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samedi 16 juin 2012

Rappels : Récital Emphatique, jusqu'au 30 juin Théâtre Marigny : Prolongations

 
Récital emphatique

On le savait très inspiré par le monde du music-hall. Avec son Récital emphatique, Michel Fau rend un hommage tendrement moqueur aux grandes divas lyriques et aux tragédiennes d'un autre âge. L’acteur et metteur en scène y est, comme souvent, irrésistible.

ENTRETIEN

Michel Fau : « Ce spectacle, c'est une entreprise de réhabilitation ! »

Rappels : D'où est venu le projet de ce Récital emphatique ?

Au départ, c'était presque une blague entre potes. On m'a proposé de faire une Carte Blanche aux Bouffes du Nord en décembre dernier: on me donnait quinze jours pendant lesquels je pouvais jouer ce que je voulais. Comme la programmation du théâtre est désormais très orientée vers la musique, je me suis amusé à mettre sur pied ce récital un peu grotesque. Mais je n'imaginais pas du tout qu'il puisse rencontrer un tel succès auprès du public.

Ce personnage de diva faisait pourtant déjà partie de votre univers...

Il apparaissait déjà dans une séquence de mon précédent spectacle (L'Impardonnable revue pathétique et dégradante de Monsieur Fau). Là, je voulais vraiment faire un hommage aux divas d'opéras et aux tragédiennes. Je voulais qu'il y ait à la fois du chant, du théâtre et de la danse. Et je voulais des figures de femmes sulfureuses. Je voulais que ça sente un peu le scandale.

C'est un hommage tout de même un peu cruel...

Moqueur, oui. C'est une parodie bien sûr. Mais surtout parce ce que, n'étant ni chanteur ni danseur, je n'avais pas vraiment d'autre moyen de rendre hommage à ces artistes qui me fascinent.

Il y a donc aussi une part d'autodérision?

Oui, parce que ça parle aussi de l'absurdité du métier de comédien: pourquoi est-ce qu'on se met dans ces états? On n'est jamais vraiment très loin d'être un peu pathétique. C'est un concentré de tous les défauts, de tous les tics, de tous les cauchemars des artistes.

C'est une mise en abyme qui ne doit pas être toujours évidente pour vous ?

Non, mais je prends ce spectacle de façon très solennelle. Pour moi, c'est un peu comme une cérémonie que je prends très au sérieux. Certains pensent que c'est une pure blague, mais non, je vois ça comme une cérémonie où je convoque les fantômes des grandes artistes disparues.

Au théâtre, comme à l'opéra, j'ai toujours aimé les choses dont on ne sait pas si c'est de bon goût ou pas du tout, si on a le droit de les aimer ou non. Souvent, quand j'étais petit, j'adorais des choses qui étaient tout ce qu'on me disait de ne pas aimer. C'était un peu honteux, mais aujourd'hui je m'en fous. Je n'ai plus de complexes à adorer Maria Pâcome ou Sophie Desmarets, De la même façon, je trouve parfois très belles la déclamation, l'éloquence, l'emphase qui ont totalement disparu aujourd'hui. Ce spectacle, c'est une entreprise de réhabilitation!

Tout le spectacle repose sur des danses à contretemps et sur une voix souvent fausse, pourtant tout, dans ce jeu de massacre, est fait avec une extrême précision...

Contrairement à ce qu'on pourrait croire, pour faire le clown, comme ça, en abordant tous les styles, j'ai dû énormément bosser. J'ai travaillé avec des spécialistes du chant et de la déclamation baroque pour arriver à comprendre les détails de chaque style. J'ai abordé ça très sérieusement.

Votre spectacle arrive à réunir dans le rire des publics très différents, depuis le mélomane pour qui l'art lyrique est sacré jusqu'aux plus béotiens des spectateurs en la matière. Comment expliquez-vous cela ?

Peut-être le public très passionné d'opéra reconnaît-il les grandes figures dont je me
suis inspiré et qui sont des artistes que j'admire vraiment? Il y a peut-être cette dimension de connivence dans la mise en abyme. Mais, ce que j'ai découvert là,
c'est que ce spectacle peut aussi amuser un public moins connaisseur. C'est une surprise très agréable.

Il y a aussi des figures un peu plus proches de nous et moins flamboyantes,
comme certaines stars de variétés. Vous avez la même fascination pour elles ?

Non, bien sûr. Mais je voulais jouer sur le décalage: chanter très sérieusement des choses sans importance. C'est aussi l'histoire éternelle des chanteuses d'opéra qui veulent chanter de la variété ou du jazz. En général, c'est assez terrible évidemment, parce que ce n'est pas leur métier. C'est un peu comme si on demandait à Francis Cabrel de chanter du Wagner...

Propos recueillis par David Roux

SYNOPSIS

La diva apparaît drapée dans une longue robe à volants. Avant d'entamer son récital, elle esquisse quelques pas de danse avec une légèreté de pachyderme et la grâce bondissante d'une gazelle obèse. Aucune passion dans son regard, plutôt la lassitude d'une dépressive sous anxiolytiques puissants : Michel Fau n'a pas encore émis le moindre son que sa Castafiore d'opérette déclenche déjà les rires. Et le meilleur est encore à venir, dès les premières mesures de son récital : une interprétation de Samson etDalila de Camille Saint-Saëns. Pas une seule note de ce sommet du répertoire lyrique n'échappe au massacre de la cantatrice fatiguée. Et pourtant, même les plus mélomanes des spectateurs, ceux pour qui l'art lyrique est une religion sacrée, ne peuvent résister à l'hilarité.
Beaucoup sont là après avoir découvert Michel Fau dans sa brève apparition à la cérémonie des Molières 2011 où quelques minutes d'une parodie grotesque de Caria Bruni avaient non seulement réveillé une assistance ensommeillée mais révélé au grand public un talent unique et déjanté, On retrouve, dans son Récital emphatique, ce mélange flamboyant de dérision et de caricature cruelle. En un peu plus d'une heure et quart, Michel Fau passe en revue un éventail très large : sa version du Summertime de Gershwin est tout aussi irrésistible que ses variations autour du grand monologue de Phèdre. Avec un humour incisif et, mine de rien, un sens extrêmement précis du rythme, il esquinte toutes les sortes de divas : grandes cantatrices, tragédiennes emphatiques et chanteuses de jazz, mais aussi les petites starlettes de variétés. Rien n'échappe à son regard, mais ce jeu de massacre est, tout entier, imprégné de la tendresse de Michel Fau pour l'univers du music-hall, ses excès magnifiques et dérisoires.

