lundi 13 juillet 2009

Un autre art. sur MOUAWAD d'Ouest-France

Magazine

lundi 13 juillet 2009
Voyage au-delà de la nuit avec Wajdi Mouawad



Une scène de la pièce Incendies. La dernière représentation des trois pièces avait lieu cette nuit. : Photo PQR
Festival d'Avignon. À travers un spectacle de onze heures, le dramaturge francophone a offert un grand moment au public de la cour d'honneur du Palais des papes.

Avignon. De notre envoyé spécial.

Avignon affectionne ces spectacles au long cours, qui partent à la conquête de l'auditoire. Il y a eu, en 2005, Les Vainqueurs d'Olivier Py, et, l'année suivante, Les Éphémères d'Ariane Mnouchkine. En la matière, l'intégrale, en 1987, du Soulier de satin de Paul Claudel, dans la mise en scène d'Antoine Vitez, reste la référence mythique. Onze heures de théâtre... et entractes.

Wajdi Mouawad relève le défi, lui aussi, dans la cour d'honneur, avec Le sang des promesses. Même durée. Mais il s'agit là d'une suite de trois pièces déjà créées séparément. Le quatrième volet, Ciels, est attendu pour fin de cette édition 2009 du festival.

Il est 7 h 30. Avignon s'éveille. Au-dessus des gradins du Palais des papes, le ciel promet une nouvelle belle journée. Un tonnerre d'applaudissements brise un silence monacal. Les spectateurs sont debout, pour beaucoup encore enveloppés dans des couvertures couleur de bures. Cette salve plusieurs fois répétée a un effet libératoire, tant l'écriture du dramaturge libano-québecois contient son lot de tensions et d'émotions.

N'y aurait-il plus que le malheur pour inspirer le théâtre ? La question n'est pas si simple avec Wajdi Mouawad, même si sa vie personnelle profondément marquée par la guerre et l'exil a partie liée avec son oeuvre. C'est vrai avec la pièce d'ouverture, Littoral, ou les tribulations tragi-comiques d'un adolescent, qui ramène au pays son défunt père. C'est vrai encore avec Incendies, où un frère et une soeur doivent partir, sur les consignes testamentaires de leur mère, à la recherche de leur père et de leur frère.

Ça l'est moins avec sa troisième pièce-fleuve, Forêts. Wajdi Mouawad déploie un étonnant talent à dévoiler progressivement les tenants et aboutissants de ses intrigues et drames. Et là, il se surpasse. Ce qui n'est pas sans risque, quand le seuil d'écoute passe aux heures sup'.

L'histoire de Loup, jouvencelle au look gothique, démarre comme un thriller de Franck Thuillez, auteur féru de neurologie. Et puis grimpe dans les branches d'une généalogie aux destins de tragédie grecque et luxe de coups de... théâtre.

Mais les trois pièces de vies et de morts sont traversées par la même quête de l'identité et la promesse de l'apaisement de soi. Cette triple saga tient, elle, ses promesses d'un grand moment. Elle le doit aussi à une formidable équipe de comédiens, dont le conteur vendéen Yannick Jaulin.

Xavier ALEXANDRE.

FESTIVAL AVIGNON OFF... on devient fou



Le off d'Avignon est devenu fou

Par Delphine DE MALHERBE
Le Journal du Dimanche
Un éléphant gargantuesque qui descend l'escalier du palais des Papes. Des bonnes soeurs en vélomoteur. Des danseurs de claquettes aux pieds palmés. La grande parade d'ouverture du festival Off d'Avignon, qui rend cette année hommage à l'auteur dramatique Bernard-Marie Koltès, n'a pas lésiné mercredi pour annoncer ses 980 spectacles donnés par 825 compagnies dans 105 lieux de la ville.


In ou Off, comme chaque année, le festival d'Avignon propose un nombre considérable de spectacles.

Artistes de rues, acteurs confirmés et jeunes troupes fraichement constituées ont sonné le tocsin et livré leur message : jusqu'au 31 juillet, Avignon devient "le plus grand théâtre du monde" et rend involontairement hommage à l'exubérance de la nature humaine. En effet, si le festival In s'est attaché dans sa programmation à traduire la démence des hommes dans ce qu'elle a de plus violent, le Off propose une foison de spectacles qui donnent la part belle aux délires les plus extravagants.

"Cette édition rend de surcroit hommage à Bernard-Marie Koltès, explique-t-on à la direction du Off. La plupart des grands auteurs de théâtre viennent aussi de là. Le Off est le lieu où l'ensemble du tissu artistique de la scène française entre en dialogue. On y trouve le meilleur et le pire, un melting-pot unique d'amateurs, de professionnels, de grands artistes ou de plus modestes créateurs. En totalisant 30 800 abonnés et 700 000 places vendues l'an passé, la force de frappe de programmation du Off est devenue considérable."

Une pléiade d'humoristes
De la place de l'Horloge à la rue des Teinturiers, les festivaliers peuvent ainsi alterner à loisir les genres et les styles. Comme chaque année, des compagnies de théâtre confirmées se frotteront aux classiques. D'autres livreront des créations plus ou moins heureuses du fruit de leur plume. Cette édition a déjà sa pléiade d'humoristes (Thierry Samitier ou Warren Zavatta), de figures du festival (Pierrette Dupoyet) et de comédiens reconnus (Danièle Lebrun, Catherine Arditi... entre autres). Mais ce sont tout particulièrement les territoires inexplorés de Clémentine Célarié, de Saïda Churchill et de Diastème qui nous intéressent ces jours-ci.
www.avignonleoff.com

Sur la planète Terre de Clémentine
"La folie, c'est la liberté." Dans Pour Bobby de Serge Valletti, Clémentine Célarié offre une performance de comédienne époustouflante où une femme conte ses détresses et ses réflexions, ses métiers hypothétiques ou ses repas à heure fixe. L'actrice au mieux de sa forme mène son public aux limites du rire et de l'émotion, livrant ses traumas au pas de course. Accompagnée d'un clown et mime, Guillaume Collignon, elle se livre en pâture et on ne sait plus si son personnage a perdu l'âme ou la raison.

-Pour Clémentine : "C'est le texte le plus proche de moi que j'aie jamais joué. J'étais trop amoureuse de lui au début. Ce flot incessant de mots sacralise aussi les sentiments. J'ai dû trouver la distance. J'aime cette femme qui comme moi se bat pour ne pas être retenue dans des cases. L'interpréter me permet d'être une vraie comédienne: de partager et non de briller. J'ai l'impression de tout donner avec sincérité et pour de vraies raisons." Ce que Clémentine aime le plus au monde à Avignon? "Voir des artistes vrais qui travaillent beaucoup pour toucher au coeur. Courez voir par exemple Ecorce de peines de D' de Kabal à la Chapelle du verbe incarné." (Rens.: 04 90 14 07 49.)

Pour Bobby, de Serge Valletti, Théâtre du chien qui fume. Tél.: 04 90 85 25 87.

Sur la planète Mars avec Saïda
"Je suis une fille bourrelée de remords." Saïda Churchill ose tous les langages dans Vacances au bord de la guerre. Un spectacle truffé d'inventivité qu'elle a coécrit avec Romain Bouteille et qui propose "de prendre un bol de rire avant la grande famine". En effet, telle une martienne revenue d'un voyage astral, Saïda Churchill arrive en scène tout de noir vêtue et répond aux questions d'une journaliste. Se dessine au fil de l'entretien un personnage qui a connu la guerre civile espagnole, Picasso, Cocteau, "et qui se retrouve comme une conne à parler toute seule". Mille petites histoires "sans histoires" se tissent alors avec une absurdité réjouissante.

Ce personnage, selon Saïda, "est un être imaginaire non inscrit dans la lourde échelle des valeurs de notre société. Je voudrais que mon spectacle fasse rire avec une inconscience enjouée, un humour sans sarcasmes. Ce n'est pas une freuderie pour midinettes." Elle y balance d'ailleurs pas mal: sur ces metteurs en scène qui veulent mettre les belles comédiennes dans leur lit, "Savary ou Hossein". Sur Chéreau qui "se gavait de subventions". Plus sérieuse, elle rassure ses amis sur le fait que "la trahison a besoin de confiance". Un conseil, méfions-nous de nos amis.

Vacances au bord de la guerre, de Saïda Churchill et Romain Bouteille, Théâtre des corps saints. Tél.: 04 90 16 07 50.

Dans la lune avec Emma
Ils sont en tournée. Ils sont quatre qui bataillent contre la monotonie. Une jeune starlette (Emma de Caunes), sa maquilleuse et deux techniciens préparent maladroitement un spectacle sur la folie douce de Marilyn Monroe. En coulisses, des amours se nouent, impossibles et éphémères. En scène, Marilyn s'incarne. Une pièce dans la pièce.

Si cette nouvelle création de Diastème échoue dans le registre des émotions fortes, elle relève un défi de taille: montrer sans fioritures la vérité de quelques artistes. Pour Diastème: "On s'échine à chercher la grâce, le rire, et parfois on est ridicule. C'est ce qui est touchant chez les artistes. J'avais lu des entretiens inédits de Marilyn avec son psy dans le Los Angeles Times. Cela m'a donné envie de traiter de la folie, des amours impossibles, de la fragilité des existences. J'aimerais que l'on sorte de la pièce à la fois souriant et le coeur serré."

"L'Amour de l'art", de Diastème, Théâtre du chêne noir. Tél.: 04 90 82 40 57.

Et aussi
Faites comme chez vous, une comédie enlevée de Bruno Lugan, au Capitole. Tél.: 08 99 70 60 51.
Victor Hugo, mon amour, un très bel hommage au poète, d'Anthéa Sogno, au Théâtre de la condition des soies. Tél.: 04 32 74 16 49.
Brassens, Brel, Ferré, leur interview mythique, au Théâtre des béliers. Tél.: 04 90 82 21 07.
Bergman, de Jean-François Prévand. Un univers très fort, au Pulsion Théâtre. Tél.: 04 90 85 37 48.
Beaucoup de bruit pour rien, d'après Shakespeare sur et contre tous les préjugés du Discours Amoureux, il y a du Ridicule, dans l'amour, du mélo et de la joie qui dansaient sur l'univers d'après guerre des années 50 aux States.... Le Paradis est toujours loin à toutes les époques et pour toutes les générations... "Love me tender" au Théâtre du Balcon à 12h30. Tél. : 04 90 85 00 80.

