lundi 16 février 2026

Concert intime des Cordes Vives



la violoncelliste Béatrice Marceaux accompagnée du pianiste Nicolas Marceaux et l’organisateur de cette soirée où étaient réunis une trentaine d’invités mélomanes et amateurs confondus 




C’est un peu étonnant d’aller chez les gens et de se retrouver à un concert. Enfin pour moi c’est étonnant car je n’ai pas l’habitude des soirées privées mais autant le violoncelle me fait pleurer. Autant je ne peux le dissocier du son d’avec le piano l’un serait en mineur, l’autre serait en majeur l’un s’accorderait plus à ma sensibilité que l’autre ? L’un serait comique et l’autre tragique ? et si mélancolique et en même temps, apportant le rythme pour danser avec le peuple des campagnes hongroises ou polonaises ou Tziganes, le violoncelle me tord les tripes… avec le piano je me tiens droite sur mon siège ! 
Les musiciens étaient en harmonie comme un couple de patineurs 
Deux seulement sont arrivés en retard, c’était nous, juste après l’intermède et avant Brahms.
le chien du logis aboyait uniquement aux applaudissements.
Ce que j’ai préféré  vous avez deviné,
 j’étais prête à danser  : 
Béla Bartók : Danses Populaires Roumaines,

Qui veut le programme qui veut le programme qui veut le programme, donnez-moi le programme !


Héritages savants et folkloriques

D’Europe centrale

Le duo Les Cordes Vives met en regard quatre œuvres significatives du

répertoire de sonate piano/violoncelle, portées par quatre compositeurs européens

ayant vécu au XIXe siècle et au tournant du XXe siècle : la 1e sonate pour violoncelle et

piano en la mineur opus 42 de Karl Reinecke, la sonate pour piano et violoncelle en mi

mineur opus 38 de Johannes Brahms, Le Conte Pohádka

Danses Populaires Roumaines de Béla Bartók.

Ces quatre compositeurs ont suivi un parcours musical académique, et sont par

leur instruction imprégnés du langage de Bach, Mozart, Beethoven… mais ils se sont

affirmés également dans leur époque avec un style qui leur est propre, dans une

recherche de lien avec leurs racines : le folklore poétique, littéraire et musical fait bel et

bien partie de leur identité artistique. C’est cette double influence savante et populaire,

visible de façon très différente chez chacun d’eux, que nous souhaitons mettre en

lumière à travers ce programme.


PROGRAMME

Carl Reinecke : Première sonate pour violoncelle et piano en la mineur op. 42, 1855

I. Allegro Moderato

II. Lento ma non troppo

III. Intermezzo

IV. Allegro Molto ed appassionato

: Pohádka, Conte, pour violoncelle et piano, 1923

I. Con Moto

II. Con Moto

III. Allegro

Johannes Brahms : Première sonate pour piano et violoncelle en mi mineur op. 38,

1865

I. Allegro non troppo

II. Allegretto quasi Minuetto

III. Allegro

Béla Bartók : Danses Populaires Roumaines, transcription Luigi Silva, 1915

I. Bot tánc / (Danse du bâton)

II. Brâul (Danse du châle)

III. Topogó / Pe loc (Sur place)

IV. Bucsumí tánc / Buciumeana (Danse de Bucsum)

V. Román polka / (Polka roumaine)

VI. Aprózó / (minuscule) (Danse rapide)NOTICE

Carl Reinecke (1824-1910) : Première sonate pour violoncelle et piano en la mineur op.

42. Durée : 19 minutes.

Bien que son œuvre ne bénéficie pas de la même renommée que celle de

certains de ses contemporains, Carl Reinecke a joué un rôle important dans le

développement de la musique allemande du XIXe siècle. Sa première sonate, composée

en 1855, témoigne d’une grande envergure mélodique et sa profondeur expressive en

font une œuvre pleinement romantique.

L'œuvre est structurée de façon traditionnelle, en quatre mouvements : un

premier mouvement Allegro moderato présente un thème principal énergique et

lyrique, en un dialogue équilibré entre le violoncelle et le piano. Le deuxième

mouvement, Lento ma non troppo, est tout aussi passionné mais dans une atmosphère

plus intime et contemplative. À ce bref mouvement lent succède un Intermezzo tout en

finesse et amusement, autour d’un rythme de sicilienne d’apparence insouciante, et en

réalité empreint d’une pointe de mélancolie. Enfin, Le dernier mouvement Allegro molto

ed appassionato clôt l’œuvre de façon dynamique et brillante avec une légèreté et une

vivacité caractéristiques du style de Reinecke, en témoignent les arabesques

virevoltantes du piano, les jeux de tessitures et la rythmique ternaire. À l’image du

premier mouvement, piano et violoncelle déploient les thèmes avec une égale présence

sonore et expressive, terminant l’œuvre sur une note de joie triomphante.

(1854-1928) : Pohádka, Conte, pour violoncelle et piano. Durée : 11

minutes.

Composé en 1923, le Conte est l’illustration musicale d’un poème épique de

Vassili Joukovski (1783-1852) relatant une légende slave. Le poème évoque le fils du tsar

de Russie découvrant sa promise, fille du maître de l'enfer. Afin de garder une plus

préférant l’appellation brève de « Conte ».