David Roux

Récital Emphatique

Jusqu'au au 30 juin 2012
du mardi au samedi à 21h matinée le samedi à 18h

 C'est dans Rappels Journal gratuit de théâtre

http://www.rappelsmagazine.com/index2.php

 

mercredi 15 juillet 2009

Le cinéma au service du THÉÂTRE : Péléas et Mélisande mise en scène d'OLIVIER PY



Le cinéma au service de l'Opéra : Péléas et Mélisande
Un film susceptible d’éveiller la passion de l’opéra, non pas un “opéra filmé” (il y a eu un temps où cette mode a donné quelques films remarquables:”Don Giovanni” de Joseph Losey, “La flute enchantée” de Bergman), mais un film qui permet une sorte d‘introspection d’une oeuvre, dans tous les sens du terme, il s’agit de “Pelléas et Mélisande- Le chant des aveugles” de Philippe Béziat.
Tournage des séances de répétition au Théatre musical Stanilavski de Moscou en juin 2007, le film a surtout l’extraordinaire mérite de nous donner quelques clés de l’opéra de Claude Debussy, composé sur un livret de Maeterlinck (poète et dramarurge belge, mort en 1949) mais il donne aussi à réfléchir à l’importance de la mise en scène d’Olivier Py (Directeur du Théâtre de l’Odéon)..créateur extrêmement original et contesté par certains esprits plus “classiques”.



En fait, le film (confidentiel et rare) a été remis à l’affiche à AIX en PROVENCE, à l’occasion de la représentation de l’opéra de Mozart “Idoménée”, dans une mise en scène totalement décoiffante du même Py, déjà connu par des mises en scène hors du commun, telles le “Tristan et Ysolde” de Wagner(présenté en février 2005 au Grand Théatre de Genève), “Les contes d’Hoffman” d’Offenbach (créé en 2001). Ce qui est captivant, c’est l’existence de films (maintenant en DVD) qui nous donnent une vision très physique, très suggestive et parfois très érotique du jeu des acteurs. C’est le cas ici, et l’on peut affirmer que c’est aussi une oeuvre pédagogique.La mise en scène est, au plan du matériel scénique, composée de grandes masses métalliques, d’acier et de verre, qui sont constamment en mouvement, et où les acteurs se meuvent, apparaissent et disparaissent. Il est clair qu’au cinéma nous n’avons pas la perspective générale du dispositif, mais nous avons le privilège de vivre très proches des protagonistes. Grâce aux interviews et aux questions pertinentes posées à Olivier Py, Marc Minkowski,les chanteurs russes et français, il nous est possible de se faire une idée de cette oeuvre romantique et envoûtante, et cela de l’intérieur, si je peux dire... C’est une traversée qui nous conduit à une sorte d’hypnose, de rêverie suscitant notre imagination, invoquant même nos propres souvenirs de relations amoureuses, vécues ou imaginées! Le montage est musical, la caméra se déplace sans bruit et scrute les créateurs au travail: le chef d’orchestre expliquant à son orchestre russe comment il entend la divine musique de Debussy; une violoniste russe qui exprime son enthousiasme; un chanteur russe (magnifique voix de basse) qui trouve que l’oeuvre n’est pas assez vivante et émotive (comme l’attendrait le public moscovite); Olivier Py qui développe sa conception de l’oeuvre : “Quelle est donc la clé de Pelléas et Mélisande? la clé? c’est l’énigme”.Le mystère de l’amour, de la vie et des passions humaines…
Ainsi, les moyens du cinéma sont au service de la musique, des interprètes (comme les visages des solistes sous la baguette de Minkowski sont beaux et expressifs!) et de l’ aventure unique du metteur en scène, qui nous déroule sa conception de l’oeuvre, ses réflexions personnelles sur Mélisande, Pelléas, Golaud, Arkel... Ah! la chevelure de Mélisande, les mouvements passionnés de Pelléas, l’oeil sinistre de Golaud, la forêt de tubulures et de clair-obscurs, la lancinante mélodie debussyte, la vie, l’amour fou, la mort. Après la projection,en me promenant sur le Cours Mirabeau, je me sentais flotter dans un monde indéfinissable…Alliance de l’opéra et du cinéma, de la mise en scène et de sa représentation cinématographique, n’est ce pas le comble du bonheur, quand on aime les deux, avec la même passion?

lundi 13 juillet 2009

Idoménée suite critiques après Aix et diffusion sur Arte


Qui sait le public d'Opéra me fait penser aux assemblées aux forums aux réunions constituantes de la Révolution avec les heurts fratricides entre privilégiés pour le bien-être du peuple(absent) et de sa culture. L'avantage c'est qu'ils sont tous amoureux. Mais jusqu'à la haine, capables de faire et de défaire ce pourquoi ils se sont battus pour une fausse note comme pour une innovation.
Ils sont vestales d'un Art qui n'existe pas. L'Opéra est une grande machinerie qui permet tous les "osés" qui mélangent tous les arts de représentation. Et s'adressant à un public souvent très conservateur et timoré, ils osent avec trois wagons, au moins de retard. C'est un public qui préfère Stéphane Braunschweig à Olivier Py.
J'ai vu l'Orestie à l'Odéon et cet Idoménée lui ressemble et en diffère car ce n'est pas la même histoire oserais-je ! mais c'est ce qui le passionne Olivier Py, l'œcuménisme des oeuvres et des arts, et Mozart me semble t'il avait par la franc-maçonnerie, un grand désir, de comment disait Monsieur Vitez d'un théâtre populaire soit, mais "élitaire".
Le meilleur pour le plus grand nombre, et les festivals sont plus ouverts que les bâtisses représentatives de l'état culturel, l'Opéra Bastille.
Il a eu Olivier Py pourtant d'autres succès d'Opéras : Péléas et Mélisande de Debussy avec ce chef d'orchestre et avec la reprise de "Tristan et Isolde", mais, ah! oui je comprends créé en Suisse. Je vais y aller vivre au bord du Lac comme Lord Byron et /ou Jean-Luc Godard.
VIDEO Répétitions et Interview du metteur en scène entre autres
Dans ce choix de critiques vous lirez : on laisse à Olivier Py quand même son fil conducteur : la musique d'abord, la théâtralité et l'intensité....
L’«Idoménée» choc d’Olivier Py
CRITIQUE
Opéra. Le directeur de l’Odéon signe une nouvelle production de l’œuvre de Mozart à Aix, diffusée ce soir en direct sur Arte.

Par ERIC DAHAN Envoyé spécial à Aix-en-Provence
Idomeneo, re di Creta
Drame en trois actes de
Wolfgang Amadeus Mozart,
livret de Giambattista Varesco. Les Musiciens du Louvre-Grenoble. Dir. Marc Minkowski. Msc. et lumières, Olivier Py. Ce soir et les 13, 15 et 17 juillet à 21 h 30. Au Théâtre de l’Archevêché d’Aix-en-Provence. Rens. : 0 820 922 923 et www.festival-aix.com (en direct ce soir à 21 h 30 sur Arte).

