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jeudi 7 décembre 2023

Ricardo et la peinture

 1 ère impression 

Ricardo et la peinture film de Barbet Schroeder Ricardo Cavallo film encore vu à l’Entrepôt. Je suis revenue pour photographier le cinéma, à la sortie même j’ai discuté avec des spectateurs émerveillés comme moi et ces trois personnes étaient encore là à attendre devant le cinéma. Car c’est vrai le bonheur est dans ce film. Dans l’art, l’histoire de l’art à travers cet artiste, son art de vivre. En rentrant après manger, pour vous dire, j’ai fait le même menu que lui… Voir la vie, la nature, le plaisir de peindre et tout son travail son deroulé, le temps, l’étude l’observation à même de son œuvre, comment s’y jeter à bras le corps. Et puis il y a l’amitié entre ces deux hommes qu’ils sont beaux quand ils se promènent au Louvre de dos, comme lorsqu’ils sont en pleine nature auprès des arbres comme dans cette caverne au bord de l’océan. Et puis il y a l’école de peinture dans le Finistère qu’il a ouverte dans la maison d’à côté école gratuite, il faut leur offrir le dessin, la peinture aux enfants pour qu’ils soient  mieux armés pour la vie. C’est  bien mieux qu’une visite au musée ce cinéma, car quelle lumière, quels guides. Et cela se déroule sur plusieurs lieux avec un retour sur sa période à Paris près de Paris, dans sa chambre de bonne intacte avec la grande cave… et ses promenades pour peindre mais aussi son matériel…. Je ne vous dis pas tout même si je vous en dis beaucoup… 
Là aussi pour voir l’entièreté du film il faut attendre la fin du générique.
N’oubliez-pas, c’est sur le bonheur…







Après la nuit 

- Le bonheur est dans ce film. -Oui c’est un documentaire. -Le peintre, non, je ne le connaissais pas avant d’avoir vu ce film… et si je n’ai pas encore réussi à convaincre qui que ce soit d’y aller jusque là et oui, ça me rend triste…. Toute l’histoire de la peinture y est évoquée avant le XV e S les peintres étaient des « artisans ». Comme en Grèce ancienne les sculpteurs sculptaient et les peintres peignaient ensuite.. Cet homme cet ami s’est installé en pleine nature dans le Finistère il a ouvert pour les enfants une école libre et gratuite…. C’est mieux qu’une visite guidée car c’est son ami depuis 40 ans et un merveilleux cinéaste :   Barbet Schroeder qui le filme… et tous sont filmés réalisateur éditeur galeriste assistants  et les enfants du village, c’est du bonheur qui lève comme une très bonne pâte à crêpes 


mercredi 30 mars 2022

Seule la terre est éternelle : doc Jim Harrisson

Les livres c’est un peu comme dans les Deschiens sur le sujet, « des livres des livres, il a que ça des livres, partout, tu sais combien ça coûte ». Moi c’était ma mère qui n’aimait pas me voir lire,  j’en ai beaucoup lu du programme à l’école et ceux de Jim Harrison hors programme bien plus tard m’ont donné envie de partir et de me perdre en autrui pour renaître…. Si tu n’aimes pas la poésie lis Jim Harrison ses poèmes tu verras ils s’imbriquent en toi non pas en ta mémoire mais en ton inconscient qui croit aux autres possibles et qui accorde aux paysages plus d’effet buvard qu’on ne leur accorde qu’au premier regard… là, dans le Montana on apprend qu’il est mort en écrivant un poème…. C’est donc comme cela au milieu des serpents tueurs de sa chienne avec un bidon de répulsif à serpents et son fusil qu’il les a décimés pour venger sa chienne une de ses chiens. Sa canne représente une tête de serpent pourtant, sûrement un cadeau, il a glané tant d’objets offerts par des indiens…. Il est épicurien, il a besoin de réconfort et de baisers tendres car c’est par ce seul radeau que les oubliés remontent à la surface…
Ce film je l’ai vu seule aux 7 parnassiens il n’y a que des vieux dans cette grande salle du rez de chaussée (pour pas qu’ils n’aient d’interminables escaliers à monter ou à descendre ou comme ceux intestinaux étroits et à paliers des autres salles.







