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vendredi 28 juin 2024

Avec toi je ne crains rien-Alexandre Duyck-Actes Sud/ Les règles du mikado-Erri de Luca

Avec toi je ne crains rien Alexandre Duyck Actes Sud 
Donc voilà bien longtemps que je n’avais pas trouvé un livre qui m’a aspirée je l’ai tu d’une seule traite. Comme j’ai presque l’âge des ennuis indéracinables, je n’ai pas deux sous de jugeote pour me représenter une carte, un plan j’aimais tant me laisser guider par mon père petite, que je n’ai jamais appris et puis ma mère qui essayait de faire sa copilote avec les cartes comme avec ses souvenirs n’était pas très douée dans le 1 er registre mais impressionnante dans celui des registres, classement chronologiques et j’ai du vouloir lui ressembler et puis c’était presque un compliment pour moi elle n’a pas … le sens de l’orientation… et pour le reste je ressemblais à mon père : elle est dans quelle classe votre fille ? -…..
Dans ce livre on comprend l’original bonheur des enfants avec leurs parents et la marque indélébile de ce départ de vie quand après même à quatre ans ils deviennent séparés insultés orphelins…je ne peux pas vous raconter l’histoire elle a été médiatique mais j’aimerais bien demander à l’auteur 
Alexandre Duyck, est ce que l’un des jumeaux qui a passé sa vie d’adulte à rechercher ses parents jusqu’à la folie dans le glacier avait trouvé l’endroit, ne serait-ce que par défaut…. 
Je ne vous mettrais aucun extrait car ce serait comme retirer un peu de neige à un paysage alpin, vous savez quand le froid était cuisant et la neige abondante même dejà à partir du 15 août….
Lisez-le je ne peux pas vous le prêter car je vais l’envoyer à une amie qui habite les Alpes hautes et donc pas suisses !?  Y a qu’avec elle que je partage de cette façon mes livres car c’est si facile en amitié de se perdre une fois adultes… surtout si on manque d’imagination. Si on s’en tient à la calomnie ça s’appelait du « on-dit-que … c’est devenu un fake… c’est tellement facile de recroqueviller les fleurs…surtout celles des hauteurs après les dénivelés qui se comptent et vous rendent inégaux à moins de se tenir enlacés…






Les règles du Mikado Erri de Luca 

Pour les détracteurs toujours avisés d’Erri de Luca https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-masque-et-la-plume/le-masque-et-la-plume-du-dimanche-23-juin-2024-1905854 et je n’ai pris que des extraits et j’ai évité les quelques lignes sur les animaux si simples et pour vous laisser voguer sur votre quotidien du moment, je ne vous  découvrirais rien ou si peu de l’autre personnage à qui il écrit des lettres… longues. Un cahier. (Pour en sortir de cette période il va falloir s’endurcir manifester  résister car voter ne suffit pas ou tout quitter) 
Les photos n’ont rien à voir mais permettent de me donner du cœur à une de mes promenades préférées passer du XV ème au XIV ème par la rue de la Convention…pour aller chez ma libraire préférée Au plaisir des yeux https://www.facebook.com/share/p/iFYrV2JpEnTNi6kf/?mibextid=WC7FNe 
où j’ai acheté ce livre. 



« La mer est l'opposé de la terre. Elle ne permet pas de regarder d'en haut, elle est horizontale, égale. Elle arrête les pas et pourtant c'est aussi une voie libre.

Tu l'as vue calme, sans rivage à l'horizon, jusqu'au point où l'air se confondait avec l'eau. Tu as eu envie de monter dessus.
Tu étais arrivée à ton point de départ. »

« J'ai plus d'années que de kilos. Les vieux doivent être légers.
L'humanité a été jeune, ce n'est que récemment qu'elle s'est mise à vieillir en masse. C'est un temps inconnu, plus que la jeunesse.
Aucune expérience de vieillesse précédente ne peut servir d'exemple.
Le matin, je fais l'appel, j'invite chaque partie de mon corps à dire présent. Je commence par les pieds pour finir par la nuque.
Je dresse le plan de la journée, les activités indispensables et les superflues. Le feu, l'eau, la soupe, l'hygiène, sont des nécessités, puis je dois ajouter la lecture et le jeu pour l'entrainement des pensées.
La durée du jour est un tour du monde.
Le soir, je me retrouve aux antipodes, la nuit me ramène au point de départ.
Je vis sans montre. Si je me réveille dans le noir à cause d'un bruit, d'un rêve, je n'ai pas besoin de savoir l'heure. Je me concentre sur les battements de mon cœur.
Ils sont plus lents en hiver, je palpe mes carotides pour les sentir.

Je pense à ma mère. Pendant les bombardements, avant de descendre dans l'abri, elle passait une minute à se coiffer devant son miroir pour être présentable.
Une minute pendant un bombardement, c'est un temps énorme à perdre ou à trouver.
Son aspect avait la priorité.
Aujourd'hui, je sais que cette minute d'amour-propre lui donnait du courage. Elle résistait à la force supéricure avec la force mineure de la dignité.
Elle disait que lorsqu'on va payer ses impôts, il faut bien s'habiller et ne pas se donner un air misérable.
La guerre était pour elle un impôt sur la vie des gens. Il fallait se présenter de façon correcte.
J'essaie de suivre son exemple.
Je préserve le feu, avec le reste des braises j'allume celui du matin, je réchauffe mon repas, je sèche mes vêtements.
Je te raconte ces petites choses importantes.
Je retrouve en elles une règle du Mikado: attention aux moindres mouvements, faire avec intention, sans automatisme.
Je lave mon bol sans laisser d'odeur qui puisse attirer des animaux.
Je laisse dehors le marc de café pour couvrir une éventuelle trace d'aliments. Je me sers de la cendre pour dégraisser ma casserole avant de la laver.
Le sommeil arrive, je m'y plonge en quelques minutes.
Au réveil, je remercie, je ne sais qui, mais j'ai envie de dire merci. »

« Mon corps s'endurcit. Mes bras et mes jambes sont les branches d'un arbre. C'est sans doute pour ça qu'on appelle le corps un tronc.
J'ai perdu en taille, mes vertèbres se sont rapprochées en me retirant des centimètres.
C'est une compacité inconnue, elle me transforme en fibre végétale. »
Erri de Luca 
Les règles du mikado

« Écoute, moi je n’ai pas d’enfants ni de petits enfants et je ne cherche pas à adopter.
J’échange quelque chose avec ceux que je rencontre loin des routes.
Je ne fais aucune différence d’âge. Tu me traites de vieux, d’accord, mais j’ai le même âge que toi, je vis à la même époque. Les générations n’existent pas pour moi. Tant que nous vivons, nous sommes contemporains. Nous sommes deux personnes. »








mardi 20 avril 2021

Asia Minor : Points of libration : disque/ "J'aimerais avoir peur de la mort" Fougue Éditions de Fanny-Gaëlle Gentet : livre


Un disque :

Sur FB:

Quels étaient mes rêves d’enfant... écrire et dessiner vivre avec un chien, un chat et un perroquet, peu m’importait qu’ils soient mâles ou femelles, faute de frère ou de cousins de mon âge ? devenir artiste, danseuse pas musicienne car trop de boulot pour chanter, ah chanter, c’était le rêve de ma mère quoiqu’elle n’en savait rien, à cette époque, on n’avait pas d’accès raisonnable à ses rêves, il fallait reconstruire, manger « faire envie plutôt que pitié » et avoir de l’argent sûr, alors elle me disait : « quelle idée le théâtre, le chant encore.... » mais je ne suis pas certaine qu’elle ne m’aurait pas dit : « quelle drôle d’idée de chanter à ton âge, faire du théâtre encore.... » si j’avais tout fait pour chanter sur scène.