"Après l’ovation du public, saluant le dernier épisode du fabuleux Ring offert par le festival d’Aix, c’est une lame de fond de huées qui a accueilli la première de l’Idoménée signé Olivier Py et dirigé par Marc Minkowski. Le débat sur la mise en scène d’opéra et sur l’esthétique mozartienne n’est donc pas près de s’achever.

Sacrifice. L’actuel directeur du Théâtre de l’Odéon, qui refusa de monter Cosi fan tutte, rêvait de s’attaquer au premier ouvrage de maturité de Wolf- gang Amadeus Mozart. Pour la tragédie, le sacrifice, les rapports père-fils, et cette idée que la société juste et heureuse, pacifique et éclairée, est à construire.

S’il aime creuser et fouiller les œuvres avec une passion d’écorché vif, Olivier Py est également un formaliste, recourant, pour tous les ouvrages lyriques, au même dispositif (praticables métalliques recomposant le décor à vue), à la même palette (néons aveuglants, noir, blanc, rouge) et au même collaborateur (Pierre-André Weitz, pour la scénographie et les costumes). Son Idoménée frénétique et saturé de sens, ne pouvait que «choquer» au lendemain du Crépuscule des Dieux zen poétique de Stéphane Braunschweig et du Philharmonique de Berlin.

Dans un paysage de maisonnettes et de grues miniatures - on est en Crête… -, des sans-papiers sont conduits à l’aéroport par des sortes de terroristes encagoulés… Mais Olivier Py étant aussi un directeur d’acteurs intense, l’Ilia, prisonnière troyenne, de Sophie Karthäuser, l’Arbace corsé de Xavier Mas, l’Idamante, fils d’Idoménée, de Yann Beuron, sont campés avec un engagement et une finesse notables. Même si la première sonne encore «jeune», que le second n’est pas toujours à son aise avec la tessiture du rôle et que le troisième accuse de légers problèmes d’émission.

Fureur. En Elettra, princesse d’Argos, Mireille Delunsch conjugue avec son panache habituel, métier vocal et audaces scéniques ; tandis que Richard Croft rallie tous les suffrages avec son Idomeneo plus que solide : tendu entre fureur royale, égarement d’homme et tendresse de père. Si les Musiciens du Louvre, jouant sur instruments anciens, sonnent pauvres en volume et en couleurs sous les étoiles de l’Archevêché, la direction de Marc Minkowski a gagné, avec les années, en profondeur et en équilibre. Pour son quatrième Idoménée, le chef a choisi la version «viennoise», qui prévoyait un ténor pour Idamante, et conservé le ballet final, dont Olivier Py et ses danseurs masculins s’emparent vigoureusement pour résumer l’action et incarner personnages et situations avec le comptant de sexe et de sang afférent. Trop c’est trop ? Réponse ce soir sur Arte."

FRANÇOIS DELÉTRAZ sur le Figaro Magazine : Aix se met en trois.
10/07/2009
"A l'Archevêché, Idomeneo laisse le public beaucoup plus partagé. Géniale pour les uns, ridicule pour les autres, la mise en sène d'Olivier Py est une transposition à l'époque contemporaine de l'histoire du roi de Crète, où les prisonniers deviennent des sans-papiers maltraités par la police... Le décor de Pierre-André Weitz est fait de praticables qui changent sans cesse de place, comme lors du ballet final, rarement joué, où l'on ne sait plus qui, des danseurs - pourtant excellents - ou du décor, a la vedette."

samedi 11 juillet 2009

Idoménée sur Arte /Thomas Bernhard par Marleau quebecois Avignon IN et CIE P.PERSON/ LECTURE : le décrié déprimant scénariste aussi : OLIVIER ADAM

Enfin un matin pour de vrai. Chez nous petit déjeuner, qui se termine seulement quand je le décide. Et tout le temps pour penser aux êtres aimés, ici ou pas. Les bruits du quotidien de l'immeuble au ralenti eux aussi. La chatte s'est installée en faction les yeux mi-clos près de la fenêtre sur cour qui du premier étage laisse tout à loisir, vue sur les entrées et les sorties. Elle a juste mangé un peu de poisson. Et j'écoute Léonard Cohen pendant que mon Amidou déjeune à son tour dans la cuisine.

Idoménée nous l'avons regardé sur ARTE par bribes par actes avec retour en arrière possible et comme dans bien des mises en scènes d'Opéra nous sommes restés cois en suspens sur le final.
Il y des ah et des oh qui se suivent et se répètent sur nos faces, les écrins s'ouvrent et se referment, les Dieux sont à notre écoute, sans complaisance. Cette Electre est insubmersible, il y a du Phèdre en elle.
Comme tout est beau et sombre à part les robes blanches sur les peaux noires, une maquette d'Architecte qui devient décor puis ville la nuit paisible avec une lumière de derrière les fenêtres. Alors on me dit c'est bien du Olivier Py, eh, bien ! oui, comme une robe de Jean-Paul Gaultier reste une robe de Jean-Paul Gaultier.
Mais il y a comme un écho qui se répercute sur notre monde en chute libre et l'on se dit, si déjà dans les mythologies, si déjà par le livret et la musique de Mozart, rien n'est désespéré. Et puis aussi Olivier Py est croyant autant que je suis athée. Se rejoint-on pas par le théâtre la musique le cinéma la peinture... et alors donc, la réalité n'est qu'une probabilité hasardeuse qui ne peut-être sauvée que par l'amour, seul acte de chair et de création.

Et ces armes lames aussi brillantes que les miroirs et/ou les armures se baladent sur tous les corps pour couper les fils les nerfs et taillader les chairs.

Les ballets ne sont pas aussi bien que ceux de Michael Jackson, quoique ! il y a de l'élégance, de la performance, des origines noires et blanches rapprochées et des bandeaux qui se portent soit au bras soit enserrant les têtes comme chez les asiatiques. Une mondialisation de représentation des icônes de la mythologie et de l'infâmie (le sacrifice d'un seul enfant devrait arrêter toutes les guerres et combien meurent dans les guerres et dans les soit disantes périodes de paix : de soif de faim de pauvreté) la mondialisation culturelle ne peut passer par la médiocrité et le nivèlement par le bas si l'on garde et désire un rapprochement. Juste lancer en l'air par delà -l'éther- des passerelles comme Georges Lucas dans Star Wars.