Article du Monde abonné (e)Jim Harrison dans « Seule la terre est éternelle »,  de François Busnel et Adrien Soland. NOUR FILMS

L’AVIS DU « MONDE » – À VOIR

Le visage nous est instantanément familier. Un vieillard que l’on souhaiterait avoir pour grand-père. Attendrissant et amusant, selon le détail auquel on prête attention : les rides creusées comme des sillons, l’œil malicieux, les cheveux rares et hirsutes ou la moustache jaunie par la nicotine. Et puis cette allure dont on devine qu’elle fut puissante, devenue plus fragile, chancelante. Les mains qui tremblent, le gros ventre débordant du tee-shirt. Jim Harrison, géant de la littérature contemporaine américaine, nous apparaît abîmé, et néanmoins joyeux.

Poète philosophe un peu clochard, vieil épicurien goguenard usé par les excès et les accidents de la vie, dont le souffle rauque de la voix s’est éteint en mars 2015. Soit six mois après la première partie du tournage de Seule la terre est éternelle, et deux semaines avant sa mort. 

Pour autant, c’est un film parfaitement achevé, intense et apaisé que le journaliste et producteur François Busnel (qui présente sur France 5 le magazine littéraire « La Grande Librairie ») et le réalisateur Adrien Soland ont rapporté de leur séjour passé avec l’écrivain. Trois semaines de discussions, de repas, de parties de pêche sur Yellowstone River, de trajets à travers les paysages majestueux de l’Amérique durant lesquels, jour et nuit, Jim Harrison n’a cessé de parler.

A l’aise et en confiance, chez lui, dans sa maison du Montana, en compagnie d’un journaliste et d’un réalisateur qu’il avait déjà rencontrés – notamment en 2011, pour un numéro de « Carnets de route » (France 5). L’écrivain n’a pas rechigné. Il a laissé la caméra le suivre tel qu’il était, au lever comme au coucher du soleil, longuement immobile face aux grands espaces, patient sur sa barque à attendre que ça morde, rigolard dès lors qu’il s’agit de piéger les serpents. Silencieux parfois devant la beauté du monde.

Indissociables

Car l’auteur de Wolf. Mémoires fictifs, deLégendes d’automne, de Nord-Michigan, de Dalva garde intact son émerveillement face à la nature. Il ne s’est jamais lassé des rivières, des champs, des chaînes montagneuses, des étendues désertes – ces endroits isolés où il a choisi de vivre. Et cette Amérique sauvage que décrit chacun de ses romans, Jim Harrison la raconte comme personne. « Le paysage peut emporter tous les chagrins », dit-il au début du film. Et Dieu sait s’il en eut des chagrins, en connut des drames. La perte de son œil gauche, alors qu’il était tout gamin, à cause d’un méchant coup de bâton assené par une fillette. La disparition, alors qu’il n’avait que 20 ans, de son père et de sa sœur dans un accident de voiture. La chute d’une falaise qui lui bloqua le dos. La dépression et les excès.

Revenu de tout, Jim Harrison est resté debout, soutenu par deux béquilles : l’écriture et la nature

Revenu de tout, Jim Harrison est resté debout, soutenu par deux béquilles : l’écriture et la nature. Ses mots le disent, l’expriment avec une rare clarté. Le film le montre, jusqu’à nous le faire ressentir, qui, en alternant plans rapprochés et plans très larges en « scope », parvient à rendre indissociables l’homme et les paysages. Au volant de sa voiture qui nous mène du Montana en Arizona, où il possède un ranch, l’écrivain déroule sa vie comme il l’entend, s’agace d’avoir parfois été comparé à Hemingway (« je n’ai rien en commun avec ses inepties viriles, et puis il était tout le temps bourré »), s’attarde sur la cupidité, la haine et la soif de pouvoir qui ont conduit l’Amérique aux pires atrocités : le massacre des Indiens, les guerres du Vietnam, d’Irak et d’Afghanistan.

