mercredi 9 juillet 2008

Trop écrit mal décrit... je reviens de l'ARMADA , je repars/Quartiers d'ÉTÉ/AVIGNON IN avant OFF... que vais je voir en tout premier...




En revenant de Rouen, "d'à Rouen" chez des cousins, je me remets comme le chat (privé de nous aux seuls soins d'une amie et "gardienne") je me remets, lui sur le coussin et moi sur le blog.
Pas à pas je reprends le temps de le perdre et d'avancer... à vous annoncer comme promis quelques pistes pour l'été.
Il y a tant de choses sur Paris comme ailleurs qu'il va falloir beaucoup de volonté et d'imagination pour prendre le temps de rêver, de flâner solitaire dans ses quartiers préférés même d'été... pour chiper des yeux une image plus ou moins mal pensante, mal odorante.

Quand on revient à Paris le plus choquant, c'est la misère au milieu du luxe voluptueux des vitrines et de l'indifférence des parisiens.
Je n'aime pas que les plus riches fouillent leurs poches pour écouler leur ferraille, mais qui sait donnent-ils plusieurs fois dans la même journée ?
On oublie, on revient, on est habitué. On sourit entre nous des plus maladroits dans leur façon de faire la quête. On remarque les plus indignes de saleté et d'alcool.

Nous nous moquons de qui ? pas d'eux donc de nous-mêmes : incroyable passivité...
Les citoyens que nous sommes sont-ils tous morts dans l'autosatisfaction constante comblant et consommatrice.

Je me rêve à quitter tout ce bric à broc : La France ou la capitale ? avec le seul ami qui partage ma vie, avec le chat et sans plus de théâtre ? ou alors tout recommencer avec des amateurs des professionnels, peu importe.



Connaissez-vous l'ARMADA : ce sont les bateaux qui semblent surgir des films de corsaires. Pourtant ils sont à la dimension du réel, ils accrochent leurs gréements : ensemble de voiles et de matures, beaux câbles... au ciel avec nuages.
Des filins, vous savez que sur les bateaux comme dans les théâtres (ce sont les mêmes constructeurs à l'origine que pour les bateaux ; les théâtres étaient tous en bois) le mot porte poisse est celui de c---e synonyme de filins câbles.... en chanvre...

Donc nous y étions, à Rouen justement ! Ils(ces grands voiliers) se partagent les 2 ports français de Brest et Rouen cette année 2008, ils n'ont pas su se mettre d'accord. C'est une manifestation gratuite à Rouen (pas à Brest) vous pouvez rêver, visiter, parler aux marins de bien des pays du Monde.
Et bien sûr, acheter dans les stands longeant l'autre bord du quai : sandales, maquettes, pulls marins, chemises tahitiennes et vous restaurer de cochonnailles corses et de frites, bières...


*******************************************************************************

Le festival d'Avignon (Nouvel Obs) maintenant revenons à nos amours moutons à nos RDV indispensables d'été, si vous aimez le théâtre vous ne pouvez pas vous tromper... il faut vous rendre à ce festival là j'en suis sure, je le sens.

Donc le IN précède le OFF et c'est la première fois, parlons du IN, j'en ai déjà beaucoup parlé mais je vais aller voir le Partage de Midi de Claudel avec Valérie Dréville, spectacle déjà décrié par le Monde et le Hamlet et aussi un des 3 volets inspirés par la Divine Comédie : Purgatorio.

Voilà l'exacte composition de mon panier (comme ils disent sur les sites de location des places) là le mieux c'est de téléphoner au 0490141414. Ils libèrent des places au fur et à mesure.

1 Shakespeare mise en scène Ostermeyer dans la Cour-d'honneur du Palais des Papes : Hamlet le 18/07

1 Claudel : Le Partage de Midi mis en scène par les acteurs Nicolas Sivadier,Valérie Dréville, Nicolas Bouchaud... le 15/07


1 inspiré par la Divine Comédie de DANTE : PURGATORIO de l'italien Roméo Castellucci le 17/07
les 3 sont à des lieux différents. Le tout revient à 79,30 € par personne.


Pour le OFF qui commence aujourd'hui ce midi, ce soir, je vous recommande deux lieux et deux spectacles, au théâtre du Petit Chien (annexe du Chien qui fume) et au Balcon. Les dates sont du jeudi 10 juillet au samedi 02 août.

Et surtout je vous donne le lien au catalogue... à la bible du Off qui répertorie par lieux par spectacle par genre par horaire par Cie, vous pouvez tout y trouver. Seulement attention ! si vous regardez cette bible installé à une terrasse ; vous vous ferez tracter par les Compagnie les Acteurs. Ainsi ils vous repèrent et vous donnent leur publicités leur "fly" vous vantent leur spectacles avec formules et costumes quelquefois plus ou moins bien inspirés.

Donc au Petit Chien à 12h45

L'Euphorie Perpétuelle d'après Bruckner, la suite, le retour.
Avec perspicacité, humour et causticité, Pascal Bruckner sonde tous les diktats du bonheur obligatoire. Et si vouloir être heureux à tout prix nous conduisait tout droit au malheur ? Après l'immense succès de L'Euphorie Perpétuelle, voici L'Euphorie Perpétuelle 2, deuxième volet de cette quête obsédante : la recherche du bonheur. Pascal Thoreau, seul en scène, nous fait rire de nous-mêmes en se demandant : Qu'est-ce qu'une vie réussie ? La Presse autour de L'Euphorie Perpétuelle :
"Une pierre précieuse" France-Inter
"Extraordinaire performance" Arte
"Un pur moment de bonheur" Le Parisien
du 10 juillet au 2 août
durée : 01h10
tarif : 16€
tarif carte off : 11€
Interprètes : Pascal THOREAU
Mise en scène : Philippe PERSON
Adaptation : Philippe HONORE
Lumières : Alexandre DUJARDIN
Décor : Vincent BLOT
Après le succès de Délivrez Proust, la Compagnie Philippe Person présente sa nouvelle création .
Avec le soutien "des Amis du théâtre de la Côte basque"
************************************************************************************

Et donc au Théâtre du Balcon le soir tard à 22h30


Théâtre Tout public
Compagnie des Dramaticules
HOT HOUSE
d'Harold Pinter

Après le succès du Macbett de Ionesco allègrement dévastateur au festival d'Avignon 2006, la Cie des Dramaticules revient au théâtre du Balcon avec une comique et terrifiante satire sur les gesticulations du pouvoir. Les personnages sont les cadres d’une institution bureaucratique non définie. Des patients que l’on ne voit jamais sont nommés par des numéros matricules. S’agit-il d’une maison de repos, d’un hôpital, d’une prison ? Dans une atmosphère explosive et un sadisme jovial, les protagonistes jouent jusqu’à la lie cette anti-fable où le comique va de pair avec la cruauté.

