Soir de première.
La loge au Lucernaire, à coté du Paradis, c est dire...
Elle est belle cette photo entre présence et absence mais si on regarde bien dans la glace... Bon ce message est pour mes nièces adorées (mon neveu est à l'autre bout du monde il est en train de devenir "étranger d'origine" )et leurs Copines copains : il faut aller voir Les tribulations d'un étrangère d'origine.... et si vos pères votre mère pouvaient venir et vos grand mères votre grand-père oui Mamie et bien-sur Setrak ensemble avec Yaya Dédé au théâtre, c'est un spectacle qui tombe à pic.... C'est pas une Série quoique !!! Il y a eu un autre spectacle il y a longtemps.... et TOi toi Virginie ma grande voyageuse...
http://www.lucernaire.fr/beta1/index.php?option=com_content&task=view&id=1574&Itemid=52
S/FB avant de me coucher j'ai posté cela vite et mal....
En sortant de la 1ère Philippe m'a demandé ça va ? et comme il me connaît depuis un petit bout de temps, je lui ai dit presqu'en criant : Non ! -et pourquoi ? a t'il répondu -parce que c'est fini !
Bien-sûr, après on a parlé avec Sylvie, avec aussi encore Christine, dans l'émotion puis avec l'actrice-auteur, mais il n'empêche que c'était quand même toujours fini... Courrez-y vite le titre en dit long mais il est court, en suspends, c'est digne,(il manquerait plus que ça ne le soit pas) c'est élégant ; c'est mieux qu'un roman, un monologue de cette trempe et de cette gravité, à la fois ça vous touche au plus large.... Élizabeth Mazev, je la connais depuis de si loin et pourtant elle m'est proche comme un peu Charlot et Giuletta ou Nini Mercier ou Yolande Moreau.., Pauline Carton ou Zouc oui y a un petit de lui et d'elles et pas seulement. A la fin on se croit où ? on en reprend plein ses valises... La mise en scène est invisible et pourtant elle porte la musique la lumière l'âme la chair les mots et les gestes. On rêve on rit on pleure et on sent la douceur d'un grain de peau celui d'une grand mère qu'on adorait. La poétique du théâtre c'est quand jamais on s'appesantit.... Merci à vous de Vous Élisabeth et sa maman sa grand-mère les cousines des jumelles et Olivier au torticolis et aussi beaucoup à François pour la mise en scène.
-je viens de m'apercevoir que dans le post d'origine j'ai fait une faute à son prénom et cela m'a fait mal au cœur alors qu'il s'agit que de mémoire....
Affichage des articles dont le libellé est Textes de théâtre. Afficher tous les articles
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jeudi 23 janvier 2014
samedi 20 avril 2013
allô, poésie... humains... ailleurs Frank Smith/Théâtre à la Cartoucherie : compagnie afghane de théâtre : La Ronde de nuit jusqu'au 28/04 comme l'expo des Mille et une nuits.... à l'INSTITUT du Monde arabe
Non mais, allô, allô, si je dis poésie... ce sont des humains... comme si les humains n'ont pas de poésie.... Et je me souviens bien de cet épure lecture de son livre Guantanamo, de cet homme épure aux cheveux gris, jeune cependant au sourire accessible et sincère il n'en fait jamais trop comme les hommes de radio répond à toutes les questions et puis s'en va...
BIOGRAPHIE
Frank Smith (né en 1968), est un producteur de radio, écrivain et auteur de poésie.
Producteur à France Culture depuis 1999 (Surpris par la nuit, Surpris par la poésie…), il y coordonne l’Atelier de création radiophonique.
Il est par ailleurs directeur-fondateur de la collection ZagZig de livres/CD, créée aux éditions Dis Voir en 2008 (œuvres de Laurie Anderson, Jonas Mekas, Lee Ranaldo / Sonic Youth, Ryoji Ikeda, Gisèle Vienne, Dennis Cooper, Peter Rehberg, etc.).
Il mène parallèlement une activité d’écriture. Il a dirigé deux anthologies de poésie contemporaine aux éditions Autrement en 2001 :
Zigzag Poésie, Formes et mouvements : l’effervescence (recueil de critiques) et Poé/tri, 40 voix de poésie contemporaine.
Plusieurs de ces textes ont été mis en scène, ou ont donné lieu à des performances et lectures publiques
Bibliographie
Paru chez Al Dante
-Gaza, d’ici-là (2013)
Paru chez d’autres éditeurs
-Pas (photographies d’Anne-Marie Filaire – Créaphis, 1998)
-Je pense à toi (Les Cygnes, 2004)
-Le cas de la dire (Créaphis, 2007)
-Dans Los Angeles (Le Bleu du Ciel, 2009)
-Guantanamo (Le Seuil, coll. Fiction & Cie, 2008)
-États de faits (Éditions de l’Attente, 2013)

Gaza, d'ici-là
Frank Smith
Al Dante
Gaza, d'ici-là est un texte inédit qui se concentre sur les événements qui ont eu lieu lors des interventions militaires menées à Gaza sous le nom « Opération Plomb durci », entre le 27 décembre 2008 et le 18 janvier 2009. Il est fondé sur une publication de l’Onu, Rapport de la Mission d’établissement des faits sur le conflit de Gaza.
Elaboré sous la forme d’une suite de récitatifs, dans l’esprit du travail poursuivi par les poètes objectivistes américains, il s’agit d’un « document poétique » : « l’art narratif n’étant plus ici de nous transporter dans un univers fictionnel mais de rapporter dans le champ poétique une archive ouvertement ouverte, prétendument impossible à l’usage » (Christophe Hanna).
Une telle poésie fonctionne sur l’effacement du poète, le refus de tout affect et de toute afféterie stylistique, afin de donner accès le plus objectivement possible aux faits, par le truchement de textes officiels réagencés et écrits autrement. Une autre façon de rendre l’information aux lecteurs.
Format : 13 x 17 cm ; 180 pages ; 17 € ; isbn : 978-2-84761-793-1.
Plus d'info ici.

États de faits
Frank Smith
Éditions de l'Attente
« Le 15 février 2011, à Benghazi, deuxième ville de Libye, l’arrestation d’un militant des droits de l’homme provoque des émeutes et lance le début d’une guerre civile qui durera huit mois. On énonce les faits : on se fie aux phrases, on ne compte pas sur les mots. »
En agent de liaison, Frank Smith poursuit ses investigations poétiques commencées avec Guantanamo (Seuil, Coll. Fiction & Cie, 2010).
Entre une ouverture et une fermeture de texte en italique (forme de plongée dans la situation), 35 poèmes numérotés se succèdent comme autant de cas de figure d’un conflit rapporté anonymement par voie de presse. L’auteur développe une écriture à la fois critique, poétique et politique de documentaire journalistique où le « on » désincarne pêle-mêle les points de vue des différents protagonistes et englobe le narrateur comme le lecteur. La notion d’information se retrouve ici fortement mise en question : « Mais où en est-on vraiment ? ».
Format : 12 x 16,5 cm ; 88 pages ; 9,50 € ; isbn : 978-2-36242-035-1.
Plus d'info ici.
*****************************************************************************
Bonjour,
Je ne la joue pas souvent réseau d’amplification, mais si vous souhaitez comprendre un peu mieux ce qui m’occupe si fort depuis quelques années, courrez voir :
La "Ronde de nuit" qui est une création collective du Théâtre Aftaab ("soleil" en persan) en Voyage, troupe afghane adoptée par le Théâtre du Soleil (La Cartoucherie).
Je ne vous raconte pas l'histoire. Ce spectacle splendide montre ceux qui “m’attachent” au quotidien en faisant, rire, pleurer et même penser.
La "Ronde" se joue jusqu'au 28 avril.
Pour plus d'infos : http://www.theatre-du-soleil.fr/thsol/dans-nos-nefs/article/la-ronde-de-nuit
Bises
Christian
LA RONDE DE NUIT
Création collective par le Théâtre Aftaab en Voyage
Mise en scène d’Hélène Cinque
Avec : Haroon Amani, Aref Banahar, Taher Beak, Saboor Dilawar, Mujtaba Habibi, Mustafa Habibi, Sayed Ahmad Hashimi, Farid Ahmad Joya, Shafiq Kohi, Asif Mawdudi, Wioletta Michalczuk, Caroline Panzera, Ghulam Reza Rajabi, Omid Rawendah, Shohreh Sabaghy, Harold Savary, Wajma Tota Khil
Les photographies projetées pendant le spectacle sont l’œuvre des artistes Reza et Manoocher Deghati / Webistan
du 27 mars au 28 avril 2013
Spectacle en français et en dari surtitré
LA RONDE DE NUIT. Un hiver, quelque part en France. Un gardien et son théâtre à la charpente fragile et usée deviennent, pour une nuit, l’hôte et le refuge d’hommes et de femmes venus d’Afghanistan. L’oreille patiente des récits de ces occupants à la vie déracinée. L’abri inlassable des blessures et des douleurs. L’asile enfin, inattendu, des rêves et des espoirs que cette nuit d’éveil parvient à convoquer.
Représentations : du mardi au samedi à 20h, le dimanche à 15h
Prix des places : Plein tarif 20 € | Collectivités, Étudiants, demandeurs d’emploi 15 € | Groupes scolaires 10 €
Location : au 01 43 74 24 08 du lundi au vendredi de 11h à 18h
Réservation en ligne sur le site de la Fnac
Non ! Le premier mot du théâtre
« Ils ont pourtant une mine familière. Treize jeunes gens, qui nous regardent, avec un très léger retrait des yeux, avec une patience, qui ont de simples visages de livres. Nous les regardons et nous reconnaissons en nous une petite gêne : il faut le dire, nous ne nous attendions pas à une telle floraison – naturelle – de talents. Mais alors ?
"Afghans" ? Créatures du temps. Résumés puissants des fatalités humaines. Et nous ? Nous, nous sommes étonnés que ces "Afghans", survivants de l’interminable naufrage d’un pays lointain, nagent avec une rapide aisance dans un français vite endossé. A peine sauvés de la noyade, ils se sont au plus tôt approprié tous les outils d’un pays qui ne les imagine même pas. A leur jeune âge ils ont déjà été plusieurs fois jusqu’à la mort, ils ont perdu une vie, ils ont repris une autre vie. Ces voyages leur ont fait une mémoire extraordinairement dense, peuplée, vivante. Ça déborde de traces, là-dedans, de coups de couteau, de fusil, de téléphone, de cris de stupéfaction horrifiée, de fantômes immortels mais affreusement éloignés, de fleuves des Enfers, de neiges, de bruits menaçants, d’instants célestes. Les cœurs battent un peu plus vite. Peuple tachycardiaque, aux oreilles dressées.
Quand on vient de les rencontrer, on se sent traversés par une joie inquiète, soulevés par un enthousiasme étonné, enivrés par le goût puissant de l’humanité. Il me revient à l’idée cette pensée difficile que peut-être le malheur, lorsqu’il s’en prend à nous avec des instruments de supplice politique, nous pousse à surélever la vie, à grandir, à inventer des forces plus fortes que le mal et plus fortes que nous-mêmes. Je me souviens que c’est l’incarcération dans un pays-prison qui inspire à Dédale, le prédécesseur de Léonard de Vinci, l’invention de l’évasion, le chemin aérien de la liberté, ascension de l’homme vers la lumière sans frontière. Il y a dans chacun de nos évadés l’héroïsme modeste qui vient au secours de ceux qui, un jour, ont dit instinctivement non au massacre de l’esprit.