En cette fin d’été 2015, Jim Harrison se tient en paix dans le monde sauvage et ne craint plus rien. Pas même la mort, dont il se fiche :

« Ça arrive à tout le monde. Et puis il existe 90 milliards de galaxies, donc tout est possible. Ça ne me tracasse pas. »

Il y a bien longtemps que l’accompagne cette phrase qu’il a citée dans ses mémoire.

En marge

« Seule la terre est éternelle. » 

Elle vient des Sioux et donne son titre au film de François Busnel et Adrien Soland. Un film sans voix off ni archives, sans autre présence à l’image que celles de l’écrivain, de quelques amis de passage et de ces vastes horizons auxquels Jim Harrison offre, ici, son dernier souffle. Comme un ultime hommage à ce qu’il a tant aimé.

lundi 14 février 2022

Pour l’amour… la Saint-Valentin/Documentaire sur Piaf

Pour la Saint-Valentin  mon amie Anne Guyot m’a demandé à quels textes je pouvais penser, 
Cyrano de Bergerac 

« Un baiser, mais à tout prendre, qu’est-ce?
Un serment fait d’un peu plus près, une promesse
Plus précise, un aveu qui peut se confirmer,
Un point rose qu’on met sur l’i du verbe aimer;
C’est un secret qui prend la bouche pour oreille,
Un instant d’infini qui fait un bruit d’abeille,
Une communion ayant un goût de fleur,
Une façon d’un peu se respirer le coeur,
Et d’un peu se goûter au bord des lèvres, l’âme!”

Les Passantes

« Je veux dédier ce poème
À toutes les femmes qu'on aime
Pendant quelques instants secrets
À celles qu'on connaît à peine
Qu'un destin différent entraîne
Et qu'on ne retrouve jamais
À celle qu'on voit apparaître
Une seconde à sa fenêtre
Et qui, preste, s'évanouit
Mais dont la svelte silhouette
Est si gracieuse et fluette
Qu'on en demeure épanoui
À la compagne de voyage
Dont les yeux, charmant paysage
Font paraître court le chemin
Qu'on est seul, peut-être, à comprendre
Et qu'on laisse pourtant descendre
Sans avoir effleuré la main
À celles qui sont déjà prises
Et qui, vivant des heures grises
Près d'un être trop différent
Vous ont, inutile folie
Laissé voir la mélancolie
D'un avenir désespérant
Chères images aperçues
Espérances d'un jour déçues
Vous serez dans l'oubli demain
Pour peu que le bonheur survienne
Il est rare qu'on se souvienne
Des épisodes du chemin
Mais si l'on a manqué sa vie
On songe avec un peu d'envie
À tous ces bonheurs entrevus
Aux baisers qu'on n'osa pas prendre
Aux cœurs qui doivent vous attendre
Aux yeux qu'on n'a jamais revus
Alors, aux soirs de lassitude
Tout en peuplant sa solitude
Des fantômes du souvenir
On pleure les lèvres absentes
De toutes ces belles passantes
Que l'on n'a pas su retenir. »



1 j’ai écrit après avoir regardé tout le doc et entendu Pascal dire : pourquoi Stéphane il aime Edith Piaf ? 

Revoir l’ai je vu, en entier, sûrement mal… une étoile est née. Avec et sur Edith Piaf 

A Yves Montand elle dit, arrête de jouer les cow-boys, si tu veux faire une vraie carrière, il faut te créer une personnalité véritable. 

« Je suis un peu buté il y a qu’une chose de belles sur la terre, l’amour . »

« Quand on se moque de l’amour on est pas grand chose dans la vie… Elle amour donne tous les courage Jean il faut payer de larmes un véritable bonheur… Quand on est très malheureux après la mort on est aussi heureux… Car pour moi après la mort les gens qui s´aiment se retrouvent ».

