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mardi 6 février 2018

Les lettres d’amour sont ridicules Maria de Medeiros dit ce poème de Pessoa en 3 langues

https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=537842963281646&id=100011678408118
« Un poème de Fernando Pessoa. 
Une comédienne exceptionnelle pour l’interpréter.
Un moment très rare.
Il y a quelques mois j’ai proposé à Maria de Medeiros, pour ARTE, une expérience poétique et une performance d’acteur un peu particulières : dire un poème de Fernando Pessoa dans les trois langues que maitrise parfaitement la comédienne, le portugais (la langue originale du poème), le français et l’allemand. Nous avons choisi « Toutes les lettres d’amour sont ridicules », un beau poème de Fernando Pessoa. 
Il ne s’agit pas ici d’une simple traduction où se succèderaient  passivement les trois langues. C’est plus compliqué et donc plus mystérieux.
Le poème est dit en portugais et traduit simultanément en français et en allemand par Maria de Medeiros.
Trois langues se croisent, s’entrecroisent, continuellement. Un tressage linguistique poétique merveilleusement exécuté par l’indispensable Maria de Medeiros.
Un moment rare vous dis-je !
Traduction française : 
Pierre Léglise-Costa.
Traduction allemande : 
Inés Koebel »
Paul Oazan 

jeudi 4 février 2016

Blink book cahier de dessin à colorier et à animer : 2 contes d'Andersen / Le Rossignol et l'empereur - Le Vilain petit canard

C'est étrange comme cet exercice m'a plu, animer des dessins coloriés sur des contes, parce que ce sont mes contes préférés, parce que l'un m'était inconnu et l'autre un de ceux que je connaissais le mieux et aussi parce qu'un petit garçon de 5 ans, n'a retenu qu'un épisode, qu'il s'est repassé plusieurs fois : la naissance du Vilain petit canard.

Je me suis dit c'est un conte pour la Résilience à perpétuité. Dans un conte comme dans un poème tout est mis en place. C'est un temps irréel mais pas virtuel, tout vous parle, vous contient et vous engage à voyager à rencontrer sans méfiance mais avec intelligence et cœur, dans la solitude de chacun, enfant adulte ou vieillard.
L'illustration sonore est bien. Certes il faut une tablette numérique et acheter le livre à colorier, et installer l'application gratuite Blink book, pour photographier et cadrer chaque dessin, le cadrage est le plus délicat.
Le rossignol et l'Empereur a comme harmonisé les couleurs de ma vie, je me suis vue Rossignol et Chambellan. L'Empereur je l'ai distribué, je ne vous dirais pas à qui.
Le Vilain petit canard, je ne connaissais pas l'épisode de la Poule et du Minet, rôles aussi que j'ai distribués aux parents, aux adultes en général, les cygnes aux artistes que j'ai admirés.
Et comment se fait-il, que j'ai essayé de lire le texte intégral comme si je n'avais jamais été comédienne ?  Mon chat est resté tout le temps des enregistrements sur la table comme fasciné en douceur et cela est un signe, comme je dis sans vouloir vous influencer à les regarder, ou à vous procurer les livres pour vos enfants.
C'est important quelquefois d'implanter tout un jardin les manches relevées et sans flaflas pour qu'un enfant n'y voie qu'une seule fleur ou n'entende qu'un seul oiseau.
https://itunes.apple.com/fr/developer/blink-book/id1033548604

lundi 30 novembre 2015

COP21/ CINÉMA : LES COWBOYS INTERSTELLAR/CONCERT : JÉRÉMIE DROULERS au BAROMAÎTRES/les 2 dernières videos de Bengui

Je ne vais pas vous parler de l'avenir j'en vois pas dans l'immédiat, mais c'est indispensable de reconquérir(ce n'est pas le bon mot) la planète avec lenteur écoute dignité avec responsabilité... Je ne crois pas à la solution miracle et je sais que notre civilisation occidentale est très égoïste. Ma petite nièce de 13 ans me demandait si à son âge je me projetais à 20 ans, je ne me rappelle plus bien, je crois que j'avais peur de la guerre froide...et de la guerre nucléaire, j'avais 13 ans en 1967, j'avais redoublé ma 6 ème et je sentais déjà que je ratais tous mes contrôles devoirs sur table réponses aux questions.... et que j'allais lentement

Pour voir les dernières videos de Bengui avec moi, dans le rôle de sa mère, je vous conseille d'aller sur son site FB : la vraie vie de Bengui, les deux dernières sont publicitaires, l'une sur un jeu de Best Of Music 28k de vues et l'autre sur les timbres à son effigie 84k de vues, avec un clip de rap... j'aime faire cela avec lui c'est une équipe réduite et nous sommes en quasi liberté... Et lorsqu'un ado m'accoste et me demande si je suis la mère de Bengui je souris comme une pause à la réalité ; remarque bien il serait temps qu'il trouve un producteur...