Et ce Non ! je ne me rends pas à la cruauté stupide et déshumanisante. Non ! Je ne renierai pas ma mère, mon père, mon frère, ma fiancée ! Ce Non ! décisif, qui prend le parti de l’amour contre la haine folle, il est le premier mot du théâtre. A peine a-t-on crié ce Non !, que s’ouvre la scène de la bataille, arène, tribunal : ce Non ! on le justifie, on le défend, on le brandit, on le nourrit d’actions et d’arguments. On est prêt à mourir pour lui, mais d’un mourir vivant, chantant. On rejoint l’immense armée des révoltés dans les siècles des siècles. Omid, Shafiq, Saboor, Said Ahmad, Asif, Farid, Tahir, Haroon, Wazhma, Reza, Mustafa, Shohreh, Arif. Ce sont là les noms du théâtre de la révolte en cette saison haletante du 21ème siècle. J’entends chacun résonner comme le titre d’une tragédie de Racine. Et chaque nom rappelle une blessure, une angoisse, des déchirements, plus d’un exil et plus d’une nostalgie. »
Hélène Cixous, 3 février 2013
Dans la presse et ailleurs sur la toile
. Fabienne Pascaud, « Beau geste », Télérama, 26 mars 2013.
. Véronique Hotte, « La Ronde de nuit », La Terrasse - n° 208, 30 mars 2013.
. Jean-Gabriel Carasso, « au Théâtre du Soleil La Ronde de nuit », L’oizeau rare, 30 mars 2013.
. Antoine Perraud, « Le rire indigné s’invente au Théâtre du Soleil », Mediapart, 1er avril 2013.
. Dominique Darzacq, « L’Asile et l’exil », Webthea, 3 avril 2013.
. Laura Plas, « L’espoir obstiné du Théâtre Soleil », Les Trois Coups, 3 avril 2013.
. Thomas Hahn, « Au Soleil pour La ronde de nuit », MicroCassandre, 11 avril 2013.
Rappel : jusqu'au 28/04
EXPOSITION : LES MILLE ET UNE NUITS À L'INSTITUT DU MONDE ARABE
Quelques trois cents œuvres permettent au visiteur d'approcher d'aussi près qu'il est possible le personnage de la sublime Shéhérazade, sans laquelle n'existeraient pas les Nuits insignes qui font l'objet de cette exposition et dont certains des plus anciens manuscrits seront montrés pour l'occasion. On suit l’ouvrage, depuis sa genèse et les origines indo-persanes qui sont les siennes, en passant parles contes arabes du Ixe siècle jusqu’à Antoine Galland qui fut l’auteur de sa première traduction dans une langue européenne. Si le texte des Nuits nous vient à l’évidence d’Orient, leur iconographie, d’une richesse proprement infinie, a en revanche sa source en Europe et en Occident.
Tous les arts, tous les genres ont sacrifié la passion des Mille et Une Nuits, du théâtre à la mode, de la musique au cinéma, de la peinture à l’opéra, de la photographie à la littérature… générant plus d’images qu’aucune autre œuvre de l’esprit serait-on tenté de penser, n’a jamais généré. Haroun al-Rachid, Shahriyâr et Shéhérazade, Sindbâd et Aladin : on retrouve là tous les personnages des Nuits et les villes qui leur ont servi de décor, dans des évocations qui empruntent à toutes les disciplines artistiques. Aujourd’hui, c’est sur le net et dans la publicité que leurs plus récents avatars prennent vie avec une vigueur intacte.
Porté par la voix des contes, aux rythmes des Nuits succédant aux Nuits, le visiteur aura accès à tous les songes, les illusions, les fantaisies et les chimères qu’a généré depuis un millénaire l’histoire d’un livre à nul pareil. Des clefs lui seront offertes, clefs qui lui permettront d’accéder à un univers que chacun croit déjà connaître mais dont personne n’a jamais aperçu la fin.
l’exposition « Les Mille et Une Nuits » se tient à l’Institut du Monde Arabe du 27 novembre 2012 au 28 avril 2013.
HORAIRES
Mardi, mercredi, jeudi de 10h à 18h
Nocturne le vendredi de 10 h à 21h30,
Samedi, dimanche et jours fériés* de 10h à 19h
*Institut du monde arabe
1, rue des Fossés Saint-Bernard
Place Mohammed V
75005 PARIS
Tél. 01 40 51 38 38
*Shéhérazade : Féministe avant l’heure Shéhérazade effraie tant ses détracteurs par son côté rebelle et son intelligence que par son talent à évoquer de fabuleuses aventures teintées d’érotisme. "Face au pouvoir violent du Sultan, Shéhérazade déploie sa puissance féminine, celle qui éveille les forces de vie et de lumière, et aux fantasmes grossiers et aux idées vengeresses d’un mâle désappointé elle réplique par une superbe leçon d’amour " : Jacqueline Kelen.
A travers les contes, Shéhérazade chante un hymne à la liberté, à la création et au progrès.
Elle nous laisse un formidable héritage. Après avoir lu les contes des 1001 nuits, nul doute que vous rêverez de devenir une Shéhérazade d’aujourd’hui.
Au printemps1994 un ami comédien auteur de sa vie de ses amours professeur de théâtre est parti en terre dans son cercueil il a voulu emporté les contes des Mille et Une nuits, que je lui ai lus pendant la fin de sa maladie : le sida. Chaque printemps j'achète des fraises en pensant à lui, Bruno Colomb des fraises des fraises et je demande à corps et à cri que l'on me fasse lire en public et à chaque fois, on me demande d'apprendre par cœur alors que l'expression est mensonge, Bruno Colomb était homosexuel, oui, et il m'appelait Shéhérazade, s'il voyait le retour de toutes ces violences homophobes... : on joue on aime avec son cœur et on apprend qu'avec sa tête, on répète des slogans.
Quand on récite on n'est pas là on est dans le souvenir de soi apprenant les textes, et alors les comédiens sont à moitié là sur scène... ne jouent que petitement avec eux-mêmes, et il y en a de plus en plus. Ils fuient dès qu'ils peuvent en recherchant sur le sol avec les yeux "les tapis usés" de leur salon où ils ont posés les mots. Alors bien sûr ! il y a des exceptions ceux qui à force de répéter, car quand on joue vraiment : on perd le texte, et avec leur cœur, ils interprètent toutes les notes de leurs textes et jouent vraiment. Bruno était de ceux-là, il avait la présence incarnée de tous ses rôles comme aussi Michel Fau et ainsi ils jouent(lorsque le passé et le présent se conjuguent c'est le présent qui l'emporte) avec les autres. On a joué tous les 3 ensemble dans "Il est trop tard" de Stéphane Auvray-Nauroy.....
_______________________________________________
exiles10@rezo.net - http://listes.rezo.net/mailman/listinfo/exiles10
et pour sourire en attendant... mieux, un peu terrés chez soi, à ceux qui aiment les chats, vous verrez
exactement comment je compose ma matinée pendant que Pascaldor... avec un chat.
BIOGRAPHIE
Frank Smith (né en 1968), est un producteur de radio, écrivain et auteur de poésie.
Producteur à France Culture depuis 1999 (Surpris par la nuit, Surpris par la poésie…), il y coordonne l’Atelier de création radiophonique.
Il est par ailleurs directeur-fondateur de la collection ZagZig de livres/CD, créée aux éditions Dis Voir en 2008 (œuvres de Laurie Anderson, Jonas Mekas, Lee Ranaldo / Sonic Youth, Ryoji Ikeda, Gisèle Vienne, Dennis Cooper, Peter Rehberg, etc.).
Il mène parallèlement une activité d’écriture. Il a dirigé deux anthologies de poésie contemporaine aux éditions Autrement en 2001 :
Zigzag Poésie, Formes et mouvements : l’effervescence (recueil de critiques) et Poé/tri, 40 voix de poésie contemporaine.
Plusieurs de ces textes ont été mis en scène, ou ont donné lieu à des performances et lectures publiques
Bibliographie
Paru chez Al Dante
-Gaza, d’ici-là (2013)
Paru chez d’autres éditeurs
-Pas (photographies d’Anne-Marie Filaire – Créaphis, 1998)
-Je pense à toi (Les Cygnes, 2004)
-Le cas de la dire (Créaphis, 2007)
-Dans Los Angeles (Le Bleu du Ciel, 2009)
-Guantanamo (Le Seuil, coll. Fiction & Cie, 2008)
-États de faits (Éditions de l’Attente, 2013)

Gaza, d'ici-là
Frank Smith
Al Dante
Gaza, d'ici-là est un texte inédit qui se concentre sur les événements qui ont eu lieu lors des interventions militaires menées à Gaza sous le nom « Opération Plomb durci », entre le 27 décembre 2008 et le 18 janvier 2009. Il est fondé sur une publication de l’Onu, Rapport de la Mission d’établissement des faits sur le conflit de Gaza.
Elaboré sous la forme d’une suite de récitatifs, dans l’esprit du travail poursuivi par les poètes objectivistes américains, il s’agit d’un « document poétique » : « l’art narratif n’étant plus ici de nous transporter dans un univers fictionnel mais de rapporter dans le champ poétique une archive ouvertement ouverte, prétendument impossible à l’usage » (Christophe Hanna).
Une telle poésie fonctionne sur l’effacement du poète, le refus de tout affect et de toute afféterie stylistique, afin de donner accès le plus objectivement possible aux faits, par le truchement de textes officiels réagencés et écrits autrement. Une autre façon de rendre l’information aux lecteurs.
Format : 13 x 17 cm ; 180 pages ; 17 € ; isbn : 978-2-84761-793-1.
Plus d'info ici.

États de faits
Frank Smith
Éditions de l'Attente
« Le 15 février 2011, à Benghazi, deuxième ville de Libye, l’arrestation d’un militant des droits de l’homme provoque des émeutes et lance le début d’une guerre civile qui durera huit mois. On énonce les faits : on se fie aux phrases, on ne compte pas sur les mots. »
En agent de liaison, Frank Smith poursuit ses investigations poétiques commencées avec Guantanamo (Seuil, Coll. Fiction & Cie, 2010).
Entre une ouverture et une fermeture de texte en italique (forme de plongée dans la situation), 35 poèmes numérotés se succèdent comme autant de cas de figure d’un conflit rapporté anonymement par voie de presse. L’auteur développe une écriture à la fois critique, poétique et politique de documentaire journalistique où le « on » désincarne pêle-mêle les points de vue des différents protagonistes et englobe le narrateur comme le lecteur. La notion d’information se retrouve ici fortement mise en question : « Mais où en est-on vraiment ? ».
Format : 12 x 16,5 cm ; 88 pages ; 9,50 € ; isbn : 978-2-36242-035-1.
Plus d'info ici.
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Bonjour,
Je ne la joue pas souvent réseau d’amplification, mais si vous souhaitez comprendre un peu mieux ce qui m’occupe si fort depuis quelques années, courrez voir :
La "Ronde de nuit" qui est une création collective du Théâtre Aftaab ("soleil" en persan) en Voyage, troupe afghane adoptée par le Théâtre du Soleil (La Cartoucherie).
Je ne vous raconte pas l'histoire. Ce spectacle splendide montre ceux qui “m’attachent” au quotidien en faisant, rire, pleurer et même penser.
La "Ronde" se joue jusqu'au 28 avril.
Pour plus d'infos : http://www.theatre-du-soleil.fr/thsol/dans-nos-nefs/article/la-ronde-de-nuit
Bises
Christian
LA RONDE DE NUIT
Création collective par le Théâtre Aftaab en Voyage
Mise en scène d’Hélène Cinque
Avec : Haroon Amani, Aref Banahar, Taher Beak, Saboor Dilawar, Mujtaba Habibi, Mustafa Habibi, Sayed Ahmad Hashimi, Farid Ahmad Joya, Shafiq Kohi, Asif Mawdudi, Wioletta Michalczuk, Caroline Panzera, Ghulam Reza Rajabi, Omid Rawendah, Shohreh Sabaghy, Harold Savary, Wajma Tota Khil
Les photographies projetées pendant le spectacle sont l’œuvre des artistes Reza et Manoocher Deghati / Webistan
du 27 mars au 28 avril 2013
Spectacle en français et en dari surtitré
LA RONDE DE NUIT. Un hiver, quelque part en France. Un gardien et son théâtre à la charpente fragile et usée deviennent, pour une nuit, l’hôte et le refuge d’hommes et de femmes venus d’Afghanistan. L’oreille patiente des récits de ces occupants à la vie déracinée. L’abri inlassable des blessures et des douleurs. L’asile enfin, inattendu, des rêves et des espoirs que cette nuit d’éveil parvient à convoquer.