Avignon IN
Critique
L'art du simulacre de Thomas Bernhard à son comble
LE MONDE | 10.07.09 | 15h43 • Mis à jour le 10.07.09 | 16h07



AVIGNON ENVOYÉE SPÉCIALE

Théâtralissime ! Pour son retour au Festival d'Avignon, où il a, depuis 1996, présenté plusieurs spectacles mémorables - notamment Les Aveugles, de Maurice Maeterlinck, en 2002 -, le grand metteur en scène québécois Denis Marleau offre une fois de plus un moment de pur plaisir, de pur théâtre. L'opération alchimique porte sur Une fête pour Boris, de Thomas Bernhard (1931-1989). Elle fait entendre comme rarement le rire féroce de l'écrivain autrichien face à la condition dérisoire de nos petites vies.

Tout Bernhard est là, déjà, dans cette première pièce écrite en 1970 : sa langue somptueuse, musicale, son sens du cérémonial théâtral. C'est ce cérémonial que Denis Marleau orchestre avec maestria, dans un espace à la sophistication épurée, que borne au fond un grand mur de métal gris. Un opulent rideau de perles métalliques barre le milieu de la scène : apparition, disparition, voilé, dévoilé.

Apparition sur scène, donc, de la Bonne Dame, dans son fauteuil de cuir blanc, que pousse sa femme de chambre Johanna. La Bonne Dame n'a plus de jambes. Elle forme avec sa camériste un couple maître-esclave qui situe Bernhard, dans cette pièce, exactement entre Beckett et Genet. Dans ce huis clos où la théâtralité est partout présente, la patronne et sa bonne se livrent à un étonnant rituel d'essayage de chapeaux et de gants, bercé par la logorrhée ininterrompue de la patronne, qui "sadise" son esclave par la parole.

CARNAVAL DE CULS-DE-JATTE

Comme dans un "Alice au pays des cauchemars", les objets prennent des proportions étonnantes : la bonne jouée par un homme, le comédien Sébastien Dodge, doit plonger dans une sorte de puits sans fond pour attraper les cartons où sont rangées les parures de sa maîtresse. Laquelle a aussi un mari, qui apparaît au deuxième acte : c'est Boris, cul-de-jatte comme elle, qu'elle a "ramassé" à l'hospice. Boris mange, dort, regarde les arbres, et c'est tout. "Il est notre créature", dit la Bonne Dame.

C'est pour lui qu'elle organise la fête du troisième acte, qui voit l'art du simulacre de Thomas Bernhard atteindre son comble. Déguisements, masques, travestissement, maquettes, poupées : Denis Marleau pianote sur toute la gamme avec une aisance confondante. Mais c'est son utilisation des marionnettes électroniques, pour figurer les infirmes de l'hospice, qui impressionne le plus.

Le metteur en scène québécois a été un des premiers à voir ce que pouvait apporter au théâtre cette invention apparue il y a une quinzaine d'années : des poupées à taille humaine, dont la tête est "animée" par des projections vidéo. Telles qu'il les emploie, cela produit un mélange de réalisme et d'étrangeté absolument fascinant. D'autant plus qu'il double ce tableau déjà saisissant d'un film réalisé en direct, qui démultiplie encore les figures.

Et c'est assez vertigineux : qu'est-ce qu'un personnage ? Un acteur ? Qu'est-ce qu'un individu ? Les comédiens, les vrais, d'Une fête pour Boris, n'ont pas de souci à se faire : ni les formidables Sébastien Dodge (Johanna) et Guy Pion (Boris), ni, surtout, Christiane Pasquier, éblouissante en Bonne Dame, ce rôle à la Beckett, digne de la fameuse Winnie d'Oh les beaux jours.

Elle mène ce carnaval grotesque de culs-de-jatte, où Thomas Bernhard nous dit avec sa jubilation habituelle que, oui, nous sommes tous des impuissants, des infirmes, des tyrans ou des esclaves. Ce n'est pas gai ? Peut-être. Mais qu'est-ce que c'est drôle. Et bouleversant, dans le désir de ces hommes-marionnettes de vivre, malgré tout.



Festival d'Avignon. Une fête pour Boris, de Thomas Bernhard (traduit en français par Claude Porcell, L'Arche Editeur). Mise en scène : Denis Marleau. Avec Sébastien Dodge, Christiane Pasquier et Guy Pion. Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon, à 18 heures les 10 et 14 juillet, à 14 h 30 et 18 heures les 11 et 13, et à 14 h 30 le 15. Tél. : 04-90-14-14-14. Durée : 1 h 25.
En tournée en France jusqu'en décembre 2009.

Fabienne Darge


je reviens... reviendrais
La Cie Philippe Person va bien, "il y a du monde au Balcon !" avec Beaucoup de bruit pour rien,
adaptation d'après Shakespeare de Philippe Honoré et mise en scène de Philippe Person

Lecture extrait : des vents contraires d'Olivier Adam
... "On sombrait, le pays tout entier sombrait, c'est ce qu'il lui semblait et je n'étais pas loin d'être d'accord, quelque chose de moisi avait contaminé l'air, de vieux relents de travail famille patrie, assortis d'une impunité vulgaire , on triait les étrangers comme du bétail, on se gargarisait de quand on veut on peut et d'on a ce qu'on mérite, on agitait son pognon sous le nez des pauvres, s'ils en voulaient plus ils n'avaient qu'à travailler plus, tout le monde voyait ça, c'était comme le nez au milieu de la figure, il y en avait plein les journaux du monde entier mais rien n'y faisait, le peuple s'était laissé engourdir c'était trop tard, il finirait bouffé le sourire aux lèvres."

dimanche 5 juillet 2009

«À l'opéra, l'œil entend et l'oreille voit» «Idoménée», de Mozart, Olivier Py



J'aime bien ce qu'il fait et ce qu'il dit cet homme là,
ses amis et aussi surtout son amour véritable des acteurs et du théâtre.
C'est une des personnes que je suis très fière d'avoir rencontrée à travers son travail et un de ses comédiens fétiches : Michel Fau. Michel Fau, ce sera toujours mon idole à moi.
Qu'il lui arrive quelque chose, je tomberai dans les pommes comme la fan de base que je suis.
Pourquoi je préfère Olivier Py, aux ... autres, parce que pour moi il ne méprise pas la petite enfant fille unique de parents commerçants provinciaux, que je suis.
Que ces spectacles durent 2h 4h 6h 9h 24h je prends ma petite chaise j'ouvre la bouche et je suis au spectacle et je comprends et je suis marquée par des images des mouvements des jeux de comédiens qui regardent leur public en face comme si c'étaient des étoiles...
avec l'âge je m'endors un peu, mais j'entends les yeux fermés et je me réveille comme dans un rêve.

