mercredi 16 novembre 2016

En préparation de la lecture dont le thème est : la littérature engagée






Premier message publié sur FB : C'était hier soir à la librairie : Au plaisir des yeux, il y avait quelque chose d'indéfinissable qui passait nostalgie utopie vivre avec tous les autres accueillir l'étranger poésie et un engagement total espoir de toutes les voix de tous les cœurs de toutes les oreilles... mon Cheri lui n'a pris que deux photos de moi... Mais d'autres vont arriver. Merci à Anne Guyot et Anne Sophie et aussi à la mairie du XIV : nous y étions tous à part entière grâce aussi à des auteurs comme Daniel Pennac Dany Laferriere Louis Aragon Léo Ferré Olympe de Gouges Annie Ernaux Georges Brassens Victor Hugo Mahmoud Darwich  Jean-Marie Pelt et Pierre Rabhi et pour finir le chant des partisans version Leonard Cohen (chant et guitare Jeremie Droulers, la video https://www.facebook.com/anne.sophie.7146/videos/10153893077616697/)
...et le mot de remerciement si bien écrit de notre super-libraire même si ça énerve un peu la joie des autres en ces jours de novembre si petits gris... et j'aime les escargots.
Merci
Merci à Madame le maire et à toute l'équipe qui l’entoure pour son initiative qui a permis de faire vibrer encore les mots, de faire vivre encore la culture, de penser que cela est possible, que nous sommes encore capables de dire, de lire de chanter et d'être émus
Merci à mes clients qui sont venus écouter car les textes ne sont rien si personne ne les reçoit, et qui ont échangé avec nous des sourires et des larmes... ou presque
Merci à tous les participants quel que soit leur rôle car sans eux rien n'aurait été possible
A Nicolas qui a fait quelques courses pour qu'on ait tous à boire
A Valérie et son fils Théophile qui ne sont plus de simples clients mais qui ont mis toute leur âme en donnant leur voix
A Anne-Sophie et Anabel qui ont "sauvé" la soirée un vendredi soir chez moi entre un verre de Cheverny et un ordinateur.
A Christian que je ne connaissais pas et qui a voulu participer à nos lectures avec sa belle voix de comédien.
A Nathalie qui est une amie de longue date et qui s'insurge contre toutes les injustices, contre le conformisme et la privation de liberté, qui aime les particularités de chacun, les générosités de chacun, les coups de gueules de certains.
A Jérémie pour qui les mots, leur force, l'idée de la liberté, l'âme humaine a tant d'importance qu'il les chante.
Et à Mohammed qui est bien plus qu'un client ordinaire qui est comme le colibri de Pierre Rabhi il vous laisse toujours un air dans la tête, une chanson pour l'âme et le cœur car il contient tout une sagesse qu'il aime transmettre.
Enfin merci à tous ces auteurs, femmes et hommes qui ont dit, écrit, chanté avant nous afin que vienne un monde plus juste.
J'espère vous revoir vite pour une nouvelle aventure
ah, merci aussi pour toutes les photos....


Tout d'abord il y aura d'autres textes dont celui de Victor Hugo, Le dernier jour d'un condamné à mort...
Chacun des lecteurs choisit ....
Mes propositions sont celles-là, pourquoi pas Gottingen ?

"Il n'y a plus rien" texte poème de Ferré sur tout fout le camp les poètes etc---

Il n'y a plus rien

Écoute, écoute...
Dans le silence de la mer, il y a comme un balancement maudit qui vous met le cœur à l'heure, avec le sable qui se remonte un peu, comme les vieilles putes qui remontent leur peau, qui tirent la couverture.
Immobile... L' immobilité, ça dérange le siècle.
C'est un peu le sourire de la vitesse, et ça sourit pas lerche, la Vitesse, en ces temps.
Les amants de la mer s'en vont en Bretagne ou à Tahiti...
C'est vraiment con, les amants.
 Il n'y a plus rien

.........................
Camarade tranquille, camarade prospère
Quand tu rentreras chez toi
Pourquoi chez toi ?
Quand tu rentreras dans ta boîte, rue d'Alésia ou du Faubourg
Si tu trouves quelqu'un dans ton lit
Si tu y trouves quelqu'un qui dort
Alors va-t'en, dans le matin clairet
Seul
Te marie pas
.........................
Le désordre, c'est l'ordre moins le pouvoir!

Il n'y a plus rien

Je suis un nègre blanc qui mange du cirage
Parce qu'il se fait chier à être blanc, ce nègre,
Il en a marre qu'on lui dise: " Sale blanc !"
..............................

Si tu savais ce que je sais
On te montrerait du doigt dans la rue
Alors, il vaut mieux que tu ne saches rien
Comme ça, au moins, tu es peinard, anonyme, citoyen !
..................................................

Les mots... toujours les mots, bien sûr !
Citoyens ! Aux armes !
Aux pépées, citoyens ! A l'amour, citoyens !
Nous entrerons dans la carrière quand nous aurons cassé la gueule à nos aînés !
Les préfectures sont des monuments en airain
Un coup d'aile d'oiseau ne les entame même pas, c'est vous dire !

Nous ne sommes même plus des Juifs allemands
Nous ne sommes plus rien
Il n'y a plus rien
.......................................................
Moi, je suis un bâtard.
Nous sommes tous des bâtards.
Ce qui nous sépare, aujourd'hui, c'est que votre bâtardise à vous est sanctionnée par le Code civil Sur lequel, avec votre permission, je me plais à cracher, avant de prendre congé.
Soyez tranquilles, vous ne risquez rien
Il n'y a plus rien
Et ce rien, on vous le laisse !
Foutez-vous-en jusque-là, si vous pouvez,
Nous, on peut pas.
Un jour, dans dix mille ans,
Quand vous ne serez plus là,
Nous aurons TOUT
Rien de vous
Tout de Nous
Nous aurons eu le temps d'inventer la Vie, la Beauté, la Jeunesse,
Les larmes qui brilleront comme des émeraudes dans les yeux des filles,
Le sourire des bêtes enfin détraquées,
La priorité à Gauche, permettez !
Nous ne mourrons plus de rien
Nous vivrons de tout
Et les microbes de la connerie que vous n'aurez pas manqué de nous léguer, montant de vos fumures
De vos livres engrangés dans vos silothèques
De vos documents publics
De vos règlements d'administration pénitentiaire
De vos décrets
De vos prières, même
Tous ces microbes juridico-pantoufles
Soyez tranquilles,
Nous avons déjà des machines pour les révoquer
NOUS AURONS TOUT
Dans dix mille ans.