du 10 juillet au 2 août
durée : 01h30
tarif : 16€
tarif carte off : 11€
Interprètes : JULIEN BUCHY, LAURENT PAPOT, ANTHONY COURRET, JEREMIE LE LOUËT, DAVID MAISON, KATARZINA KROTKI
MISE EN SCENE : JEREMIE LE LOUET
REGIE : THOMAS CHRETIEN
DIFFUSION : NOEMIE GUEDJ
Coprod Arcadi-Théâtre de Cachan-Théâtre de Rungis-Théâtre de Charenton. Soutiens DRAC Ile de France-Adami-CG du Val de Marne-Communauté d’Agglomération de Val de Bièvre
********************************************************************************
Bon donc à Paris à part Le LUCERNAIRE où se joue tout l'Été, Beaucoup de Bruit pour rien et jusqu'au 12/07 Délivrez Proust de la même toujours Compagnie Philippe Person.



Paris quartier d'été
Je vous suggère de consulter l'autre catalogue avec entre autres de la Danse de la Musique de toutes provenances... des séances de ciné en plein air : Cinéma en bas de chez soi jetant un filet une liane ... vers l'altérité d'autres horizons
- le 18/07 Paï de Niki Caro(2002) Place Robert Desnos(10ème)
- le 25/07 Le Grand Voyage d'Ismaël Ferroukhi(2004) Place des Fêtes(19ème)....

Allez bon vent bon été...

"Irina Palm" de Sam Gabarski passe à la téloche (sur Canal+) avec Marianne Faithfull, ne le ratez pas, l'immoralité : le mélange des genres est anglais et c'est pour moi très réussi.
c'est très long de composer cet hétéroclite... plus long que de faire ses bagages, j'y crois pas...
et donc (sans e à la fin, j'ai un ami qui m'a fait remarquer que moi-aussi comme les journaleux de la télé je rajoute un e au final de donc...) j'ai oublié de vous dire que je suis allée voir au cinoche "Deux jours à tuer" de Jean Becker et que je n'ai pas regretté du tout voilà tout car je me suis laissée emporter par le jeu à la fois proche et distant de Monsieur Albert DUPONTEL



Après nous sommes donc allés dans un resto grec à vous réconcilier avec la cuisine grecque EVI EVANE 10 rue Guisarde 75006 PARIS/ Tél : 01 43 54 97 86. Vous allez me dire c'est un attrappe touristes riches, non je dirais de ma superbe ignorance, mais ils ont un site rédigé soit en anglais soit en grec... mais mais mais les plats sont d'un prix très abordable...

Et puis rien ne vaut le resto grec à Avignon Place des Carmes en terrasse un Ouzo pour commencer...

Alors et juste pour en finir avec tout ce que j'aurais pu vous éviter mais que je n'ai pas réussi à oublier à taire en moi pour vous lui nous...

A propos de réconciliation, si vous avez quelque chose contre l'Espagne ou le Flamenco (et/ou, l'un n'empêche pas l'autre) il fallait aller voir YERMA au Vieux Colombier, je le sentais bien... là aussi : nous avons vécu le voyage, le transport du théâtre. "C'était une mise en scène classique !" j'ai entendu.
- et alors ! c'est aussi cela ! le théâtre comme la musique, une mer immense... avec tous ses élans, visages, facettes vagues, vagues couleurs, vagues vagues... avec toute l'étendue des fonds marins.

et tout le monde n'est pas... marin... Pêcheur, certes !

lundi 2 juin 2008

Sur Webthea YERMA DE LORCA au Vieux Colombier



Par Corinne Denailles
Yerma de Federico Garcia Lorca
"Un diamant noir"
Paris-Théâtre du Vieux-Colombier jusqu’au 29 juin 2008
Cette pièce de Lorca, écrite dans une langue poétique puissante et généreuse, appartient à une trilogie qui dénonce la condition de la femme en Espagne, avec Noces de sang et La Maison de Bernarda Alba dont on a pu voir les magnifiques mises en scène respectivement de Omar Porras (1997) et Andrea Novicov (2005). Yerma est peut-être la plus violente des trois et on ne s’étonnera pas qu’elle ait été très mal reçue à la création en 1934. La vie de cette jeune femme de milieu rural tourne au cauchemar quand elle se rend compte que son couple est stérile (yerma signifie « déserte » en espagnol). En Espagne, qui plus est à la campagne, le rôle de la femme est d’élever les enfants et sa place est à la maison. Privée d’enfant, non seulement sa vie n’a plus de sens mais elle se voit aux prises avec le qu’en dira-t-on et les pires rumeurs malveillantes. La violence de l’étau des tabous sociaux et du poids de la religion est terrible. On enferme les filles au nom de l’honneur qui paraît-il coule dans les veines espagnoles. Yerma se sent coupable et quand on lui suggère enfin que son mari est peut-être en cause, elle invoque son honneur qui ne l’autorise pas à envisager de regarder un autre homme. Elle finira, jour après jour, année après année, par tourner son malheur en haine contre cet époux insupportablement soumis aux lois sociales et domestiques qui s’intéresse plus à la fécondité de ses brebis qu’à celle de son foyer. « Les brebis à la bergerie et la femme à la maison ».
La force de la poésie
Vicente Pradal est fils de peintre, musicien, chanteur et compositeur. Il a mis en musique entre autres les poèmes de Saint-Jean-de-la-croix, de Lorca (le Romancero gitano). Sur une commande de la Comédie-Française, il a mis en scène Yerma (et écrit la musique) comme un chant désespéré à la gloire de la féminité. Sa fréquentation assidue et admirative de la poésie de Lorca et ses liens intimes avec la famille du poète (son arrière-grand-père était l’instituteur du jeune Federico à Fuentevaqueros) ne sont probablement pas étrangère à la force du spectacle où la musique imprime tonalité, rythme et couleurs. Deux chanteurs flamenco (Paloma Pradal et Alberto Garcia) aux voix profondes et expressives, accompagnés au piano par Rafael Pradal relaient la plainte de Yerma, chante l’espoir d’une vie à naître, la souffrance de la « mariée sèche », du ventre vide et de la « poitrine de sable ». Parfois, en un chœur populaire, les voix des acteurs se joignent au duo. La scénographie très graphique dessine des lignes sobres et les scènes se succèdent comme autant de tableaux. La plupart se passent dans la cuisine sombre, une table, 2 chaises à haut dossier rappellent le style traditionnel espagnol, derrière les 2 panneaux du fond se détache le bleu du ciel. Pour une courte scène, la cuisine se transforme subitement en lavoir coloré avec bassin, linge étendu et bavardages bruyants, joyeux et médisants, lieu privilégié où l’on colporte les ragots. L’économie du spectacle et les moyens mis en œuvre sont à l’image de cet univers où on ne gaspille rien. Tout est réglé avec une efficace précision, le superflu ici n’est pas de mise.