Représentations : du mardi au samedi à 20h, le dimanche à 15h
Prix des places : Plein tarif 20 € | Collectivités, Étudiants, demandeurs d’emploi 15 € | Groupes scolaires 10 €
Location : au 01 43 74 24 08 du lundi au vendredi de 11h à 18h
Réservation en ligne sur le site de la Fnac
Non ! Le premier mot du théâtre
« Ils ont pourtant une mine familière. Treize jeunes gens, qui nous regardent, avec un très léger retrait des yeux, avec une patience, qui ont de simples visages de livres. Nous les regardons et nous reconnaissons en nous une petite gêne : il faut le dire, nous ne nous attendions pas à une telle floraison – naturelle – de talents. Mais alors ?
"Afghans" ? Créatures du temps. Résumés puissants des fatalités humaines. Et nous ? Nous, nous sommes étonnés que ces "Afghans", survivants de l’interminable naufrage d’un pays lointain, nagent avec une rapide aisance dans un français vite endossé. A peine sauvés de la noyade, ils se sont au plus tôt approprié tous les outils d’un pays qui ne les imagine même pas. A leur jeune âge ils ont déjà été plusieurs fois jusqu’à la mort, ils ont perdu une vie, ils ont repris une autre vie. Ces voyages leur ont fait une mémoire extraordinairement dense, peuplée, vivante. Ça déborde de traces, là-dedans, de coups de couteau, de fusil, de téléphone, de cris de stupéfaction horrifiée, de fantômes immortels mais affreusement éloignés, de fleuves des Enfers, de neiges, de bruits menaçants, d’instants célestes. Les cœurs battent un peu plus vite. Peuple tachycardiaque, aux oreilles dressées.
Quand on vient de les rencontrer, on se sent traversés par une joie inquiète, soulevés par un enthousiasme étonné, enivrés par le goût puissant de l’humanité. Il me revient à l’idée cette pensée difficile que peut-être le malheur, lorsqu’il s’en prend à nous avec des instruments de supplice politique, nous pousse à surélever la vie, à grandir, à inventer des forces plus fortes que le mal et plus fortes que nous-mêmes. Je me souviens que c’est l’incarcération dans un pays-prison qui inspire à Dédale, le prédécesseur de Léonard de Vinci, l’invention de l’évasion, le chemin aérien de la liberté, ascension de l’homme vers la lumière sans frontière. Il y a dans chacun de nos évadés l’héroïsme modeste qui vient au secours de ceux qui, un jour, ont dit instinctivement non au massacre de l’esprit.
Et ce Non ! je ne me rends pas à la cruauté stupide et déshumanisante. Non ! Je ne renierai pas ma mère, mon père, mon frère, ma fiancée ! Ce Non ! décisif, qui prend le parti de l’amour contre la haine folle, il est le premier mot du théâtre. A peine a-t-on crié ce Non !, que s’ouvre la scène de la bataille, arène, tribunal : ce Non ! on le justifie, on le défend, on le brandit, on le nourrit d’actions et d’arguments. On est prêt à mourir pour lui, mais d’un mourir vivant, chantant. On rejoint l’immense armée des révoltés dans les siècles des siècles. Omid, Shafiq, Saboor, Said Ahmad, Asif, Farid, Tahir, Haroon, Wazhma, Reza, Mustafa, Shohreh, Arif. Ce sont là les noms du théâtre de la révolte en cette saison haletante du 21ème siècle. J’entends chacun résonner comme le titre d’une tragédie de Racine. Et chaque nom rappelle une blessure, une angoisse, des déchirements, plus d’un exil et plus d’une nostalgie. »
Hélène Cixous, 3 février 2013
Dans la presse et ailleurs sur la toile
. Fabienne Pascaud, « Beau geste », Télérama, 26 mars 2013.
. Véronique Hotte, « La Ronde de nuit », La Terrasse - n° 208, 30 mars 2013.
. Jean-Gabriel Carasso, « au Théâtre du Soleil La Ronde de nuit », L’oizeau rare, 30 mars 2013.
. Antoine Perraud, « Le rire indigné s’invente au Théâtre du Soleil », Mediapart, 1er avril 2013.
. Dominique Darzacq, « L’Asile et l’exil », Webthea, 3 avril 2013.
. Laura Plas, « L’espoir obstiné du Théâtre Soleil », Les Trois Coups, 3 avril 2013.
. Thomas Hahn, « Au Soleil pour La ronde de nuit », MicroCassandre, 11 avril 2013.
Rappel : jusqu'au 28/04
EXPOSITION : LES MILLE ET UNE NUITS À L'INSTITUT DU MONDE ARABE
Quelques trois cents œuvres permettent au visiteur d'approcher d'aussi près qu'il est possible le personnage de la sublime Shéhérazade, sans laquelle n'existeraient pas les Nuits insignes qui font l'objet de cette exposition et dont certains des plus anciens manuscrits seront montrés pour l'occasion. On suit l’ouvrage, depuis sa genèse et les origines indo-persanes qui sont les siennes, en passant parles contes arabes du Ixe siècle jusqu’à Antoine Galland qui fut l’auteur de sa première traduction dans une langue européenne. Si le texte des Nuits nous vient à l’évidence d’Orient, leur iconographie, d’une richesse proprement infinie, a en revanche sa source en Europe et en Occident.
Tous les arts, tous les genres ont sacrifié la passion des Mille et Une Nuits, du théâtre à la mode, de la musique au cinéma, de la peinture à l’opéra, de la photographie à la littérature… générant plus d’images qu’aucune autre œuvre de l’esprit serait-on tenté de penser, n’a jamais généré. Haroun al-Rachid, Shahriyâr et Shéhérazade, Sindbâd et Aladin : on retrouve là tous les personnages des Nuits et les villes qui leur ont servi de décor, dans des évocations qui empruntent à toutes les disciplines artistiques. Aujourd’hui, c’est sur le net et dans la publicité que leurs plus récents avatars prennent vie avec une vigueur intacte.
Porté par la voix des contes, aux rythmes des Nuits succédant aux Nuits, le visiteur aura accès à tous les songes, les illusions, les fantaisies et les chimères qu’a généré depuis un millénaire l’histoire d’un livre à nul pareil. Des clefs lui seront offertes, clefs qui lui permettront d’accéder à un univers que chacun croit déjà connaître mais dont personne n’a jamais aperçu la fin.
l’exposition « Les Mille et Une Nuits » se tient à l’Institut du Monde Arabe du 27 novembre 2012 au 28 avril 2013.
HORAIRES
Mardi, mercredi, jeudi de 10h à 18h
Nocturne le vendredi de 10 h à 21h30,
Samedi, dimanche et jours fériés* de 10h à 19h
*Institut du monde arabe
1, rue des Fossés Saint-Bernard
Place Mohammed V
75005 PARIS
Tél. 01 40 51 38 38
*Shéhérazade : Féministe avant l’heure Shéhérazade effraie tant ses détracteurs par son côté rebelle et son intelligence que par son talent à évoquer de fabuleuses aventures teintées d’érotisme. "Face au pouvoir violent du Sultan, Shéhérazade déploie sa puissance féminine, celle qui éveille les forces de vie et de lumière, et aux fantasmes grossiers et aux idées vengeresses d’un mâle désappointé elle réplique par une superbe leçon d’amour " : Jacqueline Kelen.
A travers les contes, Shéhérazade chante un hymne à la liberté, à la création et au progrès.
Elle nous laisse un formidable héritage. Après avoir lu les contes des 1001 nuits, nul doute que vous rêverez de devenir une Shéhérazade d’aujourd’hui.
Au printemps1994 un ami comédien auteur de sa vie de ses amours professeur de théâtre est parti en terre dans son cercueil il a voulu emporté les contes des Mille et Une nuits, que je lui ai lus pendant la fin de sa maladie : le sida. Chaque printemps j'achète des fraises en pensant à lui, Bruno Colomb des fraises des fraises et je demande à corps et à cri que l'on me fasse lire en public et à chaque fois, on me demande d'apprendre par cœur alors que l'expression est mensonge, Bruno Colomb était homosexuel, oui, et il m'appelait Shéhérazade, s'il voyait le retour de toutes ces violences homophobes... : on joue on aime avec son cœur et on apprend qu'avec sa tête, on répète des slogans.
Quand on récite on n'est pas là on est dans le souvenir de soi apprenant les textes, et alors les comédiens sont à moitié là sur scène... ne jouent que petitement avec eux-mêmes, et il y en a de plus en plus. Ils fuient dès qu'ils peuvent en recherchant sur le sol avec les yeux "les tapis usés" de leur salon où ils ont posés les mots. Alors bien sûr ! il y a des exceptions ceux qui à force de répéter, car quand on joue vraiment : on perd le texte, et avec leur cœur, ils interprètent toutes les notes de leurs textes et jouent vraiment. Bruno était de ceux-là, il avait la présence incarnée de tous ses rôles comme aussi Michel Fau et ainsi ils jouent(lorsque le passé et le présent se conjuguent c'est le présent qui l'emporte) avec les autres. On a joué tous les 3 ensemble dans "Il est trop tard" de Stéphane Auvray-Nauroy.....
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exiles10@rezo.net - http://listes.rezo.net/mailman/listinfo/exiles10
et pour sourire en attendant... mieux, un peu terrés chez soi, à ceux qui aiment les chats, vous verrez
exactement comment je compose ma matinée pendant que Pascaldor... avec un chat.
mercredi 27 mars 2013
Lise Martin : l'homme orange/ou comment séduire quand on est dans un RER tous les matins à la même heure.... 7h12
Lise MARTIN
Auteur, comédienne, réalisatrice,
Lise est Martin est un auteur apatride. Elle est certes née en Bougogne . Elle y est née par hasard d’un père réfugié politique espagnol et d’une mère d’origine anglaise.
Après un master d'études théâtrales à la Sorbonne Nouvelle, elle a suivi un parcours de comédienne, et de réalisatrice.
Aujourd'hui, elle se consacre à l'écriture, elle signe des pièces de théâtre, des scénarii, des livres pour enfants et des nouvelles. Elle fut boursière de la fondation Beaumarchais pour un court-métrage La Chambre d'amour, récompensé dans plusieurs festivals. Pour la jeunesse, elle a publié, Azaline se tait (Lansman), Pacotille de la Resquille (éditions de La Fontaine) Au- delà du ciel ( Editions théâtrales).
Elle a aussi publié aux éditions Crater : Zones rouges, Abri-bus (pièce pour laquelle elle a obtenu une bourse du CNL), Confessions gastronomiques, L'Inspecteur La Guerre, Confessions érotiques…
Elle fut la lauréate de la villa Mont-Noir pour l'année 2001/2002.
Terres ! est éditée aux Editions Lansman ainsi que Pablo Záni.
Après avoir passé mon enfance et mon adolescence dans une France très provinciale, je me suis échappée à la capitale. Je suis devenue comédienne, puis assistante à la mise en scène et enfin réalisatrice tant à la télévision (documentaires) qu'au cinéma (courts-métrages). Tout au long de ce périple, j'écrivais sans trop oser le revendiquer. Et puis un jour, un petit coup de pouce du destin m'a fait basculer dans l'écriture. Depuis, je navigue entre plusieurs genres, scenarii, contes, nouvelles, mais surtout le théâtre !
Je ne fais qu’écrire.