Wajdi Mouawad. Cet artiste associé à Avignon, au nom impossible retient...

Deux beaux articles qui me font regretter de ne pas y être déjà, là-bas mais patience mon heure de départ arrive. A Avignon, j'y vais depuis 20 ans sans discontinuer avec deux fois où j'ai joué tout le mois... C'est comme dirait Barbara, le seul endroit pour moi où le jour et la nuit s'épousent jusqu'à l'infini

Festival d'Avignon : ma nuit avec Wajdi Mouawad. sur le JDD
Par Sonia Desprez, dimanche 12 juillet 2009 à 18:26

(ce texte ne dévoile pas l’histoire des pièces, et encore moins la fin)
Certains prennent de la drogue, d’autres vont passer douze heures dans la Cour d’honneur du Palais des Papes, voir trois pièces de Wajdi Mouawad se succéder depuis le crépuscule jusqu’à l’aube. J’appartiens à la seconde catégorie, peut-être par accident. En apprenant que j’allais m’enquiller ce marathon dramatique, et bien qu’excitée par l’événement, je m’étais donné carte blanche en matière de tangente. J’avais le droit de partir après la seconde pièce, « Incendies », et même au milieu si nécessaire. Pareil pour les 2000 (je crois) autres spectateurs, d’ailleurs, sauf que la plupart étaient venus entre amis, alors que j’avais laissé les miens se souler au vin rosé puis dormir du sommeil du juste, et j’étais donc seule avec mon amour du théâtre. Ah Wajdi, Wajdi. Sacré bonhomme. Un auteur metteur en scène un peu libanais, un peu français et un peu canadien. Un type qui aime les histoires, les sagas, même, et puis les promesses, les mystères, et puis les fresques initiatiques et historiques.
Alors quoi. C’est bien ? Ça vaut le coup ? Bah oui. Mille fois oui, pour des raisons parfois un peu périphériques au cœur de l’œuvre, toutefois. Ce qui est beau, dans Wajdi Mouawad, c’est par exemple sa fantaisie. Du genre dans « Littoral », première pièce de la trilogie de cette nuit (qui est en fait une quadrilogie intitulée « Le sang des promesses »), le héros, Wilfrid, a pour meilleur ami imaginaire un chevalier de la Table Ronde, qui est totalement burlesque dans le tragique, et très pertinent par ailleurs (vu que Wilfrid poursuit son propre Graal etc..). Ils jouent bien les acteurs de Mouawad. Ils jonglent comme rien avec les accents, notamment québécois. (C’est bien marrant d’entendre la cour d’honneur raisonner d’accents québécois, d’ailleurs). Il y a les personnages, aussi, avec toujours le jeune personnage central comme Wilfrid, Loup (une fille), Jeanne et Simon, en quête de ses racines, et très émouvant, plein de fraicheur, toujours un peu au bord de la folie, mais qui ne bascule pas. Bon ce qu’il y a de beau à part ça, c’est la scénographie. Des dispositifs très flexibles, à base de matériaux type chantier : peinture de couleur dont les protagonistes se tartinent allègrement, bâches transparentes, tissus qui épongent les couleurs, praticables lumineux en contreplaqué etc... Ce n’est pas vraiment beau, mais c’est assez fascinant, et ça joue une vraie partition dans l’évolution du drame. Et puis, il y a des acteurs : des jeunes, des vieux, des boiteux, des gros, des chauves, il y a vraiment un truc différent dans son casting. Là encore, pas vraiment beau. On dirait des gens normaux, qui jouent très très bien la comédie. Quand on voit les comédiens de Wajdi, on se rend compte à quel point les comédiens, d’habitude, au théâtre, n’ont pas vraiment des gueules de vrais gens de la vraie vie. Et puis ce qui est différent aussi, c’est que Wajdi, il n’a pas peur du mélo. Oooooh non.
Je récapitule les grandes lignes de ma nuit :
« Littoral » : Un début flamboyant et éminemment comique, une performance lumineuse du jeune Emmanuel Schwartz, qu’on empêcherait bien de retourner au Canada pour se le garder. Au début de Littoral, j’ai vraiment pensé que j’avais à faire à quelque chose de très très nouveau. Mais après, j’ai trouvé le temps long, parce que j’ai été plongée dans une guerre qui n’était pas la mienne, et qu’on ne me rendait pas accessible. Enfin, quand même, j’ai un peu chialé sur l’histoire du type qui cherche une sépulture pour son père, et ré-invente le monde dans sa quête.
Ensuite « Incendies » : au début, j’ai cru que j’allais me tirer, parce que j’étais du genre en plein coup de barre (il était déjà une heure et demi quand même). Et puis à un moment, l’histoire prend un tournant dramatique tellement violent et intense, que toute la cour d’honneur a été scotchée d’un coup, et moi avec. Là pour le coup, j’étais soudain concernée par la guerre (intime) qui se livrait sur le plateau, le drame familial, la rédemption. J’adore la rédemption, c’est un des trucs que je préfère dans la vie, et par conséquent, dans la fiction, aussi. J’ai trop chialé à la fin, ambiance larmes de crocodiles, et plus rien n’a d’importance dans ma petite vie misérable, merci l’art, merci le théâtre. Du coup, il avait beau être trois du matin, j’ai décidé de rester. Je suis allée m’enquiller des chips et une bière au bar, et écouter ce que disaient les autres gens. Comme moi, ils voyaient les faiblesses. Comme moi, ils commençaient à avoir froid, c’était marrant, cette ambiance réfugiés tous enveloppés dans les polaires marrons prêtées par le Festival, surtout que sur le plateau, ça parlait déracinement et immigration à gogo (mais à travers des histoires intimes, c’est pas du tout du social Wajdi, hein, attention.). Ils y avaient pas mal d’autre gens qui avaient pleuré, et pas que des filles. Ensuite, tout le monde s’est rassis, et quand je dis tout le monde, je ne suis pas loin du compte. Ça, c’est beau : plusieurs milliers de personnes, chaque soir, prêts à s’envoyer onze heures de théâtre d’affilée, sous les étoiles, onze heures avec des longueurs, quand même, je précise, onze heures avec des monologues, des moments très tragiques, d’autres comiques, onze heures de spectacle vivant quoi. Et presque personne ne se tire. Presque tout le monde reste jusqu’au bout. Un vrai miracle. L’espoir est donc permis (ah oui, parce qu’aujourd’hui, c’est la visite officielle de Frédéric Mitterand à Avignon, et ça, en revanche, on ne peut pas dire que ça me remplisse d’espoir mais bon).
Bon, sur la dernière pièce, « Forêts », la plus longue (3h45 ce qui stratégiquement est un peu cruel pour le public, je trouve), Wajdi a été à mon avis frappé du syndrome Dark Vador (« Luke, je suis ton père »). Ça vire à la saga à tiroirs pleins de révélations, limite ambiance soap. Alors oui, les acteurs sont formidables, oui , la dramaturgie est belle oui oui oui, mais quand même, on est plus du côté télénovela brésilienne que Tribute to the Atrides (vous savez, la famille grecque, qu’il fait bon citer pour faire classique, où tout le monde nique tout le monde, -dans les deux sens du terme, en raison de la guerre de Troie, et d’autres malédictions familiales, ex Electre, Iphigénie, Oreste, le pauvre, Clytemnestre et tutti quanti, personnellement j’adore mais j’admets qu’il faut se concentrer pour s’y retrouver) à mon goût.
Bon enfin, ça valait le coup, comme je disais plus haut, pour voir l’aube se lever sur les vieilles pierres, sur les planches ensanglantées de peinture rouge, sur les accents canadiens, et sur le public aux yeux rouges dans ses polaires marrons. Et pas que les filles, les yeux rouges. J’ai vu pas mal de types pleurer aussi. A la fin, les applaudissements ont duré tellement longtemps que ça faisait accélérer le cœur. Ça chialait sec, on ne savait plus qui applaudissait qui tellement tout le monde applaudissait debout, comédiens compris. De voir tous les personnages alignés devant nous, ces gens dont on avait vécu les naissances, les quêtes, les bassesses, les viols, les bontés, les blagues, et qui nous regardait, nous applaudissaient à leur tour…C’était beau, c’était rare, c’était émouvant, c’était exceptionnel, on avait vraiment vécu quelque chose, là, tous ensemble.
En hommage à la performance des comédiens, j’ajoute que j’imagine qu’ils vivent comme des moines pour jouer ça tous les soirs, et qu’ils ne doivent pas voir grand-chose de l’intense vie sociale avignonnaise. Comme ça n’a pas été trop mon cas non plus pour l’instant, je vais tâcher, pour leur témoigner toute mon admiration, et ma gratitude, d’inverser la vapeur. Pourvu que la suite de ces lignes s’en ressente favorablement.
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Avignon : douze heures dans la cour d'Honneur...
Par Armelle Héliot le 9 juillet 2009 11h46
Première hier soir des intégrales de trois pièces de l'écrivain libano-canadien Wajdi Mouawad dans la cour d'Honneur du palais des Papes. De 20h mercredi à 7h30 jeudi matin, près de deux mille personnes ont traversé la nuit...et étaient encore dans le bâtiment deux heures plus tard, traînant au petit déjeuner avec les artistes !



"Evidemment, il faut aimer le théâtre. Passer douze heures ou presque, assis à la même place -avec deux entractes, l'un d'une heure quinze, l'autre de trente minutes- paraît exercice douteux à qui ne sait pas que le théâtre est souvent miraculeux et que l'on ne voit pas le temps passer si les histoires que l'on vous raconte sont bien menées...

On se prépare comme on se prépare pour un voyage. Petites laines, voire doudoune, vêtements souples, bonnes chaussures ! Onze/douze heures, c'est Paris-Séoul ? Assis à la même place, mais avec des possibilités d'escapade plus conséquentes que dans le couloir d'un long courrier...





Photo de Littoral Agence Wikispectacles avec l'aimable autorisation des photographes

Hier soir, la représentation débutait deux heures plus tôt que d'habitude au palais des Papes. Vingt heures. A Avignon, il faisait encore très chaud et le vent du Nord (pas encore du mistral) qui avait soufflé dans la journée, s'était apaisé. A 20h, la cour était pleine à craquer. Près de 2000 personnes fin prêtes à cette longue traversée de la nuit comme le Festival d' Avignon les aime : ici même, Le Soulier de Satin de Paul Claudel, Les Comédies barbares de Ramon del Valle Inclan ou encore à la carrière de Boulbon Le Mahabharata sont des spectacles entrés dans la légende de par leurs qualités artistiques, mais aussi du fait des nuits partagées, avec leurs anecdotes, leurs histoires.