Les acteurs font merveille
Coraly Zahonero excelle dans ce rôle difficile. Au début, elle est la fraîcheur même, la joie de vivre, mais peu à peu, le sourire s’éteint, le corps se raidit, elle vieillit de dix ans en 2 heures, saisissante de fierté douloureuse, impériale dans le désespoir, ravagée pour finir. Une grande comédienne dont on avait déjà pu apprécier le talent mais qui donne là sa pleine mesure. A ses côtés, Laurent Natrella est Juan, l’époux taiseux et vaguement lâche, victime consentante de l’autorité sociale. Céline Samie, ainsi que Raphaèle Bouchard, sont délicieuses en bonnes filles de la campagne. Il y a bien une jeune rebelle (Eléonore Simon) qui prétend détester l’idée d’avoir des enfants. Elle passe pour folle, voilà tout. Le danseur et comédien Shahrokh Moshkin Ghalam trouve évidemment sa place ici, aussi spectaculaire quand il danse le flamenco que quand il fait le derviche tourneur ou la carpe dans Bonheur d’Emmanuel Darley. Il est Victor, le berger séduisant qui aurait pu être l’homme de la vie de Yerma si elle se l’était autorisé. La vieille femme un peu sorcière qui ouvre les yeux de Yerma est interprétée par Madeleine Marion. Une pensée pour Christine Fersen qui vient de nous quitter, et que remplace Catherine Sauval. Vicente Pradal réussit un spectacle bouleversant à haute tension émotionnelle et à l’esthétique raffiné. Un moment de théâtre d’une rare qualité.
Yerma de Federico Garcia Lorca, traduction Denise Laroutis, mise en scène et musique originale Vicente Pradal, au Vieux-Colombier jusqu’au 29 juin 2008. Avec Coraly Zahonero, Laurent Natrella, Catherine Sauval, Shahrokh Moshkin Ghalam, Raphaèle Bouchard, Eléonore Simon, Madeleine Marion. Du mardi au samedi à 20h. Dimanche 16h, mardi 19h. tél:01 44 39 87 00. Durée : 2heures."
www.comedie-francaise.fr
Crédits photo : Mirco Cosimo Magliocca

jeudi 29 mai 2008

Christine FERSEN


Christine FERSEN EST MORTE
(selon le Nouvel Obs)
Et dire que je ne suis pas allée voir encore Yerma de Lorca... Je le verrais sans elle...
La veille de sa mort, elle sortait de scène, mécontente de la représentation...
Combative jusqu'au bout et non combattante, le théâtre n'est pas une guerre.

Je l'ai(e) vue dans le visage d'Orphée, d'Olivier Py à la COUR D'HONNEUR du Palais des Papes, à Avignon, j'ai du bagarrer deux jours après pour exprimer à des amis qui étaient venus avec moi, ce qu'est ce théâtre là...
le lyrisme qui s'exprime comme malgré lui, tiré de soi, par l'émotion, le texte ou la situation, loin si loin des banalités réductrices de la psychologie du personnage ; ce lyrisme là n'est pas de la déclamation.
C'est un curieux mélange fait de musique, de mystère, d'inconscient, de voix, de singularité de personnalité, de partition : ces textes appellent à cette cuisine. Quelle est la levure ? La pâte a besoin du public pour respirer. La levure : c'est l'écoute de tout : en soi comme et surtout d'ailleurs : des partenaires, de la pesanteur et de l'invisible. Le sacré y devient comme concret.

Ces textes(Eschyle, Sophocle, Euripide, Shakespeare, Racine, Claudel, Olivier Py...) appellent à autre chose que la psychologie. Se dénuder corps et âme risquerait d'être inintelligible. La beauté, le sublime, comment doivent ils s'ancrer dans la chair de l'acteur et le navire d'un théâtre ?

Et, j'ai vu aussi Christine FERSEN, déjantée, désopilante, à la fois effrayante dans "Les Présidentes" de Werner Schwab à Chaillot.
Il y a quelques temps, j'en ai parlé ici : j'ai poussé la porte du Vieux Colombier, il y avait une exposition de photos consacrée à Christine Fersen. Son visage dans Médée...

Je me dis qu'elle a rejoint une grande scène où personne ne l'arrêtera, l'empêchera de jouer tout le temps le mieux du monde, qu'elle retrouvera ses proches disparus et qu'elle se sentira peut-être encore un peu mécontente de certains moments de représentation.

N'oubliez pas sur scène vous avez peur d'y aller et pourtant là, on est protégés de tout le reste...

mardi 27 mai 2008

REPRISE EXCEPTIONNELLE au LUCERNAIRE du DELIVREZ PROUST



La reprise exceptionnelle à partir du 7 JUIN de DÉLIVREZ PROUST au LUCERNAIRE
À 21H30 pour 30 représentations jusqu'au 12 juillet.
LA CIE PHILIPPE PERSON aura deux spectacles au THÉÂTRE ROUGE et la comédienne ANNE PRIOL funambule balladine aura à interpréter deux personnages non pas en alternance mais à la suite l'un de l'autre. Elle jouera avec PASCAL THOREAU et avec EMMANUEL BARROUYER qui lui aussi comédien funambule enchainera les deux histoires vies époques personnages...
Comme c'est beau de se transformer en équilibriste pour la plus belle histoire d'amour qui soit : le public d'un théâtre...

À 20h le SHAKESPEARE
À 21H30 DÉLIVREZ PROUST... -LE MEILLEUR SPECTACLE DE L'ANNÉE m'avait dit une libraire l'année de sa création 2006, libraire que je rencontrais par hasard ; une librairie de cinéma, dans laquelle j'achetais un livre sur Proust et Visconti...