Hier c’était ton anniversaire, Maman et je n’ai pas dormi la nuit précédente, tu aurais eu 98 ans.
Heureusement hier midi (nous étions six) ma belle famille nous a accueilli, réconforté, aimé... nourri d’un super bourguignon avec pâtes fraîches et en entrée après champagne, une assiette de la mer.
-Band demo d’Asia Minor le groupe de mes autres soeur et beau-frère qui étaient là dans les six
-Pour acheter leur vinyle bleu turquoise ou leur CD
Et en rentrant, on a écouté Points of libration : c’est beau et vibrant tout les dessins les paroles sont essentielles, comme venues de l’éther ou d’un trou noir et la musique au dessus de toutes les frontières entre l’Asie et l’Europe en mode mineur ....et rien ne vaut l’écoute du vinyle...tout y est extrêmement pro et soigné inspiré du « roi pourpre » selon les critiques : Jethro Tull
et cette famille d’individus qui y ont contribué.
Setrak Bakirel
Evelyne Bakirel Kandel
Pierre Kandel
Chouchane Bakirel
Camille Bakirel Anouch Bakirel
Lionel Beltrami
Eryl Tekeli Micha Rousseau Julien Tekeyan
« Le phénomène de libration lunaire est un exemple illustrant en astronomie ce qu'on appelle la libration (du latin librare, « mettre en équilibre, se balancer »), c'est-à-dire une lente oscillation, réelle ou apparente, d'un satellite tel que vu depuis le corps céleste autour duquel il orbite. »
Réalite ou apparence derrière lesquelles le profond mystère oscille.....
Il faudrait 20.000 ans avec nos fusées pour aller sur la première planète derrière le soleil.....

Un entretien sur Radio Librertaire

http://www.radio-libertaire.org/podcast/enregistr/2021-07-23_39.mp3













Un livre :

Vous trouverez toutes les critiques sur ce site elles sont nombreuses pour ce premier roman
"J'aimerais avoir peur de la mort" Fougue Éditions de Fanny-Gaëlle Gentet
Si je vous le conseille ici c'est que pour moi après le dernier labyrinthe dédale passé dans ma vie ,
c'est que sa lecture me relie aux autres plus jeunes et tenaces, j'en avais besoin...
je n'ai pas encore fini mais la lecture, sa lecture, ne doit pas attendre....
je complèterais le recueil des extraits.

Extraits :
P 20 : « C’est donc ça, la vie d’adulte. Les mêmes emmerdes qu’en étant gamin, mais sans avoir la moindre idée d’où tu seras dans un an. L’argent remplace les notes, les devoirs deviennent les courses, la lessive et le ménage. Tu dois te coucher tôt parce que demain il faudra se lever tôt mais il est 1h du matin et tu es là en train d’écrire ces lignes, tu comptes toujours les jours avant les vacances et tu te demandes quand tu iras mieux.
Elle ne regrettait pas d’avoir grandi. Elle ne regrette pas d’avoir changé. Elle ne regrettait pas le passé ne disait jamais c’était mieux avant. Parce qu’avant rien n’était mieux ! Elle aimait être une adulte parce qu’elle savait qu’elle n’en serait jamais vraiment une. Personne ne lui enlèvera l’envie de sauter dans les escaliers, de jouer à cache-cache, de manger des coquillettes et du jambon, de s’écrire sur le bras ou de faire des grimaces. Personne ne lui enlèvera l’envie et personne ne l’empêchera de le faire. Surtout pas les passants aux regards pleins de remontrances. »

P 25-26
Égoïste ? Égocentrique ? La différence subtile entre ces deux mots occupent vingt pour cent de mon temps. Écrire une thèse sur cette simple différence qui me semble être un des piliers de notre société moderne. Ce qui est égoïstique sans être égocentrique est le mal qui ronge la société, ce qui est égocentrique sans être égoïstique est le train qui le répand. Ce qui est égoïstique et égocentrique est ce qui l’a créé. Ce qui n'est ni l'un ni l'autre est pire encore. Car aucun être humain n'est libre de ce que j'appelle « l'ego-vice». Si tu ne pêches ni par égoïsme ni par égocentrisme, ton vice sera l'ego lui-même, un ego surdimensionné qui te rend « bon »par condescendance, qui te rend « bon » par mépris, qui te rend « bon » par égotisme.
La Sainte-Trinité de la misère humaine : égoïste, égocentrique et égotique.
Nix est égoïste et égocentrique, Nyx est égotique. Son ego est énorme et croyez-moi, il l'encombre. Je pense que c'est pour ça que Nix existe, pour gérer cet ego, lui montrer qu'il n'est pas le maître. C'est pour ça que Nyx a besoin de Nix, elle est son équilibre, sa balance même si parfois elle lui donne l'air folle quand elles se parlent, quand elles s'engueulent ou, pire se font la gueule.»

P 63
Ce sont les libertés fondamentales qui font l'homme. Est-ce mon instinct français qui parle ? Est-ce ma culture forgée par la Révolution ? Peut-être. Et quand bien même, je trouve que cette culture-là est plutôt juste. Les libertés fondamentales font l'homme, le rendent humain et lorsque les classes les plus aisées renient les libertés fondamentales de de celles d'en dessous(sur des critères aussi superficiels qu'un compte en banque), oui, cela est moralement « le mal».

Qu'est-ce que la morale ? Me direz-vous. C'était bien là le dilemme de Nys. Elle était en rien défenseur de la Morale, avec un grand « M » et un chapeau circonflexe sur le «o» et pourtant il lui fallait bien le reconnaître, tout nous ramène là, finalement. Soit, Morale il y aura.

P 73
Me retrouver seule avec mon bouquin et mon cerveau me rebute, je sais où cela va me mener et je ne veux pas y aller et je fais tout pour ne pas y aller.

P 77-78
Nys ne supportait pas de faire des erreurs et la honte mêlée à la peur et à cette affreux sentiment d'échec la poussait très souvent au déni le plus total de sa responsabilité.
Elle n’aurait jamais menti pour se couvrir mais elle avait l’are d’arranger les raisons, les événements et les mots pour se disculper.
N’allais pas croire qu’elle en était fier.
Mais pourquoi ne faisait-t-elle jamais l’effort en amont d’éviter de se trouver dans cette situation d’échec et de mystification ? Était-ce si compliqué de prendre le temps de vérifier, était-ce si compliqué de prendre le temps de faire ce qu’elle savait très bien qu’elle devait faire, mais que son cerveau balayait majestueusement d’un air de dire « tu vaux mieux que ça ». Mais le problème, c’est que, non, mon vieux, tu ne vaux pas mieux que ça, regarde derrière toi et les 2 337 expériences passées qui te prouvent le contraire. Était-ce si compliqué d’assumer que sa nervosité quotidienne lui faisait faire des erreurs ? Oui, parce que cela aurait voulu dire s’avouer qu’elle était faillible.
P 79
J’ai longtemps été grosse et projeté mon mal- être sur mon poids, pensant constamment « quand je serai mince, je serai heureuse ». Cela a lamentablement échoué, mais c’est un autre sujet.
Quand on dit que l’argent ne fait pas le bonheur on vous répond qu’il est toujours préférable de pleurer dans une Porsche que dans une Renault, eh bien moi, je vous le dis, il est préférable de pleurer dans du 36 que dans le 42. Mais, là encore, c’est un tout autre sujet.»


