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jeudi 16 décembre 2021

Le ravissement de Marilyn



Texte et récit ´Olivier Steiner publié sur FB

« Noli me tangere, Marilyn 

En 2009 j'ai fait ce voyage à LA avec mon amoureux de l'époque, c'est ainsi qu'un 5 août au matin je suis allé au Westwood Memorial Cemetery, où avait lieu une cérémonie dans cette même petite chapelle dans laquelle son cercueil reposa... c'est là que j'ai rencontré des gens, notamment Georges Barris, son véritable dernier photographe et ami... et je suis rentré à Paris avec cette photo de la plage après le bain, un vrai tirage encadré, venant d'une galerie de Beverly Hills... Je regarde souvent cette photo, en vrai elle vibre d'une façon si particulière... je me suis si souvent approché de ce regard, à la fois perdu et net, dans le vague et clair comme un ciel d'azur, complètement perdu et comme touchant une sorte d'éternité retrouvée au beau milieu d'un paradoxe sublime... que dit-il, ce regard ? Qu'appelle-t-il ? Que cherche-t-il ? Je crois que j'ai écrit le texte du Ravissement de Marilyn Monroe pour répondre à cette photo, ces questions, pour essayer de la rejoindre. Car il y a là, il me semble, une réponse sous forme de silence que je cherche désespérement pour ma vie même. C'est la mort bien-sûr, qui se profile à mesure que le jour tombe, mais c'est aussi quelque chose comme se tenir vivant au coeur du monde, encore et toujours, pour toujours. C'est ça, Marilyn, un coeur du vivant, qui bat toujours, qui résonne encore dans le monde entier. Mais attention, aucune nostalgie chez moi, et même ces années 50 et 60 américaines ne m'intéressent pas tant que ça. Ce que je vois, qui m'intéresse, que j'attends, que je cherche, c'est Marilyn aujourd'hui. Ce qu'elle annonce. Ce dont elle est le nom. Ravissement. Je n'ai trouvé que ce mot en l'empruntant à Duras. Et je n'ai pas non plus tout compris, loin de là. Pourquoi elle persiste autant par exemple, pourquoi elle et pas une autre ? En quoi elle ? Mais c'est bien. Je n'ai pas fini. La recherche n'est pas finie. C'est bien, c'est du voile dans les voiles du désir. Mais je crois qu'une partie de la réponse fut là dans les yeux humides de ce petit monsieur de 80 ans, Georges Barris, ce monsieur tout ému, un peu vouté, qui m'avait dit ce jour-là : "Elle était si gentille"... Il avait dit cela tout doucement, en détachant chaque mot comme si c'était la première fois qu'on disait ça de quelqu'un, avant de baisser les yeux, de sourire tristement et de laisser toute sa place au silence : sacré. Comme est sacré ce même silence qu'il me reste et nous reste à écrire. Ce même silence qui plane au-dessus des vagues dont elle sortait, Eve surgie des eaux, en prière. »



Comment se protéger de l’adversité !? Non je ne suis pas inquiète de me trouver comme dans un vertige à la lecture du livre du ravissement de Marilyn, d’Olivier Steiner pour le texte et d’Anne Gorouben pour les dessins peints au crayon graphique. L’identification procède d’une drôle de chimie, pour  un personnage une actrice ou par exemple à un ou une de nos grands-parents : P 41 « Whitey commence par légèrement brosser les sourcils pour accentuer leur implantation en accent circonflexe. »
P 45 « Sur la pelouse à côté de la chaise longue, au bord de la piscine ovale, deux animaux en peluche, un petit lapin blanc et un bébé tigre. »
P 95 « Maf n’a jamais jamais raconté sa vie, mais il aimait beaucoup sa maîtresse qui le lui rendait bien Maf de son vrai nom Mafia Honey, petit bichon maltais né dans le Sussex, élevé et sevré par la mère de Nathalie Wood, avait été offert par Frank Sinatra à Marilyn pour la consoler de sa rupture avec Arthur Miller. Maf n’aimait pas beaucoup Eunice Murray, celle-ci l’installait dans le garage la nuit pour que ses éventuels aboiements ne réveillent pas sa maîtresse. Mais il ne manquait pas de confort, il dormait sur un manteau en poil de castor, cadeau d’Arthur Miller que Marylin ne s’était jamais résolu à jeter. Maf en a tellement vu et entendu qu’il aurait pu écrire une biographie pleine de révélations croustillantes, mais il ne l’a pas fait car il avait trop de respect pour Marilyn. Mais s’il l’avait fait il aurait commencé ainsi : « ma maîtresse était la seule personne humaine capable de chuchoter une exclamation ! »