J'ai déjà écrit par ailleurs sur cette délicatesse exceptionnelle, REPORTEZ-VOUS Y
je cours je grimpe j'y vais... je continue

vendredi 16 mai 2008

L'ORESTIE À L'ODÉON et nous tous, apprentis comédiens au LUCERNAIRE avant et après/ le TRAC Blagues de dernière...



ENFIN L'ORESTIE d'ESCHYLE à L'ODÉON

Je voudrais rendre hommage à ce travailleur acharné qu'est OLIVIER PY
Il racle les fonds obscurs des mers profondes pour en faire jaillir la lumière.

Si vous voulez aller au théâtre hommes femmes et jeunes gens pour la curiosité d'en avoir plein le cœur
les mirettes et vous retirer de la poussière des petitesses banalités manipulations du quotidien
n'hésitez pas, allez voir AGAMEMNON (1ère partie de L'Orestie).

Beaucoup de gens me parlent d'un théâtre d'où je ne suis pas dans lequel je ne me reconnais pas, mais celui-là c'est le mien.
La Tragédie antique permet de revisiter son monde...

Quand Nada Strancar Clytemnestre sous un éclairage néon suspendue entre dieux et mortels tue, j'ai l'impression que toute l'humanité va pouvoir sacrifier la violence qui est en elle, comprendre qu'il n'y a pas toujours à comprendre les raisons de la souffrance.

Quand Philippe Girard Agamemnon au retour victorieux de la Guerre de Troie refuse de fouler la pourpre de la gloire pour apaiser les envieux, qu'il se déchausse et demande d'accueillir l'Étrangère avec tous les honneurs...

Quand Égisthe Michel Fau, ivre de sa souffrance de ses désirs de vengeance et de chair, chasse d'un geste le peuple et sa conscience

Quand Cassandre Alexandra Scicluna oracle visionnaire d'avoir descillé les yeux de la vérité se condamne à mort.

Quand le messager soldat, Bruno Sermonne épuisé des visions et des souffrances de la guerre revient pour s'enterrer seul dans sa terre et pour annoncer la victoire, peau de chagrins.


Le Chœur et le chef de chœur ou coryphée, se répondent se mélangent se cachent et se multiplient
c'est comme un chœur d'opéra, ils chantent merveilleusement infiniment de toutes les voix(ténor, soprano, baryton, mezzo-soprano) dans la langue grecque(surtitres défilent sur les côtés de la scène, vous n'en perdrez rien) et le chef de chœur l'excellent Miloud Khetib, sa voix suave des profondeurs du ventre, les conduit.
Lui, il parle par les mots français choisis d'OLIVIER PY inspirés d'ESCHYLE, il voit il s'effare il subit ; on est ses yeux et ses tripes...

C'est beau : les images les décors les déplacements les costumes les accessoires, y a foule sur ce plateau, pas à un seul instant tu dors, t'es bouleversée par la nudité et le grandiose de ce théâtre là. Le jeu d'acteur extrême, (et c'est aussi cela le théâtre bordel : le jeu d'acteur) transmute des hommes et des femmes en monstres ce sont eux les maudits, les demi-dieux.
Comme dans les séries, tu attends corps et âmes et mains liées la suite de l'histoire de ces Seigneurs d'un temps hors le temps, et là tu t'y téléportes toi, volontaire, spectateur, à pied au métro en voiture jusqu'à ce lieu : le Théâtre.


Le Veilleur interprété par Olivier Py lui-même, au début du spectacle, ne sait plus fermer les paupières, il s'est brûlé à tous les feux et implore un Dieu qu'on appelait Zeus à un temps donné...


************************************************************************

Et le lendemain, je ne peux que vous engager à suivre le cycle, de l'ORESTIE et voir les deux autres parties LES CHOÉPHORES et la si grande finale : LES EUMÉNIDES.
LES CHOÉPHORES c'est ÉLECTRE et LES EUMÉNIDES c'est le procès d'Oreste.

le procès d'Oreste : par les Dieux ou par les citoyens ? C'est une éclaircie intense et perpétuée que l'écriture ce cet éternel jeune homme : OLIVIER PY pour partager les tragédies des tragédies, les antiques grecques d'ESCHYLE. Les meurtres et les monstres s'y succèdent il n'y a pas de jugement moral sur l'atrocité des crimes, seule la démocratie peut peser pour interrompre ce cycle infernal des vengeances des bannissements et des errances hantées.

La fin la dernière partie c'est aussi bien que la fin de STAR WARS m'a dit mon Ami de vie. "Enfin, j'ai tout compris !" de cet enchevêtrement de personnages au sort pétrifié de malédictions.

Et je peux vous citer tous les acteurs, ils y vont de leur sueur d'acteur qui semble leur donner la force de se battre jusqu'à épuisement : Céline Chéenne dans Électre, Anne Benoit dans l'incroyable coryphée des Euménides, Frédéric Giroutru pour jouer Athéna et Nazim Boudjenah dans Oreste. Reviennent heureusement Philippe Girard pour Apollon et Michel Fau pour notre plus grand plaisir nous effraie dans le rôle de la pythie.

------------------------------------------------------------------------------------------------
N.B. et après avoir vu le spectacle faites comme nous, lisez les critiques elles sont incroyables de réserves intellectuelles sans fondements le summum c'est la comparaison sur 2 phrases de l'adaptation d'Olivier Py et de celle choisie par Ariane Mnouchkine...
À quoi ça sert les critiques rabats-joies et démontreurs démonstrateurs démonteurs ? À quoi ça sert sinon à conserver un élitisme culturel intangible ET À FAIRE PARLER RÉAGIR
mais n'oubliez pas pour moi le meilleur remède à tous ces bons mots... c'est d'aller voir vous-mêmes.

Ce qui m'irrite c'est que certains de ses collègues cherchent à démontrer qu'Olivier Py depuis qu'il a été nommé Veilleur et Gardien de l'Odéon, serait devenu réactionnaire.
Son hétéroclisme, son lyrisme, son choix de créer des spectacles pour enfants, de nous inviter à partager sa curiosité du théâtre de par le Monde, de chaparder un autre public(plus jeune) de mélanger les genres tout cela : agace, exacerbe les jalousies... depuis ses débuts où il était remarqué par LIBÉRATION.
Entre temps LE FIGARO a publié comme ici des avis élogieux...
SELON LE MONDE, SELON LIBÉRATION, SELON LE FIGARO
Et au plus juste sans rires et sans larmes SELON LA CROIX
Et "un incroyable bonheur" SELON LE NOUVEL OBS
------------------------------------------------------------------------------------------------
------------------------------------------------------------------------------------------------
SPECTACLES DE NOS ATELIERS AU LUCERNAIRE

Revenons à notre théâtre, celui que nous fabriquons, avec les élèves apprentis comédiens, aguerris pour la plupart de PHILIPPE PERSON(que j'assiste le plus régulièrement du monde).