Je suis allée au cinéma voir les Cowboys et j'ai vu sur Canal + Interstellar (critique avec une interprétation dans Télé-Loisirs pour la fin) 
le 1er les Cowboys (excellente critique sur Écran large)est pour moi un film de colosse avec tellement de coups de théâtre et d'intelligence de cœur dans les petits détails dans l'écoute les images les silences les images incroyablement belles que je le mets dans la même case de ma mémoire : "inoubliable" avec Incendies...

Par contre Interstellar à part m'avoir fait pleurer à sanglots inconsolables comme malgré moi (le chat sur les genoux ne savait pas comment faire, et Pascal à me le commenter : regarde Dora elle ne t'a jamais entendue pleurer, m'a fait rire ) sanglots inconsolables à cause de la mort encore récente de mon père. Malgré les super acteurs, Matthew McConaughey faute de super-héros, ce film est ridicule dans le genre ... La relativité du temps dans l'espace, les trous noirs, tout y est laid, même le robot quoiqu'à la fin, on s'y fait un peu mieux : un super IPad qui vous prendrait dans ses bras pour vous sauver d'un tsunami.... Eh oui ! À propos d'acteurs Matt Damon n'est pas très bon dans les méchants....

JÉRÉMIE DROULERS en récital/concert au BAROMAÎTRES LE 27/11/2015
https://www.facebook.com/Baromaitres/?fref=photo 

Je pourrais vous raconter les chansons de Jérémie Droulers, celle de sa Mamy Blue Alice, celle de la Mer monte, celle de saoul et seul dans un sous sol, celle des rouages du temps, oui car c'est un auteur de cristal et un compositeur exigeant et en même temps ça à l'air simple et possible pour tous de faire de la musique avec lui. C'est un plaisir... sa sœur s'y est mise à la basse depuis 9 mois et elle est tellement à l'aise qu'en musique on se dit il n'y a pas de désaccord possible, qu'ils s'écoutent, jouent la même partition. Et la protectrice productrice tenancière du bar Anna est aussi généreuse. Sa bière à 4 et tout comme le vin de pays qui ne fait pas mal à la tête ; alors on boit on rit on parle on pique des frites on regarde les photos des enfants d'un spectateur avec qui on se sent lié après le récital on sort de là à regrets on se dit que c'est  toujours cela le Paradis : la vie la nuit à Paris... plus que jamais. Il y a eu un hommage aux blessés et aux morts du 13 nov 2015 on a tous chanté Imagine et si vous voulez voir la video elle est sur mon FB ou celui du Baromaîtres , c'est ça une athée communion...

en trio


les spectateurs

Jérémie Droulers et sa sœur Flavie à la basse
nous deux


















mardi 2 décembre 2014

"Ça s'est fait comme ça" Gérard Depardieu avec le concours de Lionel Duroy/Théâtre du Rond Point pour les abonnés de Télérama : Rencontre avec Gérard Depardieu orchestrée par Fabienne Pascaud

