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dimanche 18 septembre 2016

Manger japonais chez Guilo-guilo l'heure exquise

Manger japonais j'ai tant de fois essayé sans être convaincue tandis que chez Guilo-Guilo, on découvre une nouvelle cuisine des saveurs si fines et parfumées que l'on se dit que si cela ne pouvait plus jamais finir ce serait bien, c'est idiot mais c'est comme un voyage, pour le plaisir des sens : du riz en branches façon pop corn, un gâteau à la patate douce, des fleurs, des sushis, des légumes, des champignons noirs, des girolles, de la purée mais blanche....une dizaine de plats en petites bouchées à attraper avec des baguettes ou une petite cuillère en bois. On est installés autour de la cuisine et l'on voit tout se faire et tous s'affairer pour nous en attentions et explications. Une découverte raffinée du Japon. merci à nos chers élèves de théâtre de nous avoir fait ce cadeau de ce partage sublime. "Luxe calme et volupté", où tous  devraient être accueillis au bout de leur exil, sur terre.....
http://www.cookismo.fr/restaurant-guilo-guilo-ou-lart-du-kaiseki-paris-18e/18758

vendredi 14 août 2015

Le café des chats : ses deux lieux rue Michel le Comte M° Rambuteau et rue Sedaine M° Bastille en images.




















on se croirait en Grèce mais non dans le 3ème arrdt rue Michel le Comte : Le Café des chats, avant d'y aller, réserver sur le site. Le repas des fauves, c'est vers 17 h : chacun son écuelle, seul un chaton de 3 mois, n'était pas convaincu par le menu : "moi. j'aime pas ça les croquettes". Vous pouvez y dîner aussi, réservation obligatoire : contrairement à celui rue Sedaine, près de Bastille.... mais il n'y a pas de places pour tout un régiment.... http://www.lecafedeschats.fr/
Ce ne sont pas comme au Japon des chats que l'on peut adopter, ils sont en communauté, et c'est un fragile équilibre la communauté, qu'il faut préserver.








rue Sedaine... c'est plus cool on peut y entrer en passant à condition qu'il y ait encore de la place...
mon café à chats perso...

mercredi 27 mars 2013

Lise Martin : l'homme orange/ou comment séduire quand on est dans un RER tous les matins à la même heure.... 7h12

Lise MARTIN




Auteur, comédienne, réalisatrice,

Lise est Martin est un auteur apatride. Elle est certes née en Bougogne . Elle y est née par hasard d’un père réfugié politique espagnol et d’une mère d’origine anglaise.

Après un master d'études théâtrales à la Sorbonne Nouvelle, elle a suivi un parcours de comédienne, et de réalisatrice.



Aujourd'hui, elle se consacre à l'écriture, elle signe des pièces de théâtre, des scénarii, des livres pour enfants et des nouvelles. Elle fut boursière de la fondation Beaumarchais pour un court-métrage La Chambre d'amour, récompensé dans plusieurs festivals. Pour la jeunesse, elle a publié, Azaline se tait (Lansman), Pacotille de la Resquille (éditions de La Fontaine) Au- delà du ciel ( Editions théâtrales).

Elle a aussi publié aux éditions Crater : Zones rouges, Abri-bus (pièce pour laquelle elle a obtenu une bourse du CNL), Confessions gastronomiques, L'Inspecteur La Guerre, Confessions érotiques…

Elle fut la lauréate de la villa Mont-Noir pour l'année 2001/2002.

Terres ! est éditée aux Editions Lansman ainsi que Pablo Záni.





Après avoir passé mon enfance et mon adolescence dans une France très provinciale, je me suis échappée à la capitale. Je suis devenue comédienne, puis assistante à la mise en scène et enfin réalisatrice tant à la télévision (documentaires) qu'au cinéma (courts-métrages). Tout au long de ce périple, j'écrivais sans trop oser le revendiquer. Et puis un jour, un petit coup de pouce du destin m'a fait basculer dans l'écriture. Depuis, je navigue entre plusieurs genres, scenarii, contes, nouvelles, mais surtout le théâtre !

Je ne fais qu’écrire.

Je tente de raconter le monde comme il va, sans oublier d’en rire.

On me demande souvent pourquoi j’écris du théâtre. J’écris du théâtre pour que l’écrit s’incarne, pour que la solitude soit vaincue. J’écris pour les metteurs en scène et les acteurs. Quand un acteur s’accapare les mots d’un auteur, cela n’a rien à voir avec les phrases silencieuses que profère n’importe lequel des personnages du plus grand roman qu’on puisse lire. La voix de l’acteur, son phrasé donnent vie aux mots, rendent présent le monde inventé par l’auteur qui n’a plus besoin de le décrire. L’écriture théâtrale est présence, partage, elle résonne pour le plus grand nombre.

Et même si l’on peut trouver belle l’écriture d’une pièce, elle ne sera théâtre que lorsque, après ce rêve éveillé dans la pénombre d’une salle, on entendra les applaudissements ( ou les sifflets pourquoi pas) de ces gens vivants qu’on nomme spectateurs.

J’écris pour ceux qui, dans la lumière, vont se confronter aux hédonistes de la nuit. Je tiens compte de l’espace, du son, du mouvement des territoires des uns et des autres, du corps des acteurs, des timbres de voix, pour ce qui fait la vie et qui rejette bien loin tous les discours/prétextes à surtout ne pas incarner. Et puis…si les metteurs en scène qui montent mes pièces et les acteurs qui les jouent ont le sentiment de dire leurs propres mots c’est parce que je travaille pour eux.

Le théâtre est mon outil, je le pense subversif, engagé et libre.

Lise Martin



scénario

La Chambre d'amour (1995) ++



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théâtre

Terres! (2008 - 2009) ++

Chronique d'un KO debout (2006) ++

Azaline se tait (2001) ++

L'Inspecteur Laguerre (2001) ++

Abri-Bus (2001) ++

L'Homme orange (2000) ++

Loki (2000) ++

L'Homme coing (2000) ++

Abandon (1999) ++

Adoption (1999) ++

Séparation (1999) ++

Une Vie de baleine sans une goutte de lait (1997) ++

Au delà du ciel ++

Pacotille de la Resquille ++


L'homme orange
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une jeune femme entre

Depuis 10 ans je fais le même trajet, Hérouville/Stains. Je prends le train de 7h12.

Depuis 10 ans je me dis que la vie doit être ailleurs. Mais bon.

Je croise toujours les mêmes personnes.

On ne se dit jamais bonjour.

Je trouve ça plutôt bien.

Un temps

Je passe environ deux heures avec des gens que je reconnais mais que je ne connaitrai jamais. Une grande majorité lit, essentiellement des revues et des magazines de télé, certains sont plongés dans les affres des mots croisés, fléchés… je déteste ça.

Moi, dans un train, je ne peux rien faire d’autre que de rêver.

J’imagine la vie des gens. Je les observe.

Depuis 6 mois, il y a un type qui me plaît.

Séduire à 7 heures du matin, il faut se coucher tôt.

J’ai tout fait. Une tenue nouvelle par jour. Des coiffures différentes ; je suis passée du blond platine au roux flamboyant. J’ai essayé tous les parfums de la terre. Je lui ai écrasé les pieds. Je l’ai bousculé. Rien.

C’est long 6 mois.

Un temps

Il fallait que je trouve quelque chose de plus subtil ou de plus original.

Un temps

Un lundi soir, j’ai eu une idée.

J’ai décidé de faire une sorte d’inventaire par écrit.

Dans un petit carnet vert pomme.

Ça commençait comme ça :

Il en va des hommes comme des fruits.