Puissent les anges et démons descendre des cintres, leur donner un peu de cette force à se transcender sur scène, à écouter le chant, les mots de leurs partenaires et regarder en face le public du fond des yeux grands ouverts et avec leurs tripes... le théâtre est avant tout un équilibre entre l'individu et le collectif, le rapport, les liens, les relations : leur intensité entre les acteurs arriment la projection des spectateurs.
Et cela ne se passe qu'au théâtre.


Et que le sacrifice(éphémère) qu'est le jeu sur scène augure d'émouvantes plaisantes représentations.
Car ils y croient, ils se démènent pour leurs costumes pour l'apprentissage du texte, ils sont inspirés et aspirés par le théâtre, tous les théâtres.

Ce mois de juin nous jouons au Lucernaire 53 rue Notre Dame Des Champs M° VAVIN
les 1 et 2 juin un spectacle : JUSTE UN PETIT BRAVO
RÉSERVATIONS par tél. : 0687806568
HORAIRES :19h00 dimanche/20h00 lundi
où les femmes plus nombreuses ont choisi de prendre des rôles aux hommes : de rois, de mari, dans Shakespeare Feydeau Racine Molière Hugo Ribes Dubillard Anouilh...

APRÈS...
Voilà, c'est fini... ils ont eu très peur, car il y avait beaucoup de monde devant eux dans le public... et pourtant dieu sait combien ce public leur était destiné enclin à les aimer à les écouter. Alors il y a eu des temps, des entrées qui se sont fait attendre... et des trous de texte( un peu) et puis et puis à la deuxième je n'étais même pas dans les coulisses(je faisais répéter l'autre groupe) mais il m'a été raconté que tout s'est orchestré à merveille, plus d'interruption, une fraicheur, une aisance justement de ceux qui la veille avaient hésité, et les rires ont fusé, un carton ! Une ÉCOUTE PARTAGÉE.






























**************************************************************************
les 8 et 9 juin un spectacle : CHAPEAU
RÉSERVATIONS
à resachapeau@free.fr ou par tél. : 0675920468
HORAIRES :19h30 dimanche/20h45 lundi
avec des hommes et des femmes qui ont choisi Tchekov Feydeau Marivaux Hugo Colette Pérec Tardieu Anouilh...

APRÈS...
Voilà, c'est fini... ils ont eu moins peur que l'an passé. Ils aiment tellement travailler ensemble se voir et se revoir pour répéter. Ils s'impliquent, les nouveaux ont très vite égalé les autres pour se régaler(pas une seule des répétitions ne se passe sans dégustation de gourmandises salées ou sucrées) ils sculptent leur personnages, perfectionnent leurs costumes, dessinent précisément dans l'espace leurs petits comme leurs grand rôles. Ils ont été récompensés.

Le rythme est resté soutenu, ils ont parlé fort, ils ont eu un fou rire mais c'était sur un baiser, dans "La demande en mariage"de Tchekov, c'était charmant, le public a applaudi. Ils se sont presque tous réinscrits, pour "une nouvelle aventure" comme ils disent, malgré le nombre : 19 personnes sur 20.

À la 2ème et dernière, j'ai tout vu j'étais dans le public.
J'ai eu plus peur que la veille où j'étais dans les coulisses-escalier devenues loges ressemblant à un vide grenier.


**************************************************************************
les 15 et 16 juin un spectacle : À NOUS ANOUILH
RÉSERVATIONS par tél. : 0679538106
HORAIRES :19h30 dimanche/20h30 lundi
où la Compagnie L'autre Scène, les hommes et les femmes ont choisi dans l'immense œuvre de ce dramaturge coriace donc le plus souvent méconnu : Médée Antigone Jézabel Chers zoiseaux... lui aussi a été longtemps taxé de réactionnaire.

URGENT venez-nombreux vous m'en direz des nouvelles avec enfants parents amis... c'est 10 €
Le mieux c'est de leur téléphoner.... et de réserver en laissant vos noms et de la part de qui vous venez.

APRÈS...
Voilà, c'est bien fini...certains ont eu très peur.

Trous de mémoire tant redoutés alors qu'ils sont humains, une respiration, des accents d'humanité, les êtres ne sont pas pliables reproduits à l'identique. Le théâtre n'est pas un service de photocopie....

Comment s'en prémunir, par les couches successives du jeu... la respiration, l'acuité, la répartie face à la situation, L'IMPROVISATION, se remettre en écoute(ne pas penser par ex: "qu'est-ce que j' ai oublié ?). L'écoute par tous les sens et la sensibilité, au présent du théâtre.
Le présent de l'acteur de théâtre sur scène est celui qui s'invente au fur et à mesure, synthèse des répétitions de ce qui se passe sur scène et de la relation ce soir là, au public.

Le public n'est pas là, l'ai-je assez répété, pour déstabiliser qui que ce soit, il faut vivre avec eux : tous et un et chacun, les tenir par le regard, à la manière de certains chanteurs musiciens.
Allez-voir pendant vos vacances des acteurs, des chanteurs bêtes de scène, il y a assez de festivals pour cela et observez les...

Il faut se mettre en état d'invention, de perception mais pas de complaisance avec soi-même.
C'est à dire, avant de jouer quand on est dans les coulisses, se mettre en écoute des retours, en disponibilité déjà, mais protégé, pas juste derrière le rideau car ce n'est pas votre place.
Vous risquez de perdre attention au rythme général, à l'énergie qui se crée et surtout de gêner les entrées et les sorties des copains. Et vous vous mettez ainsi, en état de spectateur : un faux ami, un faux abri, quand on doit se propulser acteur deux ou trois scènes plus loin.

C'est à dire, à vrai dire, chacun possède son alchimie, son bestiaire de petites habitudes...