« Plus il y aura deux veux dette, plus le music-hall se portera bien… »

Les gestes d’Édith Piaf sont fascinant sur les chansons la vie en rose la foule le clown et son jeu au cinéma n’était pas propret.

« Je fais que ça désobéir…
J’ai peur quand je suis seule des fantômes du passé…
Je ne voudrais pas mourir vieille alors je pense que je pourrais toujours chanter… »
Emporte-moi loin d’ici, dans une de ses dernières chansons 
« Il faut passer par là où l’on passe pour ne rien regretter. »

Ce doc a été produit par Yves Mourousi : Piaf pour toujours 
.



mercredi 8 décembre 2021

Ailleurs, partout

 Via Viviane Perelmuter sur FB 
« Samedi prochain, le 15 janvier, la joie, ce sera d'avoir à nos côtés Arno Bertina pour une nouvelle séance de Ailleurs, partout au Cinéma L'Archipel.
Arno Bertina dont les derniers livres incarnent singulièrement la possibilité de documenter en littérature.
En attendant, voici le message envoyée par une spectatrice.
Elle nous a écrit suite à la projection du film jeudi dernier. Et cela nous a d'autant plus étreintes qu'elle s'expose, et ce faisant, ouvre, enrichit le monde. Un peu d'Iran nous parvient, dans le détail de l'intraduisible que seul.e.s les personnes ayant une intimité avec une langue, un pays, peuvent nous offrir. Le contraire du renfermé.
C'est d'autant plus touchant que c'est Elle qui a traduit les passages du film en farsi.
Elle qui est aussi une cinéaste. Elle, qui nous bouleverse et nous enchante avec ces mots. Alors, on lui demande si on pouvait les publier. Et on a précisé que l'on pourrait n'en prendre qu'un extrait comme le début est si intime. Mais elle a répondu : prenez tout. Alors on le fait, on le fait car l'intime de l'autre est ce qui peut résonner en chacun.e de nous, c'est l'expérience de vivre qui, pour être toujours au singulier, engage les échos du collectif. Oui… le monde enrichi, et ouvert.
Grâce à Elle cette fois, Afsaneh Salari
Afsaneh… merci. »

avec Vivianne Perelmuter



Comment s’y retrouver dans ce que tu écris?

Je serais tentée de répondre Perds-y toi ?
Mais saches que l’eau la plus récente d’un fleuve est- Elle celle du dessus ? La dernière séance au St André n’est pas une fin…. N’était pas une fin 

…..Et puis ça a continué samedi 15 à 20h40 au cinéma l’Archipel à Paris https://www.larchipelcinema.com/

Nous ne le connaissions pas personnellement. Mais après avoir vu le film, il avait pris le temps de nous écrire une lettre, une bien belle lettre.
Devant un tel cadeau, nous ne pouvions que désirer rencontrer son auteur et le convier à nous accompagner lors d'une séance d'Ailleurs, partout.
C'était jeudi dernier au Cinéma L'Archipel
et la salle était pleine
Merci encore Jean-Luc Marty (Jean-Luc de Kéroman), merci pour les mots et la voix 
Et merci à vous toustes pour votre présence
Une pensée particulière pour Emmanuelle Fage revenue voir le film une deuxième fois, et emmenant des ami.e.s