On se souviendra de cette première car elle a été marquée par la plus fabuleuse entrée que l'on ait vue dans la cour...N'était le cavalier noir du Hamlet de Chéreau, surgissant, dans un fracas d'enfer de sabots sur la pierre et le bois, on n'avait jamais été aussi étonné : il était 20h10, lorsque, se glissant sur le plateau vaste, venant de jardin (à gauche en regardant la scène), un chat, un superbe Européen, très fier avec sa silhouette racée, un collier vert autour du cou, s'aventura dans ce territoire qu'il connaît visiblement, mais dont il se méfie...Rejoignant la paroi de bois servant d'élément de décor, il se mit à la longer, bientôt suivi par les comédiens eux-même, entrant à la file indienne...On sentit un flottement dans la salle qui s'interrogeait : le chat fait-il partie du spectacle ? d'autant qu'à la fin de cette première pièce, deux heures quarante plus tard, Monsieur Mistigri ressurgit, comme pour saluer la compagnie ! Wajdi Mouawad aime les chats. C'était un heureux présage...

Littoral qui ouvre la soirée est une pièce qui date de 1997. Wajdi Mouawad l'a réécrite, en tout cas révisée, la débarrassant notamment des scories de ce qu'il reconnaît être des tics de langage. C'est une grande pièce, très originale, très puissante. Un orphelin, Wilfrid (l'époustouflant Emmanuel Schwartz), apprend la mort de son père, qu'il ne connaissait pas. Il veut lui offrir une sépulture dans le pays de sa naissance. Mais le pays est en guerre et il est bien difficile d'enterrer son père...il finira "emmerer". Ce mort pourrit mais parle, comme parle parfois au pauvre orphelin le chevalier Guiromelan (Jean Alibert, épatant) qui vient à son secours ! Wajdi Mouawad maîtrise merveilleusement bien son récit et se permet ces cocasseries enfantines, d'une fraîcheur digne des comédies de Shakespeare, tout en parlant d'événements terribles qui nous reconduisent sans cesse à la guerre, au Proche-Orient, à son Liban natal.





Photo de répétition : au centre en tee shirt bleu, Wajdi Mouawad. Répétition de Incendies, agence Wikispectacles avec l'aimable autorisation des photographes.

Incendies qui suit de minuit vingt à trois heures du matin, est de même facture. La pièce date de 2003. C'est encore une histoire fascinante. Un notaire lit à deux très jeunes gens, des jumeaux frère et soeur, Jeanne et Simon, le testament de leur mère Nawal. Elle leur a laissé deux lettres. L'une pour un père qu'ils croyaient mort, l'autre pour un frère dont ils ne savent rien. A partir de ce noeud dramatique, Wajdi Mouawad embrasse toute l'histoire, et l'on est encore dans des terres déchirées par la guerre. C'est un grand roman théâtral, très bien composé et bouleversant dans son acuité d'analyse des coeurs et des âmes. Scène extraordinairemenr forte, par exemple, du frère qui tue tout ce qui bouge. Imagination, liens secrets, tout ici fonctionne à merveille porté par une distribution remarquable.

Forêts est moins abouti. D'ailleurs la pièce qui durait 4h a été réduite à 3h30, mais c'est encore trop long et curieusement Wajdi Mouawad abandonne ici une part de sa personnalité. Pas pour rien qu'un personnage se nomme Brouillard : on reconnaît un univers à la Joël Pommerat dans cette famille qui ne vit que de rigidité qui cède et de sévérité douloureuse...Mais l'excès de pathos noie toute puissance tragique.

Demeure à la fin, 7h30 du matin, martinets piquant depuis le haut ciel bleu, une salle debout, encore enveloppée des couvertures polaires mises à disposition par le festival et qui n'ont pas été inutiles aux petites heures du jour, une salle n'en finissant pas d'applaudir, bien réveillée par cette nuit magique. Un triomphe comme le festival n'en avait pas connu depuis bien des été et qui signe la réconciliation profonde de la manifestation avec un théâtre d'art, un théâtre de textes qui éclairent le monde.



Armelle Héliot un jour à Avignon un martinet est tombé dans la petite cour interstice d'immeubles, près de ma chambre, je l'ai recueilli, j'ai mis plusieurs jours à comprendre qu'il n'était pas blessé, qu'il n'était pas oisillon, et je l'ai relancé au petit matin dans le ciel, quelle sensation... On l'avait appelé Roger.
Il a fait un grand virage et est parti en criant...

Idoménée suite critiques après Aix et diffusion sur Arte


Qui sait le public d'Opéra me fait penser aux assemblées aux forums aux réunions constituantes de la Révolution avec les heurts fratricides entre privilégiés pour le bien-être du peuple(absent) et de sa culture. L'avantage c'est qu'ils sont tous amoureux. Mais jusqu'à la haine, capables de faire et de défaire ce pourquoi ils se sont battus pour une fausse note comme pour une innovation.
Ils sont vestales d'un Art qui n'existe pas. L'Opéra est une grande machinerie qui permet tous les "osés" qui mélangent tous les arts de représentation. Et s'adressant à un public souvent très conservateur et timoré, ils osent avec trois wagons, au moins de retard. C'est un public qui préfère Stéphane Braunschweig à Olivier Py.
J'ai vu l'Orestie à l'Odéon et cet Idoménée lui ressemble et en diffère car ce n'est pas la même histoire oserais-je ! mais c'est ce qui le passionne Olivier Py, l'œcuménisme des oeuvres et des arts, et Mozart me semble t'il avait par la franc-maçonnerie, un grand désir, de comment disait Monsieur Vitez d'un théâtre populaire soit, mais "élitaire".
Le meilleur pour le plus grand nombre, et les festivals sont plus ouverts que les bâtisses représentatives de l'état culturel, l'Opéra Bastille.
Il a eu Olivier Py pourtant d'autres succès d'Opéras : Péléas et Mélisande de Debussy avec ce chef d'orchestre et avec la reprise de "Tristan et Isolde", mais, ah! oui je comprends créé en Suisse. Je vais y aller vivre au bord du Lac comme Lord Byron et /ou Jean-Luc Godard.
VIDEO Répétitions et Interview du metteur en scène entre autres
Dans ce choix de critiques vous lirez : on laisse à Olivier Py quand même son fil conducteur : la musique d'abord, la théâtralité et l'intensité....
L’«Idoménée» choc d’Olivier Py
CRITIQUE
Opéra. Le directeur de l’Odéon signe une nouvelle production de l’œuvre de Mozart à Aix, diffusée ce soir en direct sur Arte.

Par ERIC DAHAN Envoyé spécial à Aix-en-Provence
Idomeneo, re di Creta
Drame en trois actes de
Wolfgang Amadeus Mozart,
livret de Giambattista Varesco. Les Musiciens du Louvre-Grenoble. Dir. Marc Minkowski. Msc. et lumières, Olivier Py. Ce soir et les 13, 15 et 17 juillet à 21 h 30. Au Théâtre de l’Archevêché d’Aix-en-Provence. Rens. : 0 820 922 923 et www.festival-aix.com (en direct ce soir à 21 h 30 sur Arte).

"Après l’ovation du public, saluant le dernier épisode du fabuleux Ring offert par le festival d’Aix, c’est une lame de fond de huées qui a accueilli la première de l’Idoménée signé Olivier Py et dirigé par Marc Minkowski. Le débat sur la mise en scène d’opéra et sur l’esthétique mozartienne n’est donc pas près de s’achever.

Sacrifice. L’actuel directeur du Théâtre de l’Odéon, qui refusa de monter Cosi fan tutte, rêvait de s’attaquer au premier ouvrage de maturité de Wolf- gang Amadeus Mozart. Pour la tragédie, le sacrifice, les rapports père-fils, et cette idée que la société juste et heureuse, pacifique et éclairée, est à construire.

S’il aime creuser et fouiller les œuvres avec une passion d’écorché vif, Olivier Py est également un formaliste, recourant, pour tous les ouvrages lyriques, au même dispositif (praticables métalliques recomposant le décor à vue), à la même palette (néons aveuglants, noir, blanc, rouge) et au même collaborateur (Pierre-André Weitz, pour la scénographie et les costumes). Son Idoménée frénétique et saturé de sens, ne pouvait que «choquer» au lendemain du Crépuscule des Dieux zen poétique de Stéphane Braunschweig et du Philharmonique de Berlin.

Dans un paysage de maisonnettes et de grues miniatures - on est en Crête… -, des sans-papiers sont conduits à l’aéroport par des sortes de terroristes encagoulés… Mais Olivier Py étant aussi un directeur d’acteurs intense, l’Ilia, prisonnière troyenne, de Sophie Karthäuser, l’Arbace corsé de Xavier Mas, l’Idamante, fils d’Idoménée, de Yann Beuron, sont campés avec un engagement et une finesse notables. Même si la première sonne encore «jeune», que le second n’est pas toujours à son aise avec la tessiture du rôle et que le troisième accuse de légers problèmes d’émission.

Fureur. En Elettra, princesse d’Argos, Mireille Delunsch conjugue avec son panache habituel, métier vocal et audaces scéniques ; tandis que Richard Croft rallie tous les suffrages avec son Idomeneo plus que solide : tendu entre fureur royale, égarement d’homme et tendresse de père. Si les Musiciens du Louvre, jouant sur instruments anciens, sonnent pauvres en volume et en couleurs sous les étoiles de l’Archevêché, la direction de Marc Minkowski a gagné, avec les années, en profondeur et en équilibre. Pour son quatrième Idoménée, le chef a choisi la version «viennoise», qui prévoyait un ténor pour Idamante, et conservé le ballet final, dont Olivier Py et ses danseurs masculins s’emparent vigoureusement pour résumer l’action et incarner personnages et situations avec le comptant de sexe et de sang afférent. Trop c’est trop ? Réponse ce soir sur Arte."