Je tente de raconter le monde comme il va, sans oublier d’en rire.
On me demande souvent pourquoi j’écris du théâtre. J’écris du théâtre pour que l’écrit s’incarne, pour que la solitude soit vaincue. J’écris pour les metteurs en scène et les acteurs. Quand un acteur s’accapare les mots d’un auteur, cela n’a rien à voir avec les phrases silencieuses que profère n’importe lequel des personnages du plus grand roman qu’on puisse lire. La voix de l’acteur, son phrasé donnent vie aux mots, rendent présent le monde inventé par l’auteur qui n’a plus besoin de le décrire. L’écriture théâtrale est présence, partage, elle résonne pour le plus grand nombre.
Et même si l’on peut trouver belle l’écriture d’une pièce, elle ne sera théâtre que lorsque, après ce rêve éveillé dans la pénombre d’une salle, on entendra les applaudissements ( ou les sifflets pourquoi pas) de ces gens vivants qu’on nomme spectateurs.
J’écris pour ceux qui, dans la lumière, vont se confronter aux hédonistes de la nuit. Je tiens compte de l’espace, du son, du mouvement des territoires des uns et des autres, du corps des acteurs, des timbres de voix, pour ce qui fait la vie et qui rejette bien loin tous les discours/prétextes à surtout ne pas incarner. Et puis…si les metteurs en scène qui montent mes pièces et les acteurs qui les jouent ont le sentiment de dire leurs propres mots c’est parce que je travaille pour eux.
Le théâtre est mon outil, je le pense subversif, engagé et libre.
Lise Martin
scénario
La Chambre d'amour (1995) ++
--------------------------------------------------------------------------------
théâtre
Terres! (2008 - 2009) ++
Chronique d'un KO debout (2006) ++
Azaline se tait (2001) ++
L'Inspecteur Laguerre (2001) ++
Abri-Bus (2001) ++
L'Homme orange (2000) ++
Loki (2000) ++
L'Homme coing (2000) ++
Abandon (1999) ++
Adoption (1999) ++
Séparation (1999) ++
Une Vie de baleine sans une goutte de lait (1997) ++
Au delà du ciel ++
Pacotille de la Resquille ++
L'homme orange
--------------------------------------------------------------------------------
une jeune femme entre
Depuis 10 ans je fais le même trajet, Hérouville/Stains. Je prends le train de 7h12.
Depuis 10 ans je me dis que la vie doit être ailleurs. Mais bon.
Je croise toujours les mêmes personnes.
On ne se dit jamais bonjour.
Je trouve ça plutôt bien.
Un temps
Je passe environ deux heures avec des gens que je reconnais mais que je ne connaitrai jamais. Une grande majorité lit, essentiellement des revues et des magazines de télé, certains sont plongés dans les affres des mots croisés, fléchés… je déteste ça.
Moi, dans un train, je ne peux rien faire d’autre que de rêver.
J’imagine la vie des gens. Je les observe.
Depuis 6 mois, il y a un type qui me plaît.
Séduire à 7 heures du matin, il faut se coucher tôt.
J’ai tout fait. Une tenue nouvelle par jour. Des coiffures différentes ; je suis passée du blond platine au roux flamboyant. J’ai essayé tous les parfums de la terre. Je lui ai écrasé les pieds. Je l’ai bousculé. Rien.
C’est long 6 mois.
Un temps
Il fallait que je trouve quelque chose de plus subtil ou de plus original.
Un temps
Un lundi soir, j’ai eu une idée.
J’ai décidé de faire une sorte d’inventaire par écrit.
Dans un petit carnet vert pomme.
Ça commençait comme ça :
Il en va des hommes comme des fruits.
Raoul était un homme banane. Lourd à digérer. Sa chair blanchâtre était recouverte d’une peau constellée de dizaines de grains de beauté.(…)Quand enfin je les ai eu comptés, je l’ai quitté. La banane est un fruit à consommer tout de suite, sinon il se gâte. Aussitôt cueilli, aussitôt avalé. Avoir un homme banane en guise de mari c’est idéal. J’avais cru comprendre que sa femme l’adorait. Pensez, un homme consommable de suite ! Le côté toujours prêt de l’homme banane peut plaire comme amant c’est étouffant. Trop nourrissant. Un bon amant ne doit pas être une repas complet. Il doit nous laisser sur notre faim. L’homme banane s’est décomposé lorsque je lui ai fait part de mon écœurement, voire même de mon indigestion.
L’homme poire est plus subtil. Il n'a qu'un défaut, sa peau. La peau d'une poire est rugueuse, elle n'a pas de goût. Elle râpe le palais. Moi qui aime tant mordiller chaque centimètre de leur peau. Là, non rien à faire même après avoir passé mes mains chiffon-soyeux sur tout son corps. Je ne réussissais pas à déguster le meilleur de lui-même. J'étais certaine pourtant que c'était un homme moelleux à l'intérieur…Je ne parvenais pas à dévorer sa carapace. Il gardait le meilleur pour sa femme. À sa maîtresse il se donnait avec la peau. Impossible de faire en sorte qu'il se déshabille. On a beau aimer n'être aimée que de 5 à 7, ils nous doivent un minimum celui d'ôter leurs oripeaux. Jacques était une de ces poires qui ravissait l’œil, rafraichissant mettant l'eau à la bouche. Il ne donnait pas tout de lui. (...). Je ne l'ai pas croqué, juste effleuré. Je l'ai quitté. Il est tombé de haut. C'était un homme mûr.
L'homme coing est immangeable. Il faut le faire cuire très longtemps. C'est un célibataire endurci. Il ne peut s'entendre qu'avec une femme coing. Je n'en suis pas. Pas encore, du moins.
(...)
L’homme melon est bon. Il se trouve facilement en période de vacances. J'en consomme régulièrement l'été. Seulement une fois avalé, dévoré, croqué, il n'en reste rien. Un vague souvenir. C'est un homme déliquescent. Un goût d'eau sucrée. C'est une petite entrée, un quatre heures qui ne laisse pas de traces. Une petite poire pour la soif. Je n'ai aucun souvenir des noms de cette espèce.
L’homme litchi est asiatique. Petit avec un gros noyau.

L’homme cerise. Ha ! L’homme cerise est un Don Juan. Et Don Juan c'est moi. Quand un Don Juan en jupons rencontre un homme cerise c'est la porte ouverte à la souffrance. Je le sais et pourtant je ne résiste pas à l'envie de m'en empiffrer jusqu'à l'aube. Comment ne pas avoir envie de manger les cerises par poignée, pour les sentir craquer sous la langue et faire rouler les noyaux contre la paroi des joues. La cerise est un fruit qui tâche. J'ai dû jeter mon corsage blanc tant il était souillé. Je n'ai jamais pu le "ravoir". Je ne mangerais plus d'homme cerise, c’est trop dangereux. Ce sont les hommes tentants qu'on n'a pas le temps de quitter. Ils vous quittent avant. Les chagrins d'amour me font grossir. J'évite.
L’homme orange n’aime que les garçons.
L'homme abricot a été bon. Musclé, ferme tendre et sucré juste ce qu'il faut. D'une telle couleur orangée, constellée de petites étoiles dorées sur les épaules, dans le dos. Il vieillit mal l'homme abricot. C'était un amour de jeunesse. Aujourd'hui il a grossi, il est farineux. Il n'y a plus de bons abricots. Jeunes ils étaient succulents. Ils ont pris du poids dans la vie, leur situation est stable au détriment de leur saveur.
Les meilleurs abricots que j'ai jamais mangé étaient ceux du verger de ma grand-mère à droite de la petite cabane.
La petite cabane.
Antoine.
L'abricotier.
16 ans.
Un temps
(...)
Tous ces fruits sont hélas accessibles au plus grand nombre. J'ai goûté à chaque espèce de la corbeille et je me rends bien compte que celui que je cherche est ailleurs, caché quelque part. Sûrement pas à l'étalage du marché mais plutôt dans un train. Celui que je cherche est défendu. La petite cerise sur le gâteau. J'avais dit plus de cerise !
Un temps
Où se trouve-t-il celui qui donne l'eau à la bouche, qui fait mourir d'envie, de désir ? Celui-là même qui vous donne des ailes, vous coupe l'appétit. Ce fruit qui vous fait fondre, qui vous fait passer de la taille 40 à un 36 fillette.
Ce fruit qui vous fait traverser Paris en disant :"Que c'est chouette le métro ! Les gens si laids d'habitude sont presque beaux transparents ou absents, c'est selon."
Ce fruit d'amour qui me jettera dans tes bras essoufflée, timide, la gorge sèche, des fourmis dans le bas du ventre ; la première morsure sur tes lèvres sanguines aura le goût unique de l'amour.
Je t'aime comme je te mange.
Je te mange comme je t'aime.
Un temps
Je me suis relue plusieurs fois. J'ai refermé le petit carnet.
Je n'ai pas dormi de la nuit.
Le lendemain matin j'ai attrapé le 7h12, in extremis. Mon fruit défendu était là. Je me suis assise à côté de lui. Je suis descendue à Stains, comme d'habitude en prenant bien soin de laisser mon petit carnet sur le siège.
Forcément il le verrait.
Forcément il le lirait.
Forcément.
Les 24 heures qui ont suivi furent terribles. Je ne voulais plus prendre ce train. Je me sentais ridicule.
Qu'allait-il penser de moi ?
"Cette fille est une mangeuse d'hommes. Elle couche avec la terre entière." J’entends les insultes.
Un temps
Je suis arrivée sur le quai très en avance. Il faisait un temps de chien. On se serrait cru dans un film de Ken Loach. J'étais très calme. Je m'étais fait tous les scénarios possibles. Sauf celui là.
Un temps
Je l'ai vu. J'étais de moins en moins calme. Il est venu vers moi. Là, j'ai cru que j'allais mourir. Il m'a parlé.
-Vous n'auriez pas perdu un petit carnet hier ? Un petit carnet vert pomme.
-Non.
-Non ? C'est dommage.
-Enfin si. Oui. Non. Ça dépend il était comment ?
-Je l'ai ramené. Tenez.
Il l'a sorti de sa poche. Cet homme était beau souriant. Je ne l'avais jamais vu aussi décontracté.
-Ah, oui le petit carnet...
-Vert pomme.
-Vert Pomme. Ah ben, c'est le mien.
-Je suis très curieux, j'ai lu ce que vous avez écrit. Ça nous a beaucoup plu.
Nous ? J'avais bien entendu nous.
-Tant mieux.
J'ai dit tant mieux mais je pensais tant pis. Ce n'était plus un film de Ken Loach mais un mauvais téléfilm. Je devais être pâle parce qu'il a continué à me parler très gentiment. Je ne l'entendais plus. Et puis il a ouvert le carnet, il a lu une phrase :
L’homme orange n’aime que les garçons.
Le train est arrivé en faisant hurler ses freins sur les rails mouillés. Je n'ai pas voulu monter.
Lui ne voulait pas le rater.
Je suis restée là. Assez seule. Assez triste. Toute petite. C'est toujours mélancolique un train qui s'éloigne. Surtout si dans ce train vous avez laissé partir celui que vous appeliez avant de le connaître : votre fruit défendu. "
------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
La suite ? Quelle suite ! le lendemain... je n'ai pas pu m'empêcher moi Nathalie Feyt d'imaginer, la suite, et je me suis dit, qu'il était devenu acteur de cinéma et qu'elle l'avait reconnu dans un film, ou bien-sûr il jouait le rôle qu'elle aurait voulu qu'il ait, dans sa propre vie. Elle a attendu en larmes le générique quoiqu'il n'ait pas eu un rôle important, il ne fallait pas le rater lors du défilement. Et donc il s'appelait Olivier, l'homme orange.
Les génériques sont de plus en plus rapides. Elle n'a jamais voulu en savoir plus, questionner sur Google. Et depuis, au cinéma, elle se cantonne aux films étrangers.