Voilà j’ai fini le livre ; pourquoi ne l’ai je pas lu, plus tôt parce qu’il n’était pas édité, écrit, sorti de la fusion émotionnelle entre lui et elle…. Soit un fantôme mais les fantômes sont vivants en nous. Et avec les dessins d’Anne Gorouben brumeux voluptueux grisés déchirants. Depuis si longtemps après sa mort à Marilyn. Je n’aurais pas regretté de m’être arrêtée en chemin dans la carrière de comédienne.. Je ne supporte plus quand on me présente comme comédienne. Je suis une comédienne ratée et qui a arrêté de jouer depuis 16 ans . Je me souviens quand je jouais et travaillais toujours dans les bureaux d’assurances, en doublon pour payer mon loyer (le Théâtre m’ayant permis que d’avoir plus de dettes et de bénévolat) j’ai rencontré dans un autre service embauché comme stagiaire, un jeune homme qui avant était apprenti comédien au cours Florent et qui m’avait dit avoir arrêté, car il ne supportait plus sa sensibilité exacerbée il avait besoin d’une vie normale et plus intermittente et précaire…. Une vie de mort vivant par les contrastes les entrées les sorties,  sorties vécues comme un exil. 

Olivier Steiner Marie Hasse et Anne Gorouben 

Maude Sambuis

Les dessins exposés lors de la dédicace signature des Mots à la bouche https://motsbouche.com/13-beaux-livres



Photo de Maude Sambuis 
Et si je vous disais que je vais le relire et à voix haute pour mon chat Dora qui aime comme tous ceux que j’ai eu jusque-là quand je joue répète ou fais la lecture à voix haute. Il est important de sentir son public et de ne pas aller jusqu’au trop plein au rassasiement…… le laisser par exemple écouter comme par inadvertance.

jeudi 13 février 2020

L'extraordinaire voyage de Marona

L’extraordinaire voyage de Marona, une chienne de vie du début jusqu’à la fin, film d’animation très imaginatif au début très déconcertant sans fausse pudeur sur l’amour, la vie, la mort, les animaux de compagnie. Il y a des passages très beaux, l’acrobate funambule, la mère célibataire qui vit avec son vieux très vieux père, sa petite fille et un chat. Les dessins sont d’abord aussi inhabituels pour un film d’animation que lorsqu’on retourne voir un film muet en noir et blanc, il faut du temps pour s’y faire mais là, on va vers un dessin futuriste, coloré, si coloré qui se délie, se conjugue, se délite : les voitures ont des mâchoires, les êtres humains ressemblent à leur mouvements, ont leurs couleurs qui les dessinent : cheveux bleus, ligne rouge sur fond orangé, plus que gris et noir....La petite chienne est la voix de la narration (un peu sourde au doublage français)elle comprend tout mais sans la moindre concession à la niaiserie. Certes toute la tristesse de cette petite chienne batarde abandonnée plusieurs fois, n’est pas évacuée et ca c’est beau ! On rit aussi mais
à des instants justes, par exemple sur l’enfermement des enfants chez leurs parents.... C’est un film ouvert sur nos comportements, notre déraison avec les animaux de compagnie et surtout notre incapacité à être heureux, oui des humains, alors qu’ils ont déjà tout pour ça, aux yeux de ce petit chien noir et blanc qui lui a la truffe en forme de cœur pour respirer ....
L’odeur de son humain
C’est un film roumain, je dirais même plus, singulier et international, futuriste avec plusieurs graphistes et ne craignant pas les « chocs de styles ».Ce n'est pas un film que pour "enfants" ou alors pour tous ceux qui ont été enfants et puis... qu'en ont-ils fait ?
Je vous ai copié photographié tout le dossier « enseignant » un petit bijou...et tout au bas de cet article je vous ai mis la bande annonce vidéo, bien-sûr !