et/ou "Mourir pour des idées" de Brassens  
Mourir pour des idées, l'idée est excellente
Moi j'ai failli mourir de ne l'avoir pas eu
Car tous ceux qui l'avaient, multitude accablante
En hurlant à la mort me sont tombés dessus
Ils ont su me convaincre et ma muse insolente
Abjurant ses erreurs, se rallie à leur foi
Avec un soupçon de réserve toutefois
Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente,
D'accord, mais de mort lente
Jugeant qu'il n'y a pas péril en la demeure
Allons vers l'autre monde en flânant en chemin
Car, à forcer l'allure, il arrive qu'on meure
Pour des idées n'ayant plus cours le lendemain
Or, s'il est une chose amère, désolante
En rendant l'âme à Dieu c'est bien de constater
Qu'on a fait fausse route, qu'on s'est trompé d'idée
Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
D'accord, mais de mort lente
................
Encor s'il suffisait de quelques hécatombes
Pour qu'enfin tout changeât, qu'enfin tout s'arrangeât
Depuis tant de "grands soirs" que tant de têtes tombent
Au paradis sur terre on y serait déjà
Mais l'âge d'or sans cesse est remis aux calendes
Les dieux ont toujours soif, n'en ont jamais assez
Et c'est la mort, la mort toujours recommencée
Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
D'accord, mais de mort lente
O vous, les boutefeux, ô vous les bons apôtres
Mourez donc les premiers, nous vous cédons le pas
Mais de grâce, morbleu! laissez vivre les autres!
La vie est à peu près leur seul luxe ici bas
Car, enfin, la Camarde est assez vigilante
Elle n'a pas besoin qu'on lui tienne la faux
Plus de danse macabre autour des échafauds!
Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
D'accord, mais de mort lente

Annie Ernaux nom d'origine Duchesne est née en 1940, à 6 ans 1/2 sa soeur est morte de la diphtérie le 14 avril 1938.

Ensuite ce sont des citations de son journal d'écriture : Écrire la vie.

"Ce photojournal ne constitue pas une "illustration" de mes livres.... Il n'est pas non plus l'explication d'une écriture mais il en montre l'émergence... Il faut je crois le considérer comme un autre texte, troué, sans clôture, porteur d'une autre vérité....
"Écrire n'est pas pour moi un substitut de l'amour mais quelque chose plus que l'amour ou que la vie".....

"Brusque ressouvenir d'une scène oubliée, une humiliation effrayante. Octobre 57, la Saint-Luc, la nuit un samedi. Je me promène dans la foire avec mon père, mon oncle Bernard et ma tante Marie-Louise, à jeun tous deux, heureusement. Et voilà que surgissent Gérard P. et un autre type de l'École d'agriculture. Ils vont nous suivre tout le temps en ricanant. Ils se marrent, c'est clair parce que ma famille ressemble aux familles ouvrières de cette époque, dans une petite ville de province, des ultra-péquenots pour eux (les parents de G. P. sont profs, à Nancy, ou Troyes ? Et ils le font en toute impunité puisque je ne peux pas venir vers eux, leur parler, leur dire "ça suffit". Impossible à l'époque, dans mon milieu, d'avoir l'air de connaître ces garçons. De toute façon, ils diraient que je suis cinglée. Je me souviens combien ce fut long, ce fut horrible, deux petits mecs laids, des gnomes à lunettes, à 10 mètres constamment. Eux de "bonne famille". Je revois la gabardine beige de P., l'autre, je ne le vois plus. Ma tante, sa dégaine, ses cheveux blancs coupés courts, tout juste si elle n'avait pas sa blouse de travail. Bernard l'appelait Maman ou plutôt "manman". Mes souvenirs de foire quelque chose hors de la vie  ...." 
21 juillet 2002


Sans m'en rendre compte, j'élargis le fossé entre mes parents et moi, mais ils me sont nécessaires et, à cause d'eux, je serais capable de beaucoup de choses, comme si toutes ces souffrances qu'ils ont subies, leurs humiliations, je voulais les prendre à ma charge et les venger. Si j'ai écrit, c'est un peu à cause d'eux mais ce n'était pas le roman qu'il fallait, je recommencerai, des nouvelles sans doute. Pourquoi depuis toujours, ai-je eu envie de faire le mal et par ailleurs je souffre toujours. J'ai peur, parfois comme aujourd'hui, "le scrupule".  
4 avril 1963



Depuis deux mois, lui et moi ne nous sommes plus revus - cette chose finit par ne concerner que moi. Que devenir, moi qui ait tant aimé la liberté.
décembre 63

J'attends toujours demain je retournerai chez la faiseuse d'anges puisqu'elle n'a pas "réussi".
17 janvier 64 

Soirée avortement sur Arte. Revoir Gisèle Halimi, c'est revoir ces années où nous étions encore "coupables", "salopes". En face, la représentation du Vatican, yeux clairs, image atroce de la haine de la vie, de la liberté, l'Église offrant son visage réel :"La femme veut être comme les hommes mais la femme est faite pour avoir des enfants" etc...
26 février 1993

La Passion selon saint Matthieu de Bach. Je suis bouleversée, c'est toute ma vie ici, l'art et la mort. Je suis si sûre  qu'en février 64 a eu lieu pour moi une expérience unique. Je ne sais pas si les mots sont à la hauteur, dire cela est vouloir dire l'au-delà. En même temps quelle joie profonde, comme d'être sauvée, en entendant cette Passion. Rien ne compte plus, c'est le temps retrouvé, la vraie vie.
17 décembre 1999