Résumé du conte : Le vieux tsar barbu Berendeï se lamente de se voir vieillir sans

descendance. Dans un moment de dépit, il a promis son fils, né pendant sa longue

absence, à Koshchei, l’immortel. Devenu homme, le tsarévitch Ivan décide d’affronter

seul le redoutable sortilège. Chemin faisant, il longe un lac où s’ébattent trente

merveilleux canetons d’argent. Sur la berge s’épanouissent trente robes blanches

magiques, destinées aux canetons. Ivan s’empare d’une de ces robes : vingt-neuf

canetons revêtent leurs robes et se métamorphosent en ballerines, tandis que la

trentième cherche vainement la sienne. Ivan prend pitié, et rend la robe volée ; apparaît

alors une créature encore plus ravissante que les précédentes, qui n’est autre que la fille

de Koshchei dont Ivan tombe immédiatement amoureux.Le conte est rythmé en trois mouvements : Con moto – andante, Con moto –

adagio, et Allegro. L’indication con moto, c’est-à-dire « avec mouvement », reflète

l’esprit très vif et le caractère passionné de cette œuvre riche en textures sonores et

nuances très colorées, qui sont autant d’évocations du lieu où se déroule l’intrigue du

conte. L’émerveillement de l’enfance n’est jamais en reste : formules rythmiques

répétées en accelerando, longs crescendi, couleurs modales et thèmes populaires

énergiques se succèdent dans un déroulement obstiné et sans repos. Si la trame

musicale n’épouse pas fidèlement le récit du poème de Joukovski, le matériau musical

illustre indéniablement, sous forme de tableaux, l’esprit féérique d’un monde mythique

d’origine slave.

Johannes Brahms (1833-1897) : Première sonate pour piano et violoncelle en mi

mineur op. 38. Durée : 27 minutes.

Œuvre phare du répertoire de sonate piano/violoncelle, la Sonate opus 38

connut un succès immédiat lors de sa publication en 1865. D’une écriture polyphonique

assez rigoureuse sans aucun doute héritée de Johann Sebastian Bach (que Brahms

vénérait), elle déploie dans son premier mouvement trois thèmes principaux : le

premier, doux et expressif, est une grande mélodie chantée par le violoncelle, que

ponctuent sobrement des contretemps au piano. Le deuxième, plus tumultueux et

abrupt, voit s’échanger entre les deux instruments des arpèges de croches assez tendus,

dont vont découler un troisième thème lumineux, tendre et mystérieux. Le deuxième

mouvement est un Allegretto quasi Minuetto, encore un rappel des formes baroques

fréquemment employées par le Maître Bach. En deux parties, il développe un motif de

quatre notes, avec élégance dans sa première partie, et avec un lyrisme passionné dans

sa deuxième partie. Enfin, le mouvement final est une grande fugue dont le sujet est à

nouveau inspiré par J.S. Bach ; énoncés avec autorité, les thèmes n’ont pour autant rien

de l’austérité des formes polyphoniques, et s’enchaînent avec une verve inépuisable

jusqu’à un grand Presto final, extrêmement brillant.

Béla Bartók (1881-1945) : Danses Populaires Roumaines, transcription Luigi Silva.

Durée 9 minutes.

Les Danses populaires roumaines est une suite de six courtes pièces pour piano

composées par Béla Bartók en 1915. En 1917, il l'a adaptée pour orchestre de chambre,

et leur célébrité se retrouve dans de nombreuses autres adaptations (violon/piano,

violoncelle/piano…). Ces danses sont basées sur sept thèmes transylvaniens, qui étaient

originellement joués au violon ou au kaval, une flûte traditionnelle des Balkans.

La matière musicale de l'œuvre provient du patrimoine de mélodies recueillies

par Bartók depuis 1904, année de son premier enregistrement d'un chant d'une fille

paysanne hongroise. Pendant ses longs voyages dans toute l'Europe de I’Est, il a

répertorié en un immense catalogue plus de 8000 danses et chants populaires hongrois,

roumains et slovaques qui se seraient certainement perdus sans cet inventai



BIOGRAPHIES

L'ensemble Les Cordes Vives est un duo constitué de la violoncelliste Béatrice

Marceaux et du pianiste Nicolas Marceaux. Ils se sont rencontrés lors de concerts au sein d’un

festival de musique en Haute Provence durant l'été 2005. L’enthousiasme du public, mais

surtout leur élan musical commun ont incité Béatrice et Nicolas à travailler régulièrement

ensemble. Depuis 2010, ils consacrent une large part de leur activité musicale à l'exploration

du très vaste répertoire de sonate pour piano et violoncelle, parallèlement à leur activité

d’enseignants en conservatoire.

L’appellation Les Cordes Vives symbolise à la fois le lien organologique qui unit leurs deux

instruments, mais également l'engagement et l'énergie qu'il leur semble essentiels de

déployer dans leur démarche d'interprètes.

Ouverts aux perspectives musicales envisagées par les grands interprètes actuels, Béatrice et

Nicolas se sont formés auprès de pédagogues renommés tels qu’Éric Le Sage, Paul Meyer,

Sébastien Risler, Stephen Paulello, et Yvan Chiffoleau. Le Mécénat Musical Société Générale a

financé le duo en 2011, lui permettant de bénéficier des conseils du Quatuor Ysaÿe au sein de

l’académie d’été Musique à Flaine.

Ils se produisent régulièrement à Paris et en province, en diversifiant les lieux de leurs

concerts, afin d’aller à la rencontre de tous les publics et de faire découvrir, avec spontanéité

et enthousiasme, les richesses de la sonate piano/violoncelle.

Curieux et à la recherche de programmes éclectiques, Béatrice et Nicolas s’intéressent autant

à L.V. Beethoven, R. Schumann et J. Brahms, qu’à des compositeurs programmés moins

régulièrement tels que B. Britten, F. ... Faire revivre les œuvres

moins célèbres du répertoire fait aussi partie des objectifs du duo Les Cordes Vives. Enfin, les

compositeurs d’aujourd’hui passionnent le duo, et notamment le compositeur Stéphane

Delplace avec qui ils ont travaillé récemment, ou encore Guillaume Connesson, Olivier Grei



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