On se moque on s'est moqué de moi et l'on se moquera encore de moi avec Michel Fau, mais mon amour de fan m'a faite progresser à pas de géants dans la vie et sur scène.

Et c'est pour cela que je déteste qu'on se moque des fans de base qu'ils le soient de Dalida de Michael Jackson d'Édith Piaf ou des Rolling Stones...
car il y a des gens comme Tarantino comme Scorcese qui sont à l'origine des fans de base
et comme Philippe Person, oui je suis très fan aussi de Philippe Person et de Stéphane Auvray-Nauroy....
Être fan de base cela pousse au partage et à la dimension jusqu'à faire passer le monde entier sur le vol des ailles de son hirondelle, des poussières de son étoile, cela donne une énergie d'encyclopédiste.

Et ça va mieux en le disant, je pourrais respecter des grands artistes tout en ne les aimant pas, car pour moi ils n'aiment ni les acteurs ni le public, ils se sentent supérieurs et prétendants du pouvoir d'écraser tout ceux qui pourraient se hisser à leur niveau, ils n'aiment qu'eux-mêmes à travers le théâtre,
et j'ai une liste de noms toute prête de gens qui m'ont mordu le cœur et qui me l'ont laissé comme peau de chagrin, en lambeaux...

et je déteste aussi entendre des journalistes qui se moquent des blogs
je ne sais si c'est le cas de celui-ci C.M. qui a fait l'article du Figaro en dessous, mais je rectifie , je me dois de rectifier, Monsieur Olivier Py ne dirige pas Chaillot mais l'Odéon.



Olivier Py : «À l'opéra, l'œil entend et l'oreille voit»
Propos recueillis par C. M.
03/07/2009

Le metteur en scène Olivier Py lors d'une répétition de La Vraie Fiançée. Crédits photo : Le Figaro
Il met en scène «Idoménée», de Mozart, samedi, au Théâtre de l'archevêché, à Aix-en-Provence.

En quelques années, l'homme de théâtre Olivier Py, directeur de Chaillot, s'est imposé comme un des metteurs en scène lyriques majeurs de notre époque. Après ses triomphes à Genève (Tristan et Isolde,Tannhäuser,Le Freischütz,La Damnation de Faust,Les Contes d'Hoffmann) ou Moscou (Pelléas et Mélisande), le voici enfin au Festival d'Aix-en-Provence, où il monte Idoménée, de Mozart, sous la direction de Marc Minkowski, à partir de samedi soir.

LE FIGARO. - Vous êtes à la fois un homme de spectacle, dont les mises en scène sont très visuelles, et un littéraire, soucieux du texte. Est-ce compatible ?

Olivier PY.- Je ne comprends pas pourquoi on oppose le texte et l'image : c'est une polémique universitaire, qui ne reflète pas la réalité du théâtre. Sur scène, le texte s'incarne en images. Mais l'important n'est pas la décoration, c'est le mouvement : avec le décorateur Pierre-André Weitz, nous avons inventé une nouvelle forme, un espace dynamique dans le temps. Les décors mouvants permettent d'éviter de figer la représentation en tableaux statiques.

Ce sens du tempo ne vous prédestinait-il pas à l'opéra ?

Je suis venu à l'opéra par amour de la musique et parce que j'avais un rêve plastique. Au théâtre, il faut représenter l'invisible, l'intériorité des personnages. À l'opéra, il faut s'inspirer de la musique. J'aimerais faire entendre un changement de to nalité par un changement de décor. Si l'opéra est un art total, c'est parce que les sensations s'y mélangent, comme dans les correspondances baudelairiennes : à l'opéra, l'œil entend et l'oreille voit. Comme lorsque, dans Tristan et Isolde, de Wagner, Tristan s'écrie : « J'entends la lumière ! »

Minutieusement préparés, vos spectacles laissent-ils une place à l'improvisation ?

Je fais un «story-board», scène par scène, sur ordinateur, où sont prévus tous les mouvements du décor, du chœur, des solistes. La saison prochaine, je mettrai en scène Lulu à Genève : tout est prêt depuis un an. De même le minutage des déplacements du bateau de Tristan et Isolde doit être scrupuleusement noté. Mais il faut que tout cela s'incarne et c'est là qu'intervient la magie. Même si l'on sait exactement ce qu'on va faire, on ne sait pas ce qui va en sortir. En tout cas, plus on est préparé, plus on est libre et ouvert aux modifications de dernière minute. Disons que je sais à 99 % ce que va être le spectacle, et que le 1 % restant, c'est l'art !

Vos détracteurs vous reprochent de plaquer vos fantasmes sur les œuvres alors que vous êtes l'un des metteurs en scène les plus fidèles au texte. Pourquoi ?


Ce malentendu provient souvent du fait que les gens ne connaissent pas les œuvres. La violence ou la crudité dont ils m’accusent est dans les œuvres, il suffit de les lire attentivement. Dans La Damnation de Faust, un homme vient se masturber sous la fenêtre d’une femme. Lulu réclame que le Dr. Schön l’attache et la fouette. Dans Idoménée, Mozart écrit une scène d’amour entre un père et son fils : c’est choquant, mais il suffit d’écouter la musique, j’entends un duo d’amour et non une scène entre un père et son fils. Je suis un serviteur : je ne suis pas d’accord avec la conception allemande qui établit une égalité hiérarchique entre Mozart et le metteur en scène. Et puis je suis moi-même poète : si je suis en manque d’expression narcissique, je la réserve à ma propre écriture.

Votre univers est souvent noir. Le sera-t-il aussi dans Idoménée ?

Il est noir quand je mets en scène des ouvrages noirs. Dans Lulu ou Les Contes d’Hoffmann, les lumières se sont éteintes, il ne reste plus que le sexe et la mort : aucune rédemption possible. Quand Mozart écrit Idoménée, il croit encore que le monde a un avenir, il faut prendre au sérieux cette fin heureuse qui résulte d’une pensée utopique.

Quelle marge laissez-vous aux chanteurs dans vos mises en scène millimétrées ?

Il faut adorer les chanteurs pour mettre en scène un opéra. Je refuse le cliché selon lequel ils ne savent pas jouer. À Aix, Richard Croft, qui a la voix absolue d’Idoménée, est un acteur incroyable, dont l’économie me rappelle José van Dam. Quant à Mireille Delunsch, il suffit de lui expliquer que « soglio » ne veut pas dire « sol » mais « trône » pour qu’elle prenne conscience qu’Elettra ne retourne pas sur sa terre natale mais reprend son pouvoir de reine : et son interprétation change immédiatement ! Leur énergie intérieure me fascine.

dimanche 14 juin 2009

Un raccourci par les prix décernés sur la saison passée



Cet article a l'avantage d'être synthétique et de mon point de vue (théâtre)
c'est une juste récompense.
Je ne connais que de très loin l'Opéra et je pourrais m'y intéresser plus (qui sait !) après cette année, après une semaine de festival à St Céré.
Les spectacles de théâtre , les comédiens récompensés j'aurais voulu tous les voir
et triste constatation j'en ai vu aucun.
Deviendrais-je comme certains de mes vieux professeurs de théâtre qui en ayant déjà beaucoup vu pouvaient presque pressentir ce que cela serait...