"Tout le passé est nécessaire pour aimer le présent."....
octobre 68

Pour moi écrire serait un "mieux être" comme si ma personne dans le monde où elle se meut n'avait pas d'équilibre ou d'épaisseur, comme si les choses m'étaient étrangères, ou pis menaçantes.
Rien pour moi n'a de réalité, ni de métier, ni les autres, sauf ce qui est attachement presque animal, enfants par exemple. Mais tant que la recherche n'aura pas abouti dans une oeuvre complète, achevée, ce ne sera que feuilles détachées de moi, rien d'essentiel. Ai-je seulement envie de parler de moi maintenant? Écrire comme les peintres font des natures mortes et y ajouter le monde - par surcroît. Ce qui refuse bien entendu le personnage - et même le "je".
5 janvier 70

Hantée par la phrase de Breton, "S'il pouvait faire du soleil cette nuit."
Soleil rouge. J'attends "le mot qui cognera à la porte".
12 mars 1972

Tous mes voyages maintenant se superposent, simples images sans réelle signification. Ce matin je me suis dit que je n'avais plus qu'un très vague souvenir de ma chambre au Novotel de Sofia, en 87.
mai 1998


Ce sentiment que j'avais si fort, après le départ de S., que notre couple continuait d'être quelque part, comme autrefois je croyais que la fille de Rome 63 (moi) était toujours là-bas, et les amants de Venise (Philippe et moi) dans cette pension de Zattere, pleine de lierre. Mais je le crois toujours. Il n'y a pas de différence ici entre ma vie et un roman : les personnages continuent de vivre quelque part. Nous passerons sur la terre... Ma douleur, mon émotion, en revenant à Venise, viennent de ce que je ne peux pas revivre, être en 63, je ne peux pas relire ma vie...
4 janvier 1993

Ce soir dans le centre ville, sous un passage non loin de Tarte Julie, un homme est couché les pieds sur une baguette de pain. Il semble dormir, ou bien il est dans le coma. Des femmes autour. La patronne d'une boutique de fringues appelle les pompiers, Une femme "il est sûrement drogué". Je dis que ce n'est pas une raison pour le laisser là. Quand je reviens de la Fnac, les pompiers arrivent avec leur mallette, disent à un africain tout en blanc, en gandoura, "circulez y a rien à voir". Ils secouent l'homme allongé. Accablement, horreur, envie de pleurer. Ce sont tous les hommes ivres morts de mon enfance qui sont revenus, tout le malheur, la débine, l'impossibilité de survivre pour certains. La douleur jamais guérie d'avoir vu des jeunes gens tituber dans la rue pendant que je révisais mes leçons. 
1990

Je ne sais si Éric va partir ce week-end aux USA. Seuls mes enfants sont capables de me donner cette angoisse viscérale, cette hantise qu'il leur "arrive quelque chose": ce sont les seuls êtres pour lesquels j'ai l'impression que j'accepterai de mourir à leur place.
mai 96

Les choses qui m'arrivent, au moment où je les vis s'écrivent toujours déjà à l'imparfait.
21 juin 2001

Je ne travaille pas sur les mots, je travaille sur ma vie.
6 août 1990

Et si croire que je suis venue au monde pour écrire était une pure construction ? Au fil des années ?"
décembre 2001




dimanche 30 octobre 2016

Piaf 100 ans à la Comédie-nation, un théâtre qui ouvre large ses portes à toute la diversité handicaps compris sur scène et pas seulement dans la salle

Le jeu des acteurs passionnés ne change pas, quasiment pas, presque jamais, avec le temps... L'amour est derrière et au delà des images, souvenirs etc... Piaf : par Monica-Éline-Stéphane avec la projection d'un film de Frédéric Aspisi, c'était incommensurable, pas à dire décrire avec des mots, dans ce petit théâtre Comédie-Nation, mais nous on était là..... et je continuerais à aimer les amants, l'horizon, les oiseaux, le théâtre, la chanson avec entre autres : Piaf Monica, Piaf Eline, Piaf Stéphane, "Arrêtez la musique !"
Et on s'est promis de se donner RDV pour les 200 ans de la naissance de Piaf...

Ce spectacle à passé la Mer et le Grand Nord, il était pour les Norvégiens et les Français. ainsi quand Éline entonnait les paroles en norvégien, ou traduisait quelques moments, j'avais l'impression de savoir le parler le Norvégien. Ma mère a assez raconté qu'on avait des origines viking, nous les normands. 
Après le spectacle bilingue (la plus grande  partie était en français, Piaf oblige !) et aussi parce que les deux Norvégiennes chantent parfaitement le Piaf et parlent le français. Éline a fait ses études de comédienne (cela se dit études de comédien) chez Florent avec un jeune homme comme professeur Stéphane Auvray-Nauroy, il y a presque 20 ans, je l'ai vue jouer ensuite, elle a toujours été impressionnante. Il y a six ans, elle est retournée s'installer en Norvège et continuer le théâtre dans la petite ville d'où elle venait et c'est là qu'elle a rencontré Monica, dans une librairie. Toutes deux,  elles y mettent du coffre et de l'émotion qui ne racole pas... Vous allez me dire mais Monica  est une femme handicapée, dans un fauteuil, avec certains muscles et membres paralysés ? Oui et alors sur scène cela se remarque 3 secondes puis on l'entend, on voit, on perçoit son sourire, on trouve ensuite qu'elle a une jolie robe et que les quelques gestes de sa main droite, mettent "de la lumière à son front"....elle nous paraît bien plus jeune que les autres, elle nous raccroche à la force de l'enfance. Monica connait en français, je rappelle qu'elle est norvégienne et qu'elle a appris le français au lycée, Monica connait  340 et quelques, chansons par cœur comme Stéphane d'ailleurs, et tous les deux à leur façon, ont le même cœur, c'est à dire placé très haut. 