Anca Damian étudie à l’académie du théâtre des arts du cinéma de Bucarest où elle obtient un diplôme en cinématographie et un doctorat en art, cinéma et médias. Après ses études elle travaille comme réalisatrice, scénariste productrice pour plusieurs documentaires et comme directrice de la photographie pour deux long-métrages et de nombreux documentaires et court-métrages.
En 2008, elle écrit, cop
roduit et réalise son premier long-métrage, Rencontres croisées, une histoire à plusieurs niveaux de lecture qui enthousiasme notamment le critique Jay Weissenberg de Variety, le film est sélectionné dans de prestigieux festivals internationaux tels que Busan, Chicago, Goa, Cottbus, Göteborg et Rome.
En 2011 elle écrit, produit et réalise son premier long-métrage d’animation Le Voyage de Monsieur Crulic, salué par la critique internationale. Ce récit aux accents kafkaïen, à la fois autobiographique et expérimental, est sélectionné dans plus de 250 festivals. Le film reçoit plus de 35 prix internationaux, parmi lesquels le Cristal du long-métrage au festival international du film d’animation d’Annecy.
En 2013 elle réalise Un été très troublé tourné en langue anglaise avec un casting international : Kim Bodnia Jamie Sives et Ana Ularu. Cette coproduction roumaine suédoise tchèque et britannique porte un regard innovant sur un triangle amoureux pirandellien.
En 2015 au second long-métrage d’animation, la montagne magique, continue d’asseoir son style graphique innovant au service d’un sujet poignant. Cette histoire de Don Quichotte en Afghanistan est le second film d’une trilogie entamée avec Crulic. Présenté en avant-première à Annecy est en première internationale au festival international de Karlovy Vary, le film est sélectionné dans plus de 60 festivals...Il obtient 11 prix.… Anca Damian est la première réalisatrice à recevoir en 2016 le Audencia Award décerné par Eurimages, ce prix distingue les femmes ayant le courage d’embrasser une carrière de réalisatrice inspirant les générations futures et leur montrant le chemin à suivre.
En 2018, sa dernière réalisation en prise de vue réelle Moon Hotel Kabul est présenté au festival international de Varsovie, où elle reçoit le prix de la meilleure réalisatrice. En parallèle son dernier court-métrage d’animation The Call voyage dans plus de 40 festivals internationaux, parmi lesquels Annecy Toronto et Sundance, où il remporte cinq prix.
La même année Anca Damian reçoit le Mirada International Award décerné par la New Directors Platform Au festival international du film de Madrid, en tant que « créatrice totale », « véritable monument » et « inspiration incontestable pour les jeunes réalisateurs ».




dimanche 6 octobre 2019

les Hirondelles de Kaboul

Ce film est le film à ne pas oublier, mais il ne peut pas s'oublier... sur FB j’ai écrit « si je devais perdre la mémoire de tous les films que j'ai vus je voudrais que l'on me repasse celui-là ». Comment s'adapter, comment résister  malgré tout et se sacrifier et ce malgré toutes les raisons qu'on se donne pour se blinder ; malgré toutes ces atrocités être encore perméable, une fois encore, être sensible à la détresse d'autrui... Le dessin, la réalité est incroyablement rendue comme si en sortant du cinéma on risquait de voir tous nos décors quotidiens peints à l'aquarelle. Un moment les gestes d'ablution sont tellement vrais que l'on se sent comme les préférer par leur élégance à notre façon de se préparer avant de manger qui parait tout à coup sale et vulgaire, avec nos couteaux fourchettes.... et nos serviettes en papier...
Je pense que le document que j'ai repris ci-dessous intéressera tous les apprentis dessinateurs scénaristes de films d'animation ainsi que les apprentis réalisateurs ou comédiens. Quand je dis aux comédiens amateurs que je dirige avant les spectacles qu'il faut répéter avec les costumes et les accessoires....
ce qu'est devenue la librairie...