Sur FB le 15 avril

Un livre « j’aimerai avoir peur de la mort »d’une très -par rapport à moi- jeune femme, m’interpelle, elle est aussi scénariste cinéaste écrivaine auteure je la lis doucement comme un élixir anti-poison, des vitamines et non pas un vaccin qui parlerait trop vite à des tas de gens....en une prise qui n’imbibe ni la mémoire ni le corps pour changer son pas...danser rouler à vélo promener ses pensées.
Elle se pose des questions dont une : « que font les gens chez eux... »
Alors Fanny-Gaelle Gentet ce matin je me suis levée à 7h30 j’ai demandé au chat en regardant bien ses yeux s’il était affamé comme souvent... s’il voulait que je lui caresse le haut de la tête entre les deux oreilles sur ses lignes tigrées.
Et puis j’ai déjeuner -petit déjeuner- Test de glycémie très bas, alors petit jus d’orange et deux biscuits après prendre tous les médocs, mais avant la piqûre quotidienne d’insuline lantus. Puis l’envie furieuse de trouver des cartes postales pour un ami une fleur Marguerite de couleur ou « gerbera » avec un mot Merci. Et puis
Il fallait que je la poste avant la levée du courrier à 9h et donc m’habiller vite sans me laver.... les pensées : la solidarité mais pas seulement avec les amis, comment convaincre en se posant vraiment les questions pour l’autre.
Ah j’ai oublié au petit déjeuner aussi j’ai ouvert un pot de confiture au cassis et j’ai retrouvé le goût des confitures (gelées plus sucrées de ma grand mère, certes c’était l’époque de la libération de tous les excès après les restrictions de la guerre qui planait encore ....)
Sinon j’ai brossé notre féline joué avec elle qui a toujours au moins 1/4 heure de pleine activité avant sa 3 ème sieste.... vers 11h
Sinon avant je suis sortie dans ce temps frais et ensoleillé pour faire les courses ; personne encore dans les magasins donc le temps de regarder bien les vendeurs, commis, caissière, leur parler saluer le SDF du quartier si sale si rouge mais qui ne demande rien, sans masque, aller chez le boulanger puis le boucher et les primeurs ; j’adore cela : faire les courses et je suis la 
3 ème génération après ma mère et ma grand-mère je reviens toujours à elle à ma mémé maternelle, nous faisions 3 km à pied pour aller au marché couvert du Vert-Galant...
Pascal s’est réveillé vers 10h et donc j’ai repris un thé au lait pour me rappeler une autre époque celle du plaisir de rompre que je travaillais avec mon amoureux de l’époque psy... il m’a quitté j’ai mis six mois à m’en remettre et accepter l’idée qu’il ne fallait plus que je voie, après moi il avait essayé l’homosexualité et, s’était remis à ses premières amours les femmes, il a eu un enfant avec elle, alors j’ai pigé même si ça me faisait encore plus mal qu’il ne fallait pas que je reste amie avec lui car je le voyais toujours avec elle ; puis j’ai avorté j’étais enceinte d’un comédien qui passait rapidement par ma chambre de bonne.
Lui s’est installé avec sa chef de clinique Marie C que j’ai toujours estimée....

Et maintenant Pascal et moi sommes connectés moi sur FB et lui à ses goals quotidiens de jeux basiques..... La Pharmacie d’à côté l’a appelé pour un vaccin mais c’est annulé la personne qui s’est désistée à changé d’avis on ira à la fin du mois chez le médecin pour le Janssen.
Après je prépare le repas, le livre de Fanny j’en suis à la page 69-page 68 :

« Avec les années elle avait appris à pleurer sans émettre le moindre son, à crier en elle-même, arrêter de respirer pour ne pas réveiller les voisins, prostrée à l’intérieur d’elle-même, à fermer les portes sur le monde pour ne pas alarmer, embêter, fatiguer. Verrouiller les portes qu’il était chaque fois un peu plus dur de rouvrir une fois la crise passée. »


vendredi 26 mars 2021

Le cinéma mort de Bertrand Tavernier et les César avec Corinne Masiero

 Hier nous avons re-regardé le Juge et l'assassin quel film, quel scénario co-écrit par Jean Aurenche :

"Les fous qu'on guérit ne sont pas fous."Quel Galabru et quel Noiret et Brialy Huppert Renée Faure Christine Pascal...

j'essaie de soigner mon corps et mon esprit depuis quelques mois... et j'ai beaucoup de mal sans théâtre et cinéma et toute cette chaîne de morts... si inspirants si structurants pour moi. La transparence c'est une petite mort mais la mort de toute une génération c'est un stationnement en double file dans un désert... on se sent comme entrainé à les suivre et puis.... on se redit 

ouvre un livre, vois un film (sur Arte TV ou sur les chaînes cinéma choisies par mon compagnon), passe un coup de fil, fais à manger, joue avec le chat et demande à ton ami quel rêve a-t-il fait 

et il me répond, j'ai peut-être rêvé mais je ne m'en souviens plus....






Télérama : les dix meilleurs films de Tavernier
https://www.telerama.fr/cinema/les-dix-films-les-plus-marquants-signes-bertrand-tavernier-6847878.php?utm_medium=Social&utm_source=Facebook&fbclid=IwAR3X-DT35D-6iRrqajq3G4aev4djYtgzjN6kFcRTOKJWwNXbVRuBpIZHlic#Echobox=1616692231




à propos de Corinne Massiero``

« Mon corps en ruine signifiait ce qu’on est en train de devenir...Ça fait chier qui ? De montrer un vieux cul et des nichons qui pendent et de la cellulite.....

Réponse de Corinne Massiero »


https://www.youtube.com/watch?v=5_C1LxMH-zk

mardi 23 mars 2021

Avant et après le décès de ma mère, Ci gît l’amer Cynthia Fleury

En rentrant à Paris, 
j'ai écrit cela le 26/02/21.
Deuil dépression dépréciation... Écoulement bouché de la douche et du lavabo sur le même tuyau acheter du DÉBOUCHEUR RAPIDE
Les dates :
départ de chez nous le 14/01, le lendemain de la Ste Yvette, ma mère s'appelait Yvette ; notre cousine donc la veille m'a dit au téléphone qu'il fallait qu'on vienne, 
décès de ma mère le 18/01. 
incinération après RDV au funérarium du Bugue le vendredi 22/01, puis Claudine Francis les grands parents, Celine Jean-Marc les enfants, Anaïs Louis les petits enfantss, seuls les grands parents sont restés souper puis jusqu'au samedi matin 23/01
après chute et perte de connaissance contamination au Covid le lundi 25/01
Isolement diarrhée perte de soi jusqu'au 3/02
Hospitalisation à l'hopital général du 07/02 au 11/02 de Bergerac
Transfert au service HP de Sarlat le 11/02 à 14h47 sortie le 24/02 RDV Ste Anne le 25/02

Il y avait un jeune infirmier psy à Sarlat qui me détestait parce que j'étais de Paris et qu'en Service Fermé, je piquais une place aux personnes de sa région, aux jeunes toxicos qui avaient besoin d'un espoir, je comprenais, je comprends, j'ai écouté aux portes. Et j'ai pensé au livre de Cynthia Fleury c'était peut-être sa façon de guérir ainsi du ressentiment que ce goût de l'amer et ainsi par la même occasion de me repousser vers chez nous.... il voulait à sa manière trier les malades, et choisir ceux aux quels il s'identifiait...