La Cerisaie d'Alain Françon Grand Prix de la critique

Par Annie CHENIEUX Samedi 13 Juin 2009
Le Journal du Dimanche
Le Syndicat professionnel de la critique de Théâtre décernera lundi ses prix pour la saison 2008-2009. Le grand vainqueur est Alain Françon, récompensé pour la mise en scène de La Cerisaie, au Théâtre de la Colline.


Le syndicat professionnel de la critique de Théâtre a récompensé La Cerisaie d'Alain Françon. (Enguérand)
Sur le même sujet
Les critiques théâtre du 13 juin


Lundi prochain seront décernés les prix du syndicat professionnel de la critique de Théâtre, Musique et Danse pour la saison 2008-2009.

Ils récompensent cette année La Cerisaie, mise en scène par Alain Françon au Théâtre de la Colline, qui clôt ainsi avec éclat son mandat à la tête de cette grande maison. Son successeur, déjà en poste, Stéphane Braunschweig se voit attribuer le prix Georges-Lerminier du meilleur spectacle créé en province pour Tartuffe, créé au TNS de Strasbourg et présenté en fin de saison dernière au Théâtre de l'Odéon.

La meilleure création d'une pièce en langue française est "Vers toi terre promise" de Jean-Claude Grumberg, mise en scène par Charles Tordjman à Nancy et vu à Paris au Théâtre du Rond-Point. Le meilleur spectacle étranger est "John Gabriel Borkman" d'Ibsen mis en scène par Thomas Ostermeier, joué à l'Odéon. Ludmila Mikael reçoit le prix de la meilleure comédienne pour" l'Amante anglaise" de Marguerite Duras, au Théâtre de la Madeleine, et Hervé Pierre celui du meilleur comédien pour "La grande magie", dernier spectacle de la saison présenté à la Comédie-Française.

Le jury Musique a récompensé "Lady Macbeth de Mzensk" mis en scène par Martin Kusej, sous la direction de Hartmut Haenchen à l'Opéra de Paris et le prix Claude Rostand revient à l'Opéra de Lyon pour sa trilogie du XXe siècle: "Le joueur de Prokofiev", "Lulu de Berg" et "Mort à Venise" de Britten. Meilleure création musicale: "Yvonne, princesse de Bourgogne" de Philippe Boesmans, mis en scène de Luc Bondy, chef Sylvain Cambreling à l'Opéra de Paris. La personnalité musicale de l'année est le pianiste Roger Muraro pour sa contribution à l'année Messiaen et la révélation musicale, le quatuor Modigliani.
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lundi 8 juin 2009

OLIVIER PY : L'OEUVRE A L'OPERA



OLIVIER PY : L'OEUVRE A L'OPERA
Olivier Py. Portrait. L'oeuvre à l'opéra
sur Classique news.com

par Ernst Van Bekdimanche 7 juin 2009
Olivier Py
(né en 1965)



"L'oeuvre à l'opéra

Comédien, dramaturge, metteur en scène, -et même chanteur-, le directeur de l’Odéon (depuis mars 2007) et Olivier Py est un créateur scénique hors norme, véritable poète des planches. Il a certes le sens du drame et rien ne semble lui poser de problème. A la différence d'un Chéreau qui depuis sa Tétralogie wagnérienne, pour le Centenaire de Bayreuth (avec la baguette de Pierre Boulez, en 1976), n'a guère su se renouveler (même pour de la maison des morts et Tristan, et surtout son dernier Cosi, tous d'un statisme théâtral assez ennuyeux), Olivier Py recherche toujours,invente constamment, et trouve souvent des idées visuelles et scéniques spécifiques pour chaque production présentées. En octobre et novembre sur la scène genevoise, son cycle tripartite (Trilogie du diable) l'a démontré récemment, en particulier ses Contes d'Hoffmann, comme aussi son Tristan und Isolde, également "créé" en 2005 à Genève, et qui est repris avec force conviction vocale (ce qui était moins le cas en Suisse) à Angers, Nantes et Dijon d'avril à juin 2009. Enfin n'oublions pas aussi son Pelléas, sujet d'un film documentaire captivant "Le Chant des aveugles" (sortie dans les salle de cinéma en mars 2009), où la scansion des images, comme des flash rétrospectifs immergent le spectateur dans un monde irréel et psychanalytique purement féerique.


Au théâtre

Il est né à Grasse en 1965, soit il y a 44 ans, Olivier Py intègre l’ENSATT à Paris, avant le Conservatoire national supérieur d’art dramatique (1987), tout en suivant des études de théologie à l’Institut catholique. Très tôt, sa propre compagnie de théâtre, "L’inconvénient des boutures" adapte sur les planches ses premiers textes dont Les aventures de Paco Goliard…). L'élan mystique de son théâtre, ce questionnement permanent sur l'être, l'humain, la situation d'exister, le rapport à l'autre l'impose immédiatement parmi les créateurs et les scénographes majeurs de l'espace français, voire européen. A Avignon, ses pièces remportent un engouement qui ne s'est jamais démenti: La Servante, histoire sans fin (1995), Le visage d’Orphée (1997). Sa grand-mère chanteuse lui a révélé la beauté fascinante de l'opéra. Il s'est un temps rêvé en ténor d'opéra, écoutant et réécoutant grâce au disque les grandes voix dans les grandes oeuvres du répertoire. Il était normal qu'il arrive inévitablement à l'adaptation des œuvres lyriques. Et la rencontre s'avère bénéfique, d'une grande richesse poétique, où l'inventivité s'allie à la profondeur mystique et humaniste, sans jamais préférer la facilité du clinquant ou du strictement décoratif.


A l'opéra: Du Freischutz à Tristan et Pelléas...