Simon Abkarian


Cinéma les Hirondelles de Kaboul extrait du document afcae(association française des cinémas d'art et essai)

Comment est né ce projet ? 
Zabou Breitman : en 2012 le producteur Julien Monestier est venu me voir avec un scénario adapté du roman les hirondelles de Kaboul de Yasmina Khadra et les Armateurs (producteur notamment des triplettes de Belleville et d'Ernest et Célestine) était d'accord pour un film d'animation. Est-ce que cela m'intéressait ! Oui, l'idée me plaisait énormément, mais à condition que ce soit à ma manière, à savoir que les personnages soient portés par le jeu des acteurs. Je l'ai dit d'emblée : il faudra que ça soit bien joué pas seulement bien parlé, mais que les mouvements des personnages, leur rythme, leur respiration, soit juste. Les armateurs ont lancé un casting de graphistes. On a étudié les dossiers des candidats qui avait planché sur les personnages.
Éléa Gobbé-Mévellec : On nous a adressé le scénario en nous demandant de proposer une direction artistique et un graphisme complet. Je connaissais Didier Brunner, qui était alors aux Armateurs, j'avais été dessinatrice sur Ernest et Célestine et je développais un projet personnel de long-métrage que Didier suivait. Il m'a demandé de réfléchir aux hirondelles de Kaboul…
Zabou Breitman : Il y avait beaucoup de candidats, il a fallu choisir parmi des choses très différentes. C'était important de voir quelles propositions rendaient le projet viable. L'hyperréalisme de jeu, de sentiment, de comportement que je cherchais, et qui n'est pas du naturalisme, n'exige pas forcément un hyperréalisme du trait. Au contraire. 
Éléa Gobbé-Mévellec : J'ai rendu des planches avec des décors ou des personnages seuls, et puis avec les deux ensemble. J'ai choisi une colorimétrie, et une manière de dessiner en adéquation avec le propos avant tout.
Zabou Breitman : On s'est retrouvé à la fin avec deux dossiers, signé de deux femmes. Ce qui m'a énormément plu dans le travail de Éléa, c'est d'abord la façon dont été traité la lumière : explosé, surexposée, avec de la poussière. D'ailleurs on t'a redemander des vues de Kaboul. La ville était là et se dérobait en même temps, ce qu'on retrouve aujourd'hui : les traits disparaissent avec le soleil ou ne vont pas jusqu'au bout. Je trouvais ça magnifique. Et puis il y avait une image précise qui m'a fait dire que c'était toi : le dessin d'un taliban en train de fumer un pétard et qui portait une paire de Ray-Ban. On reste dans l'aquarelle mais avec ce guerrier hostile qui nous regarde de derrière ses lunettes et son pétard. Je me suis dit, voilà, c'est ça les hirondelles de Kaboul. En plus j'aimais bien qu'Éléa soit très jeune…

Au fond, qu'est-ce qui vous séduisait dans ce projet ? 
Zabou Breitman :  En termes de récit, il y avait la possibilité d'en faire quelque chose d'incroyable en animation. L'extrême abstraction est la durée apportée par l'animation fond il y a une forme de douceur propice à représenter la dureté de cette histoire. Le dessin porte une distance qui rend les images supportables. Je ne sais pas si on accepterait un film en prises de vue réelles sur le même sujet. Ce serait trop violent. Envoyant le s essais d'Éléa, la perspective est devenue assez réjouissante : tout devenait possible même la beauté.
Éléa Gobbé-Mévellec : J'avais les mêmes ambitions. En me documentant, j'ai vu une richesse graphique potentielle qu'on ne trouve pas ailleurs. Cette histoire compliquée que vivent les personnages, on pouvait la mettre en lumière de façon spécifique. Raconter des choses extrêmement fortes à partir d'un visuel puissant, ça m'intéressait beaucoup.
Zabou Breitman : La transposition via l'animation était idéale. Et elle nous rendait légitime : de quel droit, sinon, aurait-on pris la parole en tournant un film en prise de vue réelle à Kaboul.
Éléa Gobbé-Mévellec : Cela nous donnait la liberté de choisir ce qu'on allait montrer, d'aller chercher une symbolisation, une synthétisation : un détail qui dit l'essentiel, un bidon coloré au milieu de charrettes du Moyen Âge.