Théâtre du Rond Point pour les abonnés de Télérama : Rencontre avec Gérard Depardieu orchestrée par Fabienne Pascaud
SUR FB
Un énorme enfant, un clown sorcier, un astre devenu Jupiter, Neptune alors que nous sommes toujours sur Terre ? il nous souffle les mots de notre dimension cachée... il fait rire, provoque, attaque et récite du Rimbaud. Faire l'acteur il n'a jamais su et puis c'était hier...il a vécu c'est tout. Le roi de tous les silences demande à Fabienne Pascaud d'aller faire pipi. Elle lui dit après ! mais on ne m'a jamais fait ça quand je donnais une interview , il lui répond, c'est parce que tu n'as jamais eu affaire à un homme en se dressant debout tout près d'elle, c'est l'hilarité générale, Fabienne Pascaud rit aussi comme une enfant. Autorisation accordée, après bien 10mn, il se rassoit, souriant. La salle était presque comble, c'était hier au Théâtre du Rond-Point, pour les abonnés de Télérama. Il m'a à peine surpris, il m'est comme familier et surtout d'aucune famille, peut-être deviendra t-il "un vieux con", mais "nouveau", pour lui et pour nous ! Il est hors jugements. Bien-sûr le livre de Lionel Duroy car il est beau, ce livre il rayonne longtemps encore dans notre vie après l'avoir terminé. Ne croyez pas à ceux qui le trainent dans la boue, l'insultent, il n'est la pute de personne, il n'a jamais eu peur de personne même pas de lui-même. Ils ne nous a pas dit pourquoi les acteurs boivent... il a digressé dans une anecdote avec François Perier quand il jouait le Tartuffe.
 Il dit qu'il aime la Russie parce que c'est un pays où il n'y a rien pour arrêter le Vent... Il parle de sa passion pour la Russie et des Frères Karamazov. Il y avait Micheline Pialat dans l'assemblée, et un ami qui était à ses côtés disait que Micheline Pialat avait eu.avec Gérad Depardieu ses plus beaux échanges sur la Russie et Dostoievski. Poutine pour lui c'est un humain avec comment dit-on du charisme, il n'aime pas cette expression. Ce n'est pas un dictateur c'est un homme qui aurait pu devenir un voyou comme lui. Et Staline n'était pas pire que Lénine etc... Il dit Gérard Depardieu qu'il est libre d'aller où il veut et qu'il a assez versé d'argent à l'État français qu'il n'aime pas l'argent car c'est comme la merde quand on fouille un peu il n'en reste que des cailloux. Un lecteur spectateur a bcp parlé du livre de Gérard Depardieu : Lettres volées qu'il a écrit lui après la mort de Dewaere, des gens, comme c'était trop long (pour eux) ont voulu l'interrompre, et là il a dit mais laissez le parler...Il est venu nous parler. Et pour rien au monde j'aurais été quelque part ailleurs.

ÉCRIT SUR UN BOUT DE PAPIER SUR LE MOMENT hier lors de la rencontre, ou plutôt avant pour patienter
Depardieu 01/12
19h15  toujours personne, la grande salle est quasiment pleine ; sur la grande scène 2 grandes chaises rouge velours du restau avec un cube blanc pardon deux , un pour la carafe d'eau, une publicité Télérama, le tout non pas au centre mais côté Cour. Musique de fond pop rock de supérette. 7 € la place et seulement pour les abonnés de Télérama. Depardieu dit qu'il s'en fout qu'on l'aime mais ilne se fout pas d'être accessible. : moitié prix d'une place de cinéma.Et cela donne l'occasion de voir les illuminations des Champs 2Lysées : L'avenue Montaigne est magnifique, j'entends derrière moi, toute dorée comme les cheveux teints de la plupart des spectatrices retraitées. Quelques jeunes amenées par leur parents. 10% de jeunes et 30 % d'hommes. Eh oui Gérad Depardieu "bande de cinglés" attire encore essentiellement des femmes dont une très bell à coté de moi qui a amené sa fille de 18/20 ans et qui prendra plusieurs photos... Il se fait attendre comme les rocks stars1/2 h déjà maintenant mais la salle est quasiment comble.
Les jeunes ouvreuses sortent en se marrant ; qu'est-ce que cela signifie, un retard... Personne n'a manifesté son impatience  jusque là. Les smartphones empêchent d'y penser, les gens s'occupent. Certaines personnes se déplacent ayant repéré des places libres plus devant.
19h45 quelques applaudissements impatients, le plateau s'allume  Jean-Michel Ribes paraît.
"vous êtes plus intéressants que tout ce que vous pouvez attendre des autres " sa phrase à notre intension à tous et à chacun.Comment trouver le moyen d'être intéressant ? la peur,
l'église, la religion, l'idée dans la politique ?
Je suis profondément spirituel. J'aime croire que ce qu'il y a de meilleur en nous c'est peut-être Dieu.
Bien tard, je l'ai aimé.
Le temps, le présent, c'est l'éternité.
C'est pas facile d'être vivant et seul.Il y a des gens, des ordures partout, c'est parce qu'ils n'ont pas confiance.
Rassurer son émotion avec un mot juste.
J'ai commencé à parler avec les mots des autres.

 À SE REDIRE tout le temps
UN ACTEUR EST MAGIQUE QUAND IL RENCONTRE UN TEXTE QU'IL A VÉCU.