La lettre
"Il y a eu la découverte du film d'Isabelle Ingold et Vivianne Perelmuter, la semaine passée, au Saint-André des Arts : "Ailleurs, partout". Et cette lettre que je leur avais écrite sitôt rentré chez moi. Elles m'ont demandé de la lire hier soir, au cinéma L'Archipel, après la projection. Comme " un bout de route" que nous aurions décidé de partager. Et j'ai aimé ça.
Cette lettre, la voici :
Chères Viviane et Isabelle,
Osons le dripping façon Pollock, puisque cette idée m’est venue, dès les premières images. En référence à cette manière du peintre d’écailler les couleurs, de les faire gicler sur la toile au sol, en fragments. Cette manière qui semble celle dont vous éparpillez des éclats de territoires morcelés, incertains, des entre- deux brumeux, des bouts du monde en bas de chez nous, ou lointains. Car c’est bien un Atlas qui se déploie sous nos yeux, bribe par bribe. Une cartographie clandestine, radiarisée par des vidéos de surveillance qui dressent les contours mouvants d’un Ailleurs, partout. 
Au long de votre film, j’ai voyagé dans des  paysages où ça brouille, ça pixellise, ça trace des diagonales, des obliques, ça décadre, ça enregistre ; il y a ses sons pas nets, qui se craquellent, ruissellent, ralentissent, se barrent. 
Un Atlas bien vivant où tout fait frontière : les lieux, les horaires, les identités floutés, jusqu’aux mots. 
Michel Agier, dans «  La condition cosmopolite » ( j’ai retrouvé la phrase dans l’un de mes carnets) écrit : « Ce sont des rencontres et des expériences qui mettent en relation un ici et un ailleurs, un même et un autre, c’est à dire simplement quelqu’un ou quelque chose qui vient du « dehors ». 
Je crois que vous m’avez emmené à ce point de rencontre là. 
Dans votre montage des images surveillées et surveillantes, j’ai pensé à comment l’industrie sécuritaire fabrique un paysage. Un paysage d’une étrangeté envahissante, gazeuse, dans lequel passent et circulent, réfugiés, demandeurs d’asile, fugueurs ; tous voyageurs obligés, obligés de se séparer d’un Soi resté au pays natal pour un Autre qu’ils ignorent. Ou, peut-être, est-ce l’inverse. 
C’est de l’un de ces chemins kidnappés par l’histoire que surgit Shahin. Sans être filmé, photographié ou éclairé par une lumière d’apprêt, puisqu’on ne le verra pas. Mais comment être certain qu’ici ou là, vous ne choisissez pas de le faire apparaître. 
Et c’est bien dans une langue propre à ces chemins que vous nous proposez de le suivre. Ainsi l’ai-je vécu, et j’emploie volontairement ce mot tant ce film remarquable m’a physiquement habité d’un bout à l’autre. Dans sa manière de se glisser entre mes os et mes nerfs, là où le regard lit, entend, devine, souffre, éprouve ses limites, rit. Car Shahin rit, avec sa mère au bout du fil, là bas, en Iran, à Fooladshahr. 
Il y a des murmures, bouleversants, aussi l’anecdote qu’il glisse – à moins que ce ne soit vous qui nous la rapportiez – vous savez, l’histoire de ses chaussures usées par la marche depuis l’Iran, changées pour une paire qu’il juge plus jolies en Serbie. Parce que la Serbie, c’est un nouveau monde, n’est-ce pas ! C’est l’Europe. Où toutes les folies sont permises, jusqu’à ce que le réel –cet impensable des pays rêvés - vous rattrape et vous mette les pieds en sang. Ce n’était pas les bonnes chaussures pour affronter l’à-venir. 
Cette anecdote m’est restée, plus exactement l’idée naïve qu’elle raconte tout. 
Mais je voudrais revenir à la langue de votre film, Vivianne et Isabelle, celle que vous avez choisie. 
Plus qu’une langue, je dirais des langues, celles des solitudes écarquillées qui maillent le récit à travers textos, internet, appels téléphoniques. Des langues qui tentent des bribes de paysages, d’émotions, ce que d’un cillement l’on envisage du réel à l’ouverture d’un container, lorsque l’on voyage caché sous une bâche de camion, ou sous le soleil inhumain de la haute mer. 
Ces langues, orales, imprimées, ce sont elles qui font route. Turquie, Grèce, marches forcées, camp, prison, faim, froid… Et tout cela va de Shahin à nous, de sa mère à lui, de vous à lui, de vous à nous, tel le procès verbal d’une quête douloureuse et contemporaine. 
De la région d’Ispahan à la ville minière pauvre et pluvieuse de l’Angleterre, Shahin marche dans sa singularité. Comme chacune, chacun d’entre tous ces gens marche dans sa singularité. Vous nous le rappelez, je crois. Et nous sommes bien loin de l’anonymat médiatique évacuant d’un mot, migrants, mille et une humanités.
Et puis il y a votre voix, Viviane, dans laquelle j’entends celle d’Isabelle. « Ailleurs, partout », c’est votre voix, une voix de mer. Me restera longtemps cette magnifique ouverture, comme une lumière de fanal au dessus de flots pris dans le grain bouleversé de l’image. En amont de celle de la fin (l’une des seules qui fut tournée, avez-vous dit), où l’on découvre deux digues qui s’ouvrent sur la mer, tandis que bord cadre inférieur surgit la proue d’une embarcation. Mais en suis-je bien sûr ?
En Iran, dit Shahin, les jeunes vivent coupés du reste du monde. Ce pan coupé, c’est ce que ne cesse de déployer votre film. Le pan coupé dans mon port d’origine, Keroman, c’est le nom d’un quai sur lequel Shahin pourrait se tenir.
Cela va peut-être vous sembler étrange mais vous m’avez mis dans le cadre, Viviane et Isabelle. Comme n’importe quel anonyme filmé par une caméra de surveillance, j’aurais pu l’être, oui. J’aurais pu être cette femme couvrant ses larmes de la main dans la cuisine d’un restaurant asiatique, j’aurais pu l’être, et ne pas voir Shahin.
Voilà, très brièvement, chères Viviane et Isabelle, comment votre film – ou plutôt cette œuvre d’art – m’a transporté, puisque sa matière même, n’est que transport. 
Merci vivement à vous deux pour cela, pour votre engagement, cette bouffée d’air frais.
Et Gracias a la vida."