FRANÇOIS DELÉTRAZ sur le Figaro Magazine : Aix se met en trois.
10/07/2009
"A l'Archevêché, Idomeneo laisse le public beaucoup plus partagé. Géniale pour les uns, ridicule pour les autres, la mise en sène d'Olivier Py est une transposition à l'époque contemporaine de l'histoire du roi de Crète, où les prisonniers deviennent des sans-papiers maltraités par la police... Le décor de Pierre-André Weitz est fait de praticables qui changent sans cesse de place, comme lors du ballet final, rarement joué, où l'on ne sait plus qui, des danseurs - pourtant excellents - ou du décor, a la vedette."

samedi 11 juillet 2009

Idoménée sur Arte /Thomas Bernhard par Marleau quebecois Avignon IN et CIE P.PERSON/ LECTURE : le décrié déprimant scénariste aussi : OLIVIER ADAM

Enfin un matin pour de vrai. Chez nous petit déjeuner, qui se termine seulement quand je le décide. Et tout le temps pour penser aux êtres aimés, ici ou pas. Les bruits du quotidien de l'immeuble au ralenti eux aussi. La chatte s'est installée en faction les yeux mi-clos près de la fenêtre sur cour qui du premier étage laisse tout à loisir, vue sur les entrées et les sorties. Elle a juste mangé un peu de poisson. Et j'écoute Léonard Cohen pendant que mon Amidou déjeune à son tour dans la cuisine.

Idoménée nous l'avons regardé sur ARTE par bribes par actes avec retour en arrière possible et comme dans bien des mises en scènes d'Opéra nous sommes restés cois en suspens sur le final.
Il y des ah et des oh qui se suivent et se répètent sur nos faces, les écrins s'ouvrent et se referment, les Dieux sont à notre écoute, sans complaisance. Cette Electre est insubmersible, il y a du Phèdre en elle.
Comme tout est beau et sombre à part les robes blanches sur les peaux noires, une maquette d'Architecte qui devient décor puis ville la nuit paisible avec une lumière de derrière les fenêtres. Alors on me dit c'est bien du Olivier Py, eh, bien ! oui, comme une robe de Jean-Paul Gaultier reste une robe de Jean-Paul Gaultier.
Mais il y a comme un écho qui se répercute sur notre monde en chute libre et l'on se dit, si déjà dans les mythologies, si déjà par le livret et la musique de Mozart, rien n'est désespéré. Et puis aussi Olivier Py est croyant autant que je suis athée. Se rejoint-on pas par le théâtre la musique le cinéma la peinture... et alors donc, la réalité n'est qu'une probabilité hasardeuse qui ne peut-être sauvée que par l'amour, seul acte de chair et de création.

Et ces armes lames aussi brillantes que les miroirs et/ou les armures se baladent sur tous les corps pour couper les fils les nerfs et taillader les chairs.

Les ballets ne sont pas aussi bien que ceux de Michael Jackson, quoique ! il y a de l'élégance, de la performance, des origines noires et blanches rapprochées et des bandeaux qui se portent soit au bras soit enserrant les têtes comme chez les asiatiques. Une mondialisation de représentation des icônes de la mythologie et de l'infâmie (le sacrifice d'un seul enfant devrait arrêter toutes les guerres et combien meurent dans les guerres et dans les soit disantes périodes de paix : de soif de faim de pauvreté) la mondialisation culturelle ne peut passer par la médiocrité et le nivèlement par le bas si l'on garde et désire un rapprochement. Juste lancer en l'air par delà -l'éther- des passerelles comme Georges Lucas dans Star Wars.

Avignon IN
Critique
L'art du simulacre de Thomas Bernhard à son comble
LE MONDE | 10.07.09 | 15h43 • Mis à jour le 10.07.09 | 16h07



AVIGNON ENVOYÉE SPÉCIALE

Théâtralissime ! Pour son retour au Festival d'Avignon, où il a, depuis 1996, présenté plusieurs spectacles mémorables - notamment Les Aveugles, de Maurice Maeterlinck, en 2002 -, le grand metteur en scène québécois Denis Marleau offre une fois de plus un moment de pur plaisir, de pur théâtre. L'opération alchimique porte sur Une fête pour Boris, de Thomas Bernhard (1931-1989). Elle fait entendre comme rarement le rire féroce de l'écrivain autrichien face à la condition dérisoire de nos petites vies.

Tout Bernhard est là, déjà, dans cette première pièce écrite en 1970 : sa langue somptueuse, musicale, son sens du cérémonial théâtral. C'est ce cérémonial que Denis Marleau orchestre avec maestria, dans un espace à la sophistication épurée, que borne au fond un grand mur de métal gris. Un opulent rideau de perles métalliques barre le milieu de la scène : apparition, disparition, voilé, dévoilé.

Apparition sur scène, donc, de la Bonne Dame, dans son fauteuil de cuir blanc, que pousse sa femme de chambre Johanna. La Bonne Dame n'a plus de jambes. Elle forme avec sa camériste un couple maître-esclave qui situe Bernhard, dans cette pièce, exactement entre Beckett et Genet. Dans ce huis clos où la théâtralité est partout présente, la patronne et sa bonne se livrent à un étonnant rituel d'essayage de chapeaux et de gants, bercé par la logorrhée ininterrompue de la patronne, qui "sadise" son esclave par la parole.

CARNAVAL DE CULS-DE-JATTE

Comme dans un "Alice au pays des cauchemars", les objets prennent des proportions étonnantes : la bonne jouée par un homme, le comédien Sébastien Dodge, doit plonger dans une sorte de puits sans fond pour attraper les cartons où sont rangées les parures de sa maîtresse. Laquelle a aussi un mari, qui apparaît au deuxième acte : c'est Boris, cul-de-jatte comme elle, qu'elle a "ramassé" à l'hospice. Boris mange, dort, regarde les arbres, et c'est tout. "Il est notre créature", dit la Bonne Dame.

C'est pour lui qu'elle organise la fête du troisième acte, qui voit l'art du simulacre de Thomas Bernhard atteindre son comble. Déguisements, masques, travestissement, maquettes, poupées : Denis Marleau pianote sur toute la gamme avec une aisance confondante. Mais c'est son utilisation des marionnettes électroniques, pour figurer les infirmes de l'hospice, qui impressionne le plus.

Le metteur en scène québécois a été un des premiers à voir ce que pouvait apporter au théâtre cette invention apparue il y a une quinzaine d'années : des poupées à taille humaine, dont la tête est "animée" par des projections vidéo. Telles qu'il les emploie, cela produit un mélange de réalisme et d'étrangeté absolument fascinant. D'autant plus qu'il double ce tableau déjà saisissant d'un film réalisé en direct, qui démultiplie encore les figures.

Et c'est assez vertigineux : qu'est-ce qu'un personnage ? Un acteur ? Qu'est-ce qu'un individu ? Les comédiens, les vrais, d'Une fête pour Boris, n'ont pas de souci à se faire : ni les formidables Sébastien Dodge (Johanna) et Guy Pion (Boris), ni, surtout, Christiane Pasquier, éblouissante en Bonne Dame, ce rôle à la Beckett, digne de la fameuse Winnie d'Oh les beaux jours.

Elle mène ce carnaval grotesque de culs-de-jatte, où Thomas Bernhard nous dit avec sa jubilation habituelle que, oui, nous sommes tous des impuissants, des infirmes, des tyrans ou des esclaves. Ce n'est pas gai ? Peut-être. Mais qu'est-ce que c'est drôle. Et bouleversant, dans le désir de ces hommes-marionnettes de vivre, malgré tout.



Festival d'Avignon. Une fête pour Boris, de Thomas Bernhard (traduit en français par Claude Porcell, L'Arche Editeur). Mise en scène : Denis Marleau. Avec Sébastien Dodge, Christiane Pasquier et Guy Pion. Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon, à 18 heures les 10 et 14 juillet, à 14 h 30 et 18 heures les 11 et 13, et à 14 h 30 le 15. Tél. : 04-90-14-14-14. Durée : 1 h 25.
En tournée en France jusqu'en décembre 2009.

Fabienne Darge


je reviens... reviendrais
La Cie Philippe Person va bien, "il y a du monde au Balcon !" avec Beaucoup de bruit pour rien,
adaptation d'après Shakespeare de Philippe Honoré et mise en scène de Philippe Person

Lecture extrait : des vents contraires d'Olivier Adam
... "On sombrait, le pays tout entier sombrait, c'est ce qu'il lui semblait et je n'étais pas loin d'être d'accord, quelque chose de moisi avait contaminé l'air, de vieux relents de travail famille patrie, assortis d'une impunité vulgaire , on triait les étrangers comme du bétail, on se gargarisait de quand on veut on peut et d'on a ce qu'on mérite, on agitait son pognon sous le nez des pauvres, s'ils en voulaient plus ils n'avaient qu'à travailler plus, tout le monde voyait ça, c'était comme le nez au milieu de la figure, il y en avait plein les journaux du monde entier mais rien n'y faisait, le peuple s'était laissé engourdir c'était trop tard, il finirait bouffé le sourire aux lèvres."

mercredi 8 juillet 2009

Je suis allée voir un grand chanteur de Montréal : Léonard Cohen /Vague quebecoise sur Avignon et quelle vague


Monsieur Léonard Cohen, quelle classe, quelle douceur, quelle harmonie ciselée entre élégance suave de sa voix, entre musiques jusqu'à la joie : cordes pincées harpe et guitares voix de femmes saxo guitare rythmique. Cet homme sculpte de ses mains notre amour notre résistance notre douleur il nous lave par sa poésie et sa bonté de toutes les avanies les aléas possibles et incroyables que nous réserve la vie.
3h de concert, les places ne sont pas chères à cette densité là.
"Hallelujah", ô comme il nous a fait du bien cet "Hallelujah".
Nous sommes ressortis de ce concert heureux comblés dansants et parlant aux voisins.
Comme j'aimerai vieillir comme cet homme !
Décidément, mes soirées sont exceptionnelles et je ne vais pas mourir encore...

et cet article sur des spectacles du IN que j'aimerais bien voir aussi...
  • Constellation québecoise
LE MONDE | 07.07.09 | 10h57

Dans les bagages de Wajdi Mouawad arrivent plusieurs artistes québécois. Le premier est connu : c'est le metteur en scène Denis Marleau (né en 1954), grand inventeur de formes, qui présente, au Tinel de la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon, Une fête pour Boris, de Thomas Bernhard. Dans cette première pièce, l'auteur autrichien (1931-1989) lance sur la scène une bande de culs-de-jatte, en un carnaval à l'humour féroce. L'occasion pour Denis Marleau de poursuivre son exploration de la marionnette virtuelle, commencée avec Les Aveugles, de Maeterlinck, et poursuivie avec Comédie, de Samuel Beckett, et Dors mon petit enfant, de Jon Fosse : des poupées à échelle humaine, aux visages animés par des projections vidéo, y côtoient des acteurs en chair et en os. Ce qui, sans doute, aurait ravi un Thomas Bernhard qui n'a cessé de s'intéresser à la marionnette.