Le présent est tragique. Ce qu'on nous a appris, n'a rien à voir avec ce qu'on vit.
Plaire comme tu es, pas plaire comme une pute.
Une bite qui bande n'a pas de conscience politique..Chez les vivants il y a de l'émerveillement...
Comment essayer d'être libre dans les familles ?
L'art c'est pareil, je ne suis pas un collectionneur.
GD se met en colère quand FP lui demande de dire ce qu'il aime dans l'art.
Je serais un vieux con toujours nouveau.
Quand on gratte la merde onsent les cailloux. ses mains montrent très exactement le geste et la sensation. j'ai jamais voulu être acteur, j'ai voulu vivre, parler.
Les metteurs en scène on en a rien à foutre.
Toutes ces questions.
La peur,...
Lettres volées,
Celui qui se contente de ce qu'il est ne m'intéresse pas.
La Russie, c'est la spiritualité. Il n'y a pas de montagnes pour arrêter le vent de la folie.
Pénibles et vivants, les monstres....


ÇA S'EST FAIT COMME ÇA
SUR FB
 "Joue le jeu. Menace encore le travail encore plus. Ne sois pas le personnage principal. Cherche la confrontation. Mais n'aie pas d'intention. Évite les arrières pensées. Ne tais rien. Sois doux et fort. Sois malin, interviens et méprise la victoire.N'observe pas, n'examine pas, mais reste prêt pour les signes, vigilant. Sois ébranlable. Montre tes yeux, entraîne les autres dans ce qui est profond, prends soin de l'espace et considère chacun dans son image. Ne décide qu'enthousiasmé. Échoue avec tranquillité. Surtout aie du temps et fais des détours. Laisse-toi distraire. Mets-toi pour ainsi dire en congé. Ne néglige la voix d'aucun arbre, d'aucune eau. Entre où tu as envie et accorde-toi le soleil. Oublie ta famille, donne des forces aux inconnus, penche-toi sur les détails, pars où n'y a personne, fous-toi du drame du destin, dédaigne le malheur. apaise le conflit de ton rire. Mets-toi dans tes couleurs, sois dans ton droit et que le brut des feuilles devienne doux. Passe par les villages je te suis." Peter Handke en conclusion de son livre pour vous.

RECOPIÉ À LA MAIN
au début j'ai noté après j'ai recopié tous les mots pour ne rien oublier...
Tous les soirs à Polytech chez Dédé sur la Montagne Ste Geneviève
(...) 
La première impro de Gérard : "rire de bon cœur" et tout le cours Jean-Laurent Cochet a suivi.
Chez les Brossard(les riches du côté de Châteauroux).
"Ce qui me touche, c'est la façon dont les gens m'adoptent.
Chez eux donc on prend les repas en famille, on ne 's'aboie pas à la figure comme chez nous mais on se parle, on s'écoute avec bienveillance et après le diner chaque enfant peut rejoindre sa chambre ou rester bavarder au salon.
Ils n'ont jamais un mot pour me juger, mais jamais ils n'oublient de me répéter au moment de se dire au revoir: "Reviens quand tu veux, Gérard tu seras toujours le bienvenu".
(...) 
"Deviens ce que tu es... quand tu l'auras appris." F. Nietzsche
(...) 
La Mer, le ventre bleu de la mer.
la 1ère fois...
C'est donc ça,  je me suis dit, c'est donc ça. Pourquoi j'ai pensé qu'on venait de là. La confusion des noms sans doute puisqu'on l'appelait la mère, pour moi qui avait accouché la Lillette... (sa propre mère).
 Je ne sais pas combien de temps j'ai cru cela, cette merveille, que nous étions tous né de la mer, mais je l'ai cru.
(...)
 Ce qui me sidère avec le recul c'est à quel point Cochet croit en moi dès notre 1ère rencontre.
Une sorte de confusion.
 (...)
Sourire sans arrêt sur les conseils de mon père. Fais comme si tu comprenais. Tu écoutes bien et tu souris. c'est le seul moyen qu'on te foute la paix. Il voulait dire que nous étions des voyageurs sans bagages, nous les incultes, les pauvres et que la seule solution pour ne pas se faire remarquer et vivre pénard, c'était de faire comme les riches, de les imiter, d'afficher à leur façon un bon sourire confiant.
 À SE REDIRE tout le temps
FAIRE LA PAGE BLANCHE EN SOI AVANT D'ABORDER UN PERSONNAGE

Selon JL Cochet :
"Les parents s'en sont toujours plaints : il n'est que pour lui, et il ne veut rien savoir de personne. Il est plein de compassion, et pourtant à la longue, il ne peut souffrir les faibles." 
 (...)
Il n'y a rien d'intellectuel chez Handke et Duras non plus. Les silences de Duras je les entends ils sont pour moi, je les attends pour respirer ; les vides de Duras me parlent mieux que des mots. Les intellectuels, je ne les comprends pas. Mais mon cœur bat mystérieusement à l'unisson de Duras et Handke.
Handke, c'est difficile à lire, c'est même très chiant à lire, mais quand tu le joues, d'un seul coup la salle est en apnée, tétanisée, c'est une émotion incroyable c'est ça le théâtre... Ça ne se lit pas, ça se dit.

