....et rien ne vaut l’écoute du vinyle...tout y est extrêmement pro et soigné inspiré du « roi pourpre » selon les critiques : Jethro Tull
et cette famille d’individus qui y ont contribué.
Setrak Bakirel
Evelyne Bakirel Kandel
Pierre Kandel
Chouchane Bakirel
Camille Bakirel Anouch Bakirel
Lionel Beltrami
Eryl Tekeli Micha Rousseau Julien Tekeyan
« Le phénomène de libration lunaire est un exemple illustrant en astronomie ce qu'on appelle la libration (du latin librare, « mettre en équilibre, se balancer »), c'est-à-dire une lente oscillation, réelle ou apparente, d'un satellite tel que vu depuis le corps céleste autour duquel il orbite. »
Réalite ou apparence derrière lesquelles le profond mystère oscille.....
Il faudrait 20.000 ans avec nos fusées pour aller sur la première planète derrière le soleil.....

Un entretien sur Radio Librertaire

http://www.radio-libertaire.org/podcast/enregistr/2021-07-23_39.mp3













Un livre :

Vous trouverez toutes les critiques sur ce site elles sont nombreuses pour ce premier roman
"J'aimerais avoir peur de la mort" Fougue Éditions de Fanny-Gaëlle Gentet
Si je vous le conseille ici c'est que pour moi après le dernier labyrinthe dédale passé dans ma vie ,
c'est que sa lecture me relie aux autres plus jeunes et tenaces, j'en avais besoin...
je n'ai pas encore fini mais la lecture, sa lecture, ne doit pas attendre....
je complèterais le recueil des extraits.

Extraits :
P 20 : « C’est donc ça, la vie d’adulte. Les mêmes emmerdes qu’en étant gamin, mais sans avoir la moindre idée d’où tu seras dans un an. L’argent remplace les notes, les devoirs deviennent les courses, la lessive et le ménage. Tu dois te coucher tôt parce que demain il faudra se lever tôt mais il est 1h du matin et tu es là en train d’écrire ces lignes, tu comptes toujours les jours avant les vacances et tu te demandes quand tu iras mieux.
Elle ne regrettait pas d’avoir grandi. Elle ne regrette pas d’avoir changé. Elle ne regrettait pas le passé ne disait jamais c’était mieux avant. Parce qu’avant rien n’était mieux ! Elle aimait être une adulte parce qu’elle savait qu’elle n’en serait jamais vraiment une. Personne ne lui enlèvera l’envie de sauter dans les escaliers, de jouer à cache-cache, de manger des coquillettes et du jambon, de s’écrire sur le bras ou de faire des grimaces. Personne ne lui enlèvera l’envie et personne ne l’empêchera de le faire. Surtout pas les passants aux regards pleins de remontrances. »

P 25-26
Égoïste ? Égocentrique ? La différence subtile entre ces deux mots occupent vingt pour cent de mon temps. Écrire une thèse sur cette simple différence qui me semble être un des piliers de notre société moderne. Ce qui est égoïstique sans être égocentrique est le mal qui ronge la société, ce qui est égocentrique sans être égoïstique est le train qui le répand. Ce qui est égoïstique et égocentrique est ce qui l’a créé. Ce qui n'est ni l'un ni l'autre est pire encore. Car aucun être humain n'est libre de ce que j'appelle « l'ego-vice». Si tu ne pêches ni par égoïsme ni par égocentrisme, ton vice sera l'ego lui-même, un ego surdimensionné qui te rend « bon »par condescendance, qui te rend « bon » par mépris, qui te rend « bon » par égotisme.
La Sainte-Trinité de la misère humaine : égoïste, égocentrique et égotique.
Nix est égoïste et égocentrique, Nyx est égotique. Son ego est énorme et croyez-moi, il l'encombre. Je pense que c'est pour ça que Nix existe, pour gérer cet ego, lui montrer qu'il n'est pas le maître. C'est pour ça que Nyx a besoin de Nix, elle est son équilibre, sa balance même si parfois elle lui donne l'air folle quand elles se parlent, quand elles s'engueulent ou, pire se font la gueule.»

P 63
Ce sont les libertés fondamentales qui font l'homme. Est-ce mon instinct français qui parle ? Est-ce ma culture forgée par la Révolution ? Peut-être. Et quand bien même, je trouve que cette culture-là est plutôt juste. Les libertés fondamentales font l'homme, le rendent humain et lorsque les classes les plus aisées renient les libertés fondamentales de de celles d'en dessous(sur des critères aussi superficiels qu'un compte en banque), oui, cela est moralement « le mal».

Qu'est-ce que la morale ? Me direz-vous. C'était bien là le dilemme de Nys. Elle était en rien défenseur de la Morale, avec un grand « M » et un chapeau circonflexe sur le «o» et pourtant il lui fallait bien le reconnaître, tout nous ramène là, finalement. Soit, Morale il y aura.

P 73
Me retrouver seule avec mon bouquin et mon cerveau me rebute, je sais où cela va me mener et je ne veux pas y aller et je fais tout pour ne pas y aller.