Je voulais revenir au film de Frédéric Aspisi, il date d'environ d'un an ;  ce sont les trois protagonistes qui se rendent ensemble au Père Lachaise sur la tombe de Piaf, le film il semble les accompagner, c'est tout et c'est bien. En fait il pose tous les jalons, pour que nous élargissions notre champ de vision donc de rêves. Monica à certains moments pleure et l'on croit qu'elle a mal au dos, à cause des pavés, ou à cause de la mauvaise suspension du fauteuil, ce qu'on est cons ! C'est parce qu'elle a peur des pentes, de tout ce qui descend dans la vie. Et là, j'ai compris que si je ne m'étais jamais sentie libre sur mes deux jambes, j'aurais toujours eu peur de tomber à l'eau comme quand j'étais petite, quand je passais sur les ponts qui traversaient les rivières.  Quand elle chante, "non je ne regrette rien" arrivée sur la tombe de Piaf avec ses trois fleurs dans sa main, on explose et de pleurs et de joie parce qu'elle y est arrivée qu'elle est toute seule en gros plan, mais pas trop gros et que c'est beau. Le film s'arrête. Et sur scène après, on les retrouve tous les trois souriants, proches, incarnés et eux mêmes et comme différents, mais c'est nous qui avons changé. Il faut passer par le pathos, pour ne pas y sombrer....parce que les chansons de Piaf, excuse-moi avec "un aigle sur le dos" ou "légionnaire" ils meurent tous à la fin... Mais ce n'est pas du pathos, c'est la vie dans tous ces recoins, dont les plus sombres, on meurt tous, la vie transcendée par l'amour, c'est à dire l'amour le plus fou, qui prend dans le bas-ventre, proche de l'évanouissement et non pas correct et dans la tête, alouette ! L'amour qui dure même une fois qu'on aime plus. Parce qu'après la mort, comme dit Pascal, il y a une vie, celle des autres...
Pour la 1ère fois j'ai ressenti que les acteurs et les spectateurs étaient tous frères, qu'on pouvait les intervertir. ....et avec les musiciens aussi, car chansons sans musique.... 
Dans ce spectacle, il y a deux musiciens norvégiens, une pianiste et un accordéoniste : Piaf oblige ! Pourquoi a t'elle fait du piano parce qu'un marchand de pianos démarchait chez ses parents et la 3ème fois les parents ont dit oui. L'accordéoniste ? Il ne voulait pas en jouer, ne savait pas, mais voilà que le groupe où il jouait voulait faire danser les gens, alors ils sont allés frapper chez un fermier qui avait deux accordéons, le groupe en a acheté un à 60 €..... Les hasards, tous les hasards des rencontres sont racontés..... Ah oui ! et je me souviens que la seule chanson que la pianiste savait interpréter  au piano, c'était la Vie en rose, la seule chanson que Piaf a écrite  : paroles et musique.  Ses habituels compositeurs paroliers de l'époque avaient trouvé sa chanson nulle .....
Cet article j'ai voulu lui garder toute sa spontanéité mais j'ai dû le reprendre plusieurs fois, préciser corriger, mettre la ponctuation, la spontanéité ça ne se traduit pas sauf entre chaque spectateur quand ça passe avec les acteurs les chanteurs les musiciens et c'est pour cela que c'est aussi ça ! l'amour....et sans, on regrette jusqu'à, d'être né.


jeudi 27 octobre 2016

Hector et Lola au Théâtre Astral du Parc Floral



Je vais au théâtre astral Parc Floral de Vincennes, faut compter mini 1h30 de trajet. Lundi AM ou demain à 15h si les enfants sont là, ils pourraient venir,avec moi. C'est notre amie Sophie l'attachée de presse du théâtre, il y aura des réducs ou par BilletRéduc.
Voilà le pitch :

Hector et Lola, 2 êtres que tout oppose et pourtant  une énigme survient... un trésor à découvrir ?c'est à 2 qu'ils vont partir à l'aventure. Un conte d'aujourd'hui avec Lola princesse de la rue et Hector qui se croit le plus fort,  c'est à dire avec au moins 4 tuyaux d'échappement !!! (c'est une allusion un private- joke avec la maman et le petit garçon que je garde de  temps en temps, oui toujours le même et qui cherche la voiture la plus rapide en regardant et comptant le tuyaux d'échappement).


Un témoin d'une représentation m'a écrit
"Très beau spectacle. Une rencontre amoureuse inattendue. 
Les trois générations semblaient intéressées, touchées et conquises.
Ils est  court et dense, 25 mn."

Entretien avec Michel Fau revue Tchaika

https://revuetchaika.wordpress.com/2016/10/09/un-dejeuner-avec-michel-fau/

Revue Tchaika ils font des fautes à  pas mal de noms propres Desbordes, St Céré, Dardenne sauf Fau Py Fellini Vitez Chéreau mais par contre ils savent restituer à l'exact la personnalité de Michel Fau. Il est au dessus des sectes du théâtre ou plutôt utilise des chemins de traverse. Mais lui aussi n'aime pas tout mais s'il sait imposer ses références ce n'est pas un dictateur. Pour assurer les productions comme d'autres actuellement il mélange les stars et les sans nom : c'est à dire acteurs qu'au théâtre, selon chaque projet. Je veux dire par là qu'il n'impose pas une "troupe" sauf techniquement pour les décors les lumières les maquillages et les costumes. Et croyez moi c'est par là qu'un style demeure, qu'on soit Fau ou Chéreau. Il a toujours su même dans le récit d'une interview me faire beaucoup rire et un peu pleurer. Le petit monde du théâtre sait passionnément reconnaître et détester, mais tous ne savent pas respirer sous l'eau d'une "orgie d'émotions", sauf à se tenir comme moi, hors du champ de bataille.

et en bonus
https://www.franceculture.fr/personne-michel-fau.html# une interview sur France-Culture avec un inoubliable extrait de Michel Fau dans Illusions Comiques de Juillet 2016

UN DÉJEUNER AVEC MICHEL FAU

Comment avez-vous découvert le Théâtre ?
Par les marionnettes. Ma mère m’a offert des marionnettes quand j’avais cinq ans. Ensuite, elle m’a emmené au théâtre. Elle faisait partie d’une certaine bourgeoisie de province qui a son abonnement au théâtre municipal. Nous allions tout voir : des pièces de théâtre, des opérettes, des opéras, etc. Parfois, nous allions à Paris voir autant des pièces de Molière que du théâtre expérimental, auquel je ne comprenais rien. Voyant que les spectacles me plaisaient, elle renouvelait l’expérience.
A 10 ans, j’ai dit que je voulais être acteur.