suite...
En rentrant de chez ma mère décédée en passant, au retour par l'hospitalisation suite au COVID  et par l'HP suite à une sévère dépression en province parce que je m'étais réduite au silence et à la grève de la faim et du sommeil, histoire d'en sortir au plus vite de cette mort en ramassis, 

suite à la mort de ma mère à l'hôpital -elle aussi- mais pas du Covid d'un œdème qui des jambes est passé aux poumons suite à un coeur, délaissé,  affaibli dirai-je à 97 ans. Etait-ce le covid on ne le saura jamais car on ne teste pas encore les cendres...
Je me disais sans arrêt avant de parler aux psys et ne pas savoir quoi dire, leur dire, que j'avais lu "ci-git l'amer," et que cela ne m'avait servi à rien, non seulement, je suis tombée dans le ressentiment, mais en plus je me rabougrissais en moi-même. Je n'allais ni vers l'ailleurs, ni le sublime, ni quoi que ce soit. Mais ce goût que j'avais dès la prise des premiers substances en "...ine ": venlafaxine et dosées à 75MG par jour, ce goût de métal et ces tremblements et cette impression d'avoir bientôt les dents qui tombent, c'est cela non le goût de l'amer, où comme elle l'écrit "aussi une façon de guérir du ressentiment."

En rentrant à Paris comme si de là-bas je n'étais jamais partie ou n'étais jamais retournée encore... Mon compagnon dans les premiers jours... me disait je vais y retourner seul pour prendre ce que j'ai oublié les parfums, les oignons, ton capteur pour prendre ta glycémie, les crêpes, les draps sales, tes bijoux et faire un coup de ménage. 
Le service d'accueil aux urgences de Ste Anne a préféré me consigner aux bons soins du CMP de Grenelle et que je reste chez moi, à 5 mn de là, je n'avais jamais vu avant cet immeuble, 
Mais je n'ai pas voulu qu'il me laisse seule, mon compagnon, je déteste la solitude en ce moment, au début je me sentais affaiblie et fatiguée sans repos, sans même l'énergie pour réussir les repas quotidiens, en revenant à ce point mort où j'ai toujours su cumuler préliminaires et handicapes. 

Mais j'étais tombée, j'avais perdu connaissance, égratignures à la tête ; la tête ça saigne toujours plus qu'ailleurs et les deux pieds bleus, cognés, coincés dans la ruelle sans foulures, ni entorses, mais là le toubib a dit il faut faire un test Covid, 3 jours donc après les funérailles et le test était positif. Heureusement je n'ai contaminé personne, ni aux funérarium, crématorium, ni le soir au repas avec les béarnais amis de longue date de pères en mères et filles et petites filles.
Au goûter, un kouglof porté par les amis, nous étions six adultes et deux enfants, au souper que quatre et ensuite ils ont dormi dans le lit de ma mère et sont repartis après le petit déjeuner. 
Ce n'était surement pas le variant britanique.


mon père jeune


 

Samedi 12/12/2020
si je devais extirper choisir un passage un seul de ci-gît l’amer, de Cynthia Fleury je prendrai ...je crois... pour bien me rappeler de tout le cheminement de sa pensée étayée, démontrée par les constatations, observations, pensées des philosophes sociologues et psys et historiens. La lecture en a été pour moi fastidieuse mais tellement riche en « ouverture » pour un salut de la main et de l’âme, j’en suis  qu’aux deux tiers pour tout vous dire....
P 191
Pour ne pas basculer dans le fascisme....
« Il y a la panique complaisante devant le petit présent, le « maintenant » non métaphysique, le maintenant bien quantitatif, celui d’un confort que l’on croit avoir comme Dieu(lapsus du micro) dû.
Cette tentation à laquelle la plupart d’entre nous s’agrippe est terrible, du moins si elle a toujours le dernier mot, car elle nous maintient dans une incapacité à nous extraire du temps présent et de la réification (Transformation, transposition d'une abstraction en objet concret, en chose )il faut toujours un pied en dehors du maintenant quantitatif si l’on ne veut pas prendre le risque de voir ses deux pieds enlisés dans le ressentiment. Cet enlisement dans le maintenant quantitatif va produire le contexte nécessaire à l’acceptation de l’inacceptable, car se met en place une sorte de « cécité hystérique », concentrée uniquement sur soi, sa survie, et qui rend impossible le décentrement vers autrui»
.... 

Publié le 14/12 2020 sur FB

L’état du moral des français ceci n’a que valeur pour un seul exemple ou témoin...de vie quotidienne 
et encore avec abonnement sur chaîne payante 
on a commencé hier la saison 2 de « Big little lies »et j’ai tellement bien dormi après...malgré toute la journée. 
Une journée avec son lot de mauvaises nouvelles perso et générales et puis une engueulade au sujet de FB. Mon compagnon ne partage ne « like » rien, mais voudrait recevoir les notifications des personnes qu’il préfère...le leitmotiv « c’est nul FB... »
je me souviens d’un prof en BTS de communication, qui m’avait à juste raison épinglée quand je disais des spots publicitaires : « c’est nul ! »(dans les années 90... j’avais essayé de reprendre des études j’étais la « senior » de la classe, on étudiait les « sociaux styles » le prix psychologique.... et l’économie, la comptabilité....

Et j’ai pensé à la réflexion de la psy -vous ripostiez- dans la série qui se heurte au déni de sa patiente. Bien-sûr cela n’a rien à voir avec des violences physiques. Mais donc mon compagnon par mes propos et mon ton, m’a dit « tu ne vas pas être violente » et j’ai répondu « mais je riposte, tu n’arrêtes pas de me dénigrer sur « mon existence » dans les réseaux sociaux, alors que je n’existe que là en ce moment...

Bon mon compagnon a changé les données tout seul et a mis ces amis là, en favoris et moi je suis sortie faire des courses, un dimanche soir pluvieux dans les épiceries supérettes ouvertes. 

Donc la soirée ensuite fut réparatrice : après repas, revoir sur Arte  les sept mercenaires avec YUL BRUNER et Steve Mac Queen... et ensuite sur OCS voir les 2 premiers épisodes de la série saison 2, quelle actrice Meryl Streep. Merci à la culture et j’ai lu aussi avant de m’endormir très vite mon livre difficile mais si intense et profond « Ci-git l’amer » de Cynthia Fleury : p 193 ils ont atteint un tel faux-self -qu’ils ne savent plus distinguer la vérité de la mauvaise foi. Ils se parent de vertu, donnant au mal l'allure d'un bien supérieur.
P 195 méthode de Paxton => laissons les discours de côté, concentrons nous sur les actes 

P 199-200 ne pas en rajouter « Inutile d’être tragique il suffit d’être sérieux".Jankelevitch 
Soigner, se soigner jusqu’au bout du moins le tenter, j’ai créé un nouvel ordre des choses pour l’individu. Ici soigner c’est dénoncer les blessures du colonialisme et du nazisme, démontrer leur violence absolue, les faire basculer du côté des crimes, des crimes contre l’humanité et leur imprescriptible, la Shoah et l’esclavage. C’est ouvrir le futur par l’imprescriptible
P 206 L’homme noir n’a pas à se soucier de l’homme noir, il a à se soucier de l’homme. « Le blanc est enfermé dans sa blancheur. Le noir dans sa noirceur. » Fanon : Peau noire, masques blancs  

Le livreur n’avait pas mis son masque (posé sous le menton) et moi j’en avais pas du tout, quand j’ai ouvert la porte, seul le chat s’est planqué sous le canapé, j’ai aéré et ai eu spontanément mal à la gorge... mon compagnon m’a rassuré lui dehors,  toi dedans à distance : geste barrière ensuite.....lavage de mains... 
on se voit devenir « nul »... ou un peu mieux, pas essentiel...