Changement de style avec Dave St-Pierre et avec Christian Lapointe, qui présente C.H.S. à la Chapelle des Pénitents-Blancs. Il a 30 ans, est directeur artistique du Théâtre Péril et proclame que le texte est pour lui une matière "comme les gélatines pour l'éclairagiste". C.H.S. - pour "Combustion humaine spontanée" - donne à voir et à entendre un homme s'immolant par le feu. Sa peau fond, ses muscles s'embrasent, ses os craquent. A 19 ans, Christian Lapointe a été victime d'un accident qui a fait de lui un grand brûlé. Mais, dans C.H.S., l'image de l'homme qui se consume dépasse largement ce cadre personnel, pour s'imposer comme métaphore : brûlures de la vie, de la création et de l'amour.

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  • ECLAIRAGE : Les nantis intra-muros, les pauvres à l'écart
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  • EDITORIAL : Croisements
  • ENTRETIEN : Wajdi Mouawad, enfant dans la guerre, exilé sans frontières
  • DÉCRYPTAGE : Histoires éclatées pour raconter l'Histoire

mardi 7 juillet 2009

pour se loger à Avignon OFF/le jour de l'italienne/le jeu de massacre le théâtre de la chanson réaliste 1922-1935

http://avignon.olx.fr/studio-a-louer-festival-off-avignon-iid-35863644


*Je ne connais pas spécialement cette adresse pour se loger à Avignon : 350€ pour une semaine dans un 2 pièces. Oups !
Sinon passer par le syndicat d'initiative ou si possible aller se loger extra-muros
quand on ne joue pas.

*Comme, l'ai-je assez dit, vous le savez certains déjà, dans le Festival Off la Cie Philippe PERSON joue au théâtre du Balcon, rue Guillaume Puy . Pour intégrer pour apprendre changer de parcours d'habitudes de vie, comme de jeu, il faut RÉPÉTER.

J'ai retrouvé par les moteurs de recherche une critique en écho et bien lisible du spectacle quand ils ont joué à Bron, près de Lyon en décembre 2009 BEAUCOUP DE BRUIT POUR RIEN à 12H30. C'est la même distribution, c'est un moment de joie à vivre ensemble, de partage d'intelligence qui n'exclut ni l'espoir ni l'amour ni la cocasserie des rapports amoureux De tous temps, en quelque sorte et pour toutes les générations. À travers les clivages les comment disent-ils les classes les cibles...(ce terme de marketing est tout entier sorti de la stratégie militaire) mettre des passerelles pour attaquer par corrosion les forteresses.

C'est pas très loin du plus beau coin d'Avignon la Rue des Teinturiers.

C'est Shakespeare mais c'est aussi beaucoup, Philippe Person et ses comédiens de troupe de saltimbanques unis uniques et si différents pourtant les uns des autres, la palette est large

*Aller voir avant de partir comme je l'ai suggéré à beaucoup pour vous mettre entre parenthèses dans l'ambiance (je n'aime pas ce mot il me fait le même effet que convivial et positif, soyez positif !)
LE JOUR DE L'ITALIENNE au Théâtre de l'Oeuvre, j'y reviendrai,
j'y reviens donc car cette création collective est rare, d'une qualité qui n'éclabousse que de joie et d'intelligence...
c'est sur le théâtre dans un théâtre avec une pièce de Marivaux qui ne prête à aucune facilité. Et ce spectacle donne à bien des spectateurs dans l'humour et la tendresse vis à vis de ces espèces assez communes mais toujours un peu mystérieuses : les comédiens de théâtre, comme le partage d'une certaine intimité : les répétitions, leur rythme de l'italienne jusqu'à la générale... les histoires entres certains et certaines...

En plus ils nous donnent l'impression d'avoir vu la pièce, on sait que c'est une illusion, mais par le plaisir pris, on a suivi et assimilé pas mal de choses notamment sur l'univers de Marivaux.
Les comédiens à une exception près y excèlent et l'on se demande bien-sûr, si ce n'est pas fait exprès.
J'y ai envoyé des amis difficiles et qui sont revenus ravis.


je vous donne ici leur petit lexique, sur les 2 pages intérieures de leur programme
Petit lexique (par l'équipe du « Jour de l'italienne »)





"Vous ne comprenez rien au langage des « théâtreux » ? C'est normal, c'est une autre langue... Voici quelques définitions libres..,



Notes : Indications données par le metteur en scène après un filage ou une représentation.

Ex : « Tu pourrais mettre un couvercle sur ta colère », ou bien : « C'était très bien.

Mais on la raccorde demain ». S'ensuit parfois une déprime collective.



Travail à la table : Au début des répétitions, le texte est lu et explicité, les partis pris

et/ou les interprétations des personnages sont définis théoriquement. En général, le metteur en scène résume ce travail par « ce que je voudrais dire avec ce spectacle, c'est... » et conclut par « maintenant, on va passer au plateau... ».



Mise : Préparation avant la représentation, en coulisses et au plateau, de tous les éléments nécessaires au spectacle. « Une mise mal mise met l'acteur dans la mouise » (Anonyme)



Bout à bout : Premier enchaînement de toutes les parties de la pièce qui, jusqu'ici, avaient été travaillées séparément. L'acteur réalise, alors, qu'il n'aura que 12 secondes pour changer intégralement de costume entre les scènes 2 et 3.



Noir : Effet de lumière consistant à plonger brusquement la scène dans le noir.

S'accompagne, lors du bout-à-bout, de nombreux «Aïe ! Mais qui a foutu ça là ? ».

D'où le célèbre cri du régisseur « Attention au noir ! ».



Services (ou lumière de service) :

1er sens : éclairage permanent du théâtre, par opposition aux lumières de scène.

2ème sens : pour le planning 1 service = 4 heures de travail. Plus fort qu'à Roland Garros,

au théâtre, une journée peut comprendre 3 services d'affilées.

3ème sens : envoyer un rouleau de gaf au régisseur perché sur une échelle, rendre service.



Cadeaux de première : Tradition sympathique mais onéreuse entre membres de la troupe. Ils permettent de reconnaître un comédien à l'accumulation d'objets inutiles, mais hautement symboliques et affectifs, disposés sur les étagères de sa bibliothèque, puis au fond d'un carton généralement glissé sous son lit (qu'il n'arrive jamais à jeter).



Aparté (de l'italien : a parte) : Réplique qu'un personnage se dit à lui-même, sans que

les autres ne l'entendent, mais qui est évidemment entendue par les spectateurs.

Ex : Ciel mon mari ! » ou « Fiel, mon zébu ! »



Didascalie : Indication du texte (qui n' est pas dite par les personnages) concernant les actions, les décors, les costumes, le temps, l'espace, etc. Plus ou moins facile à mettre en scène. Exemples : « Elle sort » ou « la terre s'ouvre et Don Juan est englouti ».



Servante : Rien à voir avec la servante Lisette... Il s'agit d'une ampoule sur pied, qui reste allumée sur le plateau, après la fermeture du théâtre. Permettant à l'origine de ne pas tomber dans les trappes ou fosse d'orchestre, elle est devenue une coutume, l'âme du théâtre qui ne s'éteint jamais.



Double take : Double mouvement de tête pour marquer la surprise. Existe aussi en triple, voire quadruple. Cf. Gérard Depardieu



Gélatine (ou gelât) : Filtre placé devant un projecteur pour nuancer la couleur de l'éclairage. Existe dans tous les parfums (abricot, chocolat, pêche surprise, lavande pâle, bleu perroquet, rosé anglais, jaune brûlé...).



Cabot (ou cabotin) : Terme péjoratif qui désigne un acteur multipliant les effets pour plaire au public, se souciant moins de servir son personnage et la pièce que de se faire aimer lui-même. Le metteur en scène met alors son veto (ouaf, ouaf).



Jardin/Cour : Gauche/Droite pour le public, Droite/Gauche pour les acteurs (sans connotation politique), voir aussi Jésus/Christ, ou Jardin des Tuileries/Cour du Louvre, ou côté Cœur, etc...



Proposition : Tout ce que peut apporter un acteur (accessoire, action, accent, costume, démarche, attitude) pour construire son personnage. Multiple ou non, selon les acteurs. Taux de réussite très variable. Souvent suivi par « on le garde ça ? ! "



Rôle de composition : Rôle qui oblige l'acteur à un gros travail de transformation physique. Il peut s'aider de maquillages, de prothèses, d'entraînements physiques, et même de son talent. À Hollywood, il offre souvent un Oscar, en France, il tend à disparaître en même temps que l'imaginaire des directeurs de casting et le courage des producteurs.



Travestissement (ou déguisement) : Changement d'identité, sociale ou/et sexuelle.

Ne nécessite, au théâtre, aucune intervention chirurgicale.



Effet : Truc, ou technique, qui assure une certaine efficacité sur le public, mais qui ne garantit pas la justesse du jeu (voir double take).



Jeune premier : La jeune première est « la charmante héroïne frêle et gracieuse d'une intrigue amoureuse romantique », mais pas toujours. La jeune première peut ne plus l'être (jeune), mais continuer à la jouer, si sa notoriété le lui permet.



Contre-emploi : Rôle dont les caractéristiques principales (types de physique, de voix, de caractère) sont, a priori, opposées à celles du comédien. A Hollywood, il offre souvent un Oscar...



Fiche technique ; Regroupe le plan de feu, le parc lumière, les perches, les circuits, les lignes, les gradateurs, les cintres, le cadre de scène, le manteau, les rues, l'ouverture, la profondeur... Si vous offrez une bière au régisseur, il vous explique !



Italienne : Récitation rapide du texte de la pièce, sue par cœur, sans le jouer.



Allemande : Italienne accompagnée de tous les déplacements, sans intention de jeu.



Brésilienne : Allemande en maillot de bain vert et jaune... N'existe malheureusement pas.



Filage : Répétition de tout ou partie de la pièce sans interruption. Ex : « on va filer l/'acte 1,

on ne s'arrête pas, on enchaîne, c'est sans filet ! »



Trac : Peur spécifique de l'artiste avant rentrée en scène. Se déclenche plus ou moins longtemps avant la représentation, ou jamais.