Sinon, elle a changé ses horaires dès le lendemain. Elle a pris un train plus tard. Elle arrivait un peu juste au bureau, comme elle n'avait plus de marge, au moindre dysfonctionnement, elle était très en retard. On ne manqua pas de lui faire la réflexion lors de son entretien annuel. Elle ne répondit rien.
Auteur, comédienne, réalisatrice,
Lise est Martin est un auteur apatride. Elle est certes née en Bougogne . Elle y est née par hasard d’un père réfugié politique espagnol et d’une mère d’origine anglaise.
Après un master d'études théâtrales à la Sorbonne Nouvelle, elle a suivi un parcours de comédienne, et de réalisatrice.
Aujourd'hui, elle se consacre à l'écriture, elle signe des pièces de théâtre, des scénarii, des livres pour enfants et des nouvelles. Elle fut boursière de la fondation Beaumarchais pour un court-métrage La Chambre d'amour, récompensé dans plusieurs festivals. Pour la jeunesse, elle a publié, Azaline se tait (Lansman), Pacotille de la Resquille (éditions de La Fontaine) Au- delà du ciel ( Editions théâtrales).
Elle a aussi publié aux éditions Crater : Zones rouges, Abri-bus (pièce pour laquelle elle a obtenu une bourse du CNL), Confessions gastronomiques, L'Inspecteur La Guerre, Confessions érotiques…
Elle fut la lauréate de la villa Mont-Noir pour l'année 2001/2002.
Terres ! est éditée aux Editions Lansman ainsi que Pablo Záni.
Après avoir passé mon enfance et mon adolescence dans une France très provinciale, je me suis échappée à la capitale. Je suis devenue comédienne, puis assistante à la mise en scène et enfin réalisatrice tant à la télévision (documentaires) qu'au cinéma (courts-métrages). Tout au long de ce périple, j'écrivais sans trop oser le revendiquer. Et puis un jour, un petit coup de pouce du destin m'a fait basculer dans l'écriture. Depuis, je navigue entre plusieurs genres, scenarii, contes, nouvelles, mais surtout le théâtre !
Je ne fais qu’écrire.
Je tente de raconter le monde comme il va, sans oublier d’en rire.
On me demande souvent pourquoi j’écris du théâtre. J’écris du théâtre pour que l’écrit s’incarne, pour que la solitude soit vaincue. J’écris pour les metteurs en scène et les acteurs. Quand un acteur s’accapare les mots d’un auteur, cela n’a rien à voir avec les phrases silencieuses que profère n’importe lequel des personnages du plus grand roman qu’on puisse lire. La voix de l’acteur, son phrasé donnent vie aux mots, rendent présent le monde inventé par l’auteur qui n’a plus besoin de le décrire. L’écriture théâtrale est présence, partage, elle résonne pour le plus grand nombre.
Et même si l’on peut trouver belle l’écriture d’une pièce, elle ne sera théâtre que lorsque, après ce rêve éveillé dans la pénombre d’une salle, on entendra les applaudissements ( ou les sifflets pourquoi pas) de ces gens vivants qu’on nomme spectateurs.
J’écris pour ceux qui, dans la lumière, vont se confronter aux hédonistes de la nuit. Je tiens compte de l’espace, du son, du mouvement des territoires des uns et des autres, du corps des acteurs, des timbres de voix, pour ce qui fait la vie et qui rejette bien loin tous les discours/prétextes à surtout ne pas incarner. Et puis…si les metteurs en scène qui montent mes pièces et les acteurs qui les jouent ont le sentiment de dire leurs propres mots c’est parce que je travaille pour eux.
Le théâtre est mon outil, je le pense subversif, engagé et libre.
Lise Martin
scénario
La Chambre d'amour (1995) ++
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théâtre
Terres! (2008 - 2009) ++
Chronique d'un KO debout (2006) ++
Azaline se tait (2001) ++
L'Inspecteur Laguerre (2001) ++
Abri-Bus (2001) ++
L'Homme orange (2000) ++
Loki (2000) ++
L'Homme coing (2000) ++
Abandon (1999) ++
Adoption (1999) ++
Séparation (1999) ++
Une Vie de baleine sans une goutte de lait (1997) ++
Au delà du ciel ++
Pacotille de la Resquille ++
L'homme orange
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une jeune femme entre
Depuis 10 ans je fais le même trajet, Hérouville/Stains. Je prends le train de 7h12.
Depuis 10 ans je me dis que la vie doit être ailleurs. Mais bon.
Je croise toujours les mêmes personnes.
On ne se dit jamais bonjour.
Je trouve ça plutôt bien.
Un temps
Je passe environ deux heures avec des gens que je reconnais mais que je ne connaitrai jamais. Une grande majorité lit, essentiellement des revues et des magazines de télé, certains sont plongés dans les affres des mots croisés, fléchés… je déteste ça.
Moi, dans un train, je ne peux rien faire d’autre que de rêver.
J’imagine la vie des gens. Je les observe.
Depuis 6 mois, il y a un type qui me plaît.
Séduire à 7 heures du matin, il faut se coucher tôt.
J’ai tout fait. Une tenue nouvelle par jour. Des coiffures différentes ; je suis passée du blond platine au roux flamboyant. J’ai essayé tous les parfums de la terre. Je lui ai écrasé les pieds. Je l’ai bousculé. Rien.
C’est long 6 mois.
Un temps
Il fallait que je trouve quelque chose de plus subtil ou de plus original.
Un temps
Un lundi soir, j’ai eu une idée.
J’ai décidé de faire une sorte d’inventaire par écrit.
Dans un petit carnet vert pomme.
Ça commençait comme ça :
Il en va des hommes comme des fruits.
Raoul était un homme banane. Lourd à digérer. Sa chair blanchâtre était recouverte d’une peau constellée de dizaines de grains de beauté.(…)Quand enfin je les ai eu comptés, je l’ai quitté. La banane est un fruit à consommer tout de suite, sinon il se gâte. Aussitôt cueilli, aussitôt avalé. Avoir un homme banane en guise de mari c’est idéal. J’avais cru comprendre que sa femme l’adorait. Pensez, un homme consommable de suite ! Le côté toujours prêt de l’homme banane peut plaire comme amant c’est étouffant. Trop nourrissant. Un bon amant ne doit pas être une repas complet. Il doit nous laisser sur notre faim. L’homme banane s’est décomposé lorsque je lui ai fait part de mon écœurement, voire même de mon indigestion.
L’homme poire est plus subtil. Il n'a qu'un défaut, sa peau. La peau d'une poire est rugueuse, elle n'a pas de goût. Elle râpe le palais. Moi qui aime tant mordiller chaque centimètre de leur peau. Là, non rien à faire même après avoir passé mes mains chiffon-soyeux sur tout son corps. Je ne réussissais pas à déguster le meilleur de lui-même. J'étais certaine pourtant que c'était un homme moelleux à l'intérieur…Je ne parvenais pas à dévorer sa carapace. Il gardait le meilleur pour sa femme. À sa maîtresse il se donnait avec la peau. Impossible de faire en sorte qu'il se déshabille. On a beau aimer n'être aimée que de 5 à 7, ils nous doivent un minimum celui d'ôter leurs oripeaux. Jacques était une de ces poires qui ravissait l’œil, rafraichissant mettant l'eau à la bouche. Il ne donnait pas tout de lui. (...). Je ne l'ai pas croqué, juste effleuré. Je l'ai quitté. Il est tombé de haut. C'était un homme mûr.
L'homme coing est immangeable. Il faut le faire cuire très longtemps. C'est un célibataire endurci. Il ne peut s'entendre qu'avec une femme coing. Je n'en suis pas. Pas encore, du moins.
(...)
L’homme melon est bon. Il se trouve facilement en période de vacances. J'en consomme régulièrement l'été. Seulement une fois avalé, dévoré, croqué, il n'en reste rien. Un vague souvenir. C'est un homme déliquescent. Un goût d'eau sucrée. C'est une petite entrée, un quatre heures qui ne laisse pas de traces. Une petite poire pour la soif. Je n'ai aucun souvenir des noms de cette espèce.
L’homme litchi est asiatique. Petit avec un gros noyau.

L’homme cerise. Ha ! L’homme cerise est un Don Juan. Et Don Juan c'est moi. Quand un Don Juan en jupons rencontre un homme cerise c'est la porte ouverte à la souffrance. Je le sais et pourtant je ne résiste pas à l'envie de m'en empiffrer jusqu'à l'aube. Comment ne pas avoir envie de manger les cerises par poignée, pour les sentir craquer sous la langue et faire rouler les noyaux contre la paroi des joues. La cerise est un fruit qui tâche. J'ai dû jeter mon corsage blanc tant il était souillé. Je n'ai jamais pu le "ravoir". Je ne mangerais plus d'homme cerise, c’est trop dangereux. Ce sont les hommes tentants qu'on n'a pas le temps de quitter. Ils vous quittent avant. Les chagrins d'amour me font grossir. J'évite.
L’homme orange n’aime que les garçons.
L'homme abricot a été bon. Musclé, ferme tendre et sucré juste ce qu'il faut. D'une telle couleur orangée, constellée de petites étoiles dorées sur les épaules, dans le dos. Il vieillit mal l'homme abricot. C'était un amour de jeunesse. Aujourd'hui il a grossi, il est farineux. Il n'y a plus de bons abricots. Jeunes ils étaient succulents. Ils ont pris du poids dans la vie, leur situation est stable au détriment de leur saveur.
Les meilleurs abricots que j'ai jamais mangé étaient ceux du verger de ma grand-mère à droite de la petite cabane.
La petite cabane.
Antoine.
L'abricotier.
16 ans.
Un temps
(...)
Tous ces fruits sont hélas accessibles au plus grand nombre. J'ai goûté à chaque espèce de la corbeille et je me rends bien compte que celui que je cherche est ailleurs, caché quelque part. Sûrement pas à l'étalage du marché mais plutôt dans un train. Celui que je cherche est défendu. La petite cerise sur le gâteau. J'avais dit plus de cerise !
Un temps
Où se trouve-t-il celui qui donne l'eau à la bouche, qui fait mourir d'envie, de désir ? Celui-là même qui vous donne des ailes, vous coupe l'appétit. Ce fruit qui vous fait fondre, qui vous fait passer de la taille 40 à un 36 fillette.
Ce fruit qui vous fait traverser Paris en disant :"Que c'est chouette le métro ! Les gens si laids d'habitude sont presque beaux transparents ou absents, c'est selon."
Ce fruit d'amour qui me jettera dans tes bras essoufflée, timide, la gorge sèche, des fourmis dans le bas du ventre ; la première morsure sur tes lèvres sanguines aura le goût unique de l'amour.
Je t'aime comme je te mange.
Je te mange comme je t'aime.
Un temps
Je me suis relue plusieurs fois. J'ai refermé le petit carnet.
Je n'ai pas dormi de la nuit.
Le lendemain matin j'ai attrapé le 7h12, in extremis. Mon fruit défendu était là. Je me suis assise à côté de lui. Je suis descendue à Stains, comme d'habitude en prenant bien soin de laisser mon petit carnet sur le siège.
Forcément il le verrait.
Forcément il le lirait.
Forcément.
Les 24 heures qui ont suivi furent terribles. Je ne voulais plus prendre ce train. Je me sentais ridicule.
Qu'allait-il penser de moi ?
"Cette fille est une mangeuse d'hommes. Elle couche avec la terre entière." J’entends les insultes.
Un temps
Je suis arrivée sur le quai très en avance. Il faisait un temps de chien. On se serrait cru dans un film de Ken Loach. J'étais très calme. Je m'étais fait tous les scénarios possibles. Sauf celui là.
Un temps
Je l'ai vu. J'étais de moins en moins calme. Il est venu vers moi. Là, j'ai cru que j'allais mourir. Il m'a parlé.