Tiens écoute bien ma voix sur les mots de Handke dans les gens déraisonnables sont en voie de disparition. Dans un moment je vais me mettre à parler, mais ce moment là c'est le public qui me le donne. Je suis seul dans la lumière. Qu’est-ce qu'il peut attendre de plus le public, que de savoir ce que je vais dire ?
Il vient de s'installer, il faut lui laisser le temps, ne pas exister trop vite. Lui laisser le temps de se débarrasser de la ville, de la fatigue, du métro, des bonjour-bonsoir. Et aussi de la question de savoir ce qu'il fout là. Il a acheté son billet. Ah mais Peter Handke, c'est qui déjà celui-ci ? Il a le programme, il y jette un coup d’œil, il se penche à l'oreille de sa voisine. Toi tu es toujours dans la lumière, silencieux et seul. Le public commence sérieusement à se demander ce que tu vas dire, et maintenant il essaie de détecter chez toi la peur, et tout en te scrutant il pense : "Est-ce qu'il n'a pas encore grossi depuis la dernière fois... " Alors l'autre comédien entre, mon valet dans la pièce Hans avec son gilet de guêpe jaune et noir et son plateau.Lui non plus ne sait pas quand je vais parler. Il est chargé de son texte, il n'a qu'une envie, c'est de se libérer. Mais moi je m'asseois tranquillementdans le fauteuil et luiil est là avec sa serviette et sa bouteille de Perrier. Il me regarde, il attend, raide comme un bâton. J'entends son souffle de peur, sa hâte d'exister. Mais pourquoi exister si vite ? Tiens je me dis, je vais le faire chier. Je vais prendre encore un peu de temps. Maintenant, la salle est figée dans l'attente, tu entendrais une mouche voler.
Alors je sens venir la première phrase en moi, elle remonte lentement du fond de mon âm. Je vais la dir. Le moment de la dire est enfin venu.
- Je suis triste aujourd'hui.
- Oui et alors ? intervient Hans
- J'ai vu ma femme en peignoir, ses ongles de pied vernis et je me suis tout à coup senti seul. C'était une solitude si palpable que je peux en parler tout naturellement. Elle me soulagea, je m'émiettai me fondis en elle. La solitude était objective, une caractéristique du monde, non une de mes particularités à moi. Tout se tenait détourné de moi, en une douce harmonie. En chiant, j'entendais mes propres bruits comme ceux d'un inconnu dans une cabine à côté. Lorsque je pris le tramway pour aller au bureau  (...) la triste courbe que le tramway décrivit, un vaste arc de cercle, me blessa au coeur comme un rêve de nostalgie."
"N'oubliez-pas que c'est la dernière fois que vous prononcez ces mots, car après ça vous mourrez", nous dit Claude Régy à chaque répétition.
 À SE REDIRE tout le temps
OUI APRÈS ÇA, NOUS MOURRONS JE SUIS D'ACCORD, CHAQUE SOIR OUS DEVONS MOURIR SUR LA SCÈNE, APRÈS LE DERNIER MOT PRONONCÉ.
 (...)
C'est difficile pour ceux qui m'aiment, je les aime aussi mais je ne sais pas leur dire. Et après je prends sur moi tous les chagrins. Mais qu'est-ce que tu veux faire  ? Je suis comme ça . Tu ne peux pas changer les rayures du zèbre.
 (...) 
 À SE REDIRE tout le temps
Dans le jeu, il faut avoir une sortie de secours encore une fois. Il ne faut pas être au front sans arrêt...

comme l'était Guillaume. Au front tu te brûles. Il faut parvenir à demeurer spectateur de soi-même. Ce n'est pas la peine de pleurer sur un plateau, ce sont les spectateurs qui doivent pleurer. Toi tu transmets seulement l'émotion, c'est un temps différent. Guillaume n'avait pas cette distance, il était au front, sans cesse au front. Je n'ai pas su l'avertir du danger.

 À SE REDIRE tout le temps

Pialat, Guillaume, tous ce gens qui sont partis, ils sont avec moi dans mon quotidien. Comme à 8 ans ce que je ne connaissais pas encore, mes désirs, faisaient déjà partie de mon quotidien. 