Autres extraits 
Page 19-20 Le ressentiment nous mène vers ce chemin, sans doute illusoire, mais néanmoins bien âpre, de l’impossible réparation, voire de son rejet. Il est évident qu’il y a des réparations impossibles qui obligent  à l’invention, à la création à la sublimation. Mais entrer dans le ressentiment, c’est pénétrer là sphère  d’une morsure acérée, qui empêche la projection lumineuse, ou plutôt qui valide une certaine forme de jouissance de l’obscur, par retournement comme par une stigmatisation inversée. « Cette ruminations, cette reviviscence continuelle du sentiment, et donc très différente du pur souvenir intellectuel de ce sentiment et des circonstances qui l’ont fait naître. C’est une reviviscence de l’émotion même, un re-sentiments. » Max Scheler : l’homme du ressentiment (1912)
La phrase la plus importante
Page 28
Il serait ainsi sain de savoir reconnaître son égalité avec autrui sans avoir le besoin de lui nier ses propres qualités.
Page 29 autrement dit, le « monde commun » se maintient en laissant à chacun le droit de s’illusionner sur sa propre valeur.…
savoir admirer, savoir reconnaître la valeur des autres est, à l’inverse, un vrai antidote au ressentiment, même s’il demande dans un premier temps une force d’âme plus élaborée

Page 31
Discerner suppose du temps, de la patience, de la prudence, un art de scruter, d’observer, d’être à l’affût : on discerne en retenant son souffle, en devenant plus silencieux en se faisant voyant et non voyeur en disparaissant pour mieux laisser la chose observée se comporter naturellement...

Page 32
La rumination de la mort ne produit pas une analyse libératrice de la mort. « Nous troublons la vie par le soin de la mort et la mort par le soin de la vie. » Dès lors, Montaigne opte pour une définition tout aussi essentielle  de la mort, mais lui refuse d’être la finalité de la vie. Ce n’est pas un «but », mais un simple « bout ».

Page 33 notes 1
la mélancolie au sein de l’abondance... Tocqueville (1830-1835)

Page 34-35
Utiliser le stigmate victimaire de façon tyrannique 
Nietzsche => l’égalitarisme « la morale des esclaves - qui désirent l’affaiblissement des autres -

Numineux : phénomène mystérieux que l’on ne parvient pas à expliquer de manière rationnelle et qui laisse à penser qu’il est relié au divin

Page 38
Individualisme de la responsabilité assez d’humilité  pour porter sa charge, assez de lucidité pour ne pas sombrer dans le ressentiment dès lors que d’autres n’assument

Page 40–41
L’amour… Est un acte qui relève de l’esprit et non de la sensibilité autrement dit de la décision, et un sens du devoir est de la responsabilité.

Page 46
(Jeunes cas clinique) ressentiment pour faire face au vide et divertissement ne sont pas si étrangers

Page 52-53
Victor Hugo il parle des hommes-océan. Les décrivant il pense à donc à Shakespeare, à Michel-Ange, ces illustres, ces talentueux ces génies qui ont traversé les flux et reflux de la vie ce « va-et-vient terrible, ce « bruit de tous les souffles, ces noirceurs et ces transparences, ces végétations propres au gouffre ». Voilà ces hommes océan qui fabrique l’œuvre immense, qui touche la grâce alors même qu’ils sont face a l’abîme. Non que cet abîme produit, comme par magie, son contraire. Nullement. Il les appelle les « aigles dans l’écume », ceux qui sont capables d’un tel « niveau après le bouleversement », ceux qui ne cèdent pas au naufrage, car il y a un naufrage.
....
« La foule des êtres manqués est bouleversante ; plus encore leur insouciance beâte, leur sécurité (l’absence d’intérêt pour l’évolution collective de l’homme) –combien tout peut s’effondrer. Nietzsche : la Volonté de puissance 

Page 75
Bruno Latour à propos du style répétitif de Péguy
« Ce qui est naturel se reproduit ; ce qui est mensonger ce rabâche ; ce qui est essentiel se répète. Ce qui importe demeure présent et donc est repris sans cesse pour ne pas passer et surtout est repris différemment pour ne pas être rabâcher… La répétition sourire de l’être au temps »

Immanence : Ce qui est dans sa propre nature opposé à transcendance

Page 77
Ne pas sombrer dans le découragement face a la barbarie ? « Le ciel des valeurs est un ciel déchiré. » (Vladimir Jankelevitch) de quoi nous consoler d’avoir enfin renoncer à l’illusion suprême de la pureté.

Page 80 
mettre la même distance face à nos propres malheurs que face au malheur du monde.

Dyspeptique : digestion

Page 82
Premier retournement, très typique, de celui qui n’aime pas, qui veut être aimé et que l’absurdité de la chose n’interpelle pas.

Page 111 
Se séparer de la jouissance peut paraître insensé. Se dessine alors un objectif pour l’éducation, apprendre au sujet, le plus tôt possible, à expérimenter un déplaisir quand il laisse libre cours à ses pulsions de haine, autrement dit à lier la capacité de frustration à un plaisir, précisément, celui d’une certaine forme de maîtrise et de symbolisation : grâce à cette capacité de la frustration sublimée, je puis être ailleurs qu’ici,  je puis transformer l’absence en présence, l’avoir en être, ou inversement. Je peux être mobile, m’échapper et finalement ressentir un peu de ma liberté comme désaliénation.

dimanche 21 mars 2021

Départ en vrac : Série Big little lies, Martine Chevalier dans un film... ma mère...

le 15/12/21
Bon nous partons chez ma mère en Dordogne puisse t’elle aller mieux....
Alors je vous mets ici les quelques publications qui ont été mises sur FB sans retravailler les mots textes...

Nous venons de regarder le dernier épisode de Big Little Lies saison 1 très « emballés » par le dernier épisode même si la série met du temps à s’installer et je n’aime pas particulièrement Nicole Kidman mais je vous assure qu’elle « envoie » dans cette série elle nous touche et les enfants...
Doit-on regarder la série 2  je n’ai pas envie d’être déçue même si j’aime Bcp Meryl Streep.

Voilà nous avons fini dévoré encore plus la saison 2 

Bravo aux actrices aux enfants aux scénaristes c’est une gageure que d’aller malgré tout chercher plus loin dans les familles l’origine des mensonges....de tout tenter pour repartir vers un horizon à peu près dégagé quelle actrice Nicole Kidman j’espère qu’elles pourront s’accorder pour une saison 3 car cette série dit beaucoup même si c’est sur la cote ouest des États Unis, de la modernité et de ses variations sur l’amitié la sororité. Le procès car il y en a est tellement bien...ah ces américains !




La série The Undoing sur OCS mini série de 6 épisodes avec des acteurs incroyables dans tous les rôles à commencer par Donald Sutherland les avocats, la procureure, le flic, l’amie, la victime, son mari, les enfants : l’un qui pleure, l’autre moins. Les thèmes nos préjugés ceux de classe sociale dans un thriller qui nous ballade alors qu’on a toutes les clés des le départ. Ma scène préférée hors les duos des deux acteurs principaux Hugh Grant et la blonde rousse Nicole Kidman est celle avec Donald Sutherland et le directeur de l’école pour trés très riches avec comme alibi intégrer quelques pauvres...
J’ai une question devant quel tableau du Metropolitan Sutherland se recentre donne RDV : Turner ?
C’est à revoir...
J’étais orpheline après la fin de Cheyenne et Lola mais cette série toujours sur OCS nous a repassé....
Le temps ferme de notre réalité sous Covid s’est fait oublier et déconstruire...