Raoul était un homme banane. Lourd à digérer. Sa chair blanchâtre était recouverte d’une peau constellée de dizaines de grains de beauté.(…)Quand enfin je les ai eu comptés, je l’ai quitté. La banane est un fruit à consommer tout de suite, sinon il se gâte. Aussitôt cueilli, aussitôt avalé. Avoir un homme banane en guise de mari c’est idéal. J’avais cru comprendre que sa femme l’adorait. Pensez, un homme consommable de suite ! Le côté toujours prêt de l’homme banane peut plaire comme amant c’est étouffant. Trop nourrissant. Un bon amant ne doit pas être une repas complet. Il doit nous laisser sur notre faim. L’homme banane s’est décomposé lorsque je lui ai fait part de mon écœurement, voire même de mon indigestion.

L’homme poire est plus subtil. Il n'a qu'un défaut, sa peau. La peau d'une poire est rugueuse, elle n'a pas de goût. Elle râpe le palais. Moi qui aime tant mordiller chaque centimètre de leur peau. Là, non rien à faire même après avoir passé mes mains chiffon-soyeux sur tout son corps. Je ne réussissais pas à déguster le meilleur de lui-même. J'étais certaine pourtant que c'était un homme moelleux à l'intérieur…Je ne parvenais pas à dévorer sa carapace. Il gardait le meilleur pour sa femme. À sa maîtresse il se donnait avec la peau. Impossible de faire en sorte qu'il se déshabille. On a beau aimer n'être aimée que de 5 à 7, ils nous doivent un minimum celui d'ôter leurs oripeaux. Jacques était une de ces poires qui ravissait l’œil, rafraichissant mettant l'eau à la bouche. Il ne donnait pas tout de lui. (...). Je ne l'ai pas croqué, juste effleuré. Je l'ai quitté. Il est tombé de haut. C'était un homme mûr.

L'homme coing est immangeable. Il faut le faire cuire très longtemps. C'est un célibataire endurci. Il ne peut s'entendre qu'avec une femme coing. Je n'en suis pas. Pas encore, du moins.

(...)

L’homme melon est bon. Il se trouve facilement en période de vacances. J'en consomme régulièrement l'été. Seulement une fois avalé, dévoré, croqué, il n'en reste rien. Un vague souvenir. C'est un homme déliquescent. Un goût d'eau sucrée. C'est une petite entrée, un quatre heures qui ne laisse pas de traces. Une petite poire pour la soif. Je n'ai aucun souvenir des noms de cette espèce.

L’homme litchi est asiatique. Petit avec un gros noyau.

L’homme cerise. Ha ! L’homme cerise est un Don Juan. Et Don Juan c'est moi. Quand un Don Juan en jupons rencontre un homme cerise c'est la porte ouverte à la souffrance. Je le sais et pourtant je ne résiste pas à l'envie de m'en empiffrer jusqu'à l'aube. Comment ne pas avoir envie de manger les cerises par poignée, pour les sentir craquer sous la langue et faire rouler les noyaux contre la paroi des joues. La cerise est un fruit qui tâche. J'ai dû jeter mon corsage blanc tant il était souillé. Je n'ai jamais pu le "ravoir". Je ne mangerais plus d'homme cerise, c’est trop dangereux. Ce sont les hommes tentants qu'on n'a pas le temps de quitter. Ils vous quittent avant. Les chagrins d'amour me font grossir. J'évite.


L’homme orange n’aime que les garçons.



L'homme abricot a été bon. Musclé, ferme tendre et sucré juste ce qu'il faut. D'une telle couleur orangée, constellée de petites étoiles dorées sur les épaules, dans le dos. Il vieillit mal l'homme abricot. C'était un amour de jeunesse. Aujourd'hui il a grossi, il est farineux. Il n'y a plus de bons abricots. Jeunes ils étaient succulents. Ils ont pris du poids dans la vie, leur situation est stable au détriment de leur saveur.
Les meilleurs abricots que j'ai jamais mangé étaient ceux du verger de ma grand-mère à droite de la petite cabane.
La petite cabane.
Antoine.
L'abricotier.
16 ans.

Un temps
 (...)

Tous ces fruits sont hélas accessibles au plus grand nombre. J'ai goûté à chaque espèce de la corbeille et je me rends bien compte que celui que je cherche est ailleurs, caché quelque part. Sûrement pas à l'étalage du marché mais plutôt dans un train. Celui que je cherche est défendu. La petite cerise sur le gâteau. J'avais dit plus de cerise !

Un temps

Où se trouve-t-il celui qui donne l'eau à la bouche, qui fait mourir d'envie,  de désir ? Celui-là même qui vous donne des ailes, vous coupe l'appétit. Ce fruit qui vous fait fondre, qui vous fait passer de la taille 40 à un 36 fillette.

Ce fruit qui vous fait traverser Paris en disant :"Que c'est chouette le métro ! Les gens si laids d'habitude sont presque beaux transparents ou absents, c'est selon."
Ce fruit d'amour qui me  jettera dans tes bras essoufflée, timide, la gorge sèche, des fourmis dans le bas du ventre ; la première morsure sur tes lèvres sanguines aura le goût unique de l'amour.

Je t'aime comme je te mange.
Je te mange comme je t'aime.

Un temps

Je me suis relue plusieurs fois. J'ai refermé le petit carnet.
Je n'ai pas dormi de la nuit.
Le lendemain matin j'ai attrapé le 7h12, in extremis. Mon fruit défendu était là. Je me suis assise à côté de lui. Je suis descendue à Stains, comme d'habitude en prenant bien soin de laisser mon petit carnet sur le siège.
Forcément il le verrait.
Forcément il le lirait.
Forcément.

Les 24 heures qui ont suivi furent terribles. Je ne voulais plus prendre ce train. Je me sentais ridicule.
Qu'allait-il penser de moi ?
"Cette fille est une mangeuse d'hommes. Elle couche avec la terre entière." J’entends les insultes.

Un temps

Je suis arrivée sur le quai très en avance. Il faisait un temps de chien. On se serrait cru dans un film de Ken Loach. J'étais très calme. Je m'étais fait tous les scénarios possibles. Sauf celui là.


Un temps

Je l'ai vu. J'étais de moins en moins calme. Il est venu vers moi. Là, j'ai cru que j'allais mourir. Il m'a parlé.
-Vous n'auriez pas perdu un petit carnet hier ? Un petit carnet vert pomme.
-Non.
-Non ? C'est dommage. 
-Enfin si. Oui. Non. Ça dépend il était comment ?
-Je l'ai ramené. Tenez.
Il l'a sorti de sa poche. Cet homme était beau souriant. Je ne l'avais jamais vu aussi décontracté. 
-Ah, oui le petit carnet...
-Vert pomme.
-Vert Pomme. Ah ben, c'est le mien.
-Je suis très curieux, j'ai lu ce que vous avez écrit. Ça nous a beaucoup plu.
Nous ? J'avais bien entendu nous.
-Tant mieux.
J'ai dit tant mieux mais je pensais tant pis. Ce n'était plus un film de Ken Loach mais un mauvais téléfilm. Je devais être pâle parce qu'il a continué à me parler très gentiment. Je ne l'entendais plus. Et puis il a ouvert le carnet, il a lu une phrase :
L’homme orange n’aime que les garçons.
Le train est arrivé en faisant hurler ses freins sur les rails mouillés. Je n'ai pas voulu monter.
Lui ne voulait pas le rater.
Je suis restée là. Assez seule. Assez triste. Toute petite. C'est toujours mélancolique un train qui s'éloigne. Surtout si dans ce train vous avez laissé partir celui que vous appeliez avant de le connaître : votre fruit défendu. "

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La suite ? Quelle suite ! le lendemain... je n'ai pas pu m'empêcher moi Nathalie Feyt d'imaginer, la suite, et je me suis dit, qu'il était devenu acteur de cinéma et qu'elle l'avait reconnu dans un film, ou bien-sûr il jouait le rôle qu'elle aurait voulu qu'il ait, dans sa propre vie. Elle a attendu en larmes le générique quoiqu'il n'ait pas eu un rôle important, il ne fallait pas le rater lors du défilement. Et donc il s'appelait Olivier, l'homme orange.
Les génériques sont de plus en plus rapides. Elle n'a jamais voulu en savoir plus, questionner sur Google.  Et depuis, au cinéma, elle se cantonne aux films étrangers.