Le scénario achevé, vous êtes passés au casting ? 
Zabou Breitman : Oui, je m'inquiétais pour mon papa qui était très âgé. Je voulais absolument qu'il soit là pour jouer Nazich, avec sa voix fatiguée, hésitante. J'ai choisi les autres comédiens. J'avais parlé à Simon Abkarian de Hiam Abbas, qu'il connaît bien. Je me disais que ça serait bien que le couple âgé ait un léger accent, quelque chose dans le son de la voix qui ne soit pas franco-français. Par ricochet, cela permettait une identification plus forte avec le couple formé par Swann Arlaud -que j'ai choisi avant petits paysan- et Zita Hanrot, qui est arrivée assez tard sur le projet. Et puis il y avait trois Comédiens-Français : Serge Bagdassarian qui joue le mollah, Laurent Natrella qui tient plusieurs petits rôles, et Sébastien Pouderoux qui joue Qassim.

Comment s'est passé l'enregistrement des voix ? 
Zabou Breitman : En quatre jours, en septembre 2016. On était au Grand studio de Joinville avec des caméras témoin. Mais c'était plus qu'un enregistrement : les acteurs étaient habillés, on avait les tchadris, les turbans et même les kalashnikovs ! Et ils jouaient les scènes. Ce sont des acteurs créateurs : Mais ils sont capables d'hésiter, de tousser, d'improviser. Par exemple, pendant leur conversation, quand Atiq se lève pour embrasser Mirza, ce n'était pas prévu. Tout ce qui a été inventé là, les respirations, les toux, les pauses, a servi ensuite à l'animation.
Éléa Gobbé-Mévellec : Les lieux était balisés, c'était presque une scène de théâtre. Et tous les costumes étaient là, d'après ce que j'avais dessiné à partir de mes recherches…
Zabou Breitman : La prise de son était très belle : on a enregistré la voix de Zita sous le tchadri. Quand Swann a essayé de la faire boire, ils se sont mis à rire. Ils se sont embrassés, ils se sont aimés, ils se sont battus, l'énergie physique n'était pas la même que si on avait simplement fait les voix debout à la barre. Je savais aussi que Simon connaissait les ablutions, qu'il savait nouer son turban.
Hiam et lui savent comment s'asseoir par terre. Je ne pouvais pas prendre des acteurs qui n'auraient pas su tout ça.
Éléa Gobbé-Mévellec : J'ai constitué les équipes en choisissant les collaborateurs pour leur compréhension du projet et leur capacité à s'y adapter. On a commencé par l'équipe de "story- boardeurs", ils étaient quatre formidables, ils ont mis toute leur créativité au service du film. Le story -board a donné ce qu'on appelle l'animatique, qui est un premier bout-à-bout sur laquelle est passé aussi la monteuse. Ensuite on est passé aux layout : on précise la case, avec une meilleure perspective sur les décors, et on décompose le mouvement du personnage. On définit aussi la palette chromatique du film. Et enfin vient l'animation. Avec Zabou, on était d'accord pour survaloriser le dessin par rapport à l'animation. Certains personnages sont plus faciles à dessiner, d'autres plus faciles à animer. L'animatrice qui devait se charger du monologue de Mussarat, à la fin du film, été pétrifiée : sur un long-métrage, un animateur fait en moyenne deux secondes par jour à lui tout seul. Elle, elle avait un plan de deux minutes, un plan presque fixe ou le personnage bouge très peu ! Mais elle a fait les choses de façon incroyable, très subtile, pour rendre Hiam vivante, et elle était super contente à la fin. Elle a animé une pièce maîtresse du film.