Moi, il se trouve que je n'ai ni pleuré à la mort de ma mère, ni à la mort de mon père, ni à celle de Jean (Carmet), ni à celle de Barbara, ni à celle de Truffaut, tous ces gens que j'ai aimés. mais j'ai pleuré à la mort de mon chat. J'étais étonné, je me suis dit que j'étais insensible. Mais non c'est que pour moi, ils ne sont pas morts. Mon chat est mort parce qu'il ne m'a jamais parlé. Il me donnait des choses à comprendre, à entendre,  et je sais que quand il était sur moi il me dé-sangoissait, il m'enlevait mon stress. Mais il ne m'a jamais parlé, tandis que les êtres humains ceux qui m'ont accompagnés dans les rires, dans les problèmes, dans les gueulantes ou encore dans les amours, ceux-là ne sont pas morts, ils sont là sans arrêt autour de moi et nous nous parlons.
Quand je le dis les gens me répondent : "Ah oui, tu as raison", mais à aucun moment, ils ne ressentent ce dont je leur parle. Je vois ça quand ils se penchent sur une tombe, ou qu'ils sont dans une prière, ou qu'ils tiennent un objet ayant appartenu à l'homme ou à la femme qu'ils ont perdu -rien que de la façon dont ils entrent en eux-mêmes est fausse. Ça m'est égal, je ne suis pas là pour juger le vrai du faux. Je veux seulement essayer d'expliquer comment je sens les choses, comment je porte en moi ceux qu'on prétend disparus.
Et je me fous de ce que les gens disent de moi : "Oui mais lui c'est un fou, c'est un con, c'est un maniaque et en plus il est gros, il pue..."
Je les laisse dire, je sais qu'ils se trompent sur tout et qu'on st dans un monde où tout est faux.
(...)
Le passé, c'est ce qui te fait te sentir "lourd, pesant ecchymosé de toi-même.
(...)
Je me dis que ç'a été ma chance de ne recevoir aucune éducation, d'avoir été laissé libre et en jachère durant toute mon enfance, car ainsi je dispose d'une écoute universelle, je suis curieux de tout et tout m'élève, tout me semble beau, miraculeux même, car personne n'a jamais encombré mon esprit du moindre préjugé.

 

mes questions que je n'ai pas osé poser ou qui ne me sont pas venues sur le moment : 
-Puisque tout est faux je vous avertis que votre ventre lui il est faux pour de vrai.... à "l'insu de votre plein gré". Par contre votre sourire il est parmi les seuls véritables, car il sait quand il ment...
-Vous savez très bien qu'il y a de bons journalistes puisque vous leur confiez d'écrire sur vous.
-Les lettres volées je les ai lues dans les chiottes de la nièce de Roger Leehnhardt : Jacqueline.... elle + vous, ça m'a réconcilié à moi-même pour de bon.
-Quand on est gros c'est pour compenser  l'amour qu'on a pas reçu petit.
Je connais un homme qui m'a dit que les hommes buvaient car ils n'arrivaient pas à pleurer...l'ami de Jacqueline Christian Leclère avec qui elle allait chez Dédé sur la Montagne Ste Geneviève
Et moi qui ai repris tous les kilos que j'avais perdus, je dis que c'est pour résister aux trop grands chauds et froids. Pour tenter enfin un peu d'hiberner.
Je vous aime car vous avez fait aimer le théâtre par le cinéma notamment  dans Cyrano où à la fin vous êtes un incommensurable transmetteur.... surtout à la fin vous avez réussi à émouvoir ma maman, qui déteste en bloc de + en + le théâtre, le cinéma, la télévision, les livres, seule la  grande musique la touche encore et la politique elle, l'amuse....
...pourquoi tant de haine contre la culture ? à cause du mépris des bourgeois certes, mais il y a eu pire ! comme époque et comme mépris, à cause de la facilité et la multiplication des écrans, des jeux, des divertissements sans effort,  à cause de la crise, à cause du professionnalisme et de l'argent dans le sport... à cause des rivalités, des chapelles, des familles, des bizutages de la pipolisation, de la mondialisation, du nivellement par le bas, quel est votre avis Monsieur Gérard Depardieu, vous qui en faites les frais... ce qui est un comble étant donné les origines dont vous êtes issu et que vous revendiquez ?!
Trop de questions refroidissent la même terre où nous marchons à moins que le vent qui nous transperce nous ait tous refroidis à jamais au profit de l'intelligence artificielle... Et vous êtes comme l'étendard de nos défis à relever....




vendredi 21 novembre 2014

Pour ceux qui ont connu mon papa que certains appelaient le Père Noël parce qu'il était marchand de jouets /Vitrines des Grands magasins Noël 2014/ Cinéma : Magic in the Moonlight /Musique : Hubert Thiéfaine : La stratégie de l'Inespoir/ puis après Noël, 2 mois après la mort de mon père "Noël"...