Mais ce qui est redoutable, les grands écarts ne sont pas indispensables, le toujours plus difficile non-plus...
Par exemple ce qui est redoutable :
c'est de répéter en jeu juste avant de jouer la scène, obsessionnellement son texte en jeu et à voix haute.
À DEUX PAS DE TOUT, de soi, des autres du spectacle, de l'ordre des scènes... Cela fait l'effet inverse, à presque tous les coups, on rentre sur scène : on ne sait plus où on est et la barre est quasi impossible à redresser... et on pense à ce qui vous arrive et ainsi on a un doublon... rebelote... un autre trou de texte et cela se voit... brouillonne.
Je me rappelle... mon père me dit toujours que si l'on boit trop de café, on s'endort et juste quand il ne faut pas... Représentant, ainsi il s'est endormi au volant...
Ne vous inquiétez pas, il s'est réveillé depuis et conduit toujours mais n'abuse plus du café en repoussant toujours les limites de la résistance.

Le trac est là, alors servons-nous en ! Il rassemble, resserre, porte l'éveil à son apogée...
mais après il faut le mettre en veille avant que de se propulser sur le plateau.

PENDANT LES SCÈNES DES AUTRES QUE FAIRE ?
Vérifier sur son texte est beaucoup plus recommandé. Lire un journal, manger quelques fruits secs ou frais chocolat selon, mais ne pas répéter à fond avant de jouer. Dormir "assiesté" que d'un œil.

Vous vous en doutez, j'ai mis des années à calmer le cheval fou...
Mais avant tout, faites un travail de repérage, pourquoi là ça s'est mieux passé, changez essayez autrement et puis oublier le, le trac, il ne vous en voudra pas, parlez avec les autres d'autre chose... chuchotez...

BLAGUES DITES DE DERNIÈRE
Tenez vous en respect de vous-mêmes et du public. Il y a de la pudeur à accorder aux spectateurs d'exhibitionnistes...
À propos de respect du public(ce qui ne veut pas dire "se prendre au sérieux") les blagues entre comédiens, les blagues dites de dernière ; le panache, la classe, c'est qu'elles soient subtiles...
c'est qu'elles soient invisibles pour le public et que l'acteur réussisse à en jouer, À RELEVER LE DÉFI.

Mais si lors d'une scène dramatique, pour ne pas la citer : Antigone, deux acteurs en peignoir, s'improvisent à la fin gardes supplémentaires... c'est drôle soit ! mais cela casse quelque chose qui était en train de se passer... Antigone était avec chacun des spectateurs... et là ils se retrouvent qu'avec eux-mêmes, potaches... LE RYTHME et l'ordre des scènes en est décalé...


Spectacle de scènes mises bout à bout...

Les scènes quand un spectacle est composé de différentes pièces, forment un tout mais c'est à la manière de chansons, c'est seulement un ordre et elles méritent à chaque fois l'énergie maximum dès le départ. C'est donc difficile un spectacle de fin d'année avec des scènes sur un thème ou sur un auteur. Mais quand c'est réussi c'est un feu d'artifice car c'est un rythme infernal, le public se prend au jeu, n'applaudit-il pas après chaque scène ?

en définitive
-Bon en définitive, tu étais contente ?
-j'étais entièrement avec eux, proche et observatrice, toutes les photos que j'aurais pu faire dans ces coulisses : les filles se maquillant, l'une lisant sur la marche... la précipitation pour un enchainement, Paul qui avait égaré son chapeau, Pascal révisant sagement en haut des marches...
Les deux représentations ont été différentes. Et puis vous savez surtout ils sont généreux tous ces comédiens avec leurs maladresses et c'est pas faute d'avoir travaillé, ils sont drôles émouvants. Chacun avec leurs couleurs...

Leurs yeux brillent tellement qu'ils sont tous nos acteurs et nos actrices...
-oui mais ton spectacle préféré ?
-ce sont, répétitions y comprises des moments de chacun dans chaque spectacle où un bond s'est produit où une petite loupiote s'est rallumée...
Merci et bravo, encore et encore...
et aussi à leurs généreux spectateurs en impressions et applaudissements.
Votre participation ira aux acteurs et au régisseur : Stéphane(il était tellement pris par les spectacles qu'il n'a pas vu le temps passer !).

mercredi 7 mai 2008

AU CINÉMA LES CITRONNIERS/ EN DVD RED ROAD et APRÈS LUI/à la Télé : Sarah Bernhardt Mademoiselle par Ludmila Mickaël

ALORS DONC AU CINÉMA...
Je suis très en retard, mais vous le savez peut-être pas encore, j'en respire, j'en vis, j'en rêve comme lorsque enfant, je le faisais avec les contes...
Mon univers entier de réorganisation des menus ou plus conséquents plaisirs et déconvenues passaient par les contes et les animaux... presque tous les animaux : sauvages, insectes, oiseaux...


AU CINÉMA LES CITRONNIERS un film israëlien sur une palestinienne

EN DVD "RED ROAD et APRÈS LUI


à la Télé : Sarah Bernhardt, une étoile en plein jour : Mademoiselle par Ludmila Mickaël

dimanche 4 mai 2008

A court de forme : une exceptionnelle mouture, impressions...

A COURT DE FORME...

Ce sont plusieurs pièces dont la longueur est seule imposée mais nullement le thème, chaque semaine, il y a une autre forme courte amovible qui ne se jouera donc celle-la, qu'une seule semaine.

Et en fait comment expliquer, le tout quoiqu'il n'y ait pas de thème semble être une forme unique.
Et des évènements certains jours tels des lectures ou des prises de paroles de Jean-Michel Rabeux en fin d'après-midi avant les formes courtes à la suite l'une de l'autre en soirée.

Ainsi si vous prenez le Pass vous pouvez chaque semaine voir une nouvelle forme courte et assister par exemple à un évènement comme la lecture du "CHANT D'AMOUR LE PLUS VIOLENT QUE JE CONNAISSE" de STÉPHANE AUVRAY-NAUROY par CLAUDE DEGLIAME...

Je n'y étais pas c'était le 2 mai à 19h.

J'y suis allée le 25 avril à 19h pour entendre et voir ÉRAM SOBHANI lire son propre texte "CARNAVAL". Je voudrais avoir le texte sur ma table de nuit. C'est sur la mort de son père.
C'est inracontable, vous vous en doutez. Il fallait être là.

Je ne peux pas en cette période tout donner au théâtre y passer mes soirées, je ne suis ni critique assermentée, ni directrice de théâtre, ni éditeur, ni journaliste...Faut dire qu'ils ne se déplacent pas toujours ces gens là...

Je ne suis que spectatrice comme tous les spectateurs libre de mes choix. Et j'ai des regrets des absences des fatigues des vacances. Je me laisse rafraichir et quelquefois aussi engourdir par la vie avant de m'en retourner au théâtre.