Entre cette vocation et votre entrée dans la profession, que s’est-il passé ?
J’ai intégré le conservatoire d’Agen. Là-bas, j’ai entendu parler du Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris (CNSAD), j’ai compris qu’il fallait monter à Paris.
C’est ce que j’ai fait, dès que j’ai eu dix-huit ans.
La première chose que j’ai faite a été de préparer le concours du CNSAD. J’ai travaillé mes scènes de concours avec Monsieur Yves PIGNAULT qui avait un cours privé. J’ai passé le concours de la classe libre du Cour Florent où je n’ai pas été pris.
(c’est drôle parce que plusieurs années après j’y ai dirigé des stages).
J’ai passé le concours de l’école de la rue Blanche et je n’ai pas été pris. Enfin, j’ai tenté, deux fois, le Conservatoire et j’ai été pris (en passant la scène de Valère et Marianne dans Tartuffe et un Pinter.)
Au Conservatoire, j’ai compris que ce que j’aimais n’était pas à la mode.
Je rêvais de jouer Topaze de Marcel PAGNOL (qui est vraiment une très grande pièce) et les élèves travaillaient KOLTÈS et les autres auteurs à la mode. Les professeurs me disaient : « tu en fais trop », « trop d’effets de voix », « tu fais trop rire », etc.
Heureusement, il y a eu de belles rencontres comme avec Pierre VIAL ou Michel BOUQUET. Michel BOUQUET a vu des choses en moi. Il a vu le tragique. Je ne le soupçonnais pas, je voulais faire rire, être un clown ! Il m’a fait comprendre qu’un clown c’est tragique. Je me souviens, il me faisait travailler une scène de Feydeau et il m’a dit : « il faut que tu joues Lorenzaccio comme tu joues Feydeau ». Je me suis dit : « Mais qu’est-ce qu’il raconte ? ».
Longtemps après, j’ai compris qu’il avait tout compris !
A l’époque, j’habitais chez mon frère qui construisait déjà des décors de théâtre. Mon frère, ma sœur et moi avons toujours voulu faire du Théâtre. Nous nous sommes influencés les uns les autres. Nous étions comme un cirque, nous avons inventé un truc à nous qui date de l’enfance. Mon père ne comprenait pas très bien, mais ma mère nous soutenait, elle était géniale. Et moi, j’étais totalement inconscient : je croyais que tout se passerait bien.
Et tout s’est bien passé, au début. Après tout est devenu plus compliqué.
Je ne pensais que Théâtre. J’allais au théâtre tous les jours, j’allais tout voir, aussi bien au Privé, aux Boulevards (j’allais voir toutes les pièces de Jacqueline MAILLAN et de Maria PACÔME) qu’à Chaillot ou à Nanterre.
C’était un foisonnement formidable.
A l’époque, il y avait Patrice CHÉREAU à Nanterre et Antoine VITEZ à Chaillot. Le théâtre de Vitez me plaisait, c’était très lyrique. C’était ce théâtre là que j’avais envie de faire. (Ce qui ne correspondait pas trop à « l’air du temps » dans la fin des années 80)

Qu’est-ce qui s’est passé quand vous êtes sorti du Conservatoire ?
En sortant du Conservatoire, je n’avais pas de boulot ou des projets qui ne me plaisaient pas. J’ai fait des spectacles avec le Jeune Théâtre National, mais c’est un cache misère (il dure trois ans). C’était très dur. Le théâtre commençait à devenir très sérieux dans le Public. J’étais trop baroque pour le théâtre public, trop bizarre pour le théâtre privé et trop expressionniste pour le cinéma.
Et il y a eu Olivier PY. J’ai fait dix spectacles avec lui. C’est énorme. Il me trouvait génial, il m’a écrit des pièces. C’était un des rares au Conservatoire qui me trouvait génial.
Je n’étais pas nul mais j’étais bizarre.
Quand je suis devenu l’acteur d’Olivier PY, les autres metteurs en scène ne m’ont plus rien proposé.
J’ai essayé de travailler avec d’autres metteurs en scène : Stéphane BRAUNSCHWEIG, Eric VIGNER, Jean-Michel RABEUX avec qui j’ai fait quatre spectacles puis j’ai commencé à faire des mises en scène d’opéra. De ce biais-là, j’ai commencé à avoir des idées très précises de ce que je voulais faire.
J’adorais l’Opéra. Olivier Déborde qui dirigeait le Festival de Saint Serré et l’Opéra de Dijon, m’a demandé de faire mes premières mises en scène d’Opéra. Et au bout d’un certain temps, je me suis dit que j’étais bête de ne pas monter du théâtre. (Je montais TOSCA, je montais COSI FUN TUTTE, je pouvais bien monter du théâtre.)
A ce moment-là, tout le monde me disait : « tu ne vas pas jouer et mettre en scène ». Pourtant pendant très longtemps, le théâtre a fonctionné de cette manière-là. Et moi, je voulais faire les deux comme Louis JOUVET ou Jean VILAR. Si je ne faisais que la mise en scène j’étais frustré. J’aurais dû le faire dès le début mais je n’avais pas la force.
J’ai commencé à faire des mises en scène et celles-ci ont été appréciées du public ou des médias alors je me suis dit :  » je fais ce que j’ai à faire !  » Il faut faire ce que l’on a à faire.
Aujourd’hui, je fais le théâtre qui me plaît, qui me faisait rêver quand j’étais enfant : un mélange de grotesque, de poésie, d’extravagance et de chic. Je pense que je ne pourrais pas faire un Théâtre sérieux dans le sens où il se prendrait au sérieux. J’aime que les choses soient folles, soient violentes, soient grotesques, ou décalées.

Comment vous êtes-vous structuré pour monter vos spectacles ?
Des gens m’ont provoqué. Pour l’opéra, Olivier DEBODRE me l’a demandé, Michel VUILLERMOZ m’a proposé de travailler avec lui sur une pièce de David MAMET pour le Théâtre du Rond-Point, Fleur de Cactus c’est une idée de Catherine FROT, Maison de Poupée c’était pour Audrey TAUTOU, GUITRY pour Julie DEPARDIEU, etc.
Je me suis occupé de la production. Je connaissais un peu le milieu, j’ai rencontré Frédéric FRANCK qui était quelqu’un de très cultivé, qui connaissait les acteurs. Il nous a aidé.
Au tout début, j’ai essayé de monter une compagnie mais ça m’a désespéré : les dossiers de subvention, les rendez-vous avec la DRAC, etc. Je voulais monter un Feydeau, et on m’a tellement découragé que je ne l’ai pas fait. C’était un travail de Titan.