Pour ceux qui ont connu mon papa que certains appelaient le Père Noël parce qu'il était marchand de jouets ....à Aulnay sous Bois,
Papa m'emmène à la fête, il a 30 ans et moi 4-5-6 ans


Papa m'emmène au bois pour jouer au ballon
Papa nous emmène à Chantilly j'ai les jumelles pour voir les chevaux


Papa avec ces dames et les 2 chiennes chez ma Grand-Mère au centre à côté sa sœur.
Papa Merlin mon chien le plus bête selon Maman

Papa Pilou mon chien le plus fou, selon tous, son amoureuse Princesse chienne du village et Minette

Papa chez moi au 1er sur rue

il est décédé le 30/10/2014 à Belvès à l'hôpital des suites d'une longue maladie
et de lui je n'ai plus que mes souvenirs et ceux de ma maman voilà !
c'est triste, et ça cogne quand même;
le trou noir ou l'infini.
Je ne suis pas croyante, lui ne l'était pas non plus et notre force c'est de nous imaginer nulle part ailleurs, qu'en les proches qui nous ont aimé, une fois qu'on est morts.

Aimés, on s'est aimés et donc on s'est engueulés, comment dit-on quand on est enfants : Papa m'a disputée, très fort.
Et aussi comme lui avait dit mon grand-père, vous ne taperez pas Nathalie chez moi,
d'accord Pépé Émile, mais alors en dehors... de chez toi, ça fait beaucoup de fois...
À CETTE ÉPOQUE, on nous mettait la fessée, on avait la main leste
et même si c'était pas tout le temps, voir même pas souvent, c'était avant tout un échec, du dialogue et de l'éducation.
Et pour cela je le redis ici mon père avant tout,  m'a donné le goût du jeu, des livres, des histoires,  du ciné etc.... de se faire et se défaire petit à petit, mais aussi de se refaire en digne autodidacte, ce qu'il était, et conteur porteur de poésies et légendes.
Il savait communiquer l'envie d'être heureux et de la partager cette envie, même si cela, ne durait que quelques jours : les fêtes ; il faut s'y préparer, installer les décors et puis ensuite ranger les lumières, les jouets restants, les rigolos comme les autres, les moches, les "rossignols" ceux qui mettent des années avant d'être choisis,  comme un ours vert que mon père avait commandé, puis danser à peine, à de très rares occasions, nous avons valsé tous les deux, car ma Mère n'aimait pas cela,  pour faire 3 petits tours jusqu'à la prochaine saison.... oui un peu comme au théâtre, y a de tout dans un magasin de jouets... Et tout dans le même sac...





ces champignons ont fait comme une couronne, un cercle parfait dans la nuit, qui sait pour marquer la zone d'atterrissage d'une petite soucoupe, certes, mais volante et venant d'un autre monde !



le mur d'enceinte... construit par mon père, inachevé.









Nous n'étions pas,  nous ne sommes pas des idéalistes, car ni lui ni moi avons eu une vie idéale mais bon je suis encore en vie...
et nous avons effleuré senti nos rêves se réaliser.

Mon témoignage lu au Funérarium, pour ceux qui n'étaient pas là, à la cérémonie pour son incinération, il est parti en fumées et en cendres dans son beau costume noir avec sa plus belle cravate et une chemise beige, sans chaussures sur le bout de ses pieds fragile et sans bruit.
Pardon(s) réciproques à mon papa,  à mon père.