Il débute surtout avec Der Freischütz de Weber à Nancy (1999), réussite indiscutable. Pour l'Opéra de Genève (et son directeur Jean-Marie Blanchard), Olivier Py monte ce qui sera ensuite "la trilogie du diable": Les contes d’Hoffmann d’Offenbach (2001), La damnation de Faust de Berlioz (2003). Les deux ouvrages avec Der Freischütz (totalement repensé en 2008) compose en trois volets un questionnement central sur le désir humain, sa volonté de dépassement et de sublimation, sa faiblesse morale et son aptitude fantastique à se soumettre à l'oeil de Satan... En 2004, il a écrit le livret et assurer la mise en scène du Vase de parfum de Suzanne Giraud.
Des meilleures réalisations d'Olivier dans le domaine de l'opéra, nous retiendrons surtout le Tristan und Isolde qui fort heureusement refait l'affiche lyrique de ce printemps 2009 en France. Il y eut aussi un Tannhaüser qui outre l'excellente Elisabeth de Nina Stemme, suscita un certain émoi chez public et critique car le metteur en scène n'hésita pas à engager un acteur porno au sexe démonstratif, dans la scène de la Bacchanale... Mais aussi, ce Pelléas réalisé en 2007 au Théâtre Musical Stanislavski...
Sombre, grave, ardent, révélateur de la lumière noire qui fait les grandes oeuvres (voir ici le final de son Tristan où Isolde devient déité verticale éblouissant au sens strict le parterre) tel un "phare pour l'humanité future", Olivier Py rêve aujourd'hui d'accoster sur d'autres rives, celles plus colorées et vibrantes encore, voire exotiques, de Puccini, comme Madama Butterfly ou Tosca...

Illustrations: Olivier Py. Tristan (2009), Pelléas et Mélisande (2007) (DR)"

samedi 9 mai 2009

Tristan et Isolde quelle chance produits à Nantes Angers mis en scène par Olivier PY


Richard Wagner: Tristan und Isolde, 1865. Olivier Py
Angers, Nantes, Dijon, du 10 mai au 17 juin 2009

par Lucas Irom vendredi 8 mai 2009
Richard Wagner
Tristan und Isolde, 1865


Olivier Py, mise en scène
John Axelrod puis Daniel Kafka, direction

Angers Nantes Opéra, Grand Auditorium de Dijon
Du 10 mai au 17 juin 2009


8 dates à partir du 10 mai 2009: Angers (Le Quai: les 10, 13 puis 16 mai), Nantes (Cité internationale des congrès, les 26, 29 puis 2 juin), Dijon (Grand Auditorium, les 14 et 17 juin 2009). Production Grand Théâtre de Genève, créé le 10 février 2005.


Tristan anthologique

"Il l'a présenté sur la scène du Grand Théâtre de Genève, en 2005 (le 10 février précisément), avec la complicité musicale du regretté Armin Jordan: Olivier Py mettait en scène Tristan und Isolde Wagner dans une approche éblouissante, à la fois économe et essentielle, dévoilant en préservant leur mystère et leur violence brute, les forces de la psyché, en particulier lorsqu'il s'agit de passion amoureuse. Dès le premier acte, Isolde, princesse irlandaise promise au Roi Mark de Cornouailles ne comprend pas comment l'homme qu'elle aime et qui s'est déclaré dans le passé, la livre ainsi à un autre que lui: dépossédée, trahie, blessée, la jeune femme se fait torche brûlante, dévorée par un feu passionnel de plus en plus puissant qui va croissant jusqu'au tableau final, le plus beau... : opéra de la lumière (et de l'ombre énigmatique); opéra de l'eau grâce à un travail sur l'onde mouvante constamment présente du I au III, opéra magique et fulgurant par ses trouvailles visuelles -dont l'enchaînement des boîtes au II, traversées par le couple mythique (comme s'il s'agissait des divers états de leur âme qui se consument et s'embrasent), marquent le point culminant-, la production genevoise fait figure de réalisation miraculeuse, par sa justesse et son esthétisme.

Remercions Jean-Paul Davois, directeur général d'Angers Nantes Opéra d'offrir au public français l'opportunité de mesurer l'intelligence et la beauté du spectacle conçu (il a donc presque cinq ans) par Olivier Py. C'est pour nous la plus belle production lyrique de Tristan que nous avons vue depuis ses 10 dernières années, qui surclasse aisément les approches (saluées) de Peter Sellars ou de Patrice Chéreau. En Py, Wagner a trouvé un ambassadeur au diapason de l'âme la plus profonde: fascinante par son approche sobre, monumentale, coulante, "évidente" et esthétique. C'est un regard singulier qui privilégie le chant de deux coeurs soumis à la force première d'un amour incommensurable, auquel le poison de la musique, obsédant, envoutant enivre ici jusqu'à l'hypnose.

Pour cette reprise très attendue, il faut pas moins de 50 machinistes en coulisses pour actionner le portcontainer qui défile tout au long du premier acte, entre autres, soulignant le mouvement désormais irréversible d'une action que le spectateur suit médusé, du début à la fin. Quant à l'acte III, où Tristan chante sa solitude maladive et se languit d'Isolde trop absente, ... ; où Isolde parait rayonnante et subitement irradiée par l'amour à son paroxysme, tel un phare éclatant, éblouissant l'auditoire par un dispositif lumineux génial..., il est tout simplement inoubliable.
Le spectacle a valeur d'anthologie. Sa reprise en France où il n'a jamais été produit est un évènement d'autant plus immanquable que la nouvelle distribution vocale se révèle en tout point, indiscutable. Voici l'évènement lyrique du printemps 2009. Sublime.


Richard Wagner: Tristan und Isolde, 1865. Mis en scène: Olivier Py. Direction musicale: John Axelrod à Angers et à Nantes; puis Daniel Kawka à Dijon. 8 dates à partir du 10 mai 2009: Angers (Le Quai: les 10, 13 puis 16 mai), Nantes (Cité internationale des congrès, les 26, 29 puis 2 juin), Dijon (Grand Auditorium, les 14 et 17 juin 2009). Production créée le 10 février 2005 au Grand Théâtre de Genève.


Approfondir
Olivier Py a mis aussi en scène Pelléas et Mélisande de Claude Debussy en une production qui révèle outre sa faculté là encore à créer de climats allusifs où affleurent la violence de la psyché, une rare attention à la projection du texte. Lire notre dossier Pelléas et Mélisande, le chant des aveugles. Mise en scène d'Olivier Py. Un film sorti au cinéma le 4 mats 2009 à partir de la production de Pelléas et Mélisande de Debussy mis en scène par Olivier Py à Moscou (juin 2007)

DVD
La production génevoise de 2005 de Tristan und Isolde de Wagner par Olivier Py, sous la direction musicale d'Armin Jordan est paru au DVD en 2006 (2 DVD Bel Air classiques)"


Illustrations: Tristan selon Olivier Py production 2009 © Jeff Rabillon Angers Nantes Opéra