P 77-78
Nys ne supportait pas de faire des erreurs et la honte mêlée à la peur et à cette affreux sentiment d'échec la poussait très souvent au déni le plus total de sa responsabilité.
Elle n’aurait jamais menti pour se couvrir mais elle avait l’are d’arranger les raisons, les événements et les mots pour se disculper.
N’allais pas croire qu’elle en était fier.
Mais pourquoi ne faisait-t-elle jamais l’effort en amont d’éviter de se trouver dans cette situation d’échec et de mystification ? Était-ce si compliqué de prendre le temps de vérifier, était-ce si compliqué de prendre le temps de faire ce qu’elle savait très bien qu’elle devait faire, mais que son cerveau balayait majestueusement d’un air de dire « tu vaux mieux que ça ». Mais le problème, c’est que, non, mon vieux, tu ne vaux pas mieux que ça, regarde derrière toi et les 2 337 expériences passées qui te prouvent le contraire. Était-ce si compliqué d’assumer que sa nervosité quotidienne lui faisait faire des erreurs ? Oui, parce que cela aurait voulu dire s’avouer qu’elle était faillible.
P 79
J’ai longtemps été grosse et projeté mon mal- être sur mon poids, pensant constamment « quand je serai mince, je serai heureuse ». Cela a lamentablement échoué, mais c’est un autre sujet.
Quand on dit que l’argent ne fait pas le bonheur on vous répond qu’il est toujours préférable de pleurer dans une Porsche que dans une Renault, eh bien moi, je vous le dis, il est préférable de pleurer dans du 36 que dans le 42. Mais, là encore, c’est un tout autre sujet.»


Sur FB le 15 avril

Un livre « j’aimerai avoir peur de la mort »d’une très -par rapport à moi- jeune femme, m’interpelle, elle est aussi scénariste cinéaste écrivaine auteure je la lis doucement comme un élixir anti-poison, des vitamines et non pas un vaccin qui parlerait trop vite à des tas de gens....en une prise qui n’imbibe ni la mémoire ni le corps pour changer son pas...danser rouler à vélo promener ses pensées.
Elle se pose des questions dont une : « que font les gens chez eux... »
Alors Fanny-Gaelle Gentet ce matin je me suis levée à 7h30 j’ai demandé au chat en regardant bien ses yeux s’il était affamé comme souvent... s’il voulait que je lui caresse le haut de la tête entre les deux oreilles sur ses lignes tigrées.
Et puis j’ai déjeuner -petit déjeuner- Test de glycémie très bas, alors petit jus d’orange et deux biscuits après prendre tous les médocs, mais avant la piqûre quotidienne d’insuline lantus. Puis l’envie furieuse de trouver des cartes postales pour un ami une fleur Marguerite de couleur ou « gerbera » avec un mot Merci. Et puis
Il fallait que je la poste avant la levée du courrier à 9h et donc m’habiller vite sans me laver.... les pensées : la solidarité mais pas seulement avec les amis, comment convaincre en se posant vraiment les questions pour l’autre.
Ah j’ai oublié au petit déjeuner aussi j’ai ouvert un pot de confiture au cassis et j’ai retrouvé le goût des confitures (gelées plus sucrées de ma grand mère, certes c’était l’époque de la libération de tous les excès après les restrictions de la guerre qui planait encore ....)
Sinon j’ai brossé notre féline joué avec elle qui a toujours au moins 1/4 heure de pleine activité avant sa 3 ème sieste.... vers 11h
Sinon avant je suis sortie dans ce temps frais et ensoleillé pour faire les courses ; personne encore dans les magasins donc le temps de regarder bien les vendeurs, commis, caissière, leur parler saluer le SDF du quartier si sale si rouge mais qui ne demande rien, sans masque, aller chez le boulanger puis le boucher et les primeurs ; j’adore cela : faire les courses et je suis la 
3 ème génération après ma mère et ma grand-mère je reviens toujours à elle à ma mémé maternelle, nous faisions 3 km à pied pour aller au marché couvert du Vert-Galant...
Pascal s’est réveillé vers 10h et donc j’ai repris un thé au lait pour me rappeler une autre époque celle du plaisir de rompre que je travaillais avec mon amoureux de l’époque psy... il m’a quitté j’ai mis six mois à m’en remettre et accepter l’idée qu’il ne fallait plus que je voie, après moi il avait essayé l’homosexualité et, s’était remis à ses premières amours les femmes, il a eu un enfant avec elle, alors j’ai pigé même si ça me faisait encore plus mal qu’il ne fallait pas que je reste amie avec lui car je le voyais toujours avec elle ; puis j’ai avorté j’étais enceinte d’un comédien qui passait rapidement par ma chambre de bonne.
Lui s’est installé avec sa chef de clinique Marie C que j’ai toujours estimée....

Et maintenant Pascal et moi sommes connectés moi sur FB et lui à ses goals quotidiens de jeux basiques..... La Pharmacie d’à côté l’a appelé pour un vaccin mais c’est annulé la personne qui s’est désistée à changé d’avis on ira à la fin du mois chez le médecin pour le Janssen.
Après je prépare le repas, le livre de Fanny j’en suis à la page 69-page 68 :

« Avec les années elle avait appris à pleurer sans émettre le moindre son, à crier en elle-même, arrêter de respirer pour ne pas réveiller les voisins, prostrée à l’intérieur d’elle-même, à fermer les portes sur le monde pour ne pas alarmer, embêter, fatiguer. Verrouiller les portes qu’il était chaque fois un peu plus dur de rouvrir une fois la crise passée. »