la violoncelliste Béatrice Marceaux accompagnée du pianiste Nicolas Marceaux et l’organisateur de cette soirée où étaient réunis une trentaine d’invités mélomanes et amateurs confondus
C’est un peu étonnant d’aller chez les gens et de se retrouver à un concert. Enfin pour moi c’est étonnant car je n’ai pas l’habitude des soirées privées mais autant le violoncelle me fait pleurer. Autant je ne peux le dissocier du son d’avec le piano l’un serait en mineur, l’autre serait en majeur l’un s’accorderait plus à ma sensibilité que l’autre ? L’un serait comique et l’autre tragique ? et si mélancolique et en même temps, apportant le rythme pour danser avec le peuple des campagnes hongroises ou polonaises ou Tziganes, le violoncelle me tord les tripes… avec le piano je me tiens droite sur mon siège !
Héritages savants et folkloriques
D’Europe centrale
Le duo Les Cordes Vives met en regard quatre œuvres significatives du
répertoire de sonate piano/violoncelle, portées par quatre compositeurs européens
ayant vécu au XIXe siècle et au tournant du XXe siècle : la 1e sonate pour violoncelle et
piano en la mineur opus 42 de Karl Reinecke, la sonate pour piano et violoncelle en mi
mineur opus 38 de Johannes Brahms, Le Conte Pohádka
Danses Populaires Roumaines de Béla Bartók.
Ces quatre compositeurs ont suivi un parcours musical académique, et sont par
leur instruction imprégnés du langage de Bach, Mozart, Beethoven… mais ils se sont
affirmés également dans leur époque avec un style qui leur est propre, dans une
recherche de lien avec leurs racines : le folklore poétique, littéraire et musical fait bel et
bien partie de leur identité artistique. C’est cette double influence savante et populaire,
visible de façon très différente chez chacun d’eux, que nous souhaitons mettre en
lumière à travers ce programme.
PROGRAMME
Carl Reinecke : Première sonate pour violoncelle et piano en la mineur op. 42, 1855
I. Allegro Moderato
II. Lento ma non troppo
III. Intermezzo
IV. Allegro Molto ed appassionato
: Pohádka, Conte, pour violoncelle et piano, 1923
I. Con Moto
II. Con Moto
III. Allegro
Johannes Brahms : Première sonate pour piano et violoncelle en mi mineur op. 38,
1865
I. Allegro non troppo
II. Allegretto quasi Minuetto
III. Allegro
Béla Bartók : Danses Populaires Roumaines, transcription Luigi Silva, 1915
I. Bot tánc / (Danse du bâton)
II. Brâul (Danse du châle)
III. Topogó / Pe loc (Sur place)
IV. Bucsumí tánc / Buciumeana (Danse de Bucsum)
V. Román polka / (Polka roumaine)
VI. Aprózó / (minuscule) (Danse rapide)NOTICE
Carl Reinecke (1824-1910) : Première sonate pour violoncelle et piano en la mineur op.
42. Durée : 19 minutes.
Bien que son œuvre ne bénéficie pas de la même renommée que celle de
certains de ses contemporains, Carl Reinecke a joué un rôle important dans le
développement de la musique allemande du XIXe siècle. Sa première sonate, composée
en 1855, témoigne d’une grande envergure mélodique et sa profondeur expressive en
font une œuvre pleinement romantique.
L'œuvre est structurée de façon traditionnelle, en quatre mouvements : un
premier mouvement Allegro moderato présente un thème principal énergique et
lyrique, en un dialogue équilibré entre le violoncelle et le piano. Le deuxième
mouvement, Lento ma non troppo, est tout aussi passionné mais dans une atmosphère
plus intime et contemplative. À ce bref mouvement lent succède un Intermezzo tout en
finesse et amusement, autour d’un rythme de sicilienne d’apparence insouciante, et en
réalité empreint d’une pointe de mélancolie. Enfin, Le dernier mouvement Allegro molto
ed appassionato clôt l’œuvre de façon dynamique et brillante avec une légèreté et une
vivacité caractéristiques du style de Reinecke, en témoignent les arabesques
virevoltantes du piano, les jeux de tessitures et la rythmique ternaire. À l’image du
premier mouvement, piano et violoncelle déploient les thèmes avec une égale présence
sonore et expressive, terminant l’œuvre sur une note de joie triomphante.
(1854-1928) : Pohádka, Conte, pour violoncelle et piano. Durée : 11
minutes.
Composé en 1923, le Conte est l’illustration musicale d’un poème épique de
Vassili Joukovski (1783-1852) relatant une légende slave. Le poème évoque le fils du tsar
de Russie découvrant sa promise, fille du maître de l'enfer. Afin de garder une plus
préférant l’appellation brève de « Conte ».