Ah quel bonheur ! cette femme est une égérie écoutez jusqu’au bout si vous aimez le théâtre, à la fin elle dit, elle joue un extrait du mariage de Figaro de Beaumarchais, une déclaration de Marceline la mère de Figaro au procès, pour plein de raisons elle m’a mis les larmes aux yeux, Michel Fau l’adore comme à l’origine élève de Vitez
Ça vole haut dès le début :
« On ne peut pas lésiner avec Claudel »
« Jouer la comédie, jouer la vie »
VItez a changé sa vie, d’ingénue au concours du conservatoire à la voix haute, il en a fait, une des plus grandes tragédiennes. Jamais il ne montrait, il lui a ouvert l’horizon, comment ne pas rentrer dans le moule. Elle est sortie de sa classe en 1974.
Ses conseils... ne pas avoir peur de soi.
Dans la vie elle est très timide à côté de ses pompes mais sur scène elle monte aux rideaux .... le corps est un instrument....
Au théâtre l’âge l’apparence, les 40kgs à 20 ans, importent moins qu’au cinéma.
Pourquoi je n’ai pas vu ce film : Deux, sorti en février dernier il est en VOD, elle joue le silence...
Merci pour cette pépite pour l’apprentissage du théâtre, pour la vie et notre capacité à nous réinventer. Ses yeux pétillent comme ceux d’une enfant sur cette photo.



une série sur les zombies coréenne Kingdom saison 1 & 2
Bon cette série a laquelle j’ai eu du mal à m’accrocher au début de la saison 1 m’a happée pour la deuxième saison le jeu très théâtral n’est pas pour me déplaire l’esthétique les références à Kurosawa à Game of Thrones même pour moi qui n'est vu que quelques épisodes dont la guerre avec les morts... à la liste de Schindler m’ont donné un envoûtement augmenté, j’ai préféré à Parasite...

Ma mère est morte le 18/01/21
c'était donc avant le décès de ma mère pour un sommeil sans mauvais réveil délire ou respiration entrecoupée par le manque d'oxygène ... vous pouvez lui parler m'a t'on dit elle entend votre voix même dans ce coma là, je parlais fort car endormi par la morphine on reste sourd, les infirmières sont venus fermer la porte. 
les images préfabriquées de sa propre mort se superposent où l'on se voit au sommet des arbres enneigés sur un lit de nuages le pays enfin du silence retrouvé où l'on n'agresse pas sans raison où l'on ne percute pas pour voir si les bleus s'étalent sous la peau... disparaissent ou présage de la gangrène. quand le voile de la fiction se mélange à la réalité, comment en sortir quelle autre issue qu'arrêter le temps... 

time out 7 from lise bellynck frédéric aspisi on Vimeo.



vendredi 20 novembre 2020

Ailleurs de Gérard Depardieu au Cherche midi

Lire Depardieu ou ce que ses éditeurs ont accepté d’accoucher de lui est « fulgurant » dès les premières pages, en force et en lévitation avec ses retours sur son passé d’enfant, immanent, il a survécu à un avortement raté.... Cela m’a fait penser à la libération de Cioran quand sa mère lui avait dit : « j’aurais du t’avorter.... »
Le chamane de l’émotion, immense acteur, sait en parler, distribuer des petits cailloux, du jeu...pour mettre dans la chaussure, comme pour ouvrir le chemin vers ailleurs. Rien ne nous empêche de partir ailleurs.....
Déjà savoir qu’il aime et déteste les mots et préfère lire les livres d’histoire, et partir ailleurs pour lire les regards et dessous les mots d’une langue étrangère.....il aime pas
La vieille France qui vit dans ses écrans et ne se rencontre plus.... et qui nous fait tous et chacun mourrir seul et oui, mais libre quelquefois des conseils projections infantilisations des enfants comme un vieil écrivain un Jim Harrison devant la vallée de la mort. Le désir l’amour ne peut pas durer si l’on se veut gourou sans fans.

P 24
...
J’étais un enfant très joyeux. Attentif disponible, à l’écoute.
À l’écoute de tout.
C’est curiosité et cette joie ne m’ont depuis jamais quitté.
Cette foi en la vie.
Quand on me foutait à la porte de l’école, je ne le prenais pas mal. Il y avait toujours un chien qui arrivait, qui me suivait partout. Et j’étais plus à l’aise avec lui qu’avec les professeurs. Au moins, il était reconnaissant, il voyait que je ne lui voulais pas de mal, je le caressais, il bougeait la queue. On était heureux, tous les deux. Et ça me suffisait. 
...

P 51 
Elle est bien loin, l’époque des grands explorateurs.
L’uniformité qui gagne le monde a aussi gagné le voyage.
Aujourd’hui, tout le monde ou presque va au même endroit.
On suit le guide, la mode, les agences de voyage ou les médias.
Leur planète se réduit ainsi à cinq ou six destinations, bien confortables, avec juste ce qu’il faut d’exotisme.
Mais la planète est bien plus grande que ça, bien plus vaste que tout ce que l’on peut nous vendre.
J’ai parcouru des immensités, où mis à part ceux qui y vivent, personne ne met jamais les pieds.
Des immensités dont on ne sait rien, où tout est surprise.
C’est souvent là où j’ai vécu les instants les plus beaux, où j’ai rencontré les gens les plus émouvants.
Ce n’est pas toujours confortable, c’est vrai, mais pourquoi faudrait-il que le voyage soit confortable ?
Le voyage ne doit pas être confortable.
C’est en perdant tous tes repères que tu peux vraiment commencer à vivre un pays.
Parce qu’un pays, il ne faut pas le voir, il faut le vivre.
Sans plan, sans programme.
C’est important, la façon dont on l’habite personnellement, cette planète
Comment on profite ou non de tout ce qu’elle a à nous offrir.
Notre rapport à l’Ailleurs est bien souvent la meilleure mesure de notre volonté d’être. Et de notre liberté.
...

P 53
...
Je n’ai besoin d’aucune langue pour m’exprimer, je préfère les regards.
J’aime observer quelqu’un dont je ne comprends pas la langue, être complètement attentif à lui, à tout ce qu’il dégage, à tout ce qu’il est. Voir comment son histoire et sa géographie vivent en  lui.
Je lui souris, je l’imite, et très vite je vois qu’il me regarde comme si je parlais sa langue.
C’est ce regard là, que je vois et que je vis dans ses yeux, qui fait que d’un seul coup on est en connexion.
C’est ce que d’aucuns  appellent  une communion.
À l’état pur.
J’étais à chaque fois aussi soudain et surprenant qu’un prophète qui te dit : « lève-toi et marche ! », Et tu te mets à marcher.
C’est la foi en la vie tout simplement.
L’ailleurs qui est dans le regard de l’autre devient alors ce qui t’est le plus proche.
Ce qui s’exprime ici, c’est l’humanité dans toute sa richesse.
C’est humanité qui est là depuis l’aube des temps et qui soudain ressurgit à travers ce regard.
Cet instant d’éternité, c’est ce que je préfère au monde.

