jeudi 27 juin 2019

Bécassine, quel joli film ! vu sur Canal +


Quel joli film que j'aurais aimé voir enfant, qui n'est en rien insultant pour les bretons, même pas pour les escrocs marionnettistes. Émeline Bayard qui jouait dans Fric-Frac mis en scène par Michel Fau est épatante avec sa Loulotte petite fille, à laquelle, je me suis identifiée immédiatement même nourrisson ... Et l'arbre bleu et son Oncle et les petits mots qu'elle essaie de transmettre aux animaux de la forêt pour qu'ils échappent au chasseur. Il y a même Claude Perron qui fait une directrice de pensionnat qui ressemble à la gouvernante de Rebecca. Les acteurs sont aussi tous épatants.
Télérama

AbonnéCritique par Louis Guichard

Des indépendantistes bretons, avant même d’avoir découvert le film, avaient appelé à le boycotter. Or cette fantaisie, cent treize ans après la création de l’héroïne, se situe sur un territoire autre que géographique : c’est d’abord un film de Bruno Podalydès, maître de la comédie d’auteur, porteur d’un univers repérable jusqu’aux moindres détails. Le cinéaste s’approprie la vieille bande dessinée, comme il avait réaménagé selon sa fantaisie et son imaginaire l’œuvre de Gaston Leroux dans Le Mystère de la chambre jaune.
Après un prologue sur la solitude de Bécassine fillette, tout commence vraiment avec son entrée dans l’âge adulte et son départ de la maison parentale. Elle croise la route d’une marquise à petit chien et accepte de devenir nounou en son château. Eloge du hasard, joie un peu lâche de s’en remettre à lui : depuis Dieu seul me voit, Podalydès montre des personnages qui se laissent dévier de leur trajectoire pour mieux se rencontrer eux-mêmes. Et, avec l’arrivée d’un marionnettiste ambulant, qui séduit et plume la marquise, le film transmet cette ivresse de la dérive, voire du désastre, déjà au centre de Comme un avion. Plutôt que destiné aux enfants, Bécassine ! est un film imprégné d’enfance. L’héroïne, qui bricole toutes sortes d’inventions aussi géniales qu’inutiles, ne se départ jamais de ses illusions et de son idéalisme, quand bien même la réalité l’envoie violemment à terre. Or le récit va lui donner raison et montre que sa candeur fait sa force.

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