-Vous n'auriez pas perdu un petit carnet hier ? Un petit carnet vert pomme.
-Non.
-Non ? C'est dommage.
-Enfin si. Oui. Non. Ça dépend il était comment ?
-Je l'ai ramené. Tenez.
Il l'a sorti de sa poche. Cet homme était beau souriant. Je ne l'avais jamais vu aussi décontracté.
-Ah, oui le petit carnet...
-Vert pomme.
-Vert Pomme. Ah ben, c'est le mien.
-Je suis très curieux, j'ai lu ce que vous avez écrit. Ça nous a beaucoup plu.
Nous ? J'avais bien entendu nous.
-Tant mieux.
J'ai dit tant mieux mais je pensais tant pis. Ce n'était plus un film de Ken Loach mais un mauvais téléfilm. Je devais être pâle parce qu'il a continué à me parler très gentiment. Je ne l'entendais plus. Et puis il a ouvert le carnet, il a lu une phrase :
L’homme orange n’aime que les garçons.
Le train est arrivé en faisant hurler ses freins sur les rails mouillés. Je n'ai pas voulu monter.
Lui ne voulait pas le rater.
Je suis restée là. Assez seule. Assez triste. Toute petite. C'est toujours mélancolique un train qui s'éloigne. Surtout si dans ce train vous avez laissé partir celui que vous appeliez avant de le connaître : votre fruit défendu. "
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La suite ? Quelle suite ! le lendemain... je n'ai pas pu m'empêcher moi Nathalie Feyt d'imaginer, la suite, et je me suis dit, qu'il était devenu acteur de cinéma et qu'elle l'avait reconnu dans un film, ou bien-sûr il jouait le rôle qu'elle aurait voulu qu'il ait, dans sa propre vie. Elle a attendu en larmes le générique quoiqu'il n'ait pas eu un rôle important, il ne fallait pas le rater lors du défilement. Et donc il s'appelait Olivier, l'homme orange.
Les génériques sont de plus en plus rapides. Elle n'a jamais voulu en savoir plus, questionner sur Google. Et depuis, au cinéma, elle se cantonne aux films étrangers.
Sinon, elle a changé ses horaires dès le lendemain. Elle a pris un train plus tard. Elle arrivait un peu juste au bureau, comme elle n'avait plus de marge, au moindre dysfonctionnement, elle était très en retard. On ne manqua pas de lui faire la réflexion lors de son entretien annuel. Elle ne répondit rien.
mardi 20 novembre 2012
MANGER en textes et photos de la Cie Philippe Person, Jouvet, l'écoute comment la jouer....
J'ai retrouvé les textes, les intentions, les respirations à la lecture de tous les rôles ; me reviennent les expressions des visages de mes camarades de scène et les images défilent dans ma tête je ris toute seule.... Je jouais le rôle d'Olivia et j'ai écrit le dernier texte, celui du chapeau.
Je crois que j'éprouve une certaine nostalgie de cette époque où je m'imaginais avoir frôlé le succès. Et puis manger, le thème fera toujours recette, cela aurait qui sait pu être le Knock de Jules Romains, de la Cie P. Person, Knock que remontait Jouvet (émission à podcaster l'histoire de Renoir Auguste enfant- et un livre à acheter Témoignages sur le théâtre de Jouvet) quand les caisses étaient vides, aux périodes de vaches maigres.
à chaque fois que j'entends un nouveau slogan, ou une nouvelle info et depuis cette période ça abonde, encore plus, sur le Bien Manger, un livre : Régime Duncan ou "manger bouger", 20 mn de jogging par jour, minimum, je me positionne en journaliste glaneuse, j'ai envie de noter prendre des idées pour remettre notre Manger au goût du jour.
http://nathpasse.blogspot.fr/2009/11/bashung-gainsbourg-et-gallotta-nathalie.html#!/2009/11/bashung-gainsbourg-et-gallotta-nathalie.html
MANGER a été écrit à plusieurs mains... Élisabeth GENTET-RAVASCO à la base et d'autres textes (Duras, Sartre, anonymes...) et des improvisations des comédiens retranscrites pour la création des différentes moutures et mises en scène par Philippe Person assisté de Sophie Balazard
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Extraits
Tous les personnages sont à table, et comme tous les convives d'un grand banquet,
ils discutent avec leurs vis à vis (le public),
Sont présents (première table) Arielle, Étienne, (deuxième table) Olivia, (troisième
table) Nadège, La femme, L'homme.
L'HOMME:
Ginseng, pas gingembre. Ginseng !
ÉTIENNE :
Moi, moi, j'aime ce qui est gras, mais très gras hein, une côte de bœuf bien grasse ou alors un pot au feu très gras, avec les yeux et tout, ou alors un croissant aux amandes.
NADÈGE:
One apple a day, keeps the doctor away.
LA FEMME:
Les chiens et les chats, ils mangent comme nous, sauf qu'ils ne boivent pas d'alcool.
ÉTIENNE :
Dans le cochon tout est bon.
NADÈGE:
On ne trouve plus les petites violettes de nos grands-mères, les petites violettes en sucre, plus du tout.
L'HOMME:
Non mais c'est pas vrai, les avocats tu les manges le soir et tu te réveille plus tôt le matin.
OLIVIA:
Qu'est-ce qu'on peut entendre comme conneries ! Un bon confit de canard, avec la peau bien grillée, des petites pommes de terre sarladaises, avec de l'ail et du persil et une salade verte.
LA FEMME :
Bah ! les pieds paquets c'est une horreur.
ARIELLE :
Un repas sans dessert, c'est comme un enfant sans mère.
NADÈGE:
Si un jour vous avez l'occasion de manger du piranha confit, n'hésitez pas.
OLIVIA:
Le vin c'est aussi un médicament.
L'HOMME :
Le ketchup c'est pas américain, c'est hollandais.
LA FEMME:
Nice c'est la seule ville qui n'a pas voulu des restos du cœur... Ils ont des restos pour chiens.
ÉTIENNE :
Précisément, précisément, j'ai connu un type qui se masturbait exclusivement avec des côtelettes.
OLIVIA :
Dis-moi qui tu manges Je te dirais qui tu es.
ÉTIENNE :
Non, je vous raconte n'importe quoi. Je suis désolé, j'avais oublié le problème des os, c'était avec des escalopes, des escalopes.
NADÈGE:
J’ai arrêté les artichauts, à cause des poils.
ARIELLE:
Exactement, les moules je suis vaccinée
OLIVIA:
Le tourin c'est de l'ail avec de la mie de pain et du blanc d'œuf ! C'est un mystère tellement que c'est bon.
ÉTIENNE :
(écroulé de rire) Alors le mec il arrive fou de rage.... "Comment ! Comment ! Comment !" et
l'autre lui répond: "A la coque".
LA FEMME:
La couleur des aliments, c'est très important. Mol je connais un enfant qui ne mange que des aliments blancs : de la purée, du lait. de la Chantilly de la...
NADÈGE:
Non, non, non. on n'a pas le droit de manger plus de sept œufs par semaine.
ARIELLE:
Oui mais alors pas de myrtilles hein ! parce que les renards viennent pisser sur les myrtilles et on attrape des maladies
ÉTIENNE :
(toujours écroulé de rire) A la coque !
L'HOMME:
Une maison sans fruit est une maison sans vie.
NADÈGE:
Eh oui, fruits de mer, santé de fer
ARIELLE :
Le dessert en fin de repas? C'est une réminiscence de la tétée. Oui oui, en fin de tétée il y a du sucre dans le lait de la mère.(phrase qui n'a pas été gardée dans aucune des versions, j'ai demandé confirmation à Philippe Person)
OLIVIA :
(s'énervant) On ne trouve plus de bon pain.
Tous les personnages murmurent et discutent avec leurs "vis à vis" On perçoit quelques bribes.
ÉTIENNE :
Le gigot de sept heures cuit sept heures, c'est évident...
NADÈGE :
Le cassi(s) ou cassis...
L'HOMME :
Non, mais ça, c'est de la tomate belge.
ARIELLE :
À ce prix là, c'est du surgelé.
OLIVIA :
À l'ancienne.
LA FEMME :
La viande, c'est sexuel.
ÉTIENNE :
Bah, en cocotte.
NADÈGE :
Une bonne soupe aux encornets, une soupe aux yeux.
ARIELLE :
Sushi avec riz, sashimi sans riz, ou le contraire.
OLIVIA :
Sous emballage, ça fermente, c'est une horreur.
L'HOMME :
Aujourd'hui, ça n'a plus de goût.
LA FEMME :
Sans sel !
Olivia se met à rire, puis tous tournent la tête "un serveur" vient d'arriver avec "la suite"
TOUS :
Ahhhhh !!!!
OLIVIA:
Elle sort sa balance, et la pose devant elle
(à la balance) T’es belle.
(elle prend du pain) Cette semaine, j'ai le droit à 40 grammes de pain par jour.
Elle pèse, ôte un tout petit bout de pain qu'elle met devant la balance, puis coupe en deux le pain qu'elle a pesé.
Elle pose les deux morceaux devant elle.
Ça c'est pour le midi ; ça c’est pour le soir (elle intervertit les deux morceaux) Oh non celui-là pour le soir, pour le midi je préfère le croûton. Déjà quand j’étais petite, ma mère elle me le donnait, le croûton
Elle compte avec ses doigts sur la table, puis mécaniquement prend une miette de pain tout en comptant, puis une autre, puis un bout de pain, sans se rendre compte qu'elle le mange
Alors. 260 calories - Mmmmm ! ça fait 1200 par jour, il m'en reste combien ? 1096. Ouais, ça fait pas beaucoup. Pour ce midi, une tranche de rôti et puis une salade de tomates. Oh j'en ai marre des salades de tomates. Après du fromage blanc à 0%. Et ce soir ah non pas encore les concombres !...(elle s'aperçoit qu'en même temps qu'elle réfléchissait, elle a mangé des miettes du pain qu'elle triturait) (temps de culpabilisation puis elle se récupère). Tant pis je le mange en apéritif ! Ça se digère mieux, na. Il est bon. Il est bien grillé, (elle se rend compte qu'il n'y a plus beaucoup de pain) Je mange tout là. voilà ! (elle met tout ce qui reste dans sa bouche et mange avec un plaisir certain) (la bouche pleine) II faut mastiquer le pain. C'est un sucre lent. (elle mange) C'est bon. C'est ça qui est important, mastiquer le pain.
Une fois qu'elle a la bouche vide, elle se rend compte qu'une fois encore elle n'a pas tenu son régime
J'ai tout mangé. Je suis nulle.
Elle range sa balance et découvre le petit bout qui avait été mis de côté. Elle le regarde et l'avale.
La femme se lève "en dérangeant" son mari. II hésite à la suivre puis se rassied.
Étienne vient s'installer à la table d'Olivia, devant l'assiette qu'elle lui avait préparée.