Prochaine séance samedi 15 janvier à 20H40
au Cinéma L'Archipel
avec Vivianne Perelmuter


Oui oui j’y suis retournée rien ne m’a échappé ni le rythme ni la multiplicité des sons les images je les avais toutes enregistrées le noir et blanc sur la mer  la neige la couleur qui pleut ou qui pleure…
Les gens qui passent marchent marchent sont fatigués travaillent devant du vide de gens les écrans seuls les noirs ah oui il y a le parking les voitures bagnoles caisses, et puis une carte au sol avec différents pays gens enfants qui jouent sans frontières peu nom eux peu comment oserai-je de collectifs… si tous les esseulés se révoltaient ça ferait plus de 3% cad la révolution 
Bon ah non il y a ce que j’appelle le bain turc comme collectif 
Et puis l’impression traduite des textos les conversations d’un entretien avec mensonges obligés pour l’acceptation l’examen d’intégration : mais surtout on ne parle pas du voyage des risques en mer parce que cela on est pas responsable…
Y a Shahin et sa mère et sa tante au téléphone 
y a les rêves de Shahin 
STOP 
Allez-y ! 
À Toulouse 
Et ça revient à Paris dans un autre cinéma 


Deux dernières séances….

C’est cela le phénomène de pouvoir partager à partir de ce film et savoir où s’engager ensuite reprendre l’énergie la joie et se recréer des rencontres entre toutes et tous et en chacun chacune. Les deux dernières séances au St Andre des arts les mardi 21 et 28 dec a 13h
Viviane Perelmuter et Isabelle Ingold co-realisatrices, Viviane Perelmuter après chaque séance nous écrit sur les réseaux FB 
Une femme tout au fond de la salle prit la première la parole. 
Elle n'avait pas l’intention d'aller au cinéma mais regardait les affiches devant le Saint-André des arts. Puis, dit-elle, elle a croisé mon regard. J'étais debout devant la porte de la salle. Et elle s'est dit qu'elle devait venir. "Et je me suis sentie chez moi, entourée. Moi qui ne sais pas où aller, qui me demande où sont les autres comme moi, qui me sens seule dans ce monde crispé, où m'engager ? Je me dis que je dois m'engager."
Et les échanges furent comme ça, des paroles senties, venant des quatre coins de la salle. Un spectateur m'a dit après : “ici, on dit " je" sans dire "moi " Et Shahin dans le film fait pareil."
Le ton avait été donné par Luc Martin-Gousset. Sensible et à la fois si articulé, si précis, et si généreux à se tenir debout devant les autres alors qu'il m'avait confié juste avant n'avoir plus pris la parole “publiquement”, depuis longtemps.