- « Je ne comprends pas, moi je n'ai jamais le trac »

- « Ça viendra. Avec le talent. » Sarah Bernhardt"
***************************************************************************************
*Et puis,
j'ai vu dans le cadre du festival on n'arrête pas le théâtre le spectacle des élèves de Lausanne, promotion 2006/2009, l'école du théâtre des Teintureries
quelle cathédrale...
C'est un peu trop sublime... transparence du corps ou luminescence ?
j'ai fermé les yeux comme d'habitude et puis je me suis perdue à travers eux et ensuite j'étais rivée sur ce tragique, au début j'essayais de me repérer : -voyons, je préfère qui ?
et puis....
et si nous étions "morts vivants" en dehors du jeu d'acteur
des textes impossibles à jouer que les chansons réalistes et non et c'est là comme du Racine ; ah, non! il y avait aussi une lecture de Phèdre et quelle lecture et ce petit garçon, pardon cet homme qui danse comme un tango désenchanté sur "il est trop tard"chanson de Fréhel et cette jeune femme arrosée d'eau rouge le plus doucement possible alors qu'elle parle de neige... "les boules de neige" Marianne Oswald,
on peut tuer, pendre, faire le mal, la guerre comme cela du jour au lendemain
et qui sait ce qu'est l'exploitation et la mort des corps pour le capitaliste...
C'est au delà et les lumières et aussi de tout ce que j'ai vu !
Ces élèves ont tellement progressé en un an, ils sont à demi dieux nus téléportés dans mon monde sensible...
Bravo et c'est peu,
un bravo d'outre tombe !
cela s'appelle Le jeu de massacre Le Théâtre de la Chanson Réaliste 1922-1935 et la mise en scène est de Stéphane Auvray-Nauroy et c'est encore donné ce soir... et puis FIN
Merci beaucoup de tout à vous... pour vous.

dimanche 5 juillet 2009

«À l'opéra, l'œil entend et l'oreille voit» «Idoménée», de Mozart, Olivier Py



J'aime bien ce qu'il fait et ce qu'il dit cet homme là,
ses amis et aussi surtout son amour véritable des acteurs et du théâtre.
C'est une des personnes que je suis très fière d'avoir rencontrée à travers son travail et un de ses comédiens fétiches : Michel Fau. Michel Fau, ce sera toujours mon idole à moi.
Qu'il lui arrive quelque chose, je tomberai dans les pommes comme la fan de base que je suis.
Pourquoi je préfère Olivier Py, aux ... autres, parce que pour moi il ne méprise pas la petite enfant fille unique de parents commerçants provinciaux, que je suis.
Que ces spectacles durent 2h 4h 6h 9h 24h je prends ma petite chaise j'ouvre la bouche et je suis au spectacle et je comprends et je suis marquée par des images des mouvements des jeux de comédiens qui regardent leur public en face comme si c'étaient des étoiles...
avec l'âge je m'endors un peu, mais j'entends les yeux fermés et je me réveille comme dans un rêve.

On se moque on s'est moqué de moi et l'on se moquera encore de moi avec Michel Fau, mais mon amour de fan m'a faite progresser à pas de géants dans la vie et sur scène.

Et c'est pour cela que je déteste qu'on se moque des fans de base qu'ils le soient de Dalida de Michael Jackson d'Édith Piaf ou des Rolling Stones...
car il y a des gens comme Tarantino comme Scorcese qui sont à l'origine des fans de base
et comme Philippe Person, oui je suis très fan aussi de Philippe Person et de Stéphane Auvray-Nauroy....
Être fan de base cela pousse au partage et à la dimension jusqu'à faire passer le monde entier sur le vol des ailles de son hirondelle, des poussières de son étoile, cela donne une énergie d'encyclopédiste.

Et ça va mieux en le disant, je pourrais respecter des grands artistes tout en ne les aimant pas, car pour moi ils n'aiment ni les acteurs ni le public, ils se sentent supérieurs et prétendants du pouvoir d'écraser tout ceux qui pourraient se hisser à leur niveau, ils n'aiment qu'eux-mêmes à travers le théâtre,
et j'ai une liste de noms toute prête de gens qui m'ont mordu le cœur et qui me l'ont laissé comme peau de chagrin, en lambeaux...

et je déteste aussi entendre des journalistes qui se moquent des blogs
je ne sais si c'est le cas de celui-ci C.M. qui a fait l'article du Figaro en dessous, mais je rectifie , je me dois de rectifier, Monsieur Olivier Py ne dirige pas Chaillot mais l'Odéon.



Olivier Py : «À l'opéra, l'œil entend et l'oreille voit»
Propos recueillis par C. M.
03/07/2009

Le metteur en scène Olivier Py lors d'une répétition de La Vraie Fiançée. Crédits photo : Le Figaro
Il met en scène «Idoménée», de Mozart, samedi, au Théâtre de l'archevêché, à Aix-en-Provence.

En quelques années, l'homme de théâtre Olivier Py, directeur de Chaillot, s'est imposé comme un des metteurs en scène lyriques majeurs de notre époque. Après ses triomphes à Genève (Tristan et Isolde,Tannhäuser,Le Freischütz,La Damnation de Faust,Les Contes d'Hoffmann) ou Moscou (Pelléas et Mélisande), le voici enfin au Festival d'Aix-en-Provence, où il monte Idoménée, de Mozart, sous la direction de Marc Minkowski, à partir de samedi soir.

LE FIGARO. - Vous êtes à la fois un homme de spectacle, dont les mises en scène sont très visuelles, et un littéraire, soucieux du texte. Est-ce compatible ?

Olivier PY.- Je ne comprends pas pourquoi on oppose le texte et l'image : c'est une polémique universitaire, qui ne reflète pas la réalité du théâtre. Sur scène, le texte s'incarne en images. Mais l'important n'est pas la décoration, c'est le mouvement : avec le décorateur Pierre-André Weitz, nous avons inventé une nouvelle forme, un espace dynamique dans le temps. Les décors mouvants permettent d'éviter de figer la représentation en tableaux statiques.

Ce sens du tempo ne vous prédestinait-il pas à l'opéra ?

Je suis venu à l'opéra par amour de la musique et parce que j'avais un rêve plastique. Au théâtre, il faut représenter l'invisible, l'intériorité des personnages. À l'opéra, il faut s'inspirer de la musique. J'aimerais faire entendre un changement de to nalité par un changement de décor. Si l'opéra est un art total, c'est parce que les sensations s'y mélangent, comme dans les correspondances baudelairiennes : à l'opéra, l'œil entend et l'oreille voit. Comme lorsque, dans Tristan et Isolde, de Wagner, Tristan s'écrie : « J'entends la lumière ! »

Minutieusement préparés, vos spectacles laissent-ils une place à l'improvisation ?

Je fais un «story-board», scène par scène, sur ordinateur, où sont prévus tous les mouvements du décor, du chœur, des solistes. La saison prochaine, je mettrai en scène Lulu à Genève : tout est prêt depuis un an. De même le minutage des déplacements du bateau de Tristan et Isolde doit être scrupuleusement noté. Mais il faut que tout cela s'incarne et c'est là qu'intervient la magie. Même si l'on sait exactement ce qu'on va faire, on ne sait pas ce qui va en sortir. En tout cas, plus on est préparé, plus on est libre et ouvert aux modifications de dernière minute. Disons que je sais à 99 % ce que va être le spectacle, et que le 1 % restant, c'est l'art !

Vos détracteurs vous reprochent de plaquer vos fantasmes sur les œuvres alors que vous êtes l'un des metteurs en scène les plus fidèles au texte. Pourquoi ?


Ce malentendu provient souvent du fait que les gens ne connaissent pas les œuvres. La violence ou la crudité dont ils m’accusent est dans les œuvres, il suffit de les lire attentivement. Dans La Damnation de Faust, un homme vient se masturber sous la fenêtre d’une femme. Lulu réclame que le Dr. Schön l’attache et la fouette. Dans Idoménée, Mozart écrit une scène d’amour entre un père et son fils : c’est choquant, mais il suffit d’écouter la musique, j’entends un duo d’amour et non une scène entre un père et son fils. Je suis un serviteur : je ne suis pas d’accord avec la conception allemande qui établit une égalité hiérarchique entre Mozart et le metteur en scène. Et puis je suis moi-même poète : si je suis en manque d’expression narcissique, je la réserve à ma propre écriture.

Votre univers est souvent noir. Le sera-t-il aussi dans Idoménée ?

Il est noir quand je mets en scène des ouvrages noirs. Dans Lulu ou Les Contes d’Hoffmann, les lumières se sont éteintes, il ne reste plus que le sexe et la mort : aucune rédemption possible. Quand Mozart écrit Idoménée, il croit encore que le monde a un avenir, il faut prendre au sérieux cette fin heureuse qui résulte d’une pensée utopique.

Quelle marge laissez-vous aux chanteurs dans vos mises en scène millimétrées ?

Il faut adorer les chanteurs pour mettre en scène un opéra. Je refuse le cliché selon lequel ils ne savent pas jouer. À Aix, Richard Croft, qui a la voix absolue d’Idoménée, est un acteur incroyable, dont l’économie me rappelle José van Dam. Quant à Mireille Delunsch, il suffit de lui expliquer que « soglio » ne veut pas dire « sol » mais « trône » pour qu’elle prenne conscience qu’Elettra ne retourne pas sur sa terre natale mais reprend son pouvoir de reine : et son interprétation change immédiatement ! Leur énergie intérieure me fascine.

TRÈS VITE COURREZ VOIR LE DINDON... À L'ÉTOILE DU NORD


2, 3, choses à vous dire très vite avant les rituels du dimanche matin,

l'appel hebdomadaire avec ma vieille maman si particulière
la visite dominicale à une autre vieille dame
les crampes... dues à la mauvaise circulation

les mots exhibent et vous exilent du sens que vous vouliez donner aux phrases en vous exprimant par écrit :
il y a tellement de connotations de sous-textes dont les salaces qui trainent après tout le corps... langage parlé...

et justement qui trainent après toutes les relations amoureuses de couple
et si vous vous voulez comme vous en affranchir

"la lucidité est dans mon froc" gueulait mon vieux Léo Ferré

COUREZ ALLER VOIR LE DINDON à l'ÉTOILE DU NORD
ON N'ARRÊTE PAS LE THEÂTRE
pour 20 euros vous pourrez voir tous les spectacles...