P 107-108
...
Pour continuer.
Continuer à aimer.
Ce n’est jamais en allant vers soi que l’on peut trouver l’Ailleurs, c’est toujours en allant vers les autres, vers la vie.
Il faut commencer par se délester de soi-même.
Ce qui est toujours un grand soulagement tellement on s’encombre en permanence.
Et surtout enlever toutes ses barrières.
On en revient alors à son regard d’enfant, cette innocence qui seule peut soigner.
Mais cela ne peut s’obtenir que sans mensonge, dans une franchise totale.
Ce qui est tout sauf paisible.
Ça peut même être destructeur, parce qu’il faut tuer beaucoup de choses en soi pour pouvoir s’alléger. Toutes ces choses qui, au quotidien, nous tuent à petit feu.
Il faut tout nettoyer.
Avoir le courage de s’extirper de soi-même.
C’est la seule façon de retrouver son état d’enfance.
Son infinie fraîcheur.
Ouvrir large les vannes, larguer les amarres, se laisser emmener par le courant et oublier tous les retours possibles.

P 113-114
...
Prends n’importe quel condamné à mort. Si on l’amène à la culture, la violence disparaît.
La violence, c’est toujours un malentendu avec soi-même, une frustration, quelque chose qu’on arrive pas à exprimer. Si l’on arrive à donner une forme à cette expression, on se calme tout de suite. La culture adoucit. Il y a toujours un livre où on trouve non pas la vérité, mais sa propre vérité.
La culture, c’est un Ailleurs qui n’en finit jamais. C’est comme l’histoire d’Abraham qui s’allonge pour compter les étoiles, ça n’en finit jamais.
Il y a ce très beau film avec Burt Lancaster, le prisonnier d’Alcatraz. L’histoire d’un condamné à perpétuité qui trouve un oiseau blessé dans la cour de la prison. Il le soigne, l’apprivoise, devient peu à peu un brillant ornithologue. Cet oiseau lui a fait découvrir son Ailleurs.
Alors tu peux trouver tous les mensonges intérieurs que tu veux pour ne pas passer le pas. Tous les alibis. Mais, ou que tu sois quelque soit ta condition, il ne faut pas avoir peur de vivre.
Ni d’aimer.
C’est la même chose.

P 128
...
Quand je reviens de Russie, d’Algérie, d’Éthiopie, d’Ouzbékistan, j’ai l’impression qu’en mon absence une bombe a explosé.
Je suis stupéfait par le vide qui règne.
Dans les rues, dans les regards, dans les esprits.
Par ce silence inquiétant.
Je n’ai jamais vu un pays où les gens s’arrêtaient si peu dans la rue pour se parler. Il court d’un endroit à un autre et rentrent bien vite chez eux.

P 210
...
Nos peurs sont nos morts.
Mais la mort ne me fait pas peur.
J’écris ça, mais je ne sais pas comment je vais réagir le jour venu.
J’ai un peu comme les mecs qui te disent :
« Si j’avais eu 20 ans pendant la guerre, j’aurais résister. »
Tu parles…
On ne sait rien de soi à l’avance.

Allez- y vers l’Ailleurs des migrants par exemple dans nos rues... 
pour reprendre le chemin de mes Élucubrations... et de nos discussions avec mon Chéri à propos de mes lectures, Pascal a conclu : c’est sûr que lui l’Ailleurs, il ne peut pas le trouver en prenant le métro ou chez son boulanger ou au Franprix du coin...
L’ autre jour j’étais à la vie Claire -comme tous les bobos qui se respectent à Paris !, je m’y sens bien, l’équipe est très sympathique ; et dans les rayons un petit garçon à vélo de deux ans et demi était venu avec sa mère rejoindre son père, il était tellement content de pouvoir lui faire peur, bien après je l’ai entendu sortir tous les paquets de gâteaux secs au chocolat et dire si fort « chocolat »que je lui ai parlé en répétant « chocolat » tu le dis bien « chocolat » son père riait si franchement ; j’ai payé à la caisse proche du présentoir à « chocolat »... et en sortant j’ai salué la compagnie, au revoir messieurs, et mesdames, je me suis retournée  sur le petit garçon qui en me faisant signe au revoir, en me regardant me disait : «  chocolat, chocolat ! » J’en ai eu pour ma journée de cet Ailleurs là, j’espère le retrouver pour lui dire bonjour : Chocolat... tu te souviens et je le lui raconterais....
cette histoire je l’ai racontée aussi bien-sûr à Pascal et à un ami qui lui me téléphone encore....comme quoi même en cas de 2ème confinement, on a encore des choses à se raconter...








vendredi 13 novembre 2020

Les Mille et une nuits et L’Arabe du futur tome 5















Ces livres sont proches dans le hasard de « mes caisses »,  qui selon ma mère me servent d’étagères, en fait ce sont de véritables étagères données par un ami de Pascal :  dessinateur poète musicien et qui lui aussi n’a pas eu son heure perpétuée de succès il a pas mal travaillé ici et ailleurs....pourtant mais il reste comme d’autres au monde des poètes anonymes qui surmontent tout et resurgissent dans leurs familles d’amis indépendants car assujettis à leurs seuls choix sincères et désintéressés. Des indépendants les amoureux et les poètes sont magiciens et de tous les temps antiques comme modernes. 
Pourquoi deux photos de ces livres des Mille et une nuits pourquoi comment expliquer par des mots ce qui me semble important et si infiniment sans importance, 
je les ai changés de place parce que je voulais mettre en exposition, au dehors les exemplaires de l’arabe du futur pour que déjà ils soient visibles et accessibles à tous les gens de passage... y en a pas beaucoup des passants à l’improviste notre amie et gardienne Lucilia et son fils Samuel qui hier nous ont apporté des crêpes et le chat a même cassé l’assiette « par l’odeur alléché »! 
Oui mais au cas où, les enfants passionnés de jeux électroniques  si tu ne leur proposes pas quelque chose de plus attractif attrayant tu crois qu’ils vont les lâcher leurs jeux....

Revenons à l’Arabe du futur 5 de Riad Sattouf, c’est addictif tout y est, ça reste, on se sent abandonné après la dernière page,  il faudra attendre un an pour voir la suite en Bd de cette auto fiction. Je me plains à chaque fois des lignes typo trop petites les plus petites pensées, mais en même temps c’est pas mal de prendre la loupe et les lunettes pour y regarder à deux fois ce sont à chaque fois des sortes de didascalies alors !? Rien n’est petit des échanges ou pensées entre les personnages j’adore, la grand-mère, la voisine, les petits rôles qui font la vie comme les grands : la mère et le père, à ce dernier, on lui pardonne presque l’impardonnable, c’est un arabe du futur looser cultivé et tout mais ça ne suffit pas....






Moi aussi à la même époque j’aurais voulu me marier à un jeune arabe pour faire chier mes parents parce qu’enfant je jouais avec Ali parce qu’après encore les représentations de Il est trop tard on allait au Scorpion une boîte de PD qui laissait entrer tous les jeunes arabes et moi la fille amie des PD j’etais choisie par Amar, Omar qui m’avait dit que je devais avoir une collection de dessous noirs et chics, il a passé la nuit mais après ensuite il n’est pas venu me voir jouer au théâtre où je jouais la Vierge folle photo avec la robe bleue et sur cet article pour la suite en noir et blanc....


Post du samedi 7 /11 à 10h50 sur FB
Chaque jour un objet qui me dit avec qui... je vis 
Aujourd’hui un duo, une tapisserie du Rajasthan qui vient des voyages en Inde de mon Chéri, ces voyages qui le racontent tant et qu’il ne fait plus...tapisserie que j’aime infiniment car quand je la regarde elle me perd et cela me repose. Duo avec un recueil de livres de contes les mille et une nuits que je lisais, ces contes sont tellement instructifs, intrusifs, inclusifs.... comme s’ils racontaient toutes les figures possibles humaines et leur dimension de pouvoir, avec celle imaginaire, le merveilleux est ici pour adultes, les djinns sont à la fois anges et démons comme nous tous et un chacun ; les yeux des princes princesses ressemblent à ceux des gazelles. Je les lisais donc à voix haute à un ami (sur scène avec moi 3 ème photo) mort du sida. Il a emporté les mêmes livres dans son cercueil... mais j’en ai déjà parlé ici...Prenez soin de vous.