Avec Isabelle, nous nous sommes dit que c'est bien pour ça aussi, ce format court pour un long. Ce temps laissé aux mots et au dialogue après – l'irremplaçable d'une salle de cinéma.
Merci à Luc et à vous toustes pour ce précieux moment vécu ensemble, un moment puzzle où chacun.e apporterait sa pièce.

Les dernières séances de décembre, ce sera les mardi 21 et le 28 décembre à 13 heures.
Au Cinéma Saint-André des Arts
Bien sûr, nous y serons

Ailleurs, partout



Être sur la photo : n’est pas  le film si touchant que j’ai vu. Touchant car déroutant, dérangeant  toutes les strates de notre sensibilité; c’est bien plus fort que tous les clichés, les images, les discours qui nous sont montrés assénés pour nous submerger : Ailleurs partout. 

Je pense à Eram Sobhani à Lise et Frédéric à Inoussa à Stéphane à Philippe à Anne et Guillaume à Fx et Camille à Chloé et Quentin, Nathalie et Xavier, Christian Dominique Anne-Charlotte mes amis comment faire que vous alliez voir : Ailleurs partout au St Andre des Arts tous les jours a 13h c’est un film qui fait place au réel incarné en la vie de chacun de nous. Ce film de Vivianne Perelmuter et Isabelle Ingold  ce film est un déplacement de toutes les strates qui nous composent à trop accepter à rester stagnant, dépassé, manipulé, récupéré. Pour se sentir digne de l’humanité, l’amour qu’on transporte qui est déposé en chacun de nous, voyons-nous pour de vrai discutons ensemble après chaque séance.
Un lien pour un entretien avec les réalisatrices sur roaditude 

Comment « contre-effectuer la rencontre. se déconnecter, pour se réouvrir au monde….déjà aller au cinéma voir ce film : Ailleurs, Partout. j’y retournerai avec Pascal. Car le film c’est un film qu’on revoit,  au moins deux fois et parce que j’ai toujours aimé chercher la différence et Pascal, c’est le fils de deux émigrés, l’une italienne et l’autre juif roumain caché en Auvergne par son père pendant la 2eme guerre mondiale.
Un dernier lien qui parle de la bascule… avec ce documentaire d’où se trouve la vérité !? Quand on parle des « migrants » et comment elle s’exprime au cinéma. 







Après le film « Ailleurs partout » au cinéma St Andre des Arts parler comme toujours mais aussi comme jamais, car ce cinéma du réel craquelle, ébranle,  ce ne sont pas les images telles qu’on vous les montre ce sont les sons les images du reste la saleté des bâches de la terrasse qui protègent du froid comme à une cousinade ce sont les échanges avec le serveur qui me donnait des origines russes et ce n’est pas parce qu’on refait le monde autour d’un verre sauf si on est chamboulés au point de ne pas parler tout de suite après la projection dans  le temps du contre choc qui nous fera pas tomber dans l’oubli du contexte universel. Dans la mise entre parenthèses de toutes les politiques des pays d’outre consommation de la responsabilité des riches. Un passeport comment se fait-il que des personnes en ont plusieurs passeports et peuvent parcourir toutes les routes toutes les mers et d’autres pas, par contre les marchandises…..les passeurs passent….