ON n’arrête pas le théâtre » revient cet été pour sa troisième édition à l’Etoile du nord, du 3 au 26 juillet 2009.
Présidé par Stéphane Auvray Nauroy et Julien Kossellek à la demande de Jean Macqueron, le projet « ON n’arrête pas le théâtre » à pour but de proposer une large programmation théâtrale pendant la période estivale.
Ce festival, ON n’arrête pas le théâtre, est devenu un rendez-vous incontournable, ou artistes et public sont invités à se rencontrer et à partager leurs avis respectifs. L’objectif de cette manifestation est de rapprocher les univers, de stimuler l'intérêt du grand-public et de décloisonner le monde du théâtre.
L’Étoile du nord, décide de faire portes ouvertes cet été encore. A une époque où les théâtres sont très peu fréquentés, la plupart même fermés, l'Etoile du Nord rétorque avec ON n’arrête pas le théâtre. L'évènement propose ainsi des spectacles, ouverts à tous et invite la compagnie en résidence, Estrarre. Créée en 2002, son travail consiste à intégrer à la représentation théâtrale et au jeu de l’acteur, la danse, la musique et toutes autres formes du spectacle vivant, dans le but de retrouver un lien plus franc avec un public plus large.

A cette occasion, Estrarre invite à son tour d'autres artistes, d'autres compagnies à se joindre au projet.

on n'arrête pas le théâtre s’inscrit dans la durée, dans l’objectif de faire se rencontrer une équipe, un lieu et un public. Convaincu par les retours du public, de l’intérêt de la diversité de la programmation, et désireux de conserver une bonne qualité d’accueil des compagnies, le festival déborde d’originalité.


La programmation de cet été :

Le Dindon de Georges Feydeau : du 3 au 26 juillet, du mercredi au samedi à 20h45, le dimanche à 16h.
Mise en scène : Julien Kosellek

Reine de la salle de bains de Hanokh Levin : du 3 au 12 juillet, du mercredi au dimanche à 19 heures 30
Mise en scène : Laurent Brethome

Le jeu de massacre - Le théâtre de la chanson réaliste : les lundi 6 et mardi 7 juillet à 20h45.
Création : Stéphane Auvray-Nauroy
Avec : les élèves de l’école des Teintureries de Lausanne

Histoire du Prince Pipo de Pierre Gripari : Du 8 au 24 juillet, du mercredi au vendredi à 14h30
Adaptation et mise en scène : Avela Guilloux

Blanche-Neige de Robert Walser : du 15 au 26 juillet, du mercredi au dimanche à 19h
Mise en scène : Sylvie Reteuna

Concert Moony Band : Le 26 juillet à 21h
Chant : Laura Clauzel



Tarif :
Spectacle jeune public
Adulte 10€ Enfant 8€ Groupe 5€

1 Spectacle
Tarif plein 14€ Tarif réduit* 10€

PASS tous spectacles, illimité
Tarif unique 20 €
*Tarif réduit : jeunes (moins de 30 ans), carte famille nombreuse, demandeur
d'emploi, intermittent du spectacle, senior, carte Voisin-Voisine, groupe de 10
personnes, cartes Butterfly, Cezam et Loisirs

Lieux en relation
Etoile du Nord
16, rue Georgette Agutte
75018 Paris
01 42 26 47 47
M°Guy Môquet


J''ai vu déjà LE DINDON
yès,
quoi QUOI ,
SANS ACCENT, YES !!!!
mon dindon va claquer mon ordi
et il faut aller chez la bell-mère et je ne suis pas lavée

Pourquoi parce que déjà, c'est un spectacle dérangeant soit mais déjanté avec des acteurs prodigieux jusqu'au bout des ongles.
C'est un travail prodigieux avec des moyens moyens....

Parce que c'est l'été et je me suis sentie aussi enthousiaste que par certains spectacles du IN,
La Célestine de Vitez la Servante d'Olivier Py, les Castellucci, le Hamlet de Ostermeyer...
On se sent voler et des tas d'images de projections sur notre époque et nos relations à nos pareils
nous assignent à tout revoir.

Plus je vais au théâtre plus je deviens difficile et là mes yeux mes oreilles n'y croyaient pas et mon expérience me faisait me dire,
ils sont partis trop forts ils ne vont jamais pouvoir tenir la gageure si longtemps.
Car c'est long Feydeau mais comme c'est bon...
Ah Ah Ah !
pas une seule photo pas le temps de revenir sur cet article avec les liens la vérification de l'orthographe des noms propres et ce petit ordinateur a très chaud, il me brûle les doigts,
va t'il rendre l'âme ?

Le metteur en scène : JULIEN KOSSELLEK, a une vraie générosité aux partages.
Exigence, modernité, créativité, drôlerie, mais pas seulement comme les mises en scènes les plus grands guignols comme pour avoir peur de soi.

mercredi 1 juillet 2009

L'Opéra festival d'Aix en Provence

L'Opéra festival d'Aix en Provence
-Il y a Aix et Bayreuth ?
- et St Céré !
"Festival d'Aix-en-Provence : une édition allégée en opéras mais alléchante


Image © AFP

Bernard Foccroulle, directeur du festival international d'art lyrique d'Aix-en-Provence, pose, le 29 juin 2007 à Aix-en-Provence.

Le Festival d'Aix-en-Provence, l'un des grands rendez-vous d'art lyrique en Europe, proposera du 3 au 31 juillet une 61e édition allégée en opéras (quatre productions) mais alléchante, avec samedi une "Parade(s)" en guise de pré-ouverture festive dans les rues de la ville.

AFP - le 28 juin 2009, 12h46
Réputé le plus chic de France, avec des places de première catégorie atteignant pour l'opéra 170, 210 et même 350 euros, le Festival d'Aix tient à cultiver son ancrage auprès de la population locale.

"On entre progressivement, peut-être un peu trop lentement, dans une ère où toute institution culturelle digne de ce nom devrait avoir une dimension éducative et sociale", dit à l'AFP le directeur général de la manifestation, le Belge Bernard Foccroulle.

"Aujourd'hui, on ne peut plus établir une frontière entre la production artistique d'un côté et la transmission, l'accueil des publics les plus larges de l'autre", poursuit-il.

Dans cette optique, le festival d'Aix a conçu un événement inspiré de l'oeuvre de Pablo Picasso, qui se tiendra samedi en écho à l'exposition ¨Picasso-Cézanne: le soleil en face" proposée par le Musée Granet.

A partir de 17h30, des performances, fruits d'ateliers menés auprès de scolaires, se dérouleront dans une dizaine de lieux privés et publics d'Aix. En début de soirée (20h00-20h30), un cortège sera emmené sur le cours Mirabeau par la chorégraphe Josette Baïz. Enfin, à partir de 20h30, un "bouquet final" sera dirigé par un musicien de l'Orchestre philharmonique de Berlin, formation achevant cette année une résidence estivale de quatre ans à Aix.

Le festival proprement dit commencera le 3 juillet avec, justement, les Berliner Philharmoniker, qui joueront le dernier volet ("Le Crépuscule des dieux") du prestigieux et coûteux "Ring" de Wagner entrepris en 2006 par le chef britannique Simon Rattle et le metteur en scène Stéphane Braunschweig.

Metteur en scène désormais très coté à l'opéra, Olivier Py fera le 4 juillet ses débuts à Aix en réglant un nouvel "Idoménée" de Mozart, sous la direction musicale de Marc Minkowski. Le festival tentera avec cette production de refaire la preuve de son excellence mozartienne, malmenée ces dernières années en raison de plateaux vocaux insuffisants.

Valeur montante de la direction d'orchestre en France, Alain Altinoglu conduira du 5 au 20 juillet "Orphée aux enfers" d'Offenbach dans une mise en scène du Belge Yves Beaunesne, une nouvelle production de l'Académie européenne de musique, pépinière de jeunes chanteurs du festival.

Enfin, le festival accueillera du 25 au 31 juillet une "Flûte enchantée" de Mozart venue de La Monnaie de Bruxelles et signée par le metteur en scène-plasticien sud-africain William Kentridge et le chef belge René Jacobs.

Sous le titre "Héroïnes", une cinquième production devait réunir "La Lucrezia" de Haendel, "Ariane à Naxos" de Haydn et une création du compositeur italien Luca Francesconi autour de la mezzo tchèque Magdalena Kozena. Mais ce spectacle a été reporté à une édition ultérieure.

"Les conséquences de la crise économique mondiale nous ont obligés à revoir nos projets à la baisse et à être prudents. Le Festival d'Aix, avec son taux d'autofinancement élevé (65%), est fragile dans cette situation", déclarait en janvier Bernard Foccroulle.

L'opéra est un art en forme de gouffre financier, même pour le plus important festival français par son budget (19,2 millions d'euros hors taxes) dans le domaine du spectacle vivant."

Pina BAUSH, comment se dépasser pour un geste encore plus beau, plus fort, plus profond... un acte, un dessin du corps incarné




La danse est cousine de plus en plus comme juxtaposée au théâtre, pour la danse contemporaine du moins. On voit de plus en plus des mises en scènes chorégraphiées et des chorégraphies faisant appel rappel aux textes mots onomatopées banalités gestes quotidiens comme des improvisations au micro....
Et j'ai donc été spectatrice des chorégraphies de Pina, disait-on avec une certaine tendresse.
Comme chez le cinéaste Pedro Almodovar, les femmes y étaient belles, presque nues sous une seconde peau, robe de soie, ou d'imprimé à fleurs, ou déshabillé, -en soutien gorge et culotte ? -non, ça c'est ailleurs et c'est laid
-avec des talons hauts...
-ou pieds nus
On ne peut danser qu'au bord de la crise de nerf" en talons hauts, on les met les ôte pour passer l'aspirateur. On s'entoure dans tous les gestes.
Comme certains autres créateurs, elle a travaillé à même l'hystérie, elle dépassait la ligne à ne pas dépasser...
Elle a créé des images défiant le sens de la beauté et n'oublions pas que les corps sont muets et que comme les comédiens quand ils jouent, je me dis souvent, dommage qu'ils ne sont pas chanteurs d'opéra. Qu'ils n'aient que le jeu et pas le chant pour leur instrument.

Pourquoi je suis là à vous écrire ?

à dresser mon message anonyme d'hommage
et vous savez que je ne pourrais pas faire un hommage par jour...

parce qu'il faut des plages des silences pour que s'envolent les pensées dédiées aux douleurs
et donc je ne travaille pas, aujourd'hui.

Le petit chat gris Clovis, d'un ami est mort, écrasé par une automobile.

Il n'y a pas d'indécence, de hiérarchie dans le chagrin, peu de gens le savent et s'entrechoquent car ils jugent, se déportent à se remettre dans le droit chemin d'autrui.