Elle le regarde manger en salivant
(...)
p 1 à 4
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LA FEMME:
Qui c'est qui va manger sa bonne purée. Hum c'est bon
ça la purée. Tu sais y-a des bonnes vitamines dans la purée. Et puis j'ai mis
du bon lait de la vache qui donne plein de force au bébé. (elle reçoit un peu de purée) Ça oui de la force, (elle rit un peu sadiquement) Tu voulais
tout mettre par terre hein, mais Maman a fait une purée bien épaisse qui ne
peut pas tomber de l'assiette. Elle n'est pas bête Maman, (elle change d'attitude) Allez mon bébé encore une bouchée pour
Papa, et puis une pour Grand Mère. Et puis une pour Grand Père. Si, si une
dernière pour Mamie-lunette. Tu sais quoi mon petit ange, les cuillères pour
Maman ça sera le bon dessert. Que tu associes toujours ta Maman aux bons
desserts, (elle change d'attitude) Mais
enfin pourquoi tu ne manges pas. La nourriture de Maman n'est pas bonne, c'est
ça, hein ! Des heures de cuisine et voilà ce que tu en fais. Pourquoi m'en
veux-tu à ce point ? (elle change
d'attitude) Comment vas-tu grandir et devenir intelligent si tu ne manges
pas, y'a des protéines dans ce foie d'agneau. Tu ne te rends donc pas compte. (Elle change d'attitude) Je vais le dire
à Papa et il fera les gros yeux. (Elle
change d'attitude, très maman branché psy) Après tout tu es responsable de
ton corps de ce qui y entre et de ce qui en sort. C'est toi qui sais. Je ne
rentrerai pas en conflit avec toi sur ce sujet, (elle change d'attitude) Allez mange mon petit amour et tu verras
comme tout le monde sera fier de toi. On va tous applaudir Papa, grand frère,
Maman et même on téléphonera à Grand Mère et personne ne pourra dire que Maman
n'est pas une bonne mère. (Elle fait le
clown) Qui c'est qui veut ploum pompon, qui c'est qui veut la cuillère de
miam miam. Ploum pompon, attention l'avion va entrer dans la bouche. Tut tut,
je voudrais rentrer dans la bouche de monsieur Bébé, ploum pompon, c'est du bon
manger qu'a fabriqué pour toi ta maman. Si tu manges bien je t'achèterai un
jouet qui fait plein de musique. Et puis des bonbons, (elle change d'attitude) -elle donne la cuillère mais en regardant la
télé ou en téléphonant à une copine, sans vraiment regarder son bébé- (on
entend la télé) (elle change d'attitude) Ne mange pas si vite, mon bébé. T'as
vu tout ce que tu as déjà ingurgité, c'est pas possible tu vas devenir obèse,
c'est à mol que tu en voudras quand tu seras grand, (elle change d'attitude) (Elle essaie de forcer la bouche du bébé)
Tu vas l'ouvrir oui ta bouche, il faut que tu manges, je t'assure, il le faut. (Elle change
d'attitude) Tu veux que je fasse cuire autre chose ? (Elle s'énerve) Mais si je vais te faire cuire autre chose, tu ne
crois quand même pas que Je vais te mettre au lit le ventre vide. Non, ne crie
pas. Ne crie pas. Maman pleure à cause de toi. (Elle s'assoit en pleurant)
p 18
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OLIVIA :
Pour un petit régime ponctuel, par exemple une fête la
semaine prochaine, il n'y a qu'une seule solution : l'ananas. Ananas le matin, ananas le midi, ananas le soir et comme ça 4 - 5 kilos pfutt... envolés.
ÉTIENNE :
(A toute vitesse) C'est pourtant pas compliqué, vous calculez votre RCQ, Ration Calorique Quotidienne. Donc RCQ ça fait T moins 50. Ou 30 si on
est un homme, multiplié par 225 moins A, sur le coefficient d'activité
bien sûr. Alors "T" c'est la taille, moins 50 c'est 50, 225 c'est...
225, moins A... "A" comme l’âge, "sur le coefficient d'activité" c'est
entre 10 et 16 selon l’activité.
Alors ça fait...
OLIVIA :
(qui a calculé à toute vitesse] 1359.
LES AUTRES :
Ohhhhh!
(...)
NADÈGE:
Tous les soirs un comprimé de ver
solitaire et on n'en parle plus.
OLIVIA :
L'œuf dur
c'est très très calorique. Mais comme c'est très très difficile à digérer, vous pouvez en manger autant que vous voulez, ça compte zéro.
ARIELLE :
La grande cuisine, c'est toujours léger.
OLIVIA :
(amoureuse} Welghwatchers c'est une amicale. On se pèse ensemble, on
pèse les aliments
ensemble, on se voit deux à trois fois par semaine, c'est bien !
NADÈGE:
Y a aussi l'épilation définitive. Mais ça n'a rien à voir.
OLIVIA :
Alors ils ont trouvé (maintenant) un moyen de maigrir en dormant.
Il faut prendre des comprimés, juste avant de se coucher, il faut se mettre tout
nu dans son lit parce qu'à ce moment là, la graisse ne se défend pas, elle n'est pas comprimée par les
petits élastiques des vêtements... non, mais tu sais !
ÉTIENNE :
C'est pas compliqué, il n'y a qu'une solution : le Jeûne de vingt et un jours. Le Jeûne, pas le jeune!
NADÈGE;
Et les biscottes, ça fait circuler le sang, les
biscottes.
OLIVIA :
(ignorant les autres) Alors je me suis réveillée... et j'ai continué le rêve, les yeux grands ouverts...
C'est idiot de dire les yeux grands ouverts, quand on
se ferme au monde mais je me suis rappelée, je me suis rappelée comment les
autres l’avaient regardé, les yeux exorbités -encore les yeux... le regard...
le jugement- les yeux exorbités devant le spectacle de cet homme amaigri, fatigué, humilié. Et moi je
pensais que j'aurai voulu être à sa place… Otage, c'est ce qu'il y a de mieux pour faire un régime, non ?
Mon impossibilité à tenir mes engagements ne nuirait plus à personne. Ils m'obligeraient.
Ils me donneraient du pain de l'eau et je maigrirai... comme ça sans volonté. C'est horrible, je ne
pense plus qu'à ça. Je ne fais plus que ça. C'est une obsession. Quand je passe
devant un kiosque à journaux, à tous les coups il y a un magasine
qui parle de régime. Je sais que c'est de la merde, mais je l'achète.
J'ai écrit à tous ces trucs ridicules qui disent qu'on peut maigrir sans faire d'effort. Je les ai tous fait. Ma mère déjà disait, tu m’as tout fait. Mais à part faire le yoyo sur ma balance, je
n’arrive à rien.
À quoi ça sert ? Moi, qu'aime tant manger.
La femme et l'homme arrivent d'un
pas décidé, dès qu'ils les voient, les autres se mettent en rang, la femme
s'installe à une table. L'homme est à ses côtés, debout, comme à la tribune.
L'HOMME
(d'après les Mots de Jean-Paul Sartre)
Pour une fois. tu as raison, mon grand camarade : l'appétit je ne sais pas
ce que c'est. Si tu avais vu les phosphatines de mon enfance, j'en laissais la
moitié : quel gaspillage ! Alors on m'ouvrait la bouche, on me disait: une
cuillerée pour papa, une cuillerée pour maman, une cuillerée pour la tante Anna. Et
on m'enfonçait la cuiller jusqu'au fond de la gorge. Et je grandissais,
flgure-tol. Mais Je ne grossissais pas. C'est le moment où on m'a fait boire du
sang frais aux abattoirs, parce que j'étais pâlot ; du coup je n'ai plus touché
à la viande. Mon père disait chaque soir : "Cet enfant n'a pas
faim..." Chaque soir tu vols ça d'ici: "Mange, Hugo. mange. Tu vas te
rendre malade." On m'a fait prendre de l’huile de foie de morue, ça c'est
le comble du luxe : une drogue pour te donner faim pendant que les autres, dans
la rue, se seraient vendus pour un bifteck, je les voyais passer de ma fenêtre
avec leur pancarte : "Donnez-nous du pain." Et j'allais m'asseoir à
table. Mange. Hugo. mange. Une cuillerée pour le gardien qui est en chômage,
une cuillerée pour la vieille qui ramasse les épluchures dans la poubelle, une
cuillerée pour la famille du charpentier qui s'est cassé la jambe. J'ai quitté
la maison. Je suis entré au Parti et c'était pour entendre la même chanson:
"Tu n'as jamais eu faim, Hugo, de quoi que tu te mêles ? Qu'est-ce que tu
peux comprendre ? Tu n'as jamais eu faim." Eh bien, non, je n'ai jamais eu
faim. Jamais ! Jamais ! Jamais ! Tu pourras peut-être me dire, toi, ce qu'il
faut que je fasse pour que vous cessiez tous de me le reprocher.
Tout te monde applaudit, l'homme et la femme
sortent. Les autres suivent, sauf
Olivia.
Arielle va s'installer la tête dans
son réfrigérateur Olivia tourne autour
des tables, comme quelqu'un qui
prépare un grand repas chez elle.
OLIVIA :
(elle coupe un canard avec un sécateur) J'appelle quelqu'un ou Je sers moi même ? Quand je sers au moins je peux
me lever, me dégourdir la tête. J'ai rien à leur dire. Je n'ai rien à vous dire.
De toute façon vous n'avez pas envie de m'entendre ! Je suis juste la femme. Oh
le morceau ! (elle s'énerve sur un morceau dur à découper) (elle rit)
Combien je te parie qu'arrivé au dessert, il y en a une qui va faire son cinéma,
"oh non, c'était tellement, tellement côpieux. Il faut que je surveille
ma..." et puis là elle va s'arrêter d'un coup. Considérer mon tour de
taille et sera très gênée d'avoir osé parler de ses deux kilos de trop en face
de moi. Je la mettrai à l'aise en riant "Et c'est à moi que vous dites
çâ" (temps) Ou alors je ne dirai
rien et tout le monde sera très gêné. Moi genre bouleversé, J'ai pas mon
pareil. J'iral chercher les coupes de Champagne comme pour cacher mes larmes,
instant dramatique ! Mais la pétasse du jour trouvera un truc nul à sortir pour
changer la conversation et on m'oubliera. (elle
"achève" le canard en coupant la carcasse par le milieu) Ouh
Pétasse ! Charpie ! Harpie ! Viande morte ! (elle
finit, presque en pleurs en découpant de plus en plus violemment te canard) Je suis sûre que je méritais
mieux.
Olivia étonnée de son accès de
colère, s'assoit en essayant de se reprendre.
Nadège arrive sur scène, elle "répète" un extrait du livre de
Sainte Thérèse sur la joie
qu'elle a connu en pratiquant le Jeûne de Pâques. Elle n'arrive pas à jouer
l'extralt
Elle lâche son livre.
NADEGE :
Quand j'étals petite. Je croyais que les bonnes sœurs étaient des saintes.
Je croyais que ma mère était la plus belle femme du monde et mon père le plus
intelligent. Je croyais qu'il suffisait d'être bon pour donner le bonheur, qu'il
suffisait de tendre la main pour ouvrir le chemin. Je croyais que les gens qui
avaient du talent, n'avaient que du talent. Je croyais que les pauvres
n'existaient que pour qu'on puisse les aider. Je croyais que le malheur était
un poème et que la souffrance était lyrique. C'est idiot non, quand j'étais
petite, je croyais que les bonnes sœurs étaient des saintes. Quand j'étais
petite, mon Papa me disait toujours je vais te manger, te manger et ça me
faisait rire. Je me sauvais en riant, j'allais me réfugier dans les jupes de ma
mère qui faisait semblant d'avoir peur, elle-aussi, du méchant loup et mon père
arrivait,
il me tirait par la taille, me faisait voler et faisait semblant de me dévorer
toute crue. Et je riais, je riais.(soudain
sérieuse) Il aurait mieux fait de me manger.
p 19 à 22**************************************************************************************************
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ÉTIENNE :
Bouffe-cul, pense y Bouffe-cul
!
Etienne sort d'un côté, Arielle de l'autre.
Une musique très boite de nuit envahit /'espace. Olivia et Nadège dansent sur leurs chaises.
La musique devient plus "musique de foire" Un bonimenteur vêtu d'une
immense cape fait son apparition.
L'HOMME:
Allez, allez jeunesse. Ça va
commencer Roulez jeunesse.
Une femme le suit, elle va exécuter un striptease
(très très moyen et très soft, ambiance kermesse minable), sans aucun plaisir,
désabusée, elle fait son boulot, un point c'est tout. Durant tout le
striptease, le bonimenteur commente à sa façon l'effeuillage des vêtements.
Nadège qui n'aime pas du tout cette ambiance sort
pendant le "numéro" Olivia regarde fascinée.