Eh bien si vous voulez-vous réveillez chaque année au printemps aller voir ce Festival(troisième fois) créé par des passionnés avant tout et des assoiffés de "formes nouvelles" sortes d'oracles par leurs décors leurs jeux leurs textes leurs créations on y voit comme le monde, sa matière repoussée et grotesque, le rideau invisible qui nous isole et le vent par lequel on est balayé.

Ils sont visionnaires donc en quête d'un monde meilleur ? ils n'en parlent plus ce sont des désespérés qui même dans un théâtre détruit, le reconstruirait en dépoussiérant des ruines les textes les mythes et les folies de tous les mondes...

Ils excellent et se moquent d'eux-mêmes. Entre deux formes, il y a une chanteuse et sa dame accordéoniste, coiffée d'un casque doré, elle use sans abus d'une singularité, d'un humour suspendu, rend hommage au silence, à l'inachevé comme en poésie. Et ce n'est pas la Barbara des débuts et ce n'est pas Bobby Lapointe, c'est ZAZA FOURNIER et c'est vachement bien. Sur son "my space" écoutez : La Vie à deux, vous ne pourrez plus vous en passer.


JE ME DIS QUE CELA SE TERMINE BIENTÔT que comme à moi cela va vous manquer si vous n'y allez pas... trop, un peu, beaucoup, passionnément... A COURT DE FORME.

Dans les formes courtes donc qui se jouent chaque soir j'ai vu et beaucoup aimé :
* LES CENT VINGT JOURNÉES DE SODOME de SADE mis en scène par Éram Sobhani
* LE BRUYANT CORTÈGE création de Julien Kosellek
* NOTRE PÈRE texte et mise en scène de Cédric Orain

et dans la forme courte amovible que vous ne pourrez plus voir hélas ! PHÈDRE, PAUVRE FOLLE
Et j'espère que cette PHÈDRE, PAUVRE FOLLE mise en scène de Sylvie Reteuna aura une forme longue, car j'ai été bouleversée non seulement par le jeu mais aussi par la création d'espaces qui s'entremêlent entre le mythe de Phèdre, celui du rôle de Phèdre, les lettres, le sacrifice que sont toujours la représentation de théâtre et les lettres d'amour. C'est joué par Stéphane Auvray-Nauroy et Éram Sobhani. Plût au ciel que Stéphane Auvray-Nauroy n'arrête pas, jusqu'au bout du monde... d'interpréter Phèdre et de rencontrer ainsi au travers du miroir hésitant masculin-féminin Claude Degliame. Elle avait joué tous les rôles de Phèdre dans une mise en scène inoubliable de Jean-Michel Rabeux, un espace concentrique où elle passait d'un rôle à l'autre, de Phèdre à Thésée...

Les rêves qu'on éprouve en les retrouvant réalisés par d'autres, les rêves qui ont été mis en scène par d'autres bien avant vous, c'est aussi cela le théâtre. Et n'en vouloir pas aux porte-faix, aux pauvres humains tremblants qui portent ces miroirs...

samedi 3 mai 2008

"BEAUCOUP DE BRUIT POUR RIEN" de SHAKESPEARE adaptation Philippe Honoré mise en scène Philippe PERSON

Je sais, "je ne suis pas venue vous dire que je ne partais pas..."
J'étais où ? Partie réfléchir sans pare-feu, clavier, écran, téléphone...
Donc dans ces cas-là je rédige (toujours mon besoin d'écrire) des lettres
que je classe dans mon petit bouquin jaune : journal, récépissé de réflexions,
écrites toutes entre 9h30 et 11h du matin...
Des lettres qui n'arriveront pas à leur destinataire,
l'envie du bruit du stylo sur le papier qui court comme une danse,
un dessin ininterrompu, une ligne de vie...

et qui commencerait par : "Monsieur, Madame, metteur en scène,
je vous écris une lettre que vous lirez peut-être si vous avez le temps"
Pourquoi m'avoir chassée de votre vie? de ma vie à la Scène...
Vous êtes devenus des chefs d'entreprises, on s'est perdus...


-T'as fait quoi ?
-Toujours pareil : j'ai été voir au théâtre, à propos de bruit, au théâtre LE LUCERNAIRE


Beaucoup de bruit pour rien...

Selon GILLES COSTAZ dans les Échos
Et nous savons que les titres comme les pièces de Shakespeare sont anguleuses, difficiles à monter
-ET...
-j'ai beaucoup aimé
et comment me direz-vous :
-peux-tu être objective ?

Parce que ce mot vous le savez est basé sur une notion qui n'existe pas.
Parce que c'est mon libre arbitre et que cette valeur pour moi de liberté veut dire quelque chose plus aujourd'hui que jamais.
Et j'ai beaucoup aimé, j'ai ri du propos et des jeux facétieux étincelants des acteurs
de l'impertinence de la mise en scène : politiquement incorrecte
de la beauté des femmes un peu comme dans les films de David Lynch : Mulholland Drive
ou dans ceux de Wong Kar-Wai : In the Mood for Love...
Shakespeare oui aux États-Unis, cela ne gène aucunement.

Shakespeare n'était pas un frileux, c'est un théâtre qui doit déranger et comment peut-on si souvent encore le réfugier dans des mises en scènes classiques.
Pourquoi ? parce que Shakespeare s'est transformé souvent en un livret d'OPÉRA, si l'on sait trouver les musiques et vous pouvez lui faire confiance à Philippe Person, pour les B.O.

Et comme vous le savez aussi, on ne peut rêver pas cauchemarder, voyager, se projeter
actuellement sans faire référence au cinéma. Il devient à sa façon le chef d'orchestre de nos vies. Pour certains, pour beaucoup d'autres c'est la télévision, pour des exceptions c'est encore les tableaux, la peinture.
Quand je lis un roman je fais ma distribution et le personnage tout le long de l'histoire de ses bribes de ses paillettes de vie je l'affuble de la tête d'Harvey Keitel ou de Klaus-Maria Brandauer...
-Que lit t-elle ?


A propos de grands acteurs, dans cette mise en scène, il y a un grand comédien c'est Emmanuel Barrouyer pour cette légèreté qui se mue en tragédie par accès, excès, accents.
Il a toujours su tout faire : jouer, danser, chanter, briller de mille costumes les plus souvent composés par lui-même.