Si quelqu'un aime Michael Jackson, ou son compagnon à quatre pattes, il n'y a qu'à entendre et à déposer de vous à lui une grande tendresse un élan d'apaisement qui passe souvent par les larmes.
Mais ne jugez ni ne cassez rien à ce moment là tout le monde est un enfant.

Revenons à Pina Baush, ce matin sur France-Inter, Chantal Ackermann qui a réalisé un documentaire sur elle, a dit quelle tortionnaire, ou plutôt quel manque de tendresse elle avait pour ses danseurs
Et il y a donc des meneurs de jeu, des metteurs en scène qui vont vous exposer davantage, des professeurs de théâtre aussi.
Pour cela, il faut casser, mettre au défi d'aller plus loin, et comme l'on souffre, réduit à l'état de marionette qui se remet en toute confiance à l'autorité, quelquefois on se dépasse...
Le soucis c'est le quelquefois et les autres conséquences de ce genre de méthodes.

Pour la beauté du geste transcendé
et la danse n'hésite en rien comme le sport à rompre les corps, s'il n'y a
pas douceur accompagnement des muscles... intérieurs extérieurs et du mental, par une grande affectivité, on reste dans les gonds, la mi-mesure.
-Et cette affectivité peut conduire à la haine à la rupture à la perte de soi ?
-...

Je sais qu'il y a d'autres routes plus lentes et progressives pour arriver au même résultat,
pour trouver le déclic, les déclics, et j'ai tout mon temps puisque je travaille avec des amateurs qui aiment mais d'un peu plus loin que ceux qui ont décidé d'y consacrer toute leur vie.

Il faut accepter ses propres limites et se reconnaître à ne pas savoir les dépasser et remettre à chaque fois l'ouvrage sur le plateau, pour le public, mais pas pour son metteur en scène
c'est avec le texte, c'est avec la voix c'est avec des parties du corps c'est avec le jeu
chacun ses pares feux ses "maux" couverts...
et c'est aux autres et au groupe de protéger les temps de lenteur de répétitions à divers niveaux,
si quelque chose se passe c'est par le public un peu comme lorsque un roman édité trouve ses lecteurs. Un peu comme les militants se retrouvent dans la voix et par les mots de leur leader.

Je radote toujours les mêmes évidences pour moi
je suis l'assistante qui demande de la reconnaissance alors qu'elle ne veut rien diriger, que rester sous la caresse de l'autorité.
Cest pour cela que comédien me convient bien.

On est assisté jusqu'à l'accouchement d'une certaine mort, par la fin d'un spectacle.
et tous les projets inaboutis mais ce n'est rien car cela se poursuit autrement
c'est là seulement qu'on peut reprendre le cours de tous nos rêves.
en jeu devant un public.
par cet "acter " dans les autres "mots".

Une citation que je viens d'entendre racontée par d'Ormesson à France-Inter, une citation de Woody Allen : "Je suis parti quand j'ai compris que mon psychanaliste était guéri."

Carnet du Monde : article intitulé Pina Baush est morte
avec une vidéo un extrait de Café Müller, crée en 1978, l'une des œuvres les plus célèbres de la chorégraphe.

mardi 30 juin 2009

Odile Quirot Blog Nouvel Obs Lecture Terzief Odéon pour la rentrée, les maisons des poètes...

29.06.2009 Blog d'une journaliste critique du Nouvel Obs
Sous le soleil de Terzieff, au chateau de Claudel
Au Château de Brangues, demeure de Paul Claudel en Isère, à la Maison du Comédien, chez Maria Casarès à Alloue en Charente: chronique de quelques belles rencontres, sur la route de l'été.

« L'Habilleur » : le règne de Laurent Terzieff(art. du Figaro) spectacle qui s'est terminé le 13/06

Le Château de Brangues, en Isère, que Paul Claudel acquit en 1927 est une vaste demeure qui semble embrasser d’un coup d’œil solitaire la nature environnante. Au bout d’un chemin ombré d’arbres, Paul Claudel repose, lui et « sa semence », selon les mots gravés sur sa pierre tombale qui jouxte, ainsi l’avait-il voulu, la toute petite tombe d’un de ses petits-enfants. Paul Claudel disparu, en 1955, le Château de Brangues a continué sa vie familiale. Vaste famille, en vérité, veillée par Renée Nantet-Claudel, sa fille, par sa petite fille Marie-Victoire Nantet, par trois générations qui ouvrent large les portes du château le temps des « Rencontres de Brangues ». Ici, on reste simple, accueillant. Ici, tout est resté dans son « jus », si l’on peut dire , la chambre de Paul Claudel, sa bibliothèque, la cuisine..Ici, sous les arbres, les mots de Claudel bien sûr, et plus largement celui des poètes ont une ample résonance, et pas forcément sanctifiée. Exemple ? Et bien, cette année, une lecture-concert nommée « les voix de la fureur », un montage passionnant de textes signés Claudel, Péguy et Bernanos.

Oui, Paul Claudel était assez réac ! Heureusement, sa passion des cultures autres, dont l’Orient, l’a sauvé des plus mauvais relents du nationalisme. Mais quel régal que d’entendre la joute de ces trois hommes de leur temps ainsi portée par Philippe-Morier Genoud (Claudel), André Marcon (Bernanos) et Christophe Maltot (Péguy). Et quel beau travail a réalisé, plongeant dans les archives, Gérald Garutti, dramaturge de Christian Schiaretti, directeur du TNP . Ledit metteur en scène est aussi un des abonnés de ces Rencontres puisqu’il préside l’Association pour un Centre Culturel de Rencontre à Brangues. Et puis, la poésie et Schiaretti, c’est une longue histoire : il a crée « Les langagières » à Reims. Un jour de 1995, il a convié à ses cotés, sans plan prémédité, le poète Jean-Pierre Siméon. Ainsi est né, après bien d’autres textes, un superbe « Philocète », une variation sur Sophocle que Laurent Terzieff incarnera à la rentrée prochaine sur la scène de l’Odéon. Et Laurent Terzieff était là, aussi. Et c’est ainsi qu’à Brangues, dans la nuit (froide et humide !) on a entendu un « Philoctète » incandescent, et volé des mots, ainsi ceux-ci : « chassant des bêtes plus maigres que le vent ». Tard dans la nuit, Laurent Terzieff était là encore, pour parler poésie, porteuse de cette lucidité dont René Char disait qu’elle était la plus proche du soleil, a-t-il rappelé. Des soirées comme celles-ci sont des dons.

Alors, revenant de Brangues, on a songé à Maria Casarès, qui dans sa maison d’Alloue, en Charente, aimait s’asseoir sur un modeste banc de pierre aux rives de « sa » rivière qui serpente dans son domaine de la Vergne, qu’elle légua à sa commune après sa mort, en 1997. C’est aujourd’hui La Maison du Comédien. Là aussi s’y tiennent des « Rencontres d’Eté ».. Naturellement, les comédiens y sont rois, et serviteurs des poètes. Le Président de la Maison, le comédien François Marthouret a préparé une « surprise » pour les 10 ans de ces Rencontres d’Eté : un récital « Esot ErikSatie », accompagné au piano par Madeleine Malraux (le 3 juillet). Quant à la suite du week-end (les 4 et 5) on rêve d’en être : David Lescot reprend sa guitare et sa « Commission Centrale de l’enfance », Laurent Roy et Alain Libolt lisent « les années » de Annie Ernaux, les élèves du groupe 39 de l’Ecole du Théâtre National de Strasbourg proposent un « Parcours chanté », la troupe des amateurs de la Vergne « La Cerisaie » de Tchekhov. Un téléphone ? 05-45-31-81-22.

Mais comme on ne peut pas être partout à la fois, on sera (et rendez-vous avec ce blog) la semaine prochaine au Festival d’Avignon.
Mais sur la route de vos vacances, si vous croisez la demeure d’un poète, poussez la porte.

lundi 29 juin 2009

STAGES DE THEATRE ANIMES PAR PHILIPPE PERSON


IMPROVISATIONS ET TRAVAIL SUR LE TEXTE
STAGES DE THEATRE ANIMES PAR PHILIPPE PERSON

et sera assistée par Nathalie Feyt (sous réserve de modifications)

PHILIPPE PERSON est metteur en scène et
comédien. Il a récemment créé au Lucernaire :
Beaucoup de Bruit pour rien d’après William
Shakespeare (2008), La Pèlerine écossaise de
Guitry (2007), Délivrez Proust d'après Marcel
Proust, de Philippe Honoré (2006-2007).
Il anime les 3 cours hebdomadaires pour adultes
du Lucernaire. Sa compagnie fait partie des 4
compagnies retenues pour une résidence au Lucernaire à partir de
septembre 2009.

CONTENU DU STAGE
Ce stage a pour objectif d’apprendre à placer sa voix, à bouger dans
l’espace, à être à l’écoute (des autres et de soi)… Chaque jour, le travail
comportera deux parties bien distinctes. L’improvisation sera au cœur de
la première partie, sur le thème du couple. L’improvisation, c’est le
plaisir du saut dans le vide ! La seconde partie laissera la part belle à
l’interprétation : le travail de l’acteur sera abordé à travers de courtes
scènes d’époques et de genres différents traitant du couple.
Un stage pour tous ceux qui souhaitent aborder les techniques du jeu
d’acteur tout en s’amusant.

2 FORMULES
STAGE DE 5 JOURS
15h
Du lundi 24 au vendredi 28 août 2009 de 10h à 13h
WEEK-END
12h
Samedi 29 et dimanche 30 août 2009 de 10h à 13h puis de 14h à 17h

CONTACTS & RENSEIGNEMENTS
Diane Raillard / Christine Milleron
Mail : cours@lucernaire.fr - Tél : 01 42 22 26 50 (poste 4 – programmation) - www.lucernaire.fr
LE LUCERNAIRE SE RESERVE LE DROIT D’EVENTUELLES MODIFICATIONS


LIEU DES COURS
Au Lucernaire, 53 rue Notre Dame des champs 75006 Paris
Métro : Notre Dame des champs, ligne 12 / Vavin, ligne 4 / Bus : 58, 68, 82
TARIFS
Formule week-end : 280€
Formule stage de 5 jours : 300€
Formule stage de 2 semaines : 475€
AVANTAGES
Accès à tous les spectacles pour 10€
pour le détenteur de la carte « Elève du Lucernaire » ainsi que pour la personne qui
l’accompagne. Carte valable 1 mois.