"Juste quelques mots, mon père était discret, mais il ne va plus vivre que par nous et dans nos souvenirs.Mon père était conteur et chercheur d'extra-terrestres, il aimait regarder dans le ciel ; le jour les avions, la nuit, il guettait les étoiles, mais aussi les soucoupes volantes.
Mon père avait du courage, c'était un bâtisseur, il voulait reconstruire, même si souvent il n'a fait que réparer.
Sa maison en Dordogne, sa propriété dans la région des rêves de celle qui l'a toujours inspirée : ma maman. Pas loin du pays de ses ancêtres disait-il ,on est jamais certain de la géographie quand on est trop enthousiaste.
Il a été employé dans une grande ferme, représentant d'un grossiste en jouets, c'est comme cela qu'il a rencontré ma maman et il s'est bien battu là aussi pour vivre le plus longtemps possible " surtout ces deux dernières années avec elle".
Je crois, je sais qu'on est jamais sûr quand on est enfant unique, de devenir quelqu'un, mais on essaie toujours de faire quelque chose de sa vie.
Mon papa s'est éteint juste avant Noël et pour un marchand de jouets, c'est bien parce qu'il n'en pouvait plus parce que sinon, il aurait encore accroché des guirlandes dans la devanture du magasin pour faire briller tous les yeux comme les siens quand il était ému. "
ÉCOUTEZ C'EST  L'ORDRE D'UNE PETITE FILLE SUR LE FIL,  À FLEUR DE PEAU, EN DEVENIR UNE VIEILLE DAME, LE DERNIER DISQUE DE HUBERT THIÉFAINE : STRATÉGIE DE L'INESPOIR... avec les sanglots froids de l’inhumanité.


Vitrines des Grands magasins Noël 2014
Aux Galeries Lafayette diables roses et démons pelucheux se disputent les paquets, sur l'Autre scène comme dans la Vraie vie nous sommes tous des Gremlins ou des Djinns. Ma mère dirait, elle qui alignait les poupées les plus belles dans sa devanture côté filles, pendant que mon père s'occupait du côté garçons avec les boîtes de trains et les circuits de voitures, comme c'est laid, mais elle ne vient plus depuis plus de 10 ans à Paris.






 Le Printemps vise le long terme et englobe adultes et enfants.
Au Printemps, il y a plus de Mode Luxe en vitrine mais classique et  donc comme avatar, non pas un sans formes, mais une sorte de petit prince anglais avec son ours et son parapluie. Ma mère a toujours dit, au Printemps c'est plus chic et ils sont plus gentils les vendeurs. Ce que j'ai aimé c'est qu'on s'y trouve comme au dessus de la vie, sur les toits de Paris ou vivant la tête en bas, notre sol dans cette autre dimension ne serait que le tapis des nuages et j'ai pensé bêtement que mon père y était peut-être à l'envers de notre réalité... en costume sombre cravate rose et chaussures anglaises jaunes avec mon imperméable qu'il aurait pris pour le sien et donc il y serait dans ce Paradis sans portefeuille ni papiers,
et je ne suis pas sure même là-bas que ce soit  bien prudent. La mort le seul départ pour lequel nous n'avons pas à faire de bagages, comme quoi la mort est en cela, notre servante. J'espère que pour mon père, elle était en dentelles tulles noirs, en déshabillé comme sur la dernière photo, assise sur le toit de sa maison.
Dans le dernier film de Woody Allen que je n'ai pas bien apprécié car j'y étais déjà comme très fatiguée,  dans Magic in the Moonlight,  il dit que nous sommes tous condamnés à mort alors que pour la plupart nous n'avons donné la mort à personne. Le personnage comme le cinéaste y relèvent dans cette fatalité, comme une des pires injustices. Il dit aussi « Le poisson rouge ignore qui change l'eau de son bocal. » Télérama











Dame longue et fine -comme je ne serais jamais plus- en robe de tulle noir

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  2 mois après, même pas, si jour pour jour, Noël est passé ...
et je suis allée avec mon compagnon dans cette Dordogne cercueil, à la lumière dorée, passer Noël auprès de ma Maman qui ne va pas très fort, en raison allons dire vite fait, d'un chaud et froid.
Je vous ai rapporté, comment faire sans écrire, photographier, filmer, partager ? la suite, car c'est encore un mouvement sans fin.... que l'après vie de mon papa : 2 vidéos, les autres textes qui ont été lus par des amis à la cérémonie, et les ronrons de Grisette, le chat de la fin de sa vie, même si elle ne venait plus sur ses genoux, même si elle ne se couchait plus dans la prairie, pas loin de lui, quand il ramassait les pierres, les feuilles, les pommes selon la saison, il a même trouvé quelques truffes, il était fort mon père, même s'il faisait toujours passer ma mère comme la meilleure... c'est peut-être cela l'amour.



Texte lu par le fils/petit fils d'amis : Joël du Béarn devenu négociant en vin ; de mon père il a dit, il aimait le vin de mon grand-père, et comme Joël savait ce jour triste, il nous a offert 1 bouteille de jus de raisin doré, que nous n'avons pas encore goûté.


Lettre de cette amie que j'appelais ma sœur d'Argelos du Béarn : Claudine

Un extrait de la lettre de condoléances et de soutien à nos peines de Gérard, un de ses amis de régiment, l'une des meilleures période de sa vie