Quelle image vous avez du Théâtre ?

Le théâtre parle de l’humain de façon poétique ou sublimée que ce soit sous forme de Tragédie ou de Vaudeville. Pour moi le théâtre doit décoller de la réalité. J’aime l’opéra pour cela. Il parle de nous d’une manière surdimensionnée. J’ai du mal avec la réalité, avec les codes de la société.
Je fais du théâtre pour me décoller du sol.

Est-ce important que le Théâtre soit un Art ?
C’est drôle parce qu’il n’y a pas longtemps, les gens du « show-business » m’ont dit : « Vous êtes un véritable artiste ! ».
J’essaie de faire un Théâtre d’Art.
Je ne fais pas du Théâtre par ambition, j’aurais pris les choses autrement… J’ai eu toutes les tentations pour le faire, pour faire un plan de carrière, calculer ou prendre le pouvoir mais je ne suis jamais rentré dans ce jeu-là. Ce n’est pas une question d’éthique. Je ne suis juste pas fait pour cela. Par conséquent, je pense, par défaut, que j’ai une démarche artistique.
J’ai refusé des projets très attrayants, où j’aurais pu gagner beaucoup d’argent. J’ai refusé de travailler avec des acteurs très chics et très reconnus parce qu’ils ne correspondaient pas à mon geste artistique.
Je ne peux pas travailler avec un acteur qui ne me fait pas rêver.

Comment définiriez-vous ce geste artistique ?
C’est quelque chose que je n’ai pas maîtrisé.
J’ai fait ce que j’avais à faire, enrichi de tout ce que j’étais, de toutes les expériences que j’avais eues, de toutes les lectures que j’avais faites. C’est peut-être un peu prétentieux, mais je le pense, je crois que j’ai inventé mon monde à moi.
J’ai l’impression de faire un Théâtre très classique et très conventionnel mais je me rends compte que ce n’est pas le cas. Dans Maison de Poupée par exemple, il y avait une scène que je pensais très classique et elle a déchaîné des passions parce que j’avais proposé quelque chose de très expressionniste.
Après j’ai peur d’être comme les metteurs en scène qui appliquent une recette, quoiqu’ils montent. Pour cette raison, j’essaie toujours de partir du texte et d’aller vers des textes différents pour ne pas refaire éternellement le même spectacle. Je crois que souvent le metteur en scène rabaisse le texte. Souvent une pièce de théâtre à la lecture parait géniale mais une fois montée, elle semble moins bien. Cela devrait être le contraire. Les metteurs en scène veulent donner leur vision de la pièce. Je pense qu’il faut partir du texte, même quand c’est BARILLET et GREDY, qui peut sembler un Théâtre plus léger. Je sais que pour le Misanthrope je me suis laissé guider par le texte. J’ai essayé de ne pas avoir d’aprioris sur la pièce. J’ai essayé de tout prendre au pied de la lettre.

Comment les choisissez-vous, ces textes ?
Je cherche, je suis curieux, je continue à lire, je n’ai pas de guide ou de piste, je lis des choses très différentes, très mélangées.
Enfant, j’avais envie de connaître tout le théâtre. Je n’avais pas d’aprioris, je lisais tout. Après j’ai eu des aprioris, comme on nous apprend à en avoir. Aujourd’hui, j’essaie de les casser.
Dans les textes, ce qui m’intéresse c’est la forme, l’écriture, la musique de l’écriture. J’aime également quand le texte dit quelque chose, sinon il m’ennuie.
Il y a beaucoup d’auteurs qui ne parlent de rien ou qui parlent du vide. Cela m’ennuie.

Que pensez-vous du milieu du Théâtre ?
J’ai mis du temps à m’imposer dans ce monde-là: le milieu du Théâtre. J’essaie de naviguer dans ce monde qui est complètement protéiforme. Je navigue d’un univers à l’autre et cela me plaît.
Je n’ai aucune conviction politique.
Je suis terrifié par le monde.
Je n’ai pas de solution.
Je ne suis pas mondain.
Je suis timide.
Je me sens un peu à part et un peu seul.
En revanche, ce qui m’énerve c’est les sectes. Le Théâtre est très sectaire.
Je pense que c’est bien de faire des choses différentes. Je crois que les acteurs ont envie de bouger les repères mais c’est dur, très dur. Je veux bouger ces lignes. Je ne le veux pas par provocation, mais juste parce que le monde est comme ça. Le monde ne ressemble pas uniquement à un film des frères DARDENNES, il ressemble aussi à un film de FELLINI

lundi 24 octobre 2016

Magritte à Beaubourg : la trahison des images

Pour tous ceux qui comme moi se sont dit : Magritte, je connais, eh bien non... surtout qu'ils volaient haut ses rêves. Vous savez pourquoi il s'est fâché avec Breton, parce que ce dernier a demandé lors d'une réunion, que la femme de Magritte retire de son cou une petite chaîne avec une croix en or. Elle est partie et son mari l'a suivie, car il était amoureux fou de sa femme....

"Tous les jours (sauf mardi) de 11h à 21h
https://www.centrepompidou.fr/cpv/resource/c65EMjd/r45MbXB
Nocturne jusqu'à 23h tous les jeudis soirs, et tous les lundis soirs à partir du lundi 3 octobre

L’exposition Magritte. La trahison des images propose une approche à ce jour inédite de l’œuvre de l’artiste belge René Magritte. Rassemblant les œuvres emblématiques, comme d'autres peu connues de l’artiste, provenant des plus importantes collections publiques et privées, l’exposition offre une lecture renouvelée de l’une des figures magistrales de l’art moderne.

Une centaine de tableaux, de dessins, et des documents d’archives, sont réunis pour offrir au public cette approche qui s’inscrit dans la ligne des monographies que le Centre Pompidou a consacré aux figures majeures de l‘art du 20e siècle : « Edward Munch. L’œil moderne », « Matisse. Paires et séries » et « Marcel Duchamp. La peinture, même ». L’exposition Magritte. La trahison des images explore un intérêt du peintre pour la philosophie, qui culmine, en 1973, avec Ceci n’est pas une pipe que publie Michel Foucault, fruit de ses échanges avec l’artiste.