L’HOMME : (texte médical)
De deux à huit minutes après
l'arrêt du cœur, le tissu nerveux, et en particulier l'encéphale dégénère
rapidement. Les muscles se relâchent ainsi que les sphincters, provoquant l'excrétion
spontanée de l'urine et des matières fécales. Le corps encore tiède et mou
d'une pâleur cireuse. Au bout de cinq à six heures après la mort, apparaissent
des taches rouges, sombres ou violacées.
Puis c'est la fin de la rigidité cadavérique. Le corps commence à se putréfier
et à sentir mauvais. Plus tard, le corps se déshydrate, la peau se dessèche
et devient semblable à du parchemin qui serait tendu sur les os. Les cheveux,
les poils, les ongles, qui ont continué à pousser quelque temps, finissent par
tomber. Persistent juste des touffes de poils parsemées. A l'intérieur du corps,
certains organes conservent encore leur forme anatomique avant que de se
réduire en une bouillie qui remplit, provisoirement, le crâne, le thorax, l'abdomen.
Le foie disparaît vers la troisième semaine, le cœur et l'utérus entre le
cinquième et le sixième mois. Les graisses se rassemblent en stalactites qui
pendent longs et mous, sur les bords du cercueil. Au bout d'un an environ, le
cadavre n'est plus qu'un squelette décharné auquel tiennent encore, ça et là,
quelques bribes de ligaments, de tendons, de restes de gros vaisseaux. La
désunion des os demande elle, de quatre à cinq ans.
La femme a fini son strip-tease, elle récupère sa jupe
et son chemisier et sort sans saluer, suivie du bonimenteur.
Olivia sort à leur suite.
Étienne entre sur scène, il s'assoit à une table,
seul son verre à ta main, tel un "philosophe de fin de soirée"
ÉTIENNE : (d’après Brillat-Savarin -1825)
Les femmes sont gourmandes.
Le penchant du beau sexe pour la gourmandise a quelque chose qui tient de l'instinct,
car la gourmandise est favorable à la beauté. Une suite d'observations exactes
et rigoureuses a démontré qu'un régime succulent, délicat et soigné, repousse
longtemps et bien loin les apparences extérieures de la vieillesse. Les peintres
et les sculpteurs sont bien pénétrés de cette vérité, car jamais ils ne représentent
ceux qui font abstinence sans leur donner la pâleur de la maladie, la maigreur
de la misère et les rides de la décrépitude. Enfin, la gourmandise, quand elle est
partagée, a l'influence la plus marquée sur le bonheur qu'on peut trouver dans l'union
conjugale. Deux époux gourmands ont au moins une fois par jour, une occasion de
se réunir : car, même ceux qui font lit à part (et il y en a un grand nombre) mangent
au moins à la même table. Ils ont un sujet de conversation toujours renaissant,
ils parlent non seulement de ce qu'ils mangent, mais encore de ce qu'ils ont mangé,
de ce qu'ils mangeront, de ce qu'ils ont observé chez les autres, des plats à
la mode, des inventions nouvelles, etc... Et on sait que les causeries
familières, « chit chat » en anglais, sont pleines de charmes.
Olivia entre sur scène, elle se précipite vers Étienne, ils se retrouvent, comme un "vieux" couple en fin de soirée,
un slow et ils se mettent à danser mais sans grande conviction. Arielle arrive
et danse, elle aussi, seule devant son réfrigérateur L'homme et la femme arrivent
enlacés, ils dansent eux aussi sur le slow. Nadège, qui est revenue, les
regarde, elle reste appuyée contre un mur.
LA FEMME : (d’après Marguerite Duras) (ce texte est magnifique, il m'a tous les jours bouleversée, j'adorais l'entendre sur scène par ma camarade)
(dansant)
On croit savoir la faire, elle paraît si simple, et trop souvent on la néglige, il faut qu'elle cuise entre quinze et vingt minutes et non pas deux heures -
toutes les femmes françaises font trop cuire les légumes et les soupes. Il vaut
mieux mettre les poireaux lorsque les pommes de terre bouillent : la soupe
restera verte et beaucoup plus parfumée. Deux poireaux moyens suffisent pour un
kilo de pomme de terre. On la sert soit sans rien, soit avec du beurre frais ou
de la crème fraîche. On peut aussi y ajouter des croûtons au moment de servir :
on l’appellera alors d'un autre nom, on inventera lequel : de cette façon les
enfants la mangeront plus volontiers que si on l'affuble du nom de soupe aux
poireaux pommes de terre. Il faut du temps, des années, pour retrouver la
saveur de cette soupe, imposée aux enfants sous divers prétextes (la soupe fait
grandir, rend gentil, etc.). Rien, dans la cuisine française, ne rejoint la
simplicité, la nécessité de la soupe aux poireaux. Elle a dû être inventée dans
une contrée occidentale un soir d'hiver, par une femme encore jeune de la bourgeoisie
locale qui, ce soir-là, tenait les sauces grasses en horreur - et plus encore
sans doute - mais le savait-elle ? Le corps avale cette soupe à grandes
lampées, s'en nettoie, s'en dépure, verdure première, les muscles s'en
abreuvent. Dans les maisons, son odeur se répand très vite, très fort, vulgaire
comme le manger pauvre, le travail des femmes, le coucher des bêtes, le vomi
des nouveau-nés. On peut ne vouloir rien faire et puis, faire ça, oui, cette
soupe là : entre ces deux vouloir, une marge très étroite, toujours la même :
suicide.
A la fin du slow, seul le couple de "la soupe aux poireaux" continue
de danser (sans musique), Etienne et sa femme s'assoient mais loin l'un de
l'autre. Arielle est assise par terre devant son réfrigérateur, Nadège est toujours
appuyée contre le mur.
NADÈGE :
Elle tape à petit coups contre le mur comme du morse,
elle colle son oreille contre le mur,
écoute, recommence à taper Tes là? Je
ne t'entends pas ! Rapproche-toi. n'aies pas peur Si tu colles bien ton
oreille, ça marche, (elle retape quelques
petits coups) Je reviens de la pesée et ils ont dit que j'avais grossi. Je
suis presque au poids qu'ils veulent, (temps) J'ai trouvé un truc, tu ne vas
pas aux toilettes le plus longtemps possible avant la pesée. T'auras qu'à
essayer demain, (elle colle son oreille
contre le mur] C'est toi qui a tapé, là ? Ça fait combien de temps que tu
es là ? Fais gaffe tu sais, je les ai entendu dans le couloir ils parlaient à
tes parents, ils parlaient de perfusion et de sonde. Ta mère pleurait, elle
disait que tu vas mourir temps )Fais
comme moi, mange un peu pour leur faire plaisir et après dehors, tu feras ce
que tu veux. Pourquoi tu réponds pas ? (temps) Hier j'ai vu le psy je lui ai
dit que c'était un con, ça lui a plu, t'auras qu'à lui dire la même chose,
peut-être qu'on pourra se voir Est-ce que tu as refait le même rêve que l'autre
nuit. tu sais quand tu étais descendu au cœur de la terre et qu'il y avait
toutes ces femmes et ces enfants qui pleuraient ? Pourquol tu réponds pas ?
C'est à cause des infirmières, elles font dit que j'étais méchante ? Elles
disent ça de nous toutes, (elle colle son
oreille contre le mur) Deux
coups, deux petits coups contre le mur c'est pourtant pas si dur Pourquoi tu ne
réponds pas ? (elle se précipite vers la
porte de sa chambre et hurle) Pourquoi elle ne répond pas, laissez-moi sortir
je veux savoir pourquoi elle ne répond pas. Apportez-moi tout ce que vous
voulez, je le mangerai. Je prendrais tout ce que vous voudrez, même des pilules
qui font grossir si vous le voulez. Mais laissez-moi sortir Je vous en prie
laissez-moi sortir d'icl.
ARIELLE:
lIs appellent régulièrement,
ils ont peur on dirait. Peur de quoi ? De moi ou d'eux même (comme si elle était au boulot). Eh ! Vous
avez vu le slogan! Génial non Y'a plus qu'à maquetter la vidéo pour starter
tout ça et roule Raoul. Ils vont s'inquiéter c'est sûr, je vais les appeler tout
à l'heure, je dirai je pars en vacances, je vous rappelle quand je reviens, je
ne leur laisserai pas le temps de protester, je raccrocherai et je mangerai...
Comment ça voler ?! Vous avez de ces mots ! Votre quoi ? Vidéo ! Vous osez appeler
ça une vidéo ! Regardez-moi ces images ! Ignobles ! Appelez-mol le chef Op du
magasin ! (elle crie) Je veux voir le
responsable du magasin ! Immédiatement ! Vous pensez à quelle couleur ?
Précisez la couleur ! Et là vous pensez à quoi, un souvenir vite, un mot, une
idée, vite. Qu'ils en bouffent tous. Qu'ils en rêvent tous. Mais où est passé
le budget Bertholdi ! Voyons, dans le frigo ou dans le bac à sable du square ?
Un budget pareil, (elle jette tout ce qu'il
y a dans son frigo (bouffe et emballages) pour chercher le budget, s'écroule
par terre, allongée sur les détritus) Laissez-moi encore deux ou trois
jours, après on verra. Mais je vous préviens, il faudra tout faire. [Le premier
qui retrouve le budget Bertholdi je lui offre un carambar Non deux. Non trois.
Non un paquet, un paquet entier Non un mais un gros. Je vous préviens, il
faudra tout faire.] (ce dernier passage
du Carambar ne fut pas gardé, je n’ai pas eu besoin de demander confirmation à
Philippe Person)
OLIVIA:Elle se pèse, note sur une calculette son poids, regarde les boites de médicaments, lit la notice explicative, reprend sa calculette
Alors 80 que divise 250 mg ça fait ? (elle regarde sur sa calculette)
(Elle sort les cachets un par un et les pèse tandis qu'elle parle). C'était au tout début de notre rencontre, peut-être la deux ou troisième fois que je le voyais. J'avais tout préparé, tout étudié, la jupe, le manteau, la coiffure et même le chapeau. Un superbe borsalino noir avec la raie au milieu, (elle rit). Je ne peux pas penser à cette histoire sans éclater de rire, (elle se reprend). On avait rendez-vous au Pont Neuf. Tout allait bien. Je ne m'étais pas trompée de côté du pont et il m'avait reconnue. J'ai toujours eu peur qu'on ne me reconnaisse pas. On est parti. Mais tout d'un coup il s'est mis à pleuvoir mais pleuvoir comme pas possible. Les autres s'abritaient sous les porches ou les abris bus, lui continuait, alors moi je le suivais. C'est ça, je le suivais côte à côte. J'étais gelée, transie, dégoulinante mais qu'est-ce que j'étais heureuse ! Un moment quand même, il m'a proposé d'aller prendre un café. J'ai accepté (elle rit au souvenir de ce qui va suivre) On est allé au comptoir, dans la glace je me suis vue. J'avais sauvegardé le maquillage grâce au chapeau. J'étais contente d'avoir mis ce chapeau, il m'a regardé en souriant. J'ai commandé un café. Je crois qu'il était en train de m’expliquer des trucs sur les parapluies, quand, (elle éclate à nouveau de rire) en me baissant pour boire, plouf, une douche qui dégringole sur le comptoir dans mon café et dans sa bière, (elle rit) Je regarde à nouveau le comptoir et, plouf, encore une douche, (elle éclate de rire) C'était mon chapeau. La raie au milieu, qui avait fait réservoir ! Et à chaque fois que je baissais la tête, plouf ! le comptoir, sa bière et mon café arrosés, (elle rit) (temps) S'il avait osé rire ce jour là, plutôt que de me regarder gêné...(elle recommence à rire) Je baisse la tête et plouf ! partout sur le comptoir (elle avale tous les cachets).
FIN
p 25 à 27
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