Sinon, elle a changé ses horaires dès le lendemain. Elle a pris un train plus tard. Elle arrivait un peu juste au bureau, comme elle n'avait plus de marge, au moindre dysfonctionnement, elle était très en retard. On  ne manqua pas de lui faire la réflexion lors de son entretien annuel. Elle ne répondit rien.


jeudi 10 janvier 2013

à propos de Manger, France-Culture

Je ne suis pas mal, à écouter, ce matin, France-Culture, je n'ai rien compris sur le chat très connu du scientifique physicien très connu, comme symbole de paradoxes... Le Monde selon Étienne Klein -avec une faute d'orthographe sur le titre

Du bonne usage des chats

ou est-ce un pied de nez ?! c'est cela la culture, ça renouvelle la palette du doute...

J'ai écouté après sans une fausse note, la chronique de Philippe Meyer, sur le Manger, la redéfinition des obèses qui profitent aux Laboratoires pharmaceutiques
excellent... jour à vous.


Ne vous en privez-pas.
Une voix de toutes les bonnes radios... France-Inter, France-Culture...

samedi 5 janvier 2013

2013 qu'attendre : nouvelle année nouveau régime/ des amis qui vous reviennent, d'autres qui s'éloignent et d'autres.... à qui on n'a plus envie de penser..../et au Théâtre : Odéon, MC 93, la Colline : les bases, La nuit tombe... aux Bouffes du Nord

D'abord les citations j'aimerai vous les re-citer de tête mais bon.... j'hésite entre le devoir de retranscrire à l’identique et ce qu'est de repasser par les autres preneurs de sons introspectifs... pour se lancer à la mer, sans avoir pied, sans être ancré quelque part.... affectivement, s'entend. 
Je vais un peu courir dans le square eh bien je me suis attachée à regarder plus qu'un autre, un seul arbre que je trouve beau, je lui trouve même l'écorce douce et quand je repars du square, je m'en veux un peu si j'ai oublié de poser ma joue contre sa peau. 
Bon alors ces vœux ça vient... je ne sais pas quoi vous dire : le bien ressenti d'écrire à certaines personnes lointaines et de recevoir quelques lettres de personnes lointaines... je reste sceptique !
l'impuissance ou la frigidité : "un manque de résolution" ou bien "l'amour sans faire l'amour" une forme d'amour...
le talent 5 % et la sueur le travail la répétition 95 %
le bon mot de mon docteur qui lui a été délivré par une amie revue après 30 ans d'éloignement, normal dû à la vie : "avec l'âge on ne change pas, on se précise".
Un mot "le zeugme" valable pour le Scrabble mais aussi donné par ce docteur, il vient de pont (les 1ers ponts à Zeugm, étaient de réunir des barques pour y passer) mais sinon c'est une figure de style, c'est réunir deux ou plusieurs éléments qui ne sont pas sur le même plan syntaxique.
Exemple : je pars au travail ce matin : en chemise et en larmes.
Mon docteur est comme mon arbre, il a l'esprit doux alors que profondément désespéré, il l'est, mais très enraciné et enclin à la spiritualité. Un peu intègre ou sectaire ou matcho sur certains sujets, que nous avons appris à éviter d'aborder, avec les années. 
Il surveille mon régime depuis 30 ans ; il va écrire un bouquin, depuis le temps qu'il l'applique le régime Dukan,(je vous ai mis la page des podomètres) mais lui, mon docteur,  il comprend en plus les gens, les met en scène en quelque sorte, les attache. Il va écrire un livre, "un gros qui vous fait maigrir", avec en sous-titre : "avec l'âge on ne change pas on se précise".



Sinon en prévision de mes écarts, de mon diabète déséquilibré, j'ai acheté pour Noël : un livre écrit par une diététicienne, Marie-Laure André chez hachette, "Le régime qui marche" pour menus et recadrer mes soit disantes connaissances sur le sujet, maigrir en marchant avec podomètre inclus, pour aider à compter ses pas, 20 mn de marche minimum, cela fait environ entre 8000 et 10000 pas par jour. 

10 règles d'or pour stabiliser(pour l’âpre découverte de ses formes après les fêtes)
1/par jour légumes verts 300g à 400g par jour, exemple 300g à 400g de légumes le midi et un potage le soir
2/laitages nature et 3 fruits frais par jour
3/alcool 1 à 2 verres par jour maximum
4/peu de matières grasses assaisonnements de remplacement : coulis de tomates/sauces fromage blanc
5/pas de fritures ou peu/charcuteries et plats pâtissiers : 1x par semaine
surtout charcuteries ne pas cumuler avec fromages
6/variez les fruits et les légumes dans les modes de préparation, alterner viande rouge/viande blanche œufs et poissons
7/1,5 l d'eau par jour, 1 à 2 verres d'eau à chaque repas
8/pour retrouver les sensations de satiété manger lentement, ne mangez-pas parce que c'est l'heure...
9/écarts doivent être compensés par 2 jours d'équilibre alimentaire
10/activité physique : 30 mn de marche par jour....

 Bonne année à tous les créateurs de l'art de vivre ensemble, et mauvaise année un peu... à tous les cons surtout les manipulateurs qui ne s'ignorent pas... mais c'est vrai comme l'a dit le présentateur de la matinale de France-Inter on est toujours le con de quelqu'un et en tant que journaliste, il est bien placé, à cette époque ou avec certains artistes ils deviennent les boucs émissaires. Car savez-vous cela : pourquoi y en a tant des boucs émissaires ? parce que ça évite au + grand nombre de se reprendre en main....
C'était mes vœux : "Ne vous battez pas contre vous-même. Il y a déjà suffisamment de cruauté dans ce monde. N'aggravez-pas les choses en vous prenant pour bouc émissaire." Philip Roth
et puis surtout ceux qui ont des gens qui les aiment même si vous en avez trop... ou trop peu n'en oubliez aucun...

Un aphorisme de Wilde : "Ceux qui voient une différence entre l'âme et le corps n'ont ni l'une ni l'autre"

à propos d'amis qui vous reviennent, et d'autres.... à qui on n'a plus envie de penser : je mets l'article sur la vie de deux amis que j'aime beaucoup et si comme moi vous voulez un jour un bull, un bouledogue, un carlin, ils ont un élevage, vous serez ainsi au courant des prix, gloups !  
Ils s'appellent Rose et Antoine de Blic, leur élevage des Méandres. Nous nous sommes connus au cours de Luc Charpentier et faut dire que nous étions amis, comme rarement, tous les trois. À l'origine, j'étais très amie avec Rose. Nous nous voyions à des diners que nous confectionnait Rose et ce que nous avons ri dans son si joli perchoir-boudoir.
Cet article me touche par sa  beauté modeste. Et aussi bien-sûr pour vous prouver que le théâtre quand on le quitte faut savoir qu'on peut le retrouver quand on veut.... 
Une seule petite erreur dans la biographie, ils se sont rencontrés au cours de théâtre, Antoine et Rose, Rose et Antoine, et même que je fus leur témoin, à leur mariage.

