mercredi 1 juillet 2009

Pina BAUSH, comment se dépasser pour un geste encore plus beau, plus fort, plus profond... un acte, un dessin du corps incarné




La danse est cousine de plus en plus comme juxtaposée au théâtre, pour la danse contemporaine du moins. On voit de plus en plus des mises en scènes chorégraphiées et des chorégraphies faisant appel rappel aux textes mots onomatopées banalités gestes quotidiens comme des improvisations au micro....
Et j'ai donc été spectatrice des chorégraphies de Pina, disait-on avec une certaine tendresse.
Comme chez le cinéaste Pedro Almodovar, les femmes y étaient belles, presque nues sous une seconde peau, robe de soie, ou d'imprimé à fleurs, ou déshabillé, -en soutien gorge et culotte ? -non, ça c'est ailleurs et c'est laid
-avec des talons hauts...
-ou pieds nus
On ne peut danser qu'au bord de la crise de nerf" en talons hauts, on les met les ôte pour passer l'aspirateur. On s'entoure dans tous les gestes.
Comme certains autres créateurs, elle a travaillé à même l'hystérie, elle dépassait la ligne à ne pas dépasser...
Elle a créé des images défiant le sens de la beauté et n'oublions pas que les corps sont muets et que comme les comédiens quand ils jouent, je me dis souvent, dommage qu'ils ne sont pas chanteurs d'opéra. Qu'ils n'aient que le jeu et pas le chant pour leur instrument.

Pourquoi je suis là à vous écrire ?

à dresser mon message anonyme d'hommage
et vous savez que je ne pourrais pas faire un hommage par jour...

parce qu'il faut des plages des silences pour que s'envolent les pensées dédiées aux douleurs
et donc je ne travaille pas, aujourd'hui.

Le petit chat gris Clovis, d'un ami est mort, écrasé par une automobile.

Il n'y a pas d'indécence, de hiérarchie dans le chagrin, peu de gens le savent et s'entrechoquent car ils jugent, se déportent à se remettre dans le droit chemin d'autrui.

Si quelqu'un aime Michael Jackson, ou son compagnon à quatre pattes, il n'y a qu'à entendre et à déposer de vous à lui une grande tendresse un élan d'apaisement qui passe souvent par les larmes.
Mais ne jugez ni ne cassez rien à ce moment là tout le monde est un enfant.

Revenons à Pina Baush, ce matin sur France-Inter, Chantal Ackermann qui a réalisé un documentaire sur elle, a dit quelle tortionnaire, ou plutôt quel manque de tendresse elle avait pour ses danseurs
Et il y a donc des meneurs de jeu, des metteurs en scène qui vont vous exposer davantage, des professeurs de théâtre aussi.
Pour cela, il faut casser, mettre au défi d'aller plus loin, et comme l'on souffre, réduit à l'état de marionette qui se remet en toute confiance à l'autorité, quelquefois on se dépasse...
Le soucis c'est le quelquefois et les autres conséquences de ce genre de méthodes.

Pour la beauté du geste transcendé
et la danse n'hésite en rien comme le sport à rompre les corps, s'il n'y a
pas douceur accompagnement des muscles... intérieurs extérieurs et du mental, par une grande affectivité, on reste dans les gonds, la mi-mesure.
-Et cette affectivité peut conduire à la haine à la rupture à la perte de soi ?
-...

Je sais qu'il y a d'autres routes plus lentes et progressives pour arriver au même résultat,
pour trouver le déclic, les déclics, et j'ai tout mon temps puisque je travaille avec des amateurs qui aiment mais d'un peu plus loin que ceux qui ont décidé d'y consacrer toute leur vie.

Il faut accepter ses propres limites et se reconnaître à ne pas savoir les dépasser et remettre à chaque fois l'ouvrage sur le plateau, pour le public, mais pas pour son metteur en scène
c'est avec le texte, c'est avec la voix c'est avec des parties du corps c'est avec le jeu
chacun ses pares feux ses "maux" couverts...
et c'est aux autres et au groupe de protéger les temps de lenteur de répétitions à divers niveaux,
si quelque chose se passe c'est par le public un peu comme lorsque un roman édité trouve ses lecteurs. Un peu comme les militants se retrouvent dans la voix et par les mots de leur leader.

Je radote toujours les mêmes évidences pour moi
je suis l'assistante qui demande de la reconnaissance alors qu'elle ne veut rien diriger, que rester sous la caresse de l'autorité.
Cest pour cela que comédien me convient bien.

On est assisté jusqu'à l'accouchement d'une certaine mort, par la fin d'un spectacle.
et tous les projets inaboutis mais ce n'est rien car cela se poursuit autrement
c'est là seulement qu'on peut reprendre le cours de tous nos rêves.
en jeu devant un public.
par cet "acter " dans les autres "mots".

Une citation que je viens d'entendre racontée par d'Ormesson à France-Inter, une citation de Woody Allen : "Je suis parti quand j'ai compris que mon psychanaliste était guéri."

Carnet du Monde : article intitulé Pina Baush est morte
avec une vidéo un extrait de Café Müller, crée en 1978, l'une des œuvres les plus célèbres de la chorégraphe.

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