Post légende de la photo des livres sur FB 
Mais les photos ne suffisent pas pour aimer....

 « Les Mille et une nuits traduits par René R. Khawam né à Alep en 1917 « sa technique de traduction, scrupuleusement fidèle au rythme poétique du texte initial quel qu’ il soit préfère toujours à l’interprétation élégante qui s’acharne à serrer de près l’idée, une transposition « directe » qui reflète plutôt l’image porteuse de l’idée. Cette traduction peut paraître plus naïve, plus triviale : elle seule pourtant rend vraiment compte de la saveur inimitable de la langue arabe. dans sa richesse et dans sa diversité. »


jeudi 28 mai 2020

Lire les petites victoires de Pierre Notte

Ce livre c’est le symbole le geste manquant qu’est-ce qui me manquait pendant ce confinement ? Je l’ai matérialisé par la lecture de ce roman In extenso depuis le déconfinement, il me manquait un espace une vacuité une liberté une porte qui peut rester ouverte 
Ce livre : les petites victoires ne parle pas que des privilégiés de notre société bobo parisienne loin de la ce sont des hommes des femmes une famille oui mais c’est au delà de toutes les questions réponses qu’on se formule sur les gens...  Surtout quand senior on commence à rester posé si on les caressait un peu longtemps les gens on n’énumèrerait pas des idées sur les apparences de leur vie.
C’est profond l’entre deux et moi qui ait eu beaucoup de difficultés depuis la retraite pour reprendre le chemin invisible de la lecture là j’ai même trouvé enfin... le siège l’horaire la pièce où je suis le plus loin des écrans. Dans la chambre dos à la fenêtre avec les lunettes, en fin de matinée,  pour ne pas m’endormir malgré moi... l’édition brochée car sinon les poches même s’ils sont plus palpables sont écrits en police de caractères trop petite et j’y bute ...

Ces livres me donneraient comme une robe neuve l’envie de danser et de passer à autre chose malgré le silence d’ici c’est à dire pas de radio en fond sonore...
Tout d’abord sur FB  j’ai écrit à son propos le 22 mai 2020
Les gens du quartier qui vont faire leurs courses sont aisés même âgés du côté du Champ de Mars. J’ai vu un militaire faire des pompes les pieds en hauteur sur l’assise du banc, des fleurs presque laides débordant la taille habituelle des hortensias sinon une famille avec un petit lot de giroflées rose fushia, la petite fille les respirant, à cet instant tu souhaites un miracle mais les giroflées sont inodores...
J’ai traîné vaqué dans les boutiques avec gel masque tout l’attirail pour quêter des petits cadeaux, un autre masque, des brosses à dents écolo chez Alter mundi et puis Monoprix avec remise sur tout ce qui est présenté de 30 % pour changer de saison : un petit haut un bas pour moi et pour toi un polo, zut je n’ai pas vérifié, il est à manches longues ! Puis déjà 18h45 alors je rentre sans m’être posée alors que j’avais emporté la gourde les amandes noisettes noix de cajou et le livre des Petites Victoires de Pierre Notte. Il écrit si bien pour vous attacher sans tremblements aux personnages féminins masculins avec toute l’épaisseur de leur solitude ;  il les réhabilite sans concession, on les adopte, si j’avais eu une fille je l’aurais appelée Clémence. Ce qui me manque le plus rentrer dans une brasserie pour lire, pour regarder les passants, pour penser à tout à rien, à ma vie, à ce que sont devenus mes amis...pour boire un Perrier fines bulles rondelle. 
Je vous recopie un extrait p 102-103 :
« C’est bien ça qu’elle voulait, une plâtrée d’oeufs dans une assiette ronde, parsemée de taches noires, champignons de Paris, grillés revenus à la poêle dans une huile d’olive de qualité correcte. Le tout est saupoudré d’herbes fines et lâche dans l’air froid ses odeurs poivrées. Elle n’a jamais su commander ce qu’elle voulait. Elle lisait et relisait la carte, hésitait, comparait les prix, choisissait , se ravisait et prenait une salade quand elle rêvait d’un steak, un café noir quand elle aurait préféré un bordeaux capiteux. Elle allait contre ses désirs. Elle se privait, se punissait. choisissait le moins cher, le sandwich à la place du croque-monsieur, le croque-monsieur à la place du croque-madame. La crainte d’être déçue. La peur de consommer au-dessus de ses moyens. De ne pas mériter ce qui aurait pu lui procurer une satisfaction. Plaisir trop compliqué pour elle, il l’aurait rendue coupable, ou frustrée. Ou comblée ou pire, heureuse. Trop grand pour elle. Elle renonçait. Elle neutralisait ses envies optait pour une déception en connaissance de cause. Elle rappelle le serveur, commande un verre de vin rouge. Et ajoute : « le plus cher s’il vous plaît. » Elle admire une omelette comme d’autres traversent le Louvre. Elle pose ses petits pieds de petite dame sur ses petites chaussures, l’asphalte est trop froid. Mais le soleil est doux quand il passe par là. »

p 152 ...Clémence de l’eau salée dans les yeux disait à ses filles : « J’ai aimé, j’ai eu cette chance. C’est pour ça que c’est facile de vieillir. »

p 174 Margaux renonçait à ses obligations ce matin là, se foutait tout à coup de l’heure qu’il était et du retard déjà pris, elle prenait sa fille dans ses bras, elle avait quelque chose d’important à lui dire. Prune était encore nue dans la serviette épaisse. Margaux désignait son petit ventre, sa peau mate, son nombril et la petite ouverture, la faille fine tout en haut de ses jambes, son petit sexe de petite fille que Clémence aimait appeler « méat ». « Tu as un intérieur » disait Margaux. Prune mettait le doigt dessus, ça la faisait rire. Sa jeune mère expliquait que cela pouvait porter plusieurs noms, lui demandait comment elle l’ appelait, la « zézette » ou le « zizi », elles riaient toutes les deux. Margaux continuait, expliquait que cet intérieur était une belle chose, qu’on faisait pipi avec mais pas seulement. Des enfants aussi. Et l’amour. Qu’elle comprendrait ça plus tard, que ça se faisait, avec ces garçons qui eux ont un zizi à l’extérieur. Ou alors avec d’autres filles, des femmes, que c’était possible aussi. Moue d’un dégoût amusé de Prune, elle enfilait une culotte.
Margaux racontait à la fillette que les femmes et les hommes ont des sexeS différents. Chez elle c’est rentré, chez eux c’est dehors. Mais que cela ne faisait pas d’eux les maitres du monde, des conquérants. Qu’ils sont tous égaux et les uns et les autres, sexe dehors ou dedans.

p 218
Peu de rides sous ses cheveux noirs rayés de mèches blanches, elle ne se masque pas. Elle est devenue peu à peu qui elle était, et ses traits la racontent. Elle n’en efface aucun, les maquille à peine, ça la rend belle et vraie.

Merci à cet écrivain Monsieur Pierre Notte, écrivain de romans, chansons, théâtre pour ce livre délivrance de notre époque catastrophique à première vue. Merci et que les écrivains tous ensemble puissent vivre de leur plume et ainsi assurer notre utopie.