Résumé du conte : Le vieux tsar barbu Berendeï se lamente de se voir vieillir sans
descendance. Dans un moment de dépit, il a promis son fils, né pendant sa longue
absence, à Koshchei, l’immortel. Devenu homme, le tsarévitch Ivan décide d’affronter
seul le redoutable sortilège. Chemin faisant, il longe un lac où s’ébattent trente
merveilleux canetons d’argent. Sur la berge s’épanouissent trente robes blanches
magiques, destinées aux canetons. Ivan s’empare d’une de ces robes : vingt-neuf
canetons revêtent leurs robes et se métamorphosent en ballerines, tandis que la
trentième cherche vainement la sienne. Ivan prend pitié, et rend la robe volée ; apparaît
alors une créature encore plus ravissante que les précédentes, qui n’est autre que la fille
de Koshchei dont Ivan tombe immédiatement amoureux.Le conte est rythmé en trois mouvements : Con moto – andante, Con moto –
adagio, et Allegro. L’indication con moto, c’est-à-dire « avec mouvement », reflète
l’esprit très vif et le caractère passionné de cette œuvre riche en textures sonores et
nuances très colorées, qui sont autant d’évocations du lieu où se déroule l’intrigue du
conte. L’émerveillement de l’enfance n’est jamais en reste : formules rythmiques
répétées en accelerando, longs crescendi, couleurs modales et thèmes populaires
énergiques se succèdent dans un déroulement obstiné et sans repos. Si la trame
musicale n’épouse pas fidèlement le récit du poème de Joukovski, le matériau musical
illustre indéniablement, sous forme de tableaux, l’esprit féérique d’un monde mythique
d’origine slave.
Johannes Brahms (1833-1897) : Première sonate pour piano et violoncelle en mi
mineur op. 38. Durée : 27 minutes.
Œuvre phare du répertoire de sonate piano/violoncelle, la Sonate opus 38
connut un succès immédiat lors de sa publication en 1865. D’une écriture polyphonique
assez rigoureuse sans aucun doute héritée de Johann Sebastian Bach (que Brahms
vénérait), elle déploie dans son premier mouvement trois thèmes principaux : le
premier, doux et expressif, est une grande mélodie chantée par le violoncelle, que
ponctuent sobrement des contretemps au piano. Le deuxième, plus tumultueux et
abrupt, voit s’échanger entre les deux instruments des arpèges de croches assez tendus,
dont vont découler un troisième thème lumineux, tendre et mystérieux. Le deuxième
mouvement est un Allegretto quasi Minuetto, encore un rappel des formes baroques
fréquemment employées par le Maître Bach. En deux parties, il développe un motif de
quatre notes, avec élégance dans sa première partie, et avec un lyrisme passionné dans
sa deuxième partie. Enfin, le mouvement final est une grande fugue dont le sujet est à
nouveau inspiré par J.S. Bach ; énoncés avec autorité, les thèmes n’ont pour autant rien
de l’austérité des formes polyphoniques, et s’enchaînent avec une verve inépuisable
jusqu’à un grand Presto final, extrêmement brillant.
Béla Bartók (1881-1945) : Danses Populaires Roumaines, transcription Luigi Silva.
Durée 9 minutes.
Les Danses populaires roumaines est une suite de six courtes pièces pour piano
composées par Béla Bartók en 1915. En 1917, il l'a adaptée pour orchestre de chambre,
et leur célébrité se retrouve dans de nombreuses autres adaptations (violon/piano,
violoncelle/piano…). Ces danses sont basées sur sept thèmes transylvaniens, qui étaient
originellement joués au violon ou au kaval, une flûte traditionnelle des Balkans.
La matière musicale de l'œuvre provient du patrimoine de mélodies recueillies
par Bartók depuis 1904, année de son premier enregistrement d'un chant d'une fille
paysanne hongroise. Pendant ses longs voyages dans toute l'Europe de I’Est, il a
répertorié en un immense catalogue plus de 8000 danses et chants populaires hongrois,
roumains et slovaques qui se seraient certainement perdus sans cet inventai
BIOGRAPHIES
L'ensemble Les Cordes Vives est un duo constitué de la violoncelliste Béatrice
Marceaux et du pianiste Nicolas Marceaux. Ils se sont rencontrés lors de concerts au sein d’un
festival de musique en Haute Provence durant l'été 2005. L’enthousiasme du public, mais
surtout leur élan musical commun ont incité Béatrice et Nicolas à travailler régulièrement
ensemble. Depuis 2010, ils consacrent une large part de leur activité musicale à l'exploration
du très vaste répertoire de sonate pour piano et violoncelle, parallèlement à leur activité
d’enseignants en conservatoire.
L’appellation Les Cordes Vives symbolise à la fois le lien organologique qui unit leurs deux
instruments, mais également l'engagement et l'énergie qu'il leur semble essentiels de
déployer dans leur démarche d'interprètes.
Ouverts aux perspectives musicales envisagées par les grands interprètes actuels, Béatrice et
Nicolas se sont formés auprès de pédagogues renommés tels qu’Éric Le Sage, Paul Meyer,
Sébastien Risler, Stephen Paulello, et Yvan Chiffoleau. Le Mécénat Musical Société Générale a
financé le duo en 2011, lui permettant de bénéficier des conseils du Quatuor Ysaÿe au sein de
l’académie d’été Musique à Flaine.
Ils se produisent régulièrement à Paris et en province, en diversifiant les lieux de leurs
concerts, afin d’aller à la rencontre de tous les publics et de faire découvrir, avec spontanéité
et enthousiasme, les richesses de la sonate piano/violoncelle.
Curieux et à la recherche de programmes éclectiques, Béatrice et Nicolas s’intéressent autant
à L.V. Beethoven, R. Schumann et J. Brahms, qu’à des compositeurs programmés moins
régulièrement tels que B. Britten, F. ... Faire revivre les œuvres
moins célèbres du répertoire fait aussi partie des objectifs du duo Les Cordes Vives. Enfin, les
compositeurs d’aujourd’hui passionnent le duo, et notamment le compositeur Stéphane
Delplace avec qui ils ont travaillé récemment, ou encore Guillaume Connesson, Olivier Grei
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