Dans une conférence qu’il donne en 1936, Magritte déclare que Les affinités électives, qu’il peint en 1932, marque un tournant dans son œuvre. Ce tableau signe son renoncement à l'automatisme, à l’arbitraire du premier surréalisme. L’œuvre, qui montre un œuf enfermé dans une cage, est la première de ses peintures vouée à la résolution de ce qu’il nomme : un « problème ». Au hasard ou à la « rencontre fortuite des machines à coudre et des parapluies », succède une méthode implacable et logique, une solution apportée aux « problèmes » de la femme, de la chaise, des souliers, de la pluie… Les recherches appliquées à ces « problèmes », qui marquent le tournant « raisonnant » de l’œuvre de Magritte, ouvrent l’exposition.

L’exposition sera présentée dans un format restreint à la Schirn Kunsthalle Frankfurt, en Allemagne du 10 février au 5 juin 2017.

Commissaire : Mnam/Cci, Didier Ottinger"

4, 5... reproductions de mes tableaux préférés pour leur titres aussi(mais allez-y pour de vrai les voir, sur place, c'est tellement une illusion de couleur les reproductions par rapport aux vrais tableaux, c'est comme si on les déguisait pour nous les rendre indifférents....) : la Mémoire, Variante de la tristesse, les Mémoires d'un saint, Les Amants...
Et j'en ai repeint ma mémoire de plein d'autres tableaux, l'Art de la conversation, la voix de l'absolu, l’Évidence éternelle (un nu de femme en cinq petits tableaux espacés  les uns au dessus de l'autre, le cerveau imagine complète les manques), 
l’Évidence éternelle
Le Blanc-Seing 1965(la cavalière qui cache les arbres)....il y avait un monde fou : 75mn d'attente dimanche... plus tard il a plu fort, on voit le dehors du paquebot Beaubourg,  et il y avait encore quelques parapluies qui attendaient... après on est allé dans Beaubourg regarder au sous sol en passant, l'annonce de la rétrospective intégrale de Jafar Panahi, et puis pour ne pas quitter ce lieu ou seul ou avec de la compagnie on se sent bien et ensemble, j'ai pris à la cafette un vrai thé chaï avec de la cardamome(c'est un thé au lait, boisson nationale en Inde, on vous en sert toute la journée, c'est Pascal qui m'a raconté).
la Mémoire

Variante de la tristesse

les Mémoires d'un saint

Les Amants

samedi 22 octobre 2016

mon premier festival : Graine de champion film documentaire pour enfants

Un film documentaire pour enfants vu au cinéma à l'Entrepôt dans le cadre de mon premier festival,  avec une présentation pour les enfants des centres aérés les plus proches. C'était une avant-première : Graines de champion. Je suis curieuse car je n'ai pas souvent entendu parler de doc pour enfants et cela m'a attirée les yeux, l'oreille et le coeur(eh oui encore, il a été très sollicité mon coeur cette fin de semaine. 3 films 3 sports et 3 enfants et bien sûr tout est intéressant. Dans les spectateurs un dernier groupe est arrivé en retard pour la présentation et j'ai donc bien précisé aux deux enfants à côté de moi que c'était un documentaire avec des enfants de la vraie vie. Un petit gars m'a répondu ils sont comme nous pas déguisés.... Grâce à ce film j'ai tout compris des règles du Sumo et de l'escrime de compétition. Quant au contrôle de mes émotions je crois que j'ai encore du boulot sur la planche...Emmenez-y vos enfants et surtout si comme moi enfant j'avais décidé de ne pas m'intéresser au sport. S'ils sont déjà convaincus par le sport tant mieux, il savent déjà qu'à se dépenser comme des enfants on grandit sans devenir ni des brutes ni des tristes mais qu'il va falloir passer par la case souffrance et ne pas y rester.

Maison de poupée bientôt au Lucernaire

Pourquoi, j'ai hâte de voir cette pièce parce que j'aime je doute parce que je vis et que je ne joue plus mais que j'ai toujours comme une seule passion, le théâtre de chevillée aux coins de mon emploi du temps, parce qu'en ce moment s'il y a deux pièces qui me tiennent a coeur pour parler comme Arnaud Arbessier (précédent article sur son seul en scène aux Déchargeurs : Par coeur) ou Robert Guediguian entendu dans l'émission sur le cinéma :on aura tout vu, à France-Inter, ce sont Maison de poupée et la Cerisaie parce qu'en quelque sorte elles sont accolées à notre époque. Comme le disait Robert Guediguian La Cerisaie qu'il relie tous les ans, parce qu'un monde est en train de sombrer et que l'on n'a pas envie de chuter avec lui. Maison de poupée parce que comme le disait Michel Fau, les modèles bourgeois n'ont pas beaucoup évolués depuis 1879 en reprenant les mots d'Ibsen,  "La vie n'est pas triste -la vie est ridicule et ça, c'est insupportable!"
Pourquoi parce que l'un prend à revers notre tristesse et l'autre à bras le corps les plus fous ou les plus amoureux pour les sortir de leur vie toute tracée... c'est à dire Nora et Krogstad, qui ne vont pas du tout évoluer comme attendu...



Rester vertical et Annie Ernaux

Une amie me dit qu'elle veut me faire participer à une lecture sur des auteurs engagés un client de sa librairie va lire le dernier jour d'un condamné à mort de Hugo moi j'ai pensé à Virginie Despentes Léo Ferré et Charles Fourier sur l'école de l'amour http://classiques.uqac.ca/…/nouveau_monde_amoureux_intro.ht… Et puis Duras et maintenant mais c'est bien-sûr Annie Ernaux d'autant que je reviens du cinéma où j'ai enfin vu un film singulier que je reverrais : Rester vertical, de l'inconnu du lac, Alain Guiraudie, c'est un film de poète d'images et d'utopie qui reflète tous nos manques toutes nos misères et toutes nos proximités, il filme les corps comme les routes comme les paysages comme les animaux comme la mort sans fin... ce film en le voyant, j'ai eu l'impression que j'étais la seule à le voir à l'avoir aimé.
http://www.lemonde.fr/cinema/article/2016/08/23/rester-vertical-alain-guiraudie-debout-devant-les-loups_4986624_3476.html 

Parce que il n'y a pas d'amour raté....