 
Le déclic "de Blic"

"Au premier abord, ce qui frappe, c'est !e gris de ses yeux ; accompagné d'un large sourire qui barre son visage. Ce regard perçant, et ce sourire enjôleur, de nombreux uzerchois les connaissent : ce sont ceux d'Antoine de Blic.

Issu d'une famille nombreuse. Avec ses six Frères et sœurs, Antoine profite dés son plus jeune âge d'une éducation tournée vers les autres et particulièrement vers la vie associative : ses parents sont très investis dans la paroisse locale.
Et c'est probablement de là que viennent la fibre et la passion qui animent Antoine : la vie associative. Né parisien, Antoine a une vingtaine  d'années lorsqu'il tombe amoureux d'une comédienne, Rose. Et un coup de foudre ne venant jamais seul, il craque aussi pour Uzerche, le berceau familial de sa chère et tendre. Rapidement, les parisiens investissent dans une maison secondaire à Uzerche, à retaper, où ils  viennent aussi souvent que possible... avec un doux rêve : y vivre à l'année. Donnant un "petit" coup de pouce au destin, en 2001, Antoine a le déclic, et il décide de tourner une page professionnelle parisienne intense. Avec Rose et leurs quatre enfants sous le bras. Ils quittent Paris et atterrissent à Uzerche. Elle s’installe comme assistante maternelle, lui, prépare les concours pour devenir Conseiller Principal d'Éducation. En attendant, pour subvenir a leurs besoins. il occupe un poste d'assistant d'éducation dans un collège briviste. À leur arrivée, avec  un gamin en maternelle, un autre au primaire, un au collège et le plus grand au lycée, c'est tout naturellement que se tisse autour d'Antoine un réseau de connaissances large.
Très large. Presque boulimique, il représente les parents d’élèves dans les différents établissements de ses enfants, est embarqué dans le club de canoë-kayak uzerchois, s'investit dans le comité de jumelage, se fait l'apôtre de l'aumônerie, prend la présidence du Foyer Culturel et sportif.

Acteur de sa vie

Mais son péché mignon, c'est le théâtre : laissée pour compte depuis quelques années, il remonte la troupe de théâtre pour adultes "La Boucle" en 2007. Dans la foulée, accompagné de Maryse Salvant connue pour ses talents d'artiste avec qui il partage une complicité sans faille, il propulse La section enfants sur le devant de la scène. Et le succès est bien là : une vingtaine d'enfants répondent présent pour son plus grand bonheur, lui qui ne conçoit pas d'avancer sans eux à ses côtés... Mais La vie n'est pas un long fleuve tranquille, et lorsqu'en début d'année Maryse décède brutalement, en plus de perdre une amie chère, Antoine n'est plus en mesure de porter, seul, la troupe pour enfants. Le cœur serré, il est contraint d'en baisser le rideau. Temporairement espère-t-il... En juillet, Antoine participe au spectacle "L'Arlésienne", lors de l'inauguration de la passerelle de la Papeterie, et, parallèlement, incarne durant l'été le troubadour Gaucelm Faidit pour "Uzerche se met en scène", apprécié par de nombreux uzerchois et touristes. Il Joue également quelque saynètes médiévales pour participer à sa façon à "jours de fête", et écrit et met en scène une nouvelle pièce pour la troupe adulte, présentée début décembre devant une salle comble : "À Mike". Alors ses passions pourraient s'arrêter là, mais non, il cumule, Antoine. En plus de son activité professionnelle et de son implication associative, il ajoute une autre corde a son arc : l'élevage des Méandres de la Vézère. Entre bulldogs anglais, bouledogues français et autres canins. Ses 9 bêtes à poils lui rendent bien l’amour qu'il leur porte, et le temps qu'il veut bien leur consacrer. Animée la vie d'Antoine ? Non, vous croyez ? … !"





 

Pour les amis à qui on a plus envie de penser et si vous n’arrêtez pas d'y penser et si cela vous rend triste,  allez faire un tour sur Allo-Ciné et regardez les bandes annonces, elles sont toujours bonnes...
mes préférées The Master, Alceste à bicyclette, le Grand Retournement, Wadjda et ce qui m'a fait rire le plus c'est Boule et Bill...
et au Théâtre : Odéon, MC 93, la Colline: les bases : La nuit tombe... aux Bouffes du Nord
la nuit tombe aux Bouffes du Nord ah si je pouvais regarder le théâtre en marchant.... 
La réunification des deux Corées de Joël Pommerat à l'Odéon, et à la MC93 le maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov, que j'ai raté à Avignon. Et la semaine prochaine, tout de suite, la Nuit tombe sur les Inrocks, aux Bouffes du Nord,  que j'ai raté à Avignon, pour réserver il faut passer par le théâtre de la Colline.







mardi 20 novembre 2012

MANGER en textes et photos de la Cie Philippe Person, Jouvet, l'écoute comment la jouer....


J'ai retrouvé les textes, les intentions, les respirations à la lecture de tous les rôles ; me reviennent les expressions des visages de mes camarades de scène et les images défilent dans ma tête je ris toute seule.... Je jouais le rôle d'Olivia et j'ai écrit le dernier texte, celui du chapeau.
Je crois que j'éprouve une certaine nostalgie de cette époque où je m'imaginais avoir frôlé le succès. Et puis manger, le thème fera toujours recette, cela aurait qui sait pu être le Knock de Jules Romains, de la Cie P. Person, Knock que remontait Jouvet (émission à podcaster l'histoire de Renoir Auguste enfant- et un livre à acheter Témoignages sur le théâtre de Jouvet) quand les caisses étaient vides, aux périodes de vaches maigres. 
On me demande souvent l'écoute c'est quoi ? c'est la 1ère photo. C'est quand on fait semblant de penser pour ne pas faire voir qu'on écoute aux portes la conversation d'à côté.... c'est l'attente active, entre "là où je suis je ne pense pas et là où je pense je ne suis pas" Lacan.
à chaque fois que j'entends un nouveau slogan, ou une nouvelle info et depuis cette période ça abonde, encore plus, sur le Bien Manger, un livre : Régime Duncan ou "manger bouger", 20 mn  de jogging par jour, minimum, je me positionne en journaliste glaneuse, j'ai envie de noter prendre des idées pour remettre notre Manger au goût du jour. 
http://nathpasse.blogspot.fr/2009/11/bashung-gainsbourg-et-gallotta-nathalie.html#!/2009/11/bashung-gainsbourg-et-gallotta-nathalie.html

MANGER a été écrit à plusieurs mains... Élisabeth GENTET-RAVASCO à la base et d'autres textes (Duras, Sartre, anonymes...) et des improvisations des comédiens retranscrites pour la création des différentes moutures et mises en scène par Philippe Person assisté de Sophie Balazard

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Extraits
Tous les personnages sont à table, et comme tous les convives d'un grand banquet,
ils discutent avec leurs vis à vis (le public),
Sont présents (première table) Arielle, Étienne, (deuxième table) Olivia, (troisième
table) Nadège, La femme, L'homme.

L'HOMME:
Ginseng, pas gingembre. Ginseng !

ÉTIENNE :
Moi, moi, j'aime ce qui est gras, mais très gras hein, une côte de bœuf bien grasse ou alors un pot au feu très gras, avec les yeux et tout, ou alors un croissant aux amandes.

NADÈGE:
One apple a day, keeps the doctor away.