Autres articles:
Richard Wagner: Les Fées, création française
Entretien vidéo avec Emilio Sagi(1/2) (28/03/2009)
Cinéma et musique: notre sélection
Films, événements. Toute l'actualité de la musique au cinéma... (13/03/2009)
Sommaire vidéos: cinéma
(studio classiquenews.tv) (11/03/2009)
Alberg Herring de Benjamin Britten: Genèse, écriture, perspectives
Avant Scène Opéra n°248, 130 pages (février 2009) (22/02/2009)
Bernard Haitink: coffret des 80 ans
7 cd Decca (19/02/2009)

jeudi 26 février 2009

en passant un site d'art ou de déco, L'AUTRE à voir absolument...et sauvons le planning familial


L'Autre Un film de Patrick Mario Bernard et Pierre Tridivic, je l'ai vu au cinéma... avec cet ami, il a détesté, bougé tout le temps et j'ai aimé autant que possible
avec cet ami qui prône
le syncrétisme (éclectisme, fusion, mélange, œcuménisme, union)
dans l'art, la religion, la science,
en politique ?! il n'en a pas parlé, ça coule de source , je suppose !
L'Autre c'est avec Dominique Blanc qui a un jeu sensible intime en accord avec le rythme
la photo de ce film sur le double, la folie, qui sommeille en chacun de nous, la jalousie de ne pas être une autre, c'est un film aussi exceptionnel pour moi que la "Double Vie de Véronique" de Kieslovski

Un site qui s'ouvre sur Internet
créé par une jeune amie comédienne à ses heures (interprète d'Antigone) et qui bosse maintenant sur un site Internet qui répond au doux nom de decogalerie (oui il répond quand on l'appelle, essayez vous verrez).
Ils proposent une sélection d'objets de créateurs dans les secteurs de la déco, des objets d'art et des accessoires de mode, dans tous les styles et à tous les prix.

Le site est tout neuf donc je vous invite à y faire un tour et à en parler autour de vous. Vous pouvez également devenir "fan" en tapant simplement decogalerie dans le moteur de recherche de facebook. Cette action nous permettra de faire du buzz (et accessoirement lui permettra de garder son job...).
Donc www.decogalerie.com!
Merci beaucoup et à bientôt!

Pelléas et Mélisande, chant des aveugles, sur l'Opéra de Debussy, un film de Philippe Béziat sur la mise en oeuvre à Moscou...
metteur en scène Olivier Py et Direction musicale Marc Minkowski, au cinéma le 4 mars.

Un petit livre de Fernando Pessoa : Le Banquier anarchiste
au dos du livre il y a écrit : d'une naïveté assez lucide et donc c'est pour cela qu'au 2/3 du livre qui m'a tenu les yeux ouverts dans les transports en commun, j'ai tout appris, pris ; éprise et délivrée des cadres sérieux cyniques et humoristiques. C'est ni de la philo, ni de la poésie, c'est un petit livre subversif, qui résonne à l'air du temps.

Et sauvons le planning familial

jeudi 22 janvier 2009

Le Festival d'Aix-en-Provence


Article annonce sur MENS'UP PARIS (AFP) - Par Benoît FAUCHET - 20/01/2009 à 15h46
Le Festival d'Aix-en-Provence se confronte aux mythes... et à la crise

Le Festival d'Aix-en-Provence se confronte aux mythes... et à la crise
Le Festival d'Aix-en-Provence a présenté mardi à Paris sa 61e édition (3-31 juillet 2009), qui confrontera l'opéra à quelques-uns des mythes qui l'on inspiré, à travers quatre productions lyriques et non cinq comme prévu, conséquence de la crise économique.


La programmation 2009 a été révélée au Théâtre de l'Odéon, dirigé par Olivier Py, qui fera du 4 au 17 juillet ses débuts à Aix en réglant un nouvel "Idoménée" de Mozart, sous la direction musicale de Marc Minkowski, invité avec ses Musiciens du Louvre.

"J'avais souvent dit, un peu par provocation, que je détestais Mozart sauf "Idoménée", a confié à la presse l'auteur-metteur en scène, qui estime que la question du sacrifice, traitée de façon "violente" dans cet opéra seria, "nous dédouane d'associer Mozart à un rococo bleu pâle et blanc".

La manifestation s'ouvrira avec "Le Crépuscule des dieux" (3-12 juillet), quatrième et dernier volet du prestigieux et coûteux "Ring" de Wagner entrepris en 2006 par l'Orchestre philharmonique de Berlin, son chef britannique Simon Rattle et le metteur en scène Stéphane Braunschweig.

Valeur montante de la direction d'orchestre en France, Alain Altinoglu conduira du 5 au 20 juillet "Orphée aux enfers" d'Offenbach dans une mise en scène du Belge Yves Beaunesne, une nouvelle production de l'Académie européenne de musique, pépinière de jeunes chanteurs du festival.

Enfin, le festival accueillera du 25 au 31 juillet une "Flûte enchantée" de Mozart venue de La Monnaie de Bruxelles et signée par le metteur en scène-plasticien sud-africain William Kentridge et le chef belge René Jacobs.

Sous le titre "Héroïnes", une cinquième production devait réunir "La Lucrezia" de Haendel, "Ariane à Naxos" de Haydn et une création du compositeur italien Luca Francesconi autour de la mezzo tchèque Magdalena Kozena. Mais ce spectacle, qui devait être mis en scène par l'Irlandaise Fiona Shaw et dirigé en fosse par Louis Langrée, a été reporté à une édition ultérieure.

"Les conséquences de la crise économique mondiale nous ont obligés à revoir nos projets à la baisse et à être prudents. Le Festival d'Aix, avec son taux d'autofinancement élevé (65%), est fragile dans cette situation", a déclaré le directeur général de la manifestation, le Belge Bernard Foccroulle.

Le Festival d'Aix est la plus importante manifestation du spectacle vivant en France par son budget (19,2 millions d'euros hors taxes), qui sera cependant "moins élevé" en 2009 que les années précédentes, a indiqué le président du conseil d'administration du festival, Bruno Roger.

"Les collectivités publiques (Etat, ville, département, région, communauté du pays d'Aix) ont toutes soutenu notre projet après qu'on a réduit le budget", a-t-il ajouté.

Festival le plus huppé de France, Aix "pratique des prix élevés à très élevés", a reconnu Bernard Foccroulle: jusqu'à 350 euros la place pour Wagner. Mais, "cette année encore, malgré le contexte de crise économique, nous avons tenons à ce que 52% des places soient offertes à des tarifs inférieurs à 55 euros", a-t-il souligné.

Le festival tentera d'accroître son ouverture "à tous les publics" avec "Parades", un projet développé en pré-ouverture (le 27 juin) avec divers concerts, performances et installations dans les rues et jardins d'Aix.

La location sera ouverte le 28 janvier sur internet () et par téléphone.

www.festival-aix.com