Rester vertical , vent debout, devant les loups.

Par coeur de et avec Arnaud Arbessier, un seul en scène qui nous rapproche


ParCoeur vu par Evelyn Trân (Critique au monde.fr)
Qui ne se souvient de sa première émotion en récitant par cœur une poésie à la demande d’un maître ou d’une maîtresse ? Pour ma part, ce moment fut fabuleux. J’ignorai le mot trac mais j’étais terrorisée . Or au fur à mesure que les mots s’échappaient, sortaient du gouffre, j’ai éprouvé que le professeur m’écoutait. J’en fus tellement étonnée ! De quel texte s’agissait-il, je l’ai oublié mais il remue invisible dans ma mémoire, il me parle certainement comme il a parlé à ce professeur.
Passeur de mots, c’est l’un des plus beaux métiers au monde; j’ai connu un poète mourant, qui ne touchait plus terre, qui communiquait grâce à ses poésies pétries en lui qu’il continuait à balbutier comme si elles faisaient partie de son corps, de ses mains, de ses yeux. C’était lui !
Arnaud ARBESSIER, comédien, fils de Louis ARBESSIER de la Comédie Française, nous raconte simplement sa relation avec les mots, une relation amoureuse. Il dit que les mots sont magiques et que oui, il importe pour la vivre cette passion, d’apprendre par cœur un texte quel qu’il soit pourvu qu’il soit aimé.
Il remonte à la source, il nous parle de son père qui savait si bien dire le poème Villequier de Victor Hugo, de sa rencontre avec des textes de Léo FERRE.
Deux fleuves parallèles mis en musique juste par la voix, le poème Villequier et le poème Il n’y a plus rien . L’un s’adresse à Dieu pour demander pourquoi sa chère Léopoldine est morte, l’autre, révolté et sauvage gravit des chemins de dépression intense. Je me souviens encore de Léo FERRE chantant Avec le temps dans une émission de Jacques MARTIN, à la fin de sa vie. Lui si combatif, avait l’air si désespéré, si las !
Mais les fleuves ne cessent de cligner des yeux, ils vivent après tout. La chanson Avec le temps interprétée par Arnaud ARBESSIER peut dire autre chose, laisser s’exprimer quelque lumière derrière le désespoir.
Écouter Il n’y a plus rien à travers la voix d’Arnaud ARBESSIER c’est comme grimper sur un chemin de montagne caillouteux, les yeux dans le vent, la poussière, le soleil. Il n’y a plus rien, il y a tout.
Quel bel hommage aux poètes, aux comédiens ! Quelle belle rencontre ! Laissez penser les mots en vous puisque en vérité les mots agissent d’une certaine façon comme des cailloux qui scintillent sur les chemins qui touchent vos semelles. La ligne n’est pas droite bien sûr, le parcours prend du temps, c’est presque une aventure, c’est toujours de l’or au bout de la course !
Paris, le 5 Décembre 2016 Évelyne Trân

publié sur FB par moi...
Hier je serais bien restée dans une poche de théâtre plus longtemps, dans la petite salle cabaret des Déchargeurs, pour écouter ressentir : "les hommes qui arrêtent de pleurer font la guerre" pour un seul en scène : Par cœur avec et d'Arnaud Arbessier et d'Hugo et de Ferré et de l'ecclésiaste... Et au fait on dit Ferré comme les ferrets de la reine ou Fairé comme faire et...?
A la fin toutes les coutures de notre cœur semblaient re-tenir... Au théâtre quand il y a un échange intime avec chaque spectateur qui comprend enfin pourquoi il est là, pourquoi il aime le théâtre, c'est bien. Parce que Arnaud Arbessier a l'élégance de se présenter et on voit bien qu'il sait tout faire... de "l'art dramatique" et puis il nous dit simplement sa révolte, et puis "avec le temps" comment il a pensé à son père comédien du français capable d'apprendre, de jouer, de remplacer au pied levé n'importe quel rôle du répertoire. Parce qu'au français c.-à-d. à la Comédie Française, il y avait une tradition : l'apprentissage de tous les textes du répertoire pour remplacer dans le monde entier en tournée le moindre défaillant, pour représenter la culture française au kilomètre, un peu comme les chanteurs d'opéra. Lui n'a rien de ce passé ampoulé et plein de rivalité, il est seul pour nous prendre la main et nous dire à quel point ils font du chemin, les textes appris par coeur, quand on les ré-offre à quelqu'un, ils commencent à vivre dans l'espace-temps avec des formules magiques retrouvées pour tous enfin nous comprendre. Il nous confie à quel point il aime ça être en scène pour faire du théâtre, il nous sort la culture, les poèmes de la vitrine... "Il y a un temps pour tout, il y a un temps pour planter, il y a un temps pour arracher ce qu'on a planté....."

Ah je ne vous ai pas dit c'est tous les vendredis à 19h30 du 9 sep 2016 au 16 déc 2016
http://www.lesdechargeurs.fr/
et ce serait bien que ce spectacle sème des petits cailloux plutôt que des miettes de pain pour qu'on le suive et qu'il soit joué dans d'autres salles plus grandes, comme le Paradis au Lucernaire. 

lundi 17 octobre 2016

Olivier Steiner La main de Tristan présentation au club Silencio

https://www.facebook.com/nathfeyt/posts/10209410475890314
Combien c'est difficile d'être pudique aujourd'hui lui le sait... Eux deux Olivier Steiner l'écrivain et Emmanuel Lagarrigue l'artiste, se connaissent depuis longtemps, ils le savent différemment... Et en amitié c'est indissociable....
Dans une lumière comme une couverture rouge, des musiques, des bruits de pluie, une citation, des mots, des silences habités, incarnés, incarnats, une chanson qui embrasse et la lecture de ce texte qui nous redécouvre. Et puis une interrogation une interview de l'écrivain par un autre jeune homme Leonard quelque chose,  qui d'égal à égal puis devient plus complice et qui nous parle à l'oreille...

et maintenant que fait Olivier Steiner ?
il vole...