Les femmes y sont belles et biens comme sous un feu d'artifice.
Emmanuel Barrouyer est époustouflant les autres rôles d'hommes sont moins porteurs mais ils sont très bien portés.

C'est une comédie américaine musicale et aussi un mélodrame revisité à la façon de "Loin du Paradis" de Todd Haynes film et réalisateur d'exception infiltrant le cinéma par le théâtre.

Eh bien voilà Monsieur Philippe Person est un infiltreur, il infiltre tous les genres et reste strict dans ses références années 50-60 et non pas 70, pour cette création, il brouille les cartes comédie tragédie mélodrame.

Le méchant frère joué par Olivier Guilbert nous fait penser à un vétéran, à un parrain.

Oui car dans un décor minimaliste étincelant de Vincent Blot, nous avons toute liberté de faire virevolter toutes les images. Il faut une chambre obscure pour infiltrer d'autres images et les rideaux noirs, le manque d'espace et qui sait de production sont une porte ouverte une liberté ajoutée prise par Philippe Person pour inventer.


Et politiquement ce n'est pas de la nostalgie ce n'est pas la franche rigolade sur le retour aux anciennes valeurs comme celles défendues par les Évangélistes américains qui prônent aujourd'hui la virginité avant le mariage, la lutte contre l'avortement en enrôlant des enfants...

Là ce n'est pas l'apologie du mariage, de l'honneur, de la virginité...c'est un questionnement profond et léger à la fois, sur toutes les lois du temps qui passent sur les modes amoureux...

Puissions nous nous faire abuser et choisir d'aimer et que tout enfin puisse quelquefois se terminer par des photos et des chansons.
comme Nicolas Cage qui chante Love me Tender sur la bagnole dans Sailor et Lula du toujours même David Lynch.

Écouter cette chanson, elle est reprise dans la pièce, sans pleurer est difficile... voir "no possible".
Résister c'est aussi continuer de rêver pour une certaine Mrs America.

vendredi 18 avril 2008

Le plus grand bien : la dernière pièce de Brook père, Yona Friedman : architecte utopiste, fantasme, Dédé au Carré quel bonheur, les Témoins....

Je n'ai plus trop envie d'aller au théâtre comme si pour une période j'étais arrivée au bout du voyage, comme si j'avais vu trop de tableaux et d'églises.
Et comme si j'avais besoin d'autres choses, indéfinies.

Mais avant quels furent mes derniers regards, -Prétentieuse, ou lassée, ou à l'inverse délaissée par ces magiciens que sont les faiseurs de spectacles aussitôt apparus, disparus-...

Ces saltimbanques, il faut les respecter mais aussi les booster, les critiquer et les faire un peu sortir de leur style, de leur liquide amniotique, s'en déprendre...

Et vivre : écouter observer respirer danser au grand large, chanter pourquoi pas.

Partir en vacances "péter dans la soie" pour changer le monde...

Car les réveils matins sont difficiles
Le monde est affamé et par nos soins...

Pleurer ruer se venger mourir
cela ne changera rien l'or se fait avec le vent
des spéculateurs le profit est leur crédo,
l'esclavage est rémunéré moins que des miettes.

Le Niger Haïti le Sénégal L'Égypte meurent de faim.
37 pays.

Résister en attendant... l'insurrection des consciences
La nostalgie nous enfume, nous protège t-elle ?

À ce propos Dédé, quand j'ai entendu chanter Michel FAU, c'était Michel FAU en grande largeur avec d'excellents partenaires et chanteurs dont le rayonnant : Éric Pérez, c'est avec Michel, un duo d'amitié triomphant.
La mise en scène est éclatante de rose bonbon et j'ai retrouvé un élan, un soupçon d'insouciance. Mais l'humour en est concret.

Ça m'a fait autant de bien qu'une vieille comédie musicale américaine entre "Certains l'aiment chaud" et/ou "My Fair Lady" ou un film de Capra.
C'est ainsi, on est heureux que dans le total fabriqué au cinéma en fête et il en faut des kms de candeur pour se retrouver dans les bras l'un de l'autre. Réfugiés de la réalité.

À l'extrême opposé, j'ai vu un spectacle d'un homme seul au théâtre qui m'a continuellement décontenancé et bouleversé depuis par son intelligente limpidité : toujours le même fantasme

Un peu comme certaines scènes, plans des films de David Lynch ou Francis Ford Coppola.
Comme si l'on était envahi et en même temps on envahissait un nouveau monde.

En l'occurrence, celui du fantasme masculin.
Que se passe t-il ? qui quoi où et comment remonter le cours du passage à l'acte ?

-Et c'est du théâtre ?
-Oui car c'est une épure du jeu du geste de la voix et de la mise en scène ?

Le théâtre est un lieu où l'on doit aller voir le MONDE ET SES BOURREAUX
pour s'en décharger pour s'en tenir loin dans nos vies.

Il est des gens pour rêver à un son à une lumière pour songer encore à un spectacle qui décortiquerait l'art du Mal et de sa violence en chacun de nous, pour les déposer à la consigne
pour pouvoir les jouer, les déjouer, entrer et en ressortir sur scène par une danse secrète ou un rituel exigeant et sensible à beaucoup, par la musique des mots.

Une émotion à vous couper le souffle comme aussi certains films de Fassbinder.
Werner Rainer Fassbinder n'oubliez pas non plus que ce Monsieur était allemand, son héritage direct était le nazisme, comment démanteler en soi, tout cela.

Il y a des créateurs comme cela, pour ce "Fantasme" ils s'appellent Frédéric Aspisi et Lise Bellynck
Et ça se rejouera malgré toutes les embuches cet été au Festival de l'Étoile du Nord : "on n'arrête pas le théâtre".


Au ciné sur Canal j'ai vu le film de Téchiné : Les Témoins, une nostalgie intelligente sur les années 80 90 sur l'arrivée du Sida avec un excellent Michel Blanc et une non moins excellente Emmanuelle Béart. Elle a la bouche qu'elle veut, j'en ai marre qu'on la réduise à cela, c'est une sensitive et très belle femme, comédienne, voilà tout.

J'ai entendu le plus grand bien de la dernière pièce mise en scène par Peter Brook : Fragments et c'est du Beckett à propos d'éthique d'exigence et de littérature !?

Et mon architecte utopiste ? il s'appelle Yona Friedman, il a conçu une "ville spatiale" : les abris, les habitations modulables sont au dessus du sol, consacré lui-même aux espaces verts, routes. Il a 82 ans.