LA FEMME:
Les chiens et les chats, ils mangent comme nous, sauf qu'ils ne boivent pas d'alcool.

ÉTIENNE :
Dans le cochon tout est bon.

NADÈGE:
On ne trouve plus les petites violettes de nos grands-mères, les petites violettes en sucre, plus du tout.

L'HOMME:
Non mais c'est pas vrai, les avocats tu les manges le soir et tu te réveille plus tôt le matin.

OLIVIA:
Qu'est-ce qu'on peut entendre comme conneries ! Un bon confit de canard, avec la peau bien grillée, des petites pommes de terre sarladaises, avec de l'ail et du persil et une salade verte.

LA FEMME :
Bah ! les pieds paquets c'est une horreur.

ARIELLE :
Un repas sans dessert, c'est comme un enfant sans mère.

NADÈGE:
Si un jour vous avez l'occasion de manger du piranha confit, n'hésitez pas.

OLIVIA:
Le vin c'est aussi un médicament.

L'HOMME :
Le ketchup c'est pas américain, c'est hollandais.

LA FEMME:
Nice c'est la seule ville qui n'a pas voulu des restos du cœur... Ils ont des restos pour chiens.

ÉTIENNE :
Précisément, précisément, j'ai connu un type qui se masturbait exclusivement avec des côtelettes.

OLIVIA :
Dis-moi qui tu manges Je te dirais qui tu es.

ÉTIENNE :
Non, je vous raconte n'importe quoi. Je suis désolé, j'avais oublié le problème des os, c'était avec des escalopes, des escalopes.

NADÈGE:
J’ai arrêté les artichauts, à cause des poils.

ARIELLE:
Exactement, les moules je suis vaccinée

OLIVIA:
Le tourin c'est de l'ail avec de la mie de pain et du blanc d'œuf ! C'est un mystère tellement que c'est bon.

ÉTIENNE :
(écroulé de rire) Alors le mec il arrive fou de rage.... "Comment ! Comment ! Comment !" et
l'autre lui répond: "A la coque".

LA FEMME:
La couleur des aliments, c'est très important. Mol je connais un enfant qui ne mange que des aliments blancs : de la purée, du lait. de la Chantilly de la...

NADÈGE:
Non, non, non. on n'a pas le droit de manger plus de sept œufs par semaine.

ARIELLE:
Oui mais alors pas de myrtilles hein ! parce que les renards viennent pisser sur les myrtilles et on attrape des maladies

ÉTIENNE :
(toujours écroulé de rire) A la coque !

L'HOMME:
Une maison sans fruit est une maison sans vie.

NADÈGE:
Eh oui, fruits de mer, santé de fer

ARIELLE :
Le dessert en fin de repas? C'est une réminiscence de la tétée. Oui oui, en fin de tétée il y a du sucre dans le lait de la mère.(phrase qui n'a pas été gardée dans aucune des versions, j'ai demandé confirmation à Philippe Person)

OLIVIA :
(s'énervant) On ne trouve plus de bon pain.
Tous les personnages murmurent et discutent avec leurs "vis à vis" On perçoit quelques bribes.

ÉTIENNE :
Le gigot de sept heures cuit sept heures, c'est évident...

NADÈGE :
Le cassi(s) ou cassis...

L'HOMME :
Non, mais ça, c'est de la tomate belge.

ARIELLE :
À ce prix là, c'est du surgelé.

OLIVIA :
À l'ancienne.

LA FEMME :
La viande, c'est sexuel.

ÉTIENNE :
Bah, en cocotte.

NADÈGE :
Une bonne soupe aux encornets, une soupe aux yeux.

ARIELLE :
Sushi avec riz, sashimi sans riz, ou le contraire.

OLIVIA :
Sous emballage, ça fermente, c'est une horreur.

L'HOMME :
Aujourd'hui, ça n'a plus de goût.

LA FEMME :
Sans sel !

Olivia se met à rire, puis tous tournent la tête "un serveur" vient d'arriver avec "la suite"

TOUS :
Ahhhhh !!!!

OLIVIA:
Elle sort sa balance, et la pose devant elle
(à la balance) T’es belle.
(elle prend du pain) Cette semaine, j'ai le droit à 40 grammes de pain par jour.
Elle pèse, ôte un tout petit bout de pain qu'elle met devant la balance, puis coupe en deux le pain qu'elle a pesé.
Elle pose les deux morceaux devant elle.
Ça c'est pour le midi ; ça c’est pour le soir (elle intervertit les deux morceaux) Oh non celui-là pour le soir, pour le midi je préfère le croûton. Déjà quand j’étais petite, ma mère elle me le donnait, le croûton
Elle compte avec ses doigts sur la table, puis mécaniquement prend une miette de pain tout en comptant, puis une autre, puis un bout de pain, sans se rendre compte qu'elle le mange
Alors. 260 calories - Mmmmm ! ça fait 1200 par jour, il m'en reste combien ? 1096. Ouais, ça fait pas beaucoup. Pour ce midi, une tranche de rôti et puis une salade de tomates. Oh j'en ai marre des salades de tomates. Après du fromage blanc à 0%. Et ce soir ah non pas encore les concombres !...(elle s'aperçoit qu'en même temps qu'elle réfléchissait, elle a mangé des miettes du pain qu'elle triturait) (temps de culpabilisation puis elle se récupère). Tant pis je le mange en apéritif ! Ça se digère mieux, na. Il est bon. Il est bien grillé, (elle se rend compte qu'il n'y a plus beaucoup de pain) Je mange tout là. voilà ! (elle met tout ce qui reste dans sa bouche et mange avec un plaisir certain) (la bouche pleine) II faut mastiquer le pain. C'est un sucre lent. (elle mange) C'est bon. C'est ça qui est important, mastiquer le pain.
Une fois qu'elle a la bouche vide, elle se rend compte qu'une fois encore elle n'a pas tenu son régime
J'ai tout mangé. Je suis nulle.
Elle range sa balance et découvre le petit bout qui avait été mis de côté. Elle le regarde et l'avale.
La femme se lève "en dérangeant" son mari. II hésite à la suivre puis se rassied.
Étienne vient s'installer à la table d'Olivia, devant l'assiette qu'elle lui avait préparée.
Elle le regarde manger en salivant


(...)
p 1 à 4
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LA FEMME:

Qui c'est qui va manger sa bonne purée. Hum c'est bon ça la purée. Tu sais y-a des bonnes vitamines dans la purée. Et puis j'ai mis du bon lait de la vache qui donne plein de force au bébé. (elle reçoit un peu de purée) Ça oui de la force, (elle rit un peu sadiquement) Tu voulais tout mettre par terre hein, mais Maman a fait une purée bien épaisse qui ne peut pas tomber de l'assiette. Elle n'est pas bête Maman, (elle change d'attitude) Allez mon bébé encore une bouchée pour Papa, et puis une pour Grand Mère. Et puis une pour Grand Père. Si, si une dernière pour Mamie-lunette. Tu sais quoi mon petit ange, les cuillères pour Maman ça sera le bon dessert. Que tu associes toujours ta Maman aux bons desserts, (elle change d'attitude) Mais enfin pourquoi tu ne manges pas. La nourriture de Maman n'est pas bonne, c'est ça, hein ! Des heures de cuisine et voilà ce que tu en fais. Pourquoi m'en veux-tu à ce point ? (elle change d'attitude) Comment vas-tu grandir et devenir intelligent si tu ne manges pas, y'a des protéines dans ce foie d'agneau. Tu ne te rends donc pas compte. (Elle change d'attitude) Je vais le dire à Papa et il fera les gros yeux. (Elle change d'attitude, très maman branché psy) Après tout tu es responsable de ton corps de ce qui y entre et de ce qui en sort. C'est toi qui sais. Je ne rentrerai pas en conflit avec toi sur ce sujet, (elle change d'attitude) Allez mange mon petit amour et tu verras comme tout le monde sera fier de toi. On va tous applaudir Papa, grand frère, Maman et même on téléphonera à Grand Mère et personne ne pourra dire que Maman n'est pas une bonne mère. (Elle fait le clown) Qui c'est qui veut ploum pompon, qui c'est qui veut la cuillère de miam miam. Ploum pompon, attention l'avion va entrer dans la bouche. Tut tut, je voudrais rentrer dans la bouche de monsieur Bébé, ploum pompon, c'est du bon manger qu'a fabriqué pour toi ta maman. Si tu manges bien je t'achèterai un jouet qui fait plein de musique. Et puis des bonbons, (elle change d'attitude) -elle donne la cuillère mais en regardant la télé ou en téléphonant à une copine, sans vraiment regarder son bébé- (on entend la télé) (elle change d'attitude) Ne mange pas si vite, mon bébé. T'as vu tout ce que tu as déjà ingurgité, c'est pas possible tu vas devenir obèse, c'est à mol que tu en voudras quand tu seras grand, (elle change d'attitude) (Elle essaie de forcer la bouche du bébé) Tu vas l'ouvrir oui ta bouche, il faut que tu manges, je t'assure, il le faut. (Elle change d'attitude) Tu veux que je fasse cuire autre chose ? (Elle s'énerve) Mais si je vais te faire cuire autre chose, tu ne crois quand même pas que Je vais te mettre au lit le ventre vide. Non, ne crie pas. Ne crie pas. Maman pleure à cause de toi. (Elle s'assoit en pleurant)

p 18
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OLIVIA :
Pour un petit régime ponctuel, par exemple une fête la semaine prochaine, il n'y a qu'une seule solution : l'ananas. Ananas le matin, ananas le midi, ananas le soir et comme ça 4 - 5 kilos pfutt... envolés.

ÉTIENNE :
(A toute vitesse) C'est pourtant pas compliqué, vous calculez votre RCQ, Ration Calorique Quotidienne. Donc RCQ ça fait T moins 50. Ou 30 si on est un homme, multiplié par 225 moins A, sur le coefficient d'activité bien sûr. Alors "T" c'est la taille, moins 50 c'est 50, 225 c'est... 225, moins A... "A" comme l’âge, "sur le coefficient d'activité" c'est entre 10 et 16  selon l’activité. Alors ça fait...

OLIVIA :
(qui a calculé à toute vitesse] 1359.

LES AUTRE:
Ohhhhh!
 (...)

NADÈGE:
Tous les soirs un comprimé de ver solitaire et on n'en parle plus.

OLIVIA :
L'œuf dur c'est très très calorique. Mais comme c'est très très difficile à digérer, vous pouvez en manger autant que vous voulez, ça compte zéro.

ARIELLE :
La grande cuisine, c'est toujours léger.

OLIVIA :
(amoureuse} Welghwatchers c'est une amicale. On se pèse ensemble, on pèse les aliments ensemble, on se voit deux à trois fois par semaine, c'est bien !

NADÈGE:
Y a aussi l'épilation définitive. Mais ça n'a rien à voir.

OLIVIA :
Alors ils ont trouvé (maintenant) un moyen de maigrir en dormant. Il faut prendre des comprimés, juste avant de se coucher, il faut se mettre tout nu dans son lit parce qu'à ce moment là, la graisse ne se défend pas, elle n'est pas comprimée par les petits élastiques des vêtements... non, mais tu sais !

ÉTIENNE :
C'est pas compliqué, il n'y a qu'une solution : le Jeûne de vingt et un jours. Le Jeûne, pas le jeune!

NADÈGE;
Et les biscottes, ça fait circuler le sang, les biscottes.

OLIVIA :
(ignorant les autres) Alors je me suis réveillée... et j'ai continué le rêve, les yeux grands ouverts...
C'est idiot de dire les yeux grands ouverts, quand on se ferme au monde mais je me suis rappelée, je me suis rappelée comment les autres l’avaient regardé, les yeux exorbités -encore les yeux... le regard... le jugement- les yeux exorbités devant le spectacle de cet homme amaigri, fatigué, humilié. Et moi je pensais que j'aurai voulu être à sa place… Otage, c'est ce qu'il y a de mieux pour faire un régime, non ?
Mon impossibilité à tenir mes engagements ne nuirait plus à personne. Ils m'obligeraient. Ils me donneraient du pain de l'eau et je maigrirai... comme ça sans volonté. C'est horrible, je ne pense plus qu'à ça. Je ne fais plus que ça. C'est une obsession. Quand je passe devant un kiosque à journaux, à tous les coups il y a un magasine qui parle de régime. Je sais que c'est de la merde, mais je l'achète. J'ai écrit à tous ces trucs ridicules qui disent qu'on peut maigrir sans faire d'effort. Je les ai tous fait. Ma mère déjà disait, tu m’as tout fait. Mais à part faire le yoyo sur ma balance, je n’arrive à rien.
À quoi ça sert ? Moi, qu'aime tant manger.
 
La femme et l'homme arrivent d'un pas décidé, dès qu'ils les voient, les autres se mettent en rang, la femme s'installe à une table. L'homme est à ses côtés, debout, comme à la tribune.

L'HOMME
(d'après les Mots de Jean-Paul Sartre)
Pour une fois. tu as raison, mon grand camarade : l'appétit je ne sais pas ce que c'est. Si tu avais vu les phosphatines de mon enfance, j'en laissais la moitié : quel gaspillage ! Alors on m'ouvrait la bouche, on me disait: une cuillerée pour papa, une cuillerée pour maman, une cuillerée pour la tante Anna. Et on m'enfonçait la cuiller jusqu'au fond de la gorge. Et je grandissais, flgure-tol. Mais Je ne grossissais pas. C'est le moment où on m'a fait boire du sang frais aux abattoirs, parce que j'étais pâlot ; du coup je n'ai plus touché à la viande. Mon père disait chaque soir : "Cet enfant n'a pas faim..." Chaque soir tu vols ça d'ici: "Mange, Hugo. mange. Tu vas te rendre malade." On m'a fait prendre de l’huile de foie de morue, ça c'est le comble du luxe : une drogue pour te donner faim pendant que les autres, dans la rue, se seraient vendus pour un bifteck, je les voyais passer de ma fenêtre avec leur pancarte : "Donnez-nous du pain." Et j'allais m'asseoir à table. Mange. Hugo. mange. Une cuillerée pour le gardien qui est en chômage, une cuillerée pour la vieille qui ramasse les épluchures dans la poubelle, une cuillerée pour la famille du charpentier qui s'est cassé la jambe. J'ai quitté la maison. Je suis entré au Parti et c'était pour entendre la même chanson: "Tu n'as jamais eu faim, Hugo, de quoi que tu te mêles ? Qu'est-ce que tu peux comprendre ? Tu n'as jamais eu faim." Eh bien, non, je n'ai jamais eu faim. Jamais ! Jamais ! Jamais ! Tu pourras peut-être me dire, toi, ce qu'il faut que je fasse pour que vous cessiez tous de me le reprocher.

Tout te monde applaudit, l'homme et la femme sortent. Les autres suivent, sauf Olivia.
Arielle va s'installer la tête dans son réfrigérateur Olivia tourne autour des tables, comme quelqu'un qui prépare un grand repas chez elle.

OLIVIA :
(elle coupe un canard avec un sécateur) J'appelle quelqu'un ou Je sers moi même ? Quand je sers au moins je peux me lever, me dégourdir la tête. J'ai rien à leur dire. Je n'ai rien à vous dire. De toute façon vous n'avez pas envie de m'entendre ! Je suis juste la femme. Oh le morceau ! (elle s'énerve sur un morceau dur à découper) (elle rit) Combien je te parie qu'arrivé au dessert, il y en a une qui va faire son cinéma, "oh non, c'était tellement, tellement côpieux. Il faut que je surveille ma..." et puis là elle va s'arrêter d'un coup. Considérer mon tour de taille et sera très gênée d'avoir osé parler de ses deux kilos de trop en face de moi. Je la mettrai à l'aise en riant "Et c'est à moi que vous dites çâ" (temps) Ou alors je ne dirai rien et tout le monde sera très gêné. Moi genre bouleversé, J'ai pas mon pareil. J'iral chercher les coupes de Champagne comme pour cacher mes larmes, instant dramatique ! Mais la pétasse du jour trouvera un truc nul à sortir pour changer la conversation et on m'oubliera. (elle "achève" le canard en coupant la carcasse par le milieu) Ouh Pétasse ! Charpie ! Harpie ! Viande morte ! (elle finit, presque en pleurs en découpant de plus en plus violemment te canard) Je suis sûre que je méritais mieux.

Olivia étonnée de son accès de colère, s'assoit en essayant de se reprendre.

Nadège arrive sur scène, elle "répète" un extrait du livre de Sainte Thérèse sur la joie
qu'elle a connu en pratiquant le Jeûne de Pâques. Elle n'arrive pas à jouer l'extralt

Elle lâche son livre.

NADEGE :
Quand j'étals petite. Je croyais que les bonnes sœurs étaient des saintes. Je croyais que ma mère était la plus belle femme du monde et mon père le plus intelligent. Je croyais qu'il suffisait d'être bon pour donner le bonheur, qu'il suffisait de tendre la main pour ouvrir le chemin. Je croyais que les gens qui avaient du talent, n'avaient que du talent. Je croyais que les pauvres n'existaient que pour qu'on puisse les aider. Je croyais que le malheur était un poème et que la souffrance était lyrique. C'est idiot non, quand j'étais petite, je croyais que les bonnes sœurs étaient des saintes. Quand j'étais petite, mon Papa me disait toujours je vais te manger, te manger et ça me faisait rire. Je me sauvais en riant, j'allais me réfugier dans les jupes de ma mère qui faisait semblant d'avoir peur, elle-aussi, du méchant loup et mon père arrivait, il me tirait par la taille, me faisait voler et faisait semblant de me dévorer toute crue. Et je riais, je riais.(soudain sérieuse) Il aurait mieux fait de me manger.
p 19 à  22

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ÉTIENNE :
Bouffe-cul, pense y Bouffe-cul !
 Etienne sort d'un côté, Arielle de l'autre.
 Une musique très boite de nuit envahit /'espace. Olivia et Nadège dansent sur leurs chaises. La musique devient plus "musique de foire" Un bonimenteur vêtu d'une immense cape fait son apparition.

L'HOMME: 
Allez, allez jeunesse. Ça va commencer Roulez jeunesse.
Une femme le suit, elle va exécuter un striptease (très très moyen et très soft, ambiance kermesse minable), sans aucun plaisir, désabusée, elle fait son boulot, un point c'est tout. Durant tout le striptease, le bonimenteur commente à sa façon l'effeuillage des vêtements.
Nadège qui n'aime pas du tout cette ambiance sort pendant le "numéro" Olivia regarde fascinée.

L’HOMME : (texte médical)
De deux à huit minutes après l'arrêt du cœur, le tissu nerveux, et en particulier l'encéphale dégénère rapidement. Les muscles se relâchent ainsi que les sphincters, provoquant l'excrétion spontanée de l'urine et des matières fécales. Le corps encore tiède et mou d'une pâleur cireuse. Au bout de cinq à six heures après la mort, apparaissent des taches rouges,  sombres ou violacées. Puis c'est la fin de la rigidité cadavérique. Le corps commence à se putréfier et à sentir mauvais. Plus tard, le corps se déshydrate, la peau se dessèche et devient semblable à du parchemin qui serait tendu sur les os. Les cheveux, les poils, les ongles, qui ont continué à pousser quelque temps, finissent par tomber. Persistent juste des touffes de poils parsemées. A l'intérieur du corps, certains organes conservent encore leur forme anatomique avant que de se réduire en une bouillie qui remplit, provisoirement, le crâne, le thorax, l'abdomen. Le foie disparaît vers la troisième semaine, le cœur et l'utérus entre le cinquième et le sixième mois. Les graisses se rassemblent en stalactites qui pendent longs et mous, sur les bords du cercueil. Au bout d'un an environ, le cadavre n'est plus qu'un squelette décharné auquel tiennent encore, ça et là, quelques bribes de ligaments, de tendons, de restes de gros vaisseaux. La désunion des os demande elle, de quatre à cinq ans.
 La femme a fini son strip-tease, elle récupère sa jupe et son chemisier et sort sans saluer, suivie du bonimenteur.
 Olivia sort à leur suite.
 Étienne entre sur scène, il s'assoit à une table, seul son verre à ta main, tel un "philosophe de fin de soirée"
 ÉTIENNE : (d’après Brillat-Savarin -1825)
Les femmes sont gourmandes. Le penchant du beau sexe pour la gourmandise a quelque chose qui tient de l'instinct, car la gourmandise est favorable à la beauté. Une suite d'observations exactes et rigoureuses a démontré qu'un régime succulent, délicat et soigné, repousse longtemps et bien loin les apparences extérieures de la vieillesse. Les peintres et les sculpteurs sont bien pénétrés de cette vérité, car jamais ils ne représentent ceux qui font abstinence sans leur donner la pâleur de la maladie, la maigreur de la misère et les rides de la décrépitude. Enfin, la gourmandise, quand elle est partagée, a l'influence la plus marquée sur le bonheur qu'on peut trouver dans l'union conjugale. Deux époux gourmands ont au moins une fois par jour, une occasion de se réunir : car, même ceux qui font lit à part (et il y en a un grand nombre) mangent au moins à la même table. Ils ont un sujet de conversation toujours renaissant, ils parlent non seulement de ce qu'ils mangent, mais encore de ce qu'ils ont mangé, de ce qu'ils mangeront, de ce qu'ils ont observé chez les autres, des plats à la mode, des inventions nouvelles, etc... Et on sait que les causeries familières, « chit chat » en anglais, sont pleines de charmes.
 Olivia entre sur scène, elle se précipite vers Étienne, ils se retrouvent, comme un "vieux" couple en fin de soirée, un slow et ils se mettent à danser mais sans grande conviction. Arielle arrive et danse, elle aussi, seule devant son réfrigérateur L'homme et la femme arrivent enlacés, ils dansent eux aussi sur le slow. Nadège, qui est revenue, les regarde, elle reste appuyée contre un mur.

LA FEMME : (d’après Marguerite Duras) (ce texte est magnifique, il m'a tous les jours bouleversée, j'adorais l'entendre sur scène par ma camarade)
 (dansant) On croit savoir la faire, elle paraît si simple, et trop souvent on la néglige, il faut qu'elle cuise entre quinze et vingt minutes et non pas deux heures - toutes les femmes françaises font trop cuire les légumes et les soupes. Il vaut mieux mettre les poireaux lorsque les pommes de terre bouillent : la soupe restera verte et beaucoup plus parfumée. Deux poireaux moyens suffisent pour un kilo de pomme de terre. On la sert soit sans rien, soit avec du beurre frais ou de la crème fraîche. On peut aussi y ajouter des croûtons au moment de servir : on l’appellera alors d'un autre nom, on inventera lequel : de cette façon les enfants la mangeront plus volontiers que si on l'affuble du nom de soupe aux poireaux pommes de terre. Il faut du temps, des années, pour retrouver la saveur de cette soupe, imposée aux enfants sous divers prétextes (la soupe fait grandir, rend gentil, etc.). Rien, dans la cuisine française, ne rejoint la simplicité, la nécessité de la soupe aux poireaux. Elle a dû être inventée dans une contrée occidentale un soir d'hiver, par une femme encore jeune de la bourgeoisie locale qui, ce soir-là, tenait les sauces grasses en horreur - et plus encore sans doute - mais le savait-elle ? Le corps avale cette soupe à grandes lampées, s'en nettoie, s'en dépure, verdure première, les muscles s'en abreuvent. Dans les maisons, son odeur se répand très vite, très fort, vulgaire comme le manger pauvre, le travail des femmes, le coucher des bêtes, le vomi des nouveau-nés. On peut ne vouloir rien faire et puis, faire ça, oui, cette soupe là : entre ces deux vouloir, une marge très étroite, toujours la même : suicide.

A la fin du slow, seul le couple de "la soupe aux poireaux" continue de danser (sans musique), Etienne et sa femme s'assoient mais loin l'un de l'autre. Arielle est assise par terre devant son réfrigérateur, Nadège est toujours appuyée contre le mur.

NADÈGE :
Elle tape à petit coups contre le mur comme du morse, elle colle son oreille contre le mur, écoute, recommence à taper Tes là? Je ne t'entends pas ! Rapproche-toi. n'aies pas peur Si tu colles bien ton oreille, ça marche, (elle retape quelques petits coups) Je reviens de la pesée et ils ont dit que j'avais grossi. Je suis presque au poids qu'ils veulent, (temps) J'ai trouvé un truc, tu ne vas pas aux toilettes le plus longtemps possible avant la pesée. T'auras qu'à essayer demain, (elle colle son oreille contre le mur] C'est toi qui a tapé, là ? Ça fait combien de temps que tu es là ? Fais gaffe tu sais, je les ai entendu dans le couloir ils parlaient à tes parents, ils parlaient de perfusion et de sonde. Ta mère pleurait, elle disait que tu vas mourir temps )Fais comme moi, mange un peu pour leur faire plaisir et après dehors, tu feras ce que tu veux. Pourquoi tu réponds pas ? (temps) Hier j'ai vu le psy je lui ai dit que c'était un con, ça lui a plu, t'auras qu'à lui dire la même chose, peut-être qu'on pourra se voir Est-ce que tu as refait le même rêve que l'autre nuit. tu sais quand tu étais descendu au cœur de la terre et qu'il y avait toutes ces femmes et ces enfants qui pleuraient ? Pourquol tu réponds pas ? C'est à cause des infirmières, elles font dit que j'étais méchante ? Elles disent ça de nous toutes, (elle colle son oreille contre le mur) Deux coups, deux petits coups contre le mur c'est pourtant pas si dur Pourquoi tu ne réponds pas ? (elle se précipite vers la porte de sa chambre et hurle) Pourquoi elle ne répond pas, laissez-moi sortir je veux savoir pourquoi elle ne répond pas. Apportez-moi tout ce que vous voulez, je le mangerai. Je prendrais tout ce que vous voudrez, même des pilules qui font grossir si vous le voulez. Mais laissez-moi sortir Je vous en prie laissez-moi sortir d'icl.
ARIELLE:
lIs appellent régulièrement, ils ont peur on dirait. Peur de quoi ? De moi ou d'eux même (comme si elle était au boulot). Eh ! Vous avez vu le slogan! Génial non Y'a plus qu'à maquetter la vidéo pour starter tout ça et roule Raoul. Ils vont s'inquiéter c'est sûr, je vais les appeler tout à l'heure, je dirai je pars en vacances, je vous rappelle quand je reviens, je ne leur laisserai pas le temps de protester, je raccrocherai et je mangerai... Comment ça voler ?! Vous avez de ces mots ! Votre quoi ? Vidéo ! Vous osez appeler ça une vidéo ! Regardez-moi ces images ! Ignobles ! Appelez-mol le chef Op du magasin ! (elle crie) Je veux voir le responsable du magasin ! Immédiatement ! Vous pensez à quelle couleur ? Précisez la couleur ! Et là vous pensez à quoi, un souvenir vite, un mot, une idée, vite. Qu'ils en bouffent tous. Qu'ils en rêvent tous. Mais où est passé le budget Bertholdi ! Voyons, dans le frigo ou dans le bac à sable du square ? Un budget pareil, (elle jette tout ce qu'il y a dans son frigo (bouffe et emballages) pour chercher le budget, s'écroule par terre, allongée sur les détritus) Laissez-moi encore deux ou trois jours, après on verra. Mais je vous préviens, il faudra tout faire. [Le premier qui retrouve le budget Bertholdi je lui offre un carambar Non deux. Non trois. Non un paquet, un paquet entier Non un mais un gros. Je vous préviens, il faudra tout faire.] (ce dernier passage du Carambar ne fut pas gardé, je n’ai pas eu besoin de demander confirmation à Philippe Person)
OLIVIA:
Elle se pèse, note sur une calculette son poids, regarde les boites de médicaments, lit la notice explicative, reprend sa calculette

Alors 80 que divise 250 mg ça fait ? (elle regarde sur sa calculette)

(Elle sort les cachets un par un et les pèse tandis qu'elle parle). C'était au tout début de notre rencontre, peut-être la deux ou troisième fois que je le voyais. J'avais tout préparé, tout étudié, la jupe, le manteau, la coiffure et même le chapeau. Un superbe borsalino noir avec la raie au milieu, (elle rit). Je ne peux pas penser à cette histoire sans éclater de rire, (elle se reprend). On avait rendez-vous au Pont Neuf. Tout allait bien. Je ne m'étais pas trompée de côté du pont et il m'avait reconnue. J'ai toujours eu peur qu'on ne me reconnaisse pas. On est parti. Mais tout d'un coup il s'est mis à pleuvoir mais pleuvoir comme pas possible. Les autres s'abritaient sous les porches ou les abris bus, lui continuait, alors moi je le suivais. C'est ça, je le suivais côte à côte. J'étais gelée, transie, dégoulinante mais qu'est-ce que j'étais heureuse ! Un moment quand même, il m'a proposé d'aller prendre un café. J'ai accepté (elle rit au souvenir de ce qui va suivre) On est allé au comptoir, dans la glace je me suis vue. J'avais sauvegardé le maquillage grâce au chapeau. J'étais contente d'avoir mis ce chapeau, il m'a regardé en souriant. J'ai commandé un café. Je crois qu'il était en train de m’expliquer des trucs sur les parapluies, quand, (elle éclate à nouveau de rire) en me baissant pour boire, plouf, une douche qui dégringole sur le comptoir dans mon café et dans sa bière, (elle rit) Je regarde à nouveau le comptoir et, plouf, encore une douche, (elle éclate de rire) C'était mon chapeau. La raie au milieu, qui avait fait réservoir ! Et à chaque fois que je baissais la tête, plouf ! le comptoir, sa bière et mon café arrosés, (elle rit) (temps) S'il avait osé rire ce jour là, plutôt que de me regarder gêné...(elle recommence à rire) Je baisse la tête et plouf ! partout sur le comptoir (elle avale tous les cachets